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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 00:41
Pour me faire pardonner ma feignantise bloguistique, je vais faire une série d'articles qui sera une sorte de ballade en socialie. Un peu une suite à l'analyse que je faisais après le 6 mai (que je contresigne).
En plus, ça bouge un peu en ce moment (rien de tel que l'approche d'un congrès pour ça). Entre le rapprochement moscovico-montebourgiste, la controverse cambadélo-gorcienne, et l'opposition de style delano-segolienne, il y a de quoi faire. Sans parler du hollando-drayisme, objet politique de nature mal définie, souvent décrit comme porteur de la praxis socialiste (wikipedia: "manière générique de penser la transformation du milieu naturel").


Mais avant de poursuivre cette petite anthropologie politique, priorité au fond et donc faisons passer au-dessus de la pile cette petite vidéo (prise avec un téléphone mais le son est correct):


Il s'agit de l'intervention de Roger Godino, le 10 novembre dernier, à l'occasion d'une journée de la rénovation qui s'est tenue dans les sous-sols de l'assemblée nationale (reportage photo plus bas).

Roger Godino est un Monsieur du socialisme, membre du cabinet Rocard à Matignon, il a participé entre autres à la création de la CSG et du RMI. La première fois que je l'ai vu, au milieu des années 90, il était venu défendre ce qu'il appelait l'"allocation compensatrice de revenu", dans un amphitéâtre de la Sorbonne assez dépeuplé. C'était une conférence sur le droit au revenu, et son contradicteur le plus éminent était Philippe Van Parijs, défenseur lui de l'"allocation universelle". Un débat économique qui aboutit rapidement à des questions philosophiques (la difficulté étant la jonction philosophique entre la gauche utopiste et la droite catho intégriste Christine Boutin).

Vous ne voyez pas où je veux en venir avec mes flash-backs? Eh bien l'allocation compensatrice de revenu de Monsieur Godino a pris entretemps un autre nom, le RSA, et son destin est précisément, aujourd'hui même, en train de se décider (il ne coute pas si cher et pourrait même éviter des dépenses mais vous savez comment on priorise sous sarkozy).


Pour ceux qui ont eu la flemme de voir (et écouter) la vidéo, après un dégrossissage sur la définition de l'entreprise, Roger y développe son dada actuel: comment faire que l'entreprise entreprenne de nouveau, et y associe l'ensemble des partenaires qui forment une entreprise. Il formule trois propositions:

* Favoriser (ou légiférer?) l'organisation des entreprises dans le système à directoire et conseil de surveillance. Système qui s'est montré efficace sur le plan de la vitalité de l'entreprise, mais surtout qui permettrait de faire du conseil de surveillance, une fois réformé, une instance démocratisée.

*  Généraliser le système des agences de notation, qui obligerait l'entreprise à apporter des rapports sérieux non seulement sur le plan de la comptabilité mais aussi en matière de travail, de social, de long terme, d'environnement. Ces rapports déboucheraient sur des notes, lesquelles, si leur publicité ne suffit pas à corriger les mauvaises pratiques, serviraient de support à un système de bonus-malus fiscal.

*  Réexamen du paysage fiscal, avec une fiscalité du capital redéfinie, à l'échelle de l'eurogroup. Une fiscalité qui viendrait en remplacement des précédentes, et homogénéisée.


L'intitulé de la conférence était:
Faire de la gauche le "parti de l'entreprise".
Cette journée de la rénovation avait pour objet de "Refonder le clivage droite-gauche", et tous les courants s'y étaient fait représenter:

Organisateurs:
Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Patricia Adam, Laurent Baumel, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Jean-Patrick Gille, Christophe Masse, Jean-Pierre Mignard, Pierre-Alain Muet, Gilles Savary, Marisol Touraine.


Intervenants :
Philippe Aghion, Pascal Beau, Elie Cohen, Hervé Le Bras, Louis Gautier, Roger Godino, Géraud Guibert, Philippe Guibert, François Heisbourg, Ernst Hillebrand, Bettina Laville, Gilles Le Blanc, Jean-Louis Levet, Jean-Hervé Lorenzi, Bruno Palier, Henri Rey, Patrick Savidan, Frédéric Sawicki, Magali Vergnet, Michel Winock.








Ci-dessous, à côté de Godino, Elie Cohen, qui nous a emmerdé avec son éternelle logorrhée sur la mondialisation qui-est-là, se complaisant dans l'économisme mimétique maintes fois entendu. Plus loin, Pierre-Alain Muet, lui aussi un économiste visiblement assez peu frotté à la réalité (pléonasme?), et par ailleurs adjoint de Gérard Collomb à la mairie de Lyon. Puis Dominique Méda, Gilles Le Blanc, Hervé Lorenzi, des habitués des colloques socialistes.

Enfin, pour conclure la journée, ci-dessous le vrai truc qui se voulait important: une nouvelle génération à la même tribune, traversant toutes les nuances du parti. Manque tout de même sur la photo le strauss-kahnien Laurent Baumel. A noter que Cambadélis et le fabiusien Henri Weber auront fait une apparition (ensemble), évidemment destinée à être remarquée.
Depuis, cette tentative de rénovation générationnelle n'est pas sortie du virtuel.



Tiens, tant qu'à faire et pour montrer que ça bosse quand même au PS, quelques photos supplémentaires: Le 11 décembre, petite causerie organisée par socialisme et démocratie. Ci-dessous Marc Deluzet (un disciple de Roger Godino), Pierre Moscovici, Daniel Cohen (économiste pas trop déconnecté des réalités et qui ne s'est pas arrêté de réfléchir) et une éminence dont je ne me souviens plus du nom.

Michel Sapin (ségoléniste) était invité à cette causerie, et il est effectivement venu (à gauche ci-dessous). En arrivant il a fait une blague de socialiste: "Je ne vais pas pouvoir rester longtemps, mais si j'étais pas venu, ça aurait fait plus causer au PS qu'en venant même 10mn". Il fallait bien démontrer que Moscovici est ségolenisto-compatible.

Le lendemain, les troupes Mélenchoniennes et Drayistes, assez jeunes, étaient invitées à un dialogue "franc" entre leurs champions respectifs, débat animé par Nicolas Domenach.

Evidemment le point le plus chaudement débattu ici fut la question des alliances, mais ne croyez pas que dans chacune de ces séances il n'ait été question que de politique politicienne. Les responsables socialistes sont généralement des gens qui travaillent. On y cite Galbraith pour souligner la fin du capitalisme managérial, mais on y parle aussi d'Alain Supiot pour évoquer la subordination liée au contrat de travail. Mélenchon cite Largo Caballero pour signifier que son attention à l'amérique latine ne date pas d'hier. D'autres convoquent Amartya Sen pour montrer qu'ils sont à jour, et mentionnent des travaux de Philippe Askénazy pour le coté jeune pas encore consacré.

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PS: pourquoi ce titre? ben y'a plus la place, mais je vais y revenir au prochain article. M'enfin, pour le socialisme, Mosco, vite! quoi...

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

Martin P. 15/04/2008 11:54

@ Romain (et d'accord avec iono):gérer un appareil n'est plus l'urgence. gérer la réflexion par contre...Moscovici a un petit complexe de supériorité qui peut agaçer, mais de tous c'est peut être celui le plus motivé (et capable) à donner de la densité à notre discours. Et si on devait juger à la taille des egos...

iono lectra 15/04/2008 11:39

@ Donatien : Larrouturou sort une phrase de Moscovici qui est contraire à tout ce qu'a dit celui-ci par ailleurs. Ceci dit je parle de l'initiative de Larrouturou sur mon blog comme d'une bonne chose.@ Romain : gérer un appareil à l'ancienne, sans doute. Mais y'a pas de doute que ce sera mieux qu'avec Hollande, ou avec Royal ou Delanoë qui cadenasseront.Un éclaircissement intéressant sur son blog de Moscovici, après l'article sur les reconstructeurs dans libération. Résumé :

-réaffirme qu'il n'adhère pas au projet
de Ségolène Royal même s'il ne souhaite pas la victimiser.
-souhaite une motion SD élargie avec les rénovateurs de Montebourg
-n'est pas contre la préparation à travers les reconstructeurs d'une éventuelle
cohalition majoritaire, synthèse exigeante pour peser dans le parti. (voire encore plus large)
Les deux démarches de Moscovici et de Cambadelis sont intéressantes,
permettent d'occuper l'espace et de permettre d'éviter un affrontement
des chefs. Elles se rejoindront nécessairement, nous sommes là pour les
y pousser.

romain blachier 14/04/2008 23:23

et seireux j'ai un peu pratiqué mosco et gérer un appareil c'est pas son truc!

Martin P. 14/04/2008 15:07

@ RomainQuoi? mais c'est de la discrimination envers les personnes handicapées de la parole!

romain blachier 14/04/2008 08:51

euh tu retardes, pierre-alain muet n'est plsu adjoint de collomb