Dimanche 30 mars 2008
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nicolas sarkozy aura fait beaucoup de mal à l'identité nationale.
D'abord, si on considère la politique comme un élément essentiel de l'identité française, alors on ne peut qu'être affligé de la manière dont
sarkozy aura corrompu le débat national de 2007, le souillant par son unique présence, comme la listeria dans un fromage pasteurisé. En effet, cet assaut de démagogie crasse et de mystification, qui a avili la chose publique, n'a été possible que parce que celle-ci était particulièrement
affaiblie par son asseptisation. La république ne recelait plus ses propres germes défensifs pour se prémunir de l'infection sarkozyste, tel le camembert au lait thermisé ou microfiltré.
Beauf 1er aura fait beaucoup de mal aussi et surtout parce qu'il aura imposé une vision erronnée de ce qu'est l'identité nationale, d'abord en
la présentant comme antagonique à l'idée d'immigration, puis en l'assimilant à une sorte de culte des morts ritualisé au rythme des élans d'émotion patriotarde infligés à la jeunesse.
Or, dans le même temps qu'il prétendait défendre notre identité en nous enrôlant dans ses simagrées contre notre volonté, il
n'eut pas un mot pour le camembert.
Nous avons fait l'impasse sur la question, sur ce blog, mais depuis mars 2007, il faut savoir que cet emblème est en danger. Les tenants du
productivisme agricole se sont cachés derrière de fallacieux arguments sanitaires pour attaquer le lait cru:
L'avenir du camembert au lait cru
LE MONDE | 14.03.07©
Heureusement, quelques hérauts ont démystifié ces diffamations. Citons notamment Jean-Pierre Coffe dans une de ses excellentes émissions sur
France Inter: ça se bouffe pas, ça se mange. Puis son compère Périco Légasse lança son "j'accuse" au
lendemain des législatives 2007:
(cliquer pour lire ce magnifique article)
On y apprend notamment que c'est pour pouvoir faire venir du lait d'on ne sait où que Lactalis a besoin de le "thermiser", et donc de supprimer
tous les germes qui font ce qu'est un véritable camembert. Alors bien sûr, comme à chaque fois dans pareil cas, d'aucuns ont eu l'idée de rajouter après coup des germes industriels de manière à
permettre au fromage de s'affiner comme il se doit. Mais c'est une hérésie: c'est faire une croix sur la diversité et la richesse du terroir!
Bref, un camembert AOC ne peut prétendre à cette appellation que s'il présente la belle robe orangée telle que ci-dessous après affinage, que si
les narines sont alors saisies par la virulente fragrance qu'exhale le noble produit, et qu'enfin l'incomparable saveur à la fois fraiche et fermentée vient nous rappeler notre ancestral
attachement aux sensations fermières.
Bref:
Non au lait thermisé, Non à la république pasteurisée!
PS: je fus un consommateur fidèle du Lepetit. Eh bien croyez le ou non, il m'est apparu au printemps dernier que je ne
parvenais plus à obtenir l'impressionnante exhalaison à même de ravir mes convives, et j'en fus fort marri jusqu'à ce que j'en comprenne la raison en écoutant Monsieur Coffe à la
radio.
Je me mis donc en quête de trouver une marque digne de confiance. De ce travail je tire une conviction: Le Gillot est jusqu'à preuve du
contraire le meilleur des camemberts.
(cliquer sur l'image pour accéder à leur site).
Par Martin P.
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Publié dans : économie
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