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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 19:04
Il est toujours important pour les ségolénistes de dire de qui c'est la faute, ces fiascos socialistes dans lesquels Ségolène tient les premiers rôles. Dans ce registre, ils excellent, comme l'explique très bien Christian Salmon: "la médiasphère colporta ad nauseam la fable de la femme debout seule face aux éléphants, la jeune garde contre le vieux parti, la vieille querelle des anciens et des modernes, lieu commun et impasse de la pensée socialiste". Leur astuce principale: désigner les responsables avant même que l'échec soit avéré. En 2007 déjà, on vit des émissaires venir en section à dix jours du premier tour pour expliquer que la défaite future serait la faute aux éléphants. En 2008, ça fera donc la troisième fois, après 2006 et 2007, que ces derniers auront rempilé dans ce rôle pour servir le scénario un peu réchauffé et infantilisant de "Ségo contre les néléphants".
C'est un peu lassant, il faut bien le dire, et c'est ce que le courrier des lecteurs du "Monde" confirme, où l'on peut lire entre autres nombreux exemples ceci: "M. Noblecourt n'est pas un "perdreau" de l'année. Dès lors, comment se fait-il qu'il ne s'interroge pas sur les limites de la démarche de Ségolène Royal, laquelle n'est pas allée jusqu'à rester en retrait pour laisser Vincent Peillon en candidat numéro un ?"
En effet, les actes de candidature de Ségolène visent autant à recréer le scénario évoqué plus haut qu'à resserrer les rangs derrière elle, et Peillon l'a bien compris puisqu'il était le premier concerné. Une semaine avant le congrès, on écrivait d'ailleurs: "Vincent Peillon sera donc attendu au moment, inévitable, où les approximations voire les incohérences de Ségolène Royal mettront le parti en porte-à-faux, et où il lui faudra donc la contredire". Eh bien il faut croire qu'il est venu ce moment quand on lit ceci: "Vincent Peillon contredit Ségolène Royal". Il faut dire que ça commence à se voir que ces perpétuels actes de candidature sont la principale cause des crispations et de la glaciation des clans, et Peillon en a peut-être un peu marre d'en être la victime collatérale, avec le parti socialiste.
D'autant plus que sa championne, qui a axé toute sa stratégie de congrès sur le pari d'un plébiscite militant, est loin d'avoir rempli sa part du contrat: devoir s'écharper pour quelques dizaines de voix est un peu vexant pour quelqu'un qui ambitionnait de l'emporter dès le premier tour. Cet échec remet en cause, et c'est peut-être salutaire, le plan sur lequel se fondait la cohésion du clan: Ségolène n°1 en 2012, avec un accessit pour Peillon, Valls et d'autres en vue de 2017.
On ne voit aujourd'hui pas comment Ségolène aurait les moyens politiques et symboliques de poursuivre pendant trois ans le schéma un peu rudimentaire qui a prévalu depuis sa défaite de mai 2007. D'autant plus qu'avec la victoire de Barack Obama sur Hillary Clinton puis son élection face à McCain, il y en a peut-être qui se disent enfin que les stratégies longues ne sont pas forcément les meilleures.
En tous cas, les "barons", quelque peu balladés pendant le congrès, n'ont pas tardé à reprendre leur liberté: «Pas de bâtons dans les roues d’Aubry» nous dit par exemple Guérini (que va-t-il imaginer?): "l’urgence, ce n’est pas 2012 ! Qu’on se préoccupe du fond ! Qu’on se reconnecte à la réalité ! Un peu de modestie et d’humilité. On a vu où nous ont conduit les querelles de personnes. J’arrête avec ces courants, les sensibilités… Je ne suis pas dans une écurie de présidentiable."
Voilà peut-être des alliés pour le jour ou Aubry sera sur la sellette et où l'hypothèse Peillon refleurira?

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PS: Parmi les arguments invoqués pour stigmatiser l'adversaire et hurler à l'usurpation, il est répété que c'est la première fois qu'un premier secrétaire est issu d'une motion minoritaire arrivée 3ème. Il est alors assez délicieux de rappeler que c'est au contraire déjà arrivé, au fameux congrès d'Epinay, où la motion L de Mitterrand arrivée 3ème avec 15% a fait alliance avec les motions de Mauroy et de Chevènement pour l'emporter face à la motion arrivée en tête, celle de Guy Mollet et Alain Savary. Le rappel est d'autant plus goûteux que ce congrès s'est justement joué sur la stratégie d'alliances, Savary étant hostile au PCF. Le regroupement autour de Mitterrand l'emporta finalement par 51,26% contre 48,73 %...
L'attitude de ceux qui revendiquent son héritage est donc assez paradoxale: imagine-t-on par exemple que Savary aie dit à Mitterrand que cette histoire d'alliance était un prétexte, que la question serait renvoyée à un débat ultérieur, et que donc plus rien ne s'opposait à ce qu'il se rallie?

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

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Merci pour ce très bon site, vraiment un panaché de bonnes et intéressantes idées. Surtout continuez ainsi. Bon courage
Cordialement

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Je suis vraiment fière de vous découvrir, votre blog est vraiment super ! J’aime bien son interface, et j’ai trop adoré le contenu aussi. Surtout continuez ainsi !

Martin P. 04/12/2008 00:33

@CLSles accords au niveau national avec le PCF n'imposent rien au niveau local. ici il y a alliance, là il n'y en a pas.comme je le disais à Dray, mais il va falloir que j'y revienne, vouloir imposer une conformité des alliances locales avec le niveau national est infaisable, et en plus sans justification qui résiste à l'analyse.inversement, croit-on qu'une alliance avec le centre au niveau national imposera des alliances a plan local? évidemmet non. l'argument est donc typique de gens qui ne réfléchissent plus, incapables de tester la robustesse de leur propres prises de position (ca vaut aussi pour aubry ca va sans dire)

CLS 03/12/2008 22:06

"imagine-t-on par exemple que Savary aie dit à Mitterrand que cette histoire d'alliance était un prétexte"Ben si Savary s'était allié aux communistes aux élections locales, pourquoi pas ?

Martin P. 02/12/2008 12:13

@ Founet
J'ai l'impression que la thèse de l'usurpation a été mieux répandue que le rappel du précédent mitterrandien
Comme quoi la capacité d'Aubry à la communication "virale", ou à tout le moins à influer sur le commentaire de presse, est assez limitée et il faudra que ça change (vite). Au moins sur ce plan là il y a des leçons à prendre chez le clan Royal
Ou alors il faudra arrêter de dire que "les journalistes sont gentils", désigner quelques médias comme ennemis et cogner fort (stratégie Bayrou)