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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:47
Le 31 octobre on écrivait ici ceci: "Leurs (les responsables socialistes) prises de position sont souvent dictées par des considérations tactiques, pour se construire une originalité, ou par la conjoncture politique. La cacophonie a de surcroit une dimension dans la durée: l'inconstance de maints responsables participe de l'impression quelque peu dissonnante de la partition."
Le 25 ceci: "un des signes de la cohérence, c'est la constance. chaque ambiguité, pensée comme une habileté tactique, prépare l'échec stratégique, par illisibilité et manque de crédibilité."

Pardonnez le radotage, mais entretemps on aura pu lire dans la presse ceci: "La social-démocratie est un modèle périmé", "Pourquoi ? Parce qu’il faut un Etat préventif qui change les rapports de force et non pas, comme dans la social-démocratie, un Etat secouriste qui ne remet pas en cause le système." Un malheur n'arrivant jamais seul, ceux qui étaient visés se sont empressés de se saisir de ce nouveau joujou à polémique qu'est devenu le vocable "social-démocratie" pour l'agiter en tous sens. Vocable qu'on aura d'ailleurs qualifié ici de "facilité de langage", il ne s'agit donc pas ici de gloser sur des exégèses terminologiques, mais de pointer le symptôme que ce type de sortie représente.

S'il fallait un exemple d'imprécision, d'inconstance, et de confusion, on l'a. S'il fallait une prise de position dictée par la tactique et la conjoncture, on l'a aussi. Et une cacophonie artificiellement construite (comme je le disais à Julien Dray), itou.

Inconstance parce que celle qui fait ces déclarations a toujours plaidé pour le réformisme, vanté le modèle suédois, et signé la motion de Gérard Collomb. Ceux qui ont participé à la campagne 2007 savent l'épreuve que représentent ces embardées idéologiques, qui vous obligent à rétropédaler plus souvent qu'à avancer, et qui finissent par vous inciter à ne plus vous engager sur rien sous peine d'être contredit le lendemain. Ces méthodes de campagne ne peuvent qu'annoncer l'éventuelle méthode de travail pour le parti: il n'est que de penser à l'inconfort de ceux des signataires de la motion E qui croyaient pouvoir se dire sociaux-démocrates pour se convaincre qu'elle n'est pas souhaitable.

Imprécision et confusion parce que passés les mots fracassants ("périmé"), l'explication qui suit sur l'Etat préventif est beaucoup moins nette. En effet, s'il faut situer la social-démocratie par rapport au socialisme, c'est dans le rôle dévolu à l'Etat que se trouveront les différences. L'action publique y est conçue comme organisatrice plutôt qu'interventionniste, elle y ordonne l'économie plus qu'elle ne l'administre, cherche à réglementer plutôt qu'à s'ingérer. Le fait qu'historiquement la social-démocratie ait aussi construit l'Etat providence pour répondre aux besoins premiers que sont la santé, l'éducation, ou les retraites, ne permet pas de réduire cette vision à un simple secourisme.
Surtout si c'est pour l'opposer à une volonté "préventive qui change les rapport de force", au fait d'"obliger les entreprises qui font des bénéfices à rembourser tous les fonds publics afin de stopper les délocalisations et les licenciements", (sic, il faudrait enfin arriver à dire cela correctement) ou de "faciliter des compromis sociaux entre salariés et employeurs": difficile d'instituer ces propositions en "nouveau modèle" "avec une lucidité radicale". Elles ressemblent en fait furieusement au "modèle périmé", et figurent d'ailleurs aussi dans la motion A. Comme elles figuraient dans le "pacte présidentiel" de... DSK en 2006. L'intitulé a été repris en 2007, et les propositions avec. On remarquera donc en passant que la contribution de DSK a la campagne 2007 fut consistante sur le fond, lui donnant justement sa facture... social-démocrate.
Bref, le problème avec la social-démocratie n'est ni sa soi-disante péremption ni un problème de copyright, c'est surtout son manque de travail pour trouver un vocable neuf.

Opportunisme tactique parce que la motivation première du propos est évidemment de donner des gages aux signataires de la motion C dont le discours sur l'échec de la social-démocratie est connu, lui, de longue date (même si Benoit Hamon a eu sa période rocardienne). Sauf que l'orientation politique de la motion C se reconnait, pour le coup, à la redondance du recours à l'Etat et à son étatisme, ce qui complique les choses. Il n'est pas question ici de condamner le sens tactique, mais de souligner que celui-ci ne peut avoir d'intérêt que passé une phase de structuration politique. Or si la triangulation et le tacticisme sont érigés en principes, rien ne pourra être construit, et nous en serons réduits de nouveau à voguer au gré des intuitions lors des campagnes futures.

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PS1: Des "journalistes" quelque peu mal informés sinon mal intentionnés prétendent qu'on voit peu Bertrand Delanoë sur le terrain. Un rapide coup d'oeil à son agenda montre qu'il n'en est rien: il y est chaque soir, aux quatre coins de la France. Les photos sont d'ailleurs tirées du meeting de mardi soir. On parle beaucoup de respect des militants, de les écouter. Eh bien en voyant Bertrand Delanoe sillonner les fédérations, faire une campagne "à l'ancienne", se frotter aux militants aux apéros de fin de meeting, défendre  son texte, sa démarche, impossible de ne pas éprouver du respect. Cet engagement et cette absence d'ambiguité n'est pas également partagé, et c'est probablement pour cette raison que sa motion fera un bon résultat, comme ce fut le cas pour Paris en 2001.
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PS2: L'article précédent est intitulé "politique fiction", il ne s'agit donc pas d'une vision réaliste de la future présidence Obama, simplement de dire qu'il y a un potentiel. Par ailleurs, difficile de bouder le résultat d'hier, voire de laisser sarkozy en capter les "good vibes". D'abord parce que Obama a dans son programme des éléments précis comme celui de revenir sur le paquet fiscal de... George Bush, et parce que quand Obama s'exprime il s'inscrit tout de même dans la bataille des idées, et clairement à gauche. Enfin, et c'est Moscovici qui a eu le réflexe de le souligner, le contraste avec sarkozy saute aux yeux: "son calme, sa hauteur de vue, son refus de la petitesse, sa capacité à trouver la bonne distance avec les événements, avec les autres, avec lui-même."


PS3: Les attaques récurrentes (du type "Tous ceux qui ont manqué de respect au vote des militants en critiquant ou en ne soutenant pas la candidate choisie par eux méritent-ils, moralement, leurs voix aujourd’hui ? Seule la droite pourrait s’en réjouir"), qui instrumentalisent fallacieusement le traumatisme de mai 2007 en faisant porter le chapeau à des adversaires, commencent à devenir désagréables. Julien Dray lors de son interview a lui aussi tenté d'imposer son écriture de l'histoire à ce sujet, mettant même au défi ses contradicteurs de donner une écriture différente. Eh bien il va peut-être falloir dire les choses à ce sujet, d'autant que selon Ségolène, "le projet qu'(elle) défends est le seul à assumer une continuité avec la campagne présidentielle de 2007". Effectivement, on peut avoir soutenu le projet mais pas assumer la campagne, avec de bonnes raisons pour ça...

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

Martin P. 06/11/2008 14:00

@ Marc: alors Ségolène est dans la motion A? décidément il y a des revirements tous les jours

marc 06/11/2008 13:42

Y a de ça de vrai, avec la A on est constant dans la défaite depuis 97