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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 16:50
Minc se met rarement en situation de se voir opposer des propos auxquels il serait vulnérable: c’est un de ses points communs avec sarkozy. ce fut malheureusement le cas encore une fois malgré la présence valeureuse de Vogelsong et Ronald, qui en bons blogueurs ont pris leur revanche par écrit.

En revanche, Minc use et abuse de sa position d’influence pour diffuser sa manière de penser y compris dans le dénigrement de ses adversaires: c’est ainsi qu’on a pu par exemple entendre plusieurs personnes -qu’on sait en contact avec Minc par ailleurs- reprendre ses propres termes contre Mediapart, media qui ne serait qu’un repaire d’ex-trotskistes, donc enclins à la paranoïa et à l’intox. Minc est trop malin pour dire, comme Serge Dassault, ce qu'il pense à savoir que les journaux doivent diffuser des “idées saines” "qui font que ça marche", mais on sent que le coeur y est.
C’est un peu comme dans cette affaire de plagiat où il a été condamné: le juge devait être un crypto-pleneliste et les faits inventés pour les besoins de l’intox poujadiste. Faites passer.



Minc s'est aussi trouvé une posture qui convient à son ego et qui a l'avantage d'en faire un "bon client" médiatique (si les connivences n'y suffisaient pas): celle de l'analyste froid qui décrit les choses avec cynisme mais lucidité.
C'est en fait la posture la plus facile pour lui, car elle consiste en réalité à s’enfermer mentalement dans un mécanisme, le capitalisme financier, pour tirer parti de ce qu'il en maitrise les rouages mieux que d'autres. Minc croit se tenir à distance des facheux déterminismes qu'il prête aux foules, se pense indemne des égarrements de la passion politique, mais il ne fait que colmater les brèches de son refuge intellectuel. Il s'appuie sur la cohérence interne et les aspects autoréalisateurs d'un "marchéisme" qu'il a au préalable naturalisé. C'est le syndrôme du singe savant: brillant mais borné.
Bref, la posture est confortable médiatiquement, mais inopérante intellectuellement dès que le capitalisme financier n'est plus le mode de pensée mais le sujet de la pensée.

Minc, même prisonnier de ce cynisme à la petite semaine, ne s'interdit pas de lancer des accusations de pétainisme ici ou là, en l'occurence à l'attention des écolos et de Bayrou. Nul doute que lui renvoyer l'insulte provoquerait chez lui une grande scène déchirante, le rappel de ses origines, bref les hauts cris.
Mais on ne manie pas certains mots à la légère et donc voyons par exemple si cette sorte d'expert-comptable de la société de marché a grand chose à envier aux compromissions impavides des préfets de Vichy. Si on transpose sa posture de "cynique borné" sous l'occupation, ça donne ce genre de chose:
"Hin Hin, on sait bien où ils vont finir les déportés, Hin Hin, ils sont ridicules ces gens qui posent des bombes sur les voies ferrées, Hin Hin, mais ils n’ont rien compris, sinon ils attendraient que ça se passe, Hin Hin, d’ici 2-3 ans ça sera fini et on passera à autre chose…"
Assez ressemblant finalement, non?

Minc oublie souvent de revendiquer ses plus beaux titres de "gloire", comme par exemple son activisme en faveur du capitalisme hors-sol et sa contribution notable pour la mutation du métier de dirigeant d’entreprise industrielle vers le celui de banquier d’affaires. Le sujet du "manager" conseillé par Minc n’est plus la production de richesse ni le commerce de biens, mais les opérations capitalistiques, l’"asset management", bref une "création de valeur" (pour l’actionnaire) fondée essentiellement sur ces constructions théoriques que sont les groupes issus de fusions, acquisitions, cessions.
Pourquoi s'épuiser à mobiliser les ressources humaines, élaborer des produits innovants et pertinents, démarcher les clients et répondre à leurs besoins, bref pourquoi s'user à faire de la "croissance organique" (sic) comme disent ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit?
Il est beaucoup plus aisé de jouer aux lego avec les actifs, au monopoly, s'amuser à faire des jolis schémas financiers, et surtout les assortir de la rhétorique idoine à l’attention des analystes. Ce sont des schémas avec beaucoup de zéros certes, mais qui ne sont qu’une écriture sur du papier, ce qui donne évidemment beaucoup moins de peine que d'avoir à frayer avec le vulgum pecus laborieux, d’avoir à connaître ne serait-ce que ce que font ces gens qui ne sont d’ailleurs qu’une "masse" salariale.
Voilà la conception que se fait Minc de la "classe dirigeante" dont il se revendique.

C'est ainsi, entre autres, que "Le Monde", sous sa présidence, a multiplié les acquisitions à coup d'endettement tout en se distrayant de son métier original et en omettant de maintenir le crédit (moral) du titre, lequel était en réalité son vrai actif. Vinrent bien sûr par la suite les habituels problèmes de dette ingérable qui pèsent sur les comptes et contraignent à dégraisser, puis dans une séquence tout aussi connue les cessions d'actifs précédemment acquis mais requalifiés en "non-stratégiques", le tout sans qu'on aie compris quelle était réellement la stratégie hormis une "vision" banquière que les artifices comptables ont par ailleurs rendus opaques... Toute ressemblance avec d'autres fiascos financiers tels Vivendi, France Telecom, ou Thomson ne serait que très peu fortuite.

Quand mes amis blogueurs m'ont dit mercredi dernier qu'il rencontraient Minc le lendemain, je leur ai conseillé de faire allusion à son grand-oeuvre, "www.capitalisme.fr", histoire de voir la tête qu'il ferait.
Ne serait-ce que le titre en dit pas mal sur le personnage, se croyant malin en reprenant la forme "url", à un moment où elle est franchement éculée après qu'on l'aie vue sur une quinzaine d'autres ouvrages. Plagieur d'idées caduques, il croit prédire l'avenir avec les hallucinations d'hier. C'est la contrepartie de la posture pseudo-cynique sus-décrite: ce mécanicisme ne peut guère être en avance sur son temps, par construction oserait-on dire.
Ecrit au sommet de l'hystérie boursière, publié au pic de la bulle, à mi-2000, au moment où tout bon observateur a compris qu'elle allait s'écrouler, son livre refourgue les élucubrations en vogue deux années auparavant sur la merveilleuse révolution internet qui allait garantir croissance durable et partage des profits dans un paradis libéral.

Je n'exagère pas.

Voilà ce qu'on peut trouver après une rapide recherche google, sur le site Amazon:

"Fondée sur les nouvelles technologies de l'information qui vont générer un cycle de croissance durable, la révolution économique est en marche."
"cela ne signifie pas que nous soyons condamnés à subir la dictature des marchés ... Mais les médias, l'opinion publique et le droit s'affirment et veillent à réguler ce nouveau capitalisme."
"le contrat social peut être refondé sur une association entre le capital et le travail, notamment à travers le développement des fonds de pension qui permettra un "partage des plus-values""

Il est vrai que ce récidiviste, qui avait déjà commis "la mondialisation heureuse", a habitué pas mal de gens à le considérer comme une sorte de Rantanplan, boussole infaillible... pour qui sait décoder ses fulgurances.

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PS: J'ai oublié de faire référence au titre: il s'agit bien évidemment des eaux glacées du calcul égoïste (cher à Minc en tous cas pour les besoins de ses démonstrations), la référence à Marx sur le mode condescendant étant une spécialité du multiconseiller.

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Published by Martin P. - dans économie
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commentaires

voyance par mail gratuite 24/08/2016 16:47

J’aime beaucoup les sujets que tu traites, qui semblent tellement simples et habituels pour nous blogueuses qu’on ne pense même pas à en faire un article.

sunny 10/04/2009 11:13

On comprend mieux certaines choses grave à ce blog, merci !

Martin P. 07/04/2009 16:39

@Eric: ce n'est malheureusement pas toujours évident. pas que pour lui d'ailleurs

Eric 07/04/2009 16:24

"Minc croit se tenir à distance des facheux déterminismes qu'il prête aux foules, se pense indemne des égarrements de la passion politique, mais il ne fait que colmater les brèches de son refuge intellectuel."Avec Minc, le mot qui me vient tout de suite à l'esprit, c'est "conflit d'intérêt". Donc, il est incapable de parler comme un intellectuel. C'est un conseiller de patrons et d'hommes politiques. Il parle à ce titre là.

nina 06/04/2009 16:51

LYNCHAGE NUMERIQUE + PLAGIAT :Voilà ce qu'on peut faire quand on se rebiffe et je le conseille à chacun qui peut avoir des ennuis avec ce gros connard de sarkozy ou sa clique de clowns de flics minables : je suis en train de régler un petit problème du genre détail avec cette grosse tache de si peu président de la république Française, en lui envoyant un avocat pour mises sous surveillance illégales, lynchage inspiré de bonnes vieilles méthodes qui ne déplairaient pas au ku klux klan, lynchage qui n'a mobilisé personne sur le web ou dans la presse et plagiat vulgaire et ridicule qui passe à la télé. Avis à la population et merci pour l espace d'expression. Voilà, ceci est également une tentative de gros scandale public parce que ça calme pas mal les gros connards.et dotclear dit :Vous êtes exclu de ce forum. L'administrateur ou le modérateur qui vous ont exclu envoient le message suivant -Quels Pétochards gerbants à Dotclear de la " blogosphère " :)Quant a sarkozy, s'il n'aime pas le web, et s'il n'aime pas la rue qui sait, la preuve, très bien se défendre, qu'il la quitte ! PS-J AI BIEN QUE JE NE PAIERAI PAS POUR AVOIR SUBIT TOUT CA ET VOIR UNE GROSSE RADASSE EN FAIRE UN DISQUE MINABLEet comme le bruit protège des abus des " grands de ce monde ", alors avocats et procès.