A propos de l'auteur:
ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.
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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin
"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss
Kahn
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Pourquoi tant de haine? Ben oui, pourquoi?
Il n'est pas totalement exclu que le petit nicolas croie sincèrement que les portraits de 3 mètres de hauts tels que celui qui s'impose dès l'entrée de son QG sont de nature à le faire aimer. Il semble tellement blessé que Guaino lui a concocté une anaphore de 46 occurences pour son "pourquoi tant de haine?"
S'il est sincère, plaignons-le, un peu comme il faut plaindre George W Bush quand il réalise qu'il est haï malgré son entreprise de sauvetage du Monde. Cette question, "pourquoi tant de haine?", beaucoup d'américains ont cherché à y répondre un peu plus complètement que ce que leur suggérait leur président, et heureusement. Bush leur disait: ce sont des terroristes, il n'y a donc rien à remettre en cause de notre côté. Mais aujourd'hui, beaucoup se disent:
Peut-être notre politique n'est-elle pas des plus pertinentes.
Peut-être la manie de notre président de lancer ses affirmations péremptoires irrite-t-elle.
Peut-être l'impossibilité pour le monde de signifier à cet inculte son erreur est-elle agaçante.
Peut-être avons-nous oublié de regarder sous nos pieds pour vérifier que nous n'écrasions pas trop de gens.
Peut-être notre bonne volonté ne suffit-elle pas à assurer que nous faisons le bien.
Peut-être nos voisins ont-ils quelque chose à nous dire de ce point de vue.
L'amérique que nous aimons est en train de se ressaisir. Probablement, et espérons-le, verrons-nous un démocrate élu à la maison blanche en 2008, probablement sera-ce une femme, ou un noir. La subtilité de la diplomatie américaine devrait assurément y gagner, et donc son efficacité à long terme. Tant mieux pour eux.
Et nous, allons nous attendre 6 ans pour nous poser ces questions?
Allons-nous céder à cette mythologie droitière qui s'en remmettrait à la seule détermination d'un homme? Un homme qui en l'occurence s'accomode très bien des haines qu'il suscite, puisqu'il n'est pas disposé à s'interroger sincèrement. Peut-être devons nous l'aider:
La démagogie, voire le lyrisme dans la démagogie, est-elle haïssable?
Les stigmatisations sont elles haïssables?
Galvauder la "valeur travail", est-ce haïssable?
Falsifier les faits, est-ce haïssable?
La violence, y compris envers un collègue ministre, et même envers le premier ministre (le "croc de boucher") est-elle haïssable?
Faire de la scène politique et de l'action politique une guerre civile froide, est-ce haïssable?
Les amalgames sont-ils haïssables?
La manipulation médiatique est-elle haïssable?
Le chantage et l'intimidation, comme ceux faits à Bayrou, sont-ils haïssables?
Poursuivre sa querelle jusqu'à gêner le représentant de l'Etat en toutes occasions y compris à l'étranger, est-ce haïssable?
Les compromissions politiciennes, comme celle proposée à Bayrou, sont-elles haïssables?
L'incurie budgétaire est-elle haïssable?
Le féodalisme est-il haïssable?
La com' obscène et indécente est-elle haïssable?
L'eugénisme, la négation de l'analyse sociale, l'appropriation impavide de concepts répugnants, est-ce haïssable?
On pourrait poursuivre, et on le fera d'ailleurs, mais on s'en voudrait de redonner des migraines à notre nouveau caliméro national.
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PS1: Caliméro est accompagné d'un personnage qui dépareille avec les postures de vierges effarouchées. Eric Besson explique que s'il a dit du mal, c'était qu'il était obligé. Est-ce qu'en novembre 2005 il était obligé? voilà ce qu'il disait, comme le note Daniel Schneiderman:
"Il y a un danger, c'est le danger Sarkozy, danger pour notre conception de l'action publique, convaincre les citoyens en faisant appel à leur raison et à leur cœur et non en attisant les peurs, réunir les Français et non les dresser les uns contre les autres, mettre en œuvre une laïcité généreuse et non pratiquer un indécent marketing confessionnel à vocation électorale.
Nous devons être tous ensemble pour lutter contre ce qu'incarne Sarkozy, qui réussit le tour de force d'emprunter à Bush son néo-conservatisme, à Berlusconi ses méthodes, à Le Pen son fonds de commerce, à Aznar son atlantisme, et à Chirac son culot."
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PS2: Pour l'équilibre des temps de parole, je reproduis fidèlement les passages du discours qui précèdent et succèdent la tirade sur la haine. Appréciez, après l'appel à la tolérance, à l'amour, à l'ouverture, contre le sectarisme, la tirade contre la gauche, ou du moins sa vision très personnelle. Dégustez cette très anaphorique diatribe, qui en réalité pourrait surtout s'appliquer à... la droite. 1er temps, a bas le sectarisme. 2eme temps: a bas la gauche. Nos journalistes mondains sont-ils capables de remarquer la violence falsificatrice du passage sur la gauche, se demander ce que ça donnerait dans la bouche de Royal, et peut-être ne serait-ce que donner les éléments pour la démystification:
"L’ouverture pour moi c’est la compréhension, c’est le respect, c’est l’amour des autres.[...] Pour rassembler il faut comprendre, il faut respecter, il faut aimer. Et le rôle d’un Président de la République c’est de rassembler. Pour moi, dans cette campagne du second tour de l’élection présidentielle, il n’y a pas deux camps, il n’y a pas deux partis dressés l’un en face de l’autre. Il n’y a pas l’UMP et le Parti Socialiste, il n’y a pas le peuple de droite et le peuple de gauche." [...] "Nous n’allons pas élire le Président de la France de droite ou celui de la France de gauche, nous allons élire le Président de la République, et la République est à tout le monde, la République c’est nous tous." [...] "La République c’est le contraire du sectarisme, c’est le contraire de l’intolérance, c’est le choix des valeurs universelles autour desquelles les Français peuvent s’unir. »
« Et puis il y a la gauche qui ne croit plus à la politique, ne croit plus à la nation, ne croit plus à la République, ne croit plus à l’Etat. [ça y'en a libéralisme en fait]
La gauche qui ne croit plus que la politique puisse changer le monde ni même qu’elle puisse permettre d’atteindre le plein emploi. [changer le monde tout seul, comme Bush?]
La gauche qui n’a plus d’autre programme que la défense des droits acquis, des rentes de situation et du statu quo. [rentes comme les dividendes du caca rente?]
La gauche qui est dans la politique, dans les médias, dans l’administration, dans l’économie [comme lagardère et dassault?]
cette gauche qui a pris goût au pouvoir, aux privilèges, cette gauche qui n’aime pas la nation parce qu’elle ne veut plus rien partager, [Les habitants de Gstaadt? ou leurs héritiers qui vont tout garder grâce à nico?]
cette gauche qui n’aime pas la République parce qu’elle n’aime pas l’égalité, [ah, l'égalitarisme n'est plus le premier de nos maux?]
cette gauche qui prétend défendre les services publics mais qui ne prend jamais les transports en commun, [quelqu'un a vu sarko dans un metro?]
cette gauche qui aime tellement l’école publique qu’elle n’y met pas ses enfants, [avec un départ de prof sur deux non remplacé ça va être encore plus dur]
cette gauche qui adore la banlieue mais qui se garde bien d’aller y habiter, [comme à Neuilly par exemple]
cette gauche qui trouve toujours des excuses aux voyous à condition qu’ils restent dans des quartiers où elle ne va jamais, [et qui enlève les flics du 93 pour en rajouter à paris?]
cette gauche qui fait des grands discours sur l’intérêt général mais qui s’enferme dans le clientélisme et dans le corporatisme, [question grands discours, c'est sûr qu'il est imbattable, question intérêt général...]
cette gauche qui signe des pétitions quand on expulse des squatters mais qui n’accepterait pas que l’on s’installe chez elle, [ah bon? et qui a incarcéré des gauchistes simplement pour avoir hébergé des clandestins?]
cette gauche qui passe son temps à faire la morale aux autres sans être capable de se l’appliquer à elle-même"


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