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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 13:28
"Outrance!" dira-t-on, et on viendra servir la phrase toute faite, la préférée des autoproclamés opposants constructifs: "tout ce qui est excessif est insignifiant".
D'abord, cette sentence est une antilogie: son premier mot est "tout", dès lors elle commet un excès, et donc la proposition est elle-même insignifiante selon sa propre logique. De plus, l'excès est nécessairement signifiant, sauf à parler d'excès d'absence de sens, ce qui pour le coup n'en a pas beaucoup (de sens). Enfin, postuler que rien n'est excessif dans le domaine du réel, et en particulier s'agissant de sarkozy, c'est penser faux dès le départ.

Venons-en au fait qui motive cet article: "un homme, victime d'un malaise cardiaque, n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans aucuns des 27 services de réanimation hospitaliers sollicités, et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis, a-t-on appris dimanche 28 décembre."



C'est connu depuis longtemps par tous ceux qui ont eu le malheur d'en faire les frais: il vaut mieux ne pas avoir un besoin vital d'aller à l'hôpital pendant les périodes de sous-effectif, en août ou pendant les fêtes. Malgré cela, et grâce à l'abnégation des urgentistes, le système tenait encore debout jusqu'à ce qu'on s'aperçoive lors de la canicule en 2003 qu'il était déjà très malade.

Mais depuis, le problème a surtout été geré par la com':

D'abord, Raffarin est parvenu à changer le sujet à l'ordre du jour médiatique, fin aout 2003, en proposant la fameuse "pentecôte travaillée de solidarité", esquivant ainsi une polémique qui prenait un tour fâcheux et qui pouvait, après avoir provoqué la démission du ministre de la santé, faire pointer les index vers le ministre de l'intérieur (un certain sarkozy qui l'a échappée belle) sans qu'on sache où cela s'arrête.
Ensuite, à l'exception d'un effort louable de Chirac dans la lutte contre le cancer et l'accompagnement de ces malades, la santé est de nouveau passée dans la case "couts à réduire": déremboursements, franchises médicales, et dans le même temps une insidieuse politique de gestion de la santé avec les méthodes du privé, condamnant certains hôpitaux, motivant les autres sur le critère de la rentabilité (certains actes médicaux sont plus rentables que d'autres), défaussant des responsabilités sur les directeurs d'hôpitaux sans leur donner les moyens. Avec pour seule préparation de l'avenir un projet de privatisation de la sécu...
Tout cela couvert par le vacarme de la com', en particulier sarkozyenne, les petites polémiques honteuses sur la psychiatrie en instrumentalisant des faits divers, les boucs émissaires et autres lampistes pointés du doigt à chaque accident pour éviter de parler de la misère hospitalière au quotidien.

Alors on dira: "sarko n'est pas responsable de tout, il y a les ministres quand même, il faut qu'ils sachent gagner les arbitrages".
Ce serait vrai si l'exécutif fonctionnait normalement. Le problème est qu'à la tête de l'exécutif il y a quelqu'un qui se croit omnipotent. Certains pensent que c'est un défaut accessoire, et oublient ce faisant que pour être omnipotent, il faut être omniscient. Quand on fait semblant d'investir les ministres d'un pouvoir qu'en réalité on conserve, quand on leur retire ce pouvoir tout en leur maintenant l'obligation de rendre des comptes, on les conduit à cacher les mauvaises nouvelles en les glissant sous le tapis. Les signaux d'alerte ne remontent plus, ou alors il faut les envoyer directement aux oreilles du soi-disant omnipotent. Sauf que l'omnipotent a une attention plus ou moins soutenue suivant la nature des sujets. En particulier il goûte peu les sujets qui ne rentrent pas dans son modèle d'omnipotence, les sujets de long terme, ou les sujets dont le bénéfice politique est difficile à communiquer car diffus et donc peu éligible au journal télévisé.

Bref, l'omnipotence est une posture irresponsable.


Aujourd'hui, l'AMUF rend publique l'information, et Patrick Pelloux sonne l'alarme, comme en 2003, et il a raison: l'affaire révélatrice d'un état général.
Cette combinaison entre une idéologie politique, un système de gouvernement, un désintérêt manifeste et un brouillage par le bruit médiatique conduit le système de santé à son point de rupture. N'importe qui à n'importe quel moment peut se retrouver dans cette situation: avoir besoin des services de réanimation et crever parce que ces services sont déjà pris pour un autre.


Le manque de moyens des services publics se traduit aujourd'hui par une menace vitale pour chacun d'entre nous. N'hésitons pas à employer les gros mots.

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PS1: accessoirement, il faudra s'en souvenir quand on nous reparlera d'insécurité.

PS2: “sarko au volant, la mort au tournant”, c’est aussi valable pour les soldats en Afghanistan. La question n’est pas tout-à-fait “pour ou contre la guerre”, ni même vraiment “quelle stratégie”, car si tant est qu’il y en ait une, reste encore à ce que celle-ci soit correctement exécutée. Or comme on l’a dit, c’est le principe d’organisation de l’exécutif lui-même qui est pervers…

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Published by Martin P. - dans sarkozy
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commentaires

voyance gratuite par email 23/03/2017 12:56

Très bon article, comme toujours. Il a le mérite de susciter le commentaire .

Martin P. 30/12/2008 11:49

c'est vrai que c'est presque ça quand je dis "l'omnipotence est une posture irresponsable". c'est un mode de fonctionnement pathologique eu égard à la psychologie de sarkozy, et pathogène si on voit les conséquences

Eric 30/12/2008 11:36

Encore un billet pro Sarko! Quand il n'est pas là, les problèmes surviennent. Vivement qu'il reprenne les affaires en main personnellement!