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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 16:22
Laissons d'abord la parole à Jérôme Cahuzac: "Si je suis votre propos, il faut verser un dividende car les actionnaires ont souffert. Mais cela ne concerne pas ceux qui ont vendu (ils ne sont plus actionnaires). Ni ceux qui restent. Ils ne souffrent pas encore, leur perte est encore latente." ... "Vous dites que la majorité des résultats sera affectée aux fonds propres, mais c'est toujours le cas. D'habitude, le taux versement tourne de 40 à 50%. Il n'y aurait donc pas grand changement".  Et sinon, les paradis fiscaux, "c'est le côté paradis ou le côté fiscal qui fait que vous n'en avez pas parlé?"

Voilà ce qu'il est certain qu'on n'entendra pas ce soir. On aura comme d'habitude des questions très ouvertes, seront rapportées des "inquiétudes" auxquelles le très rassurant sarkozy nous répondra par la "pédagogie" de sa politique qui, c'est évident, n'appelle aucune question.

Par exemple, on évoquera que "les français ne comprennent pas les cadeaux aux banques". On nous répétera alors que ce ne sont pas des cadeaux mais des prêts vachement chers, et qu'en plus on a sucré les bonus des PDG. Problème, les prêts à 9% ne sont pas chers du tout, ce qui a même fait hausser le sourcil à la commission européenne. "Au Royaume-Uni, Barclays, qui n’a pas voulu des sous de l’Etat britannique pour ne pas se voir contraint de l’avoir à son conseil d’administration, a levé de plusieurs milliards de Livres auprès de fonds souverains du Moyen Orient pour un taux franchement prohibitif: obligations [...] rémunérées à 9,75 % et "reserve capital instruments" [...] rémunérés à 14 %" nous explique Nicolas Cori. Ce qui relativise la dureté en affaires de sarko. En effet, la présence d'un oeil extérieur à un conseil d'administration est plus gênant qu'on croit: délicat de ne plus pouvoir discuter exclusivement entre gens "sérieux", d'avoir des oreilles intruses dans les comités de rémunération, d'avoir des yeux indiscrets sur le détail des résultats et la réalité des opérations comptables...
Bref, on ne s'étonnera pas que ces "titres subordonnés" (apports en capital sous la forme d’obligations sans échéance de remboursement et sans droit de vote), qui privent l'Etat de tout siège au CA,  dont la rémunération est volontairement faible, et qui ne sont pas conditionnés à la suspension du versement des dividendes,
traduisent en réalité une pure logique de continuation du business "as usual" si on sait que ce dispositif a été inspiré à sarkozy par Michel Pébereau, président de la BNP.

Le pire est que même dans une logique de "business", on peut se demander s'il est bien sérieux de continuer à sortir des milliards de dividendes des comptes de l'entreprise, alors que dans le contexte de crise le risque porte sur la pérennité même de cette entreprise. De ce point de vue, on peut se demander si elles maintiendraient le même niveau de dividendes dans le cas où l'Etat n'aurait pas apporté ses milliards: probablement pas. CQFD: il s'agit bien d'un cadeau.



En fait, on peut se laisser aller à penser que cette frénésie à rémunérer le capital n'est pas induite par le souci de subvenir aux besoins des "pauvres actionnaires", mais bien plutôt de continuer la course à l'échalotte qui a déjà foutu l'économie mondiale dans la merde. On s'explique: quand bien même on serait "raisonnable" dans le versement de dividendes, il y aurait toujours la possibilité de rémunérer le capital indirectement par rachat d'actions. Le rachat d'actions diminue le nombre de celle-ci et surtout maintient voire tire le cours de bourse vers le haut.
Or, si le brave banquier aime que le cours de bourse soit haut ou que les actions soient bien rémunérées, c'est pour que la rentabilité à la fin de l'année soit bonne, être bien classé dans le palmarès du casino mondial, et attirer un peu plus d'actionnaires. Le cas échéant, cela permet aussi au PDG d'envisager des OPA ou des OPE sur ses petits copains banquiers qui auraient été un peu moins loin dans la course à l'échalotte.
On résume: mieux vaut risquer de se casser la gueule en continuant la course que de consolider sa barraque quitte à perdre du terrain, car à l'arrivée, celui qui aura continué la bidouille pour faire gonfler artificiellement son titre et sa valorisation va pouvoir bouffer celui qui aura assaini ses finances mais sera moins riche en monnaie de singe capitalistique.

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PS1: l'article est déjà long mais il est indispensable de relever les dernières de parisot:

* "la crise est comme une tempête et je pense qu'il est de peu d'efficacité de protester contre la tempête" nous dit-elle. Comme on ne réforme ni ne moralise la météo, on suppose que ce n'est pas utile de l'interroger sur une quelconque régulation.

* Suite à la décision d'Obama de plafonner à 500 000 dollars la rémunération des dirigeants des entreprises aidées, parisot nous dit: "C'est le risque que partent des hommes ou des femmes qui sont peut-être pour partie responsables du drame économique actuel. Mais qui sont aussi les plus compétents pour mettre en place les solutions". Ah, ces patrons, le monde entier nous les envie, c'est bien connu. Allez, il n'en coute que 2 millions de dollars, qui en veut?


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PS2: voir aussi les articles du Canard de décembre et janvier rapportant les taux de profit réalisés par les banques sur les découverts, les crédits à la consommation ou même les crédits immobiliers. Les banques profitent des faibles taux qui leur sont actuellement accordés par les banques centrales sans les répercuter à leurs client, ce qui leur permet d'encaisser de très confortables marges en ce moment même.

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Published by Martin P. - dans économie
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commentaires

voyante 24/08/2016 16:55

Super bonne idée, super bon petit site !! félicitation :)

Martin P. 05/02/2009 18:19

oui mais le banquier n'a aucune fierté, il viendra pleurer tout en disant que si il tombe, on tombeet le couinement du banquier est insupportable

Monsieur Poireau 05/02/2009 18:00

Ca fait un bout de temps que comme mesure de rétorsion, on peut très bien assècher les banques en retirant notre argent (qui sert de fonds de roulement comme on sait) mais personne ne bouge !:-))[Il faudrait faire une manif d'un genre nouveau : pendant trois jours, priver les banques de notre argent, juste pour voir !!! :-))].