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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 15:29
L'écoute de la conversation de Minc avec des blogueurs (écoute que j'ai hélas terminée hier) est de celle qui donne furieusement envie de taper sur quelque chose, n'importe quoi...
Il faut donc bien un deuxième article pour se défouler (Vogelsong, qui fut bien seul à soulever quelques objections a eu bien du mérite à se contenir tant on a envie de relever Minc quasiment à chaque phrase).

Minc, donc, a cet autre point commun avec sarkozy qui est cette rhétorique de la fausse évidence assénée en des termes qui se veulent sans appel.


On ne compte pas, dans le discours de Minc, le nombre des "vous le savez bien" glissés pour ponctuer chacune de ses affirmations, ou encore les "c'est ridicule" en réponse à ses interlocuteurs (sans parler de ceux qui sont rangés dans la case "pétainistes" et autres). La voix est douce, et cette urbanité formelle, qui le différencie de sarkozy, impose implicitement certaines convenances, des manières feutrées qui appellent en principe que les concepts soient aussi chantournés que les phrases, c'est-à-dire qu'on ne ferme pas les portes, qu'on évite d'aller vers la confrontation interpersonnelle...

Or, ces "vous le savez bien" enfreignent en réalité cette civilité subliminalement imposée par ailleurs, en rendant une éventuelle contradiction forcément frontale. Cette petite manipulation par abus de la gentillesse adverse révèle une faible aptitude à la controverse et un esprit finalement assez peu aimable. Que sarkozy ne cesse d'utiliser un truc assez semblable (sauf que lui n'a en général même pas d'interlocuteur) ne surprendra donc pas.
D'autant que cette tactique a ce grand avantage qu'on peut énoncer tranquillement des pseudo-fulgurances sans aucun petit début de démonstration, ou de balancer des infos ou autres statistiques dont on n'a jamais entendu parler, sans jamais dire d'où elles viennent.

En fait, ce mode badin si bien pratiqué par Minc est celui qu'affectionne le microcosme, qui n'a en cela pas tellement changé depuis les Précieuses Ridicules.
Il est le "dress code" du langage pour la nouvelle aristocratie au pouvoir, ce qui n'empêche pas celle-ci de se laisser fasciner par les manières à la Scarface de leur représentant à l'Elysée
(Minc a presque des allures de fan de rock star quand il parle de sarko, incapable de comprendre qu'on puisse le voir autrement que comme une espèce de surhomme). La fascination est largement rendue par ce dernier d'ailleurs, c'est assez classique.
Sur le fond, en revanche, même combat: pensée mécanique, communication unilatérale, usage d'armes rhétoriques primaires et assymétriques, âpreté au gain, goût de la victoire facile et sans dignité.

Comme le dit Eric, Minc est incapable de se comporter en intellectuel, il est le conseiller de patrons et d'hommes politiques, il parle à ce titre là. L'artifice est que cette casquette n'est pas toujours visible.

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PS: à un moment dans l'enregistrement, l'ultra-mondain Minc, par une suprême cocasserie, ou coquetterie c'est selon, se pique de sentir le terrain sous prétexte qu'il va voir son boucher tous les dimanche matin. Il faut quand même l'entendre pour le croire, et pour voir asséner pareille autocaricature sans que le ridicule ne le foudroie sur le champ.

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Published by Martin P. - dans médias
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