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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 22:45
Le vacarme des sales gosses du PS (voir précédent) occupe toute l'attention de la presse, qui oublie ce faisant que le silence est lui aussi une information, notamment quand on parle de politique et de démocratie. C'est ce qui apparait avec éclat à la lecture de la lettre de démission de l'UMP que le député Daniel Garrigue vient d'envoyer à son secrétaire général. Secrétaire général "provisoire", mais semble-t-il appelé à durer, puisqu'on imagine mal que sarkozy autorise la moindre élection dans ce parti déjà amputé de la fonction de président quand le même sarkozy, pour les besoins de l'"ouverture", a du feindre de quitter ce poste.




Rappelons que le processus de sélection au sein de la droite est passé par la trahison* de sarkozy sur la question du CPE (pourtant conçue par le même sarkozy), puis par l'instrumentalisation de l'affaire clearstream contre Villepin, lequel a surtout à se reprocher le crime infâme de ne pas avoir prévenu son collègue de suspect qu'il avait transmis à la justice et aux services idoines l'enquête le concernant, dont les suites montrèrent que celui-ci était innocent. Si l'épisode n'est pas glorieux, c'est donc surtout pour la presse française sous perfusion à la version sarkozyenne: il aura suffit de l'"impressionnante" surréaction du ministre de l'intérieur pour emporter leur conviction, erronnée et (donc) jamais confrontée à la version de celui qu'ils ont accusé.
Rappelons aussi que sarkozy n'a pu s'emparer de l'UMP que suite aux ennuis judiciaires de Juppé comme le rappelle Daniel Garrigue, ce qui lui a permis d'avoir la haute main sur les investitures aux législatives, élément décisif dans la reddition de ses adversaires internes telle MAM, et qui permet de dire que nombre de députés actuels lui doivent surtout leur investiture par l'UMP, avant de lui "devoir" soi-disant leur élection à l'assemblée consécutivement à la victoire du candidat UMP aux présidentielles comme le leur rappelle fallacieusement sarkozy dès que l'occasion se présente.
Après ces rappels, insistons donc sur la vision particulièrement pernicieuse et assez peu républicaine que sarkozy est parvenu à imposer comme quasi naturelle dans ce pays: seule sa victoire est signifiante, la majorité parlementaire lui doit tout, et donc l'expression du peuple qui pourrait survenir des travées de l'assemblée n'est rien devant la "légitimité suprême" du manoeuvrier sans scrupules et sans foi ni loi qui est parvenu à conquérir l'objet de sa presque inquiétante convoitise: le pouvoir, et le pouvoir personnel.
Son insistance à vouloir ôter sa part de souveraineté à l'assemblée nationale signe bien la nature du régime qu'il a mis en place, et ce n'est pas la "réforme" qu'il a extorqué au parlement le revolver sur la tempe qui y change quoi que ce soit.

Bref, la "chose publique" est aujourd'hui la chose d'un seul, et le parti majoritaire n'est  plus l'expression que de la seule sensibilité orléano-bonapartiste (donc un peu bâtarde je vous l'accorde). La sortie, dans tous les sens du terme, de ce député frondeur démontre donc, non seulement un certain courage du fait de sa relative solitude dans ce geste, mais aussi l'existence d'un problème de fond: toute une tradition politique historiquement incontournable en France, le gaullisme véritable,
est aujourd'hui sans représentation.

Daniel Garrigue annonce qu'il défendra jusqu'au bout ses convictions "gaullistes, sociales et européennes" après avoir énuméré les couleuvres avalées, l'injustice fiscale, l'extension du bouclier fiscal à la CSG et au prélèvement pour le RSA, l'amendement lefebvre augmentant la déduction d'impots pour "emplois familiaux", la politique étrangère, la réintégration à l'OTAN, et enfin les vilénies exercées à son encontre pour l'évincer des responsabilités partisanes dans un territoire dont il est le seul député de son parti...

Osera-t-on lui suggérer de créer un parti de la "Droite Moderne", de la "Droite Digne", ou encore de la "Droite Républicaine", bref, tout ce que n'est pas la droite actuelle, histoire de retourner contre elle ses méthodes?

*EDIT 10/12/08: révélations de Julliard

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Published by Martin P. - dans droite
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commentaires

Nicolas J 09/12/2008 10:44

Tiens ! J'avais pas vu ce billet quand j'ai fait le mien, ce matin.Edit...

Martin P. 08/12/2008 23:03

merci pour lui, je pense qu'il faut encourager les vrais gaullistes à faire valoir leurs convictions, que pour certaines on partageet puis si villepin pouvait en 2012 refaire le coup de chirac avec giscard en 81...

jeandelaXR 08/12/2008 22:57

Blogué itou !