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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 13:18
Ce blog a acquis une assez solide réputation de jospinisme depuis ces deux articles, et la subséquente vindicte (sympathique) d'un certain blogueur ségoléniste assez heureux de trouver sur le net une incarnation du fantôme qui le hante. Or, j'ai eu brandi des étendards plus lourds à porter. Alors, à l'occasion de cette tribune...


... disons-le haut et fort:
(cliquer ci-dessous)


Ce qu'il y a de remarquable dans cette tribune n'est pas que Lionel y donne des leçons, contrairement à ce que dit Dagrouik, c'est que de nouveau il y montre l'exemple. En effet, il souligne en creux, assez cruellement, les insuffisances de ses petits camarades: Comment se fait-il qu'il faille que ce soit Lionel Jospin qui signe un texte de cette nature? Pour sauver l'honneur d'une gauche qui devrait compter autant de telles tribunes qu'elle a de "ténors" auto-proclamés, lesquels pourtant se bousculent devant les caméras les soirs de victoire.

C'est que la situation est pire qu'on ne le pense généralement, car y compris au plus "haut niveau", certains patagent l'analyse qui est faite
ici:
"Désormais nous devons discuter en premier de l'orientation, puis élire des équipes et choisir un ou une tête pour nous représenter."

Sous des dehors de bon sens, cette proposition, appliquée, serait en réalité le symptôme de la médiocrité générale. Elle acte une situation dans laquelle les "candidats-leaders" n'ont pas d'idées, où il faudrait produire une nouvelle bouillie à l'unanimité, puis laisser les sondages désigner le chef.
Or, le PS ne souffre pas de manque d'idées, plutot de diversité d'idées, et cette richesse ne devrait pas être vue comme un problème.
Les "candidats-leaders" ne parlent pas d'une même voix? Et alors? Et même, tant mieux!
Contrairement à la pratique que voudraient faire prévaloir les ségolénistes, il n'y a pas à distinguer la question des idées et des personnes: les personnes, c'est les idées. Comment se fait-il que nous en soyons venus à penser qu'être responsable politique c'est de ne pas défendre des idées qu'on n'a pas?
Trancher les débats de fond se fait donc en tranchant la question des personnes. A l'appui de cet enfonçage de portes ouvertes, nous pourrions rappeller les exemples historiques "Mitterrand contre Rocard" en 1979 et "Jospin contre Emmanuelli" en 1995. Mais même en 2006, qui peut croire que si l'alternative avait été "Strauss-Kahn contre Fabius", l'orientation n'aurait pas été tranchée? En réalité, en choisissant une candidate qui ne montrait pas clairement où elle allait, les militants ont non seulement été victimes de la tactique de triangulation à la mode à l'époque, ont aussi donné une prime aux sondages, mais surtout ont décidé de ne pas choisir.
A chacun de structurer son identité politique donc, et principalement aux plus éminents.

Corollaire: il ne faut pas avoir peur de débattre. L'émergence de propositions saillantes ne se fait pas dans la tambouille mais dans la friction. Depuis le referendum de 2005, les militants socialistes ne parviennent pas à surmonter cet épisode qui semble leur avoir laissé un mauvais souvenir. Pour ma part j'ai un très bon souvenir des débats qui ont animé ma section en 2004: ceux-ci ont permis d'affiner ma connaissance des problématiques européennes et de clarifier ma pensée sur ce sujet. Puis de mener une campagne qui bien qu'elle ait été perdue (je défendais le oui) m'a semblé un beau moment démocratique, que seul le comportement des médias (il valait mieux les avoir comme adversaire que comme ami) a quelque peu obscurci.

NB: ne croyons pas que la conquête du pouvoir par sarkozy forme un contre-exemple à mon argument. Le débat de fond à droite était escamoté parce que superposé au débat de personnes pendant 4 ans, et sarkozy ne s'est imposé qu'en "tuant" son adversaire Villepin avec la trahison du CPE puis le
faux-complot Clearstream. Ce qui a rendu du même coup l'UMP homogène idéologiquement, mais par éradication du gaullisme.

Lionel Jospin met aussi les pieds dans le plat sur un point que beaucoup au PS voudraient escamoter:
"la contradiction entre ses succès locaux et ses échecs nationaux [...] On prétend que certains de ses notables s'accommoderaient de cette disparité, le statut d'opposants au pouvoir central leur paraissant propice à leurs victoires locales."
Cela devient un secret de polichinelle (auquel Lionel préfère feindre de ne pas croire). En effet, les responsables politiques de gauche ne sont pas forcément plus à plaindre que ceux de droite. Ils n'ont certes pas de responsabilités dans les ministères, mais s'en sont bien sortis aux législatives, et surtout ils ont pour la plupart trouvé un siège confortable dans les conseils municipaux, conseils généraux et conseils régionaux. On comprend que leurs petits camarades de droite tirent la tronche.

Cette situation confortable est dangereuse, on l'a vu entre 2002 et 2007. La contestation peut ne pas monter de l'opposition, mais au sein de la majorité. Et l'alternance ne pas se produire comme il était prévu, c'est-à-dire avoir lieu non pas vers la gauche mais au sein de la droite. Et la droite ne manque pas de candidats pour cette "alternance" droite-droite: Bayrou, Villepin, voire Juppé ou même Fillon.

Voilà pourquoi il ne faut pas confondre "opposition constructive" et "un coup c'est oui, un coup c'est non". Plutôt que de se laisser déboussoler tous seuls sur la question de "tenir les promesses", voilà de quoi certain(e)s pourraient s'inspirer: "Certes, la nouvelle équipe a, dans quelques cas, tenu parole. Elle l'a fait logiquement pour le traité européen, injustement pour les régimes spéciaux de retraite, et sottement pour le paquet fiscal."

Ceci étant dit, ne perdons pas l'occasion de rigoler que nous a donné l'UMP avec son leitmotiv "ces élections sont locales, sans enjeu national":



PS1: Eric raille à juste titre mon blogging quelque peu erratique ("S'il vous reste encore des visiteurs, vous pouvez les perdre en cessant de publier pendant plusieurs semaines. Attention! Ne faites pas l'erreur de les prévenir"). Mea culpa. J'avais quelques raisons d'être si irrégulier dans la publication d'articles sur sauce mais je devrais ouvrir un autre blog encore plus anonyme pour parler d'une de ces raisons en particulier (beaucoup à dire -et médire- mais je veux pas me faire repérer). Je vais y réfléchir. En attendant, promis je me remets à une publication plus régulière (au moins un billet par semaine) et je préviendrai quand le hamster n'arrive plus à courrir aussi vite que sa roue ne tourne.

PS2: Ceci dit la baisse de fréquentation n'est pas aussi forte que j'aurais pensé comme l'indique le graph de stats. Bon, j'étais à 250-300, je suis quand même passé à 150-200.
stats.jpg
Par ailleurs, vous aurez noté une étrange progression des pages vues depuis 3-4 jours. Qu'est-ce à dire? serait-ce le déjà fameux Nicolas Princen, le dernier gadget que sarkozy a inventé pour se ridiculiser?

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

Martin P. 24/03/2008 23:38

eh oui, le hamster a parfois tendance à se prendre les piedsen fait il existe des "machines à bloguer", c'est mêmes elles qui font des remontrances en plus!

Thierry 24/03/2008 13:32

C'est vrai qu'on n'est pas tous des "machines à blogger".Pour ceux qui en ont marre de tomber quotidiennement sur le même article, ils n'ont qu'à s'inscrire à la newsletter, pour être prévenus qu'un article nouveau vient d'être (enfin) publié !