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A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
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Lundi 22 juin 2009
A la suite des élections européennes, on a curieusement ordonné au parti socialiste de cesser de critiquer nicolas sarkozy, ce qu'en réalité il ne faisait pas.
Ce qu'on entendait venant de Solférino, c'était de temps en temps des jérémiades convenues portant sur la politique inefficace et injuste (certes...) de sarkozy, mais jamais le réquisitoire sévère et sans concessions, y compris sur la personne, qu'on aurait pu attendre. Seuls s'y essayaient le centre et la droite gaulliste.



Mais les nuques socialistes ont atteint un tel degré de flexibilité que les parlementaires PS ont immédiatement tiré les conséquences de l'injonction qui leur était faite... en obtempérant.
Et en allant bien groupés au sermon versaillais.


Leur erreur est double:

* ils ne sont nullement tenus d'assister à cette mascarade même par respect des institutions, comme l'ont très justement dit bien des commentateurs et blogueurs. En effet, la République, c'est la chose publique, c'est-à-dire, dans son sens originel, le débat. Une heure de monologue suivi d'un échange de 10 minutes en l'absence du vrai executif, ce n'est pas la République.

* mais surtout, ils ont perdu l'occasion qu'ils avaient de tuer dans l'oeuf cette disposition constitutionnelle voulue par sarkozy. Si l'opposition avait boycotté Versailles, nul doute qu'il n'y aurait plus eu d'autres Versailles de ce genre. L'exercice transformé en meeting UMP n'aurait plus d'intérêt pour sarkozy, et d'ailleurs même pour un futur (et hypothétique) président de gauche l'absence prévisible des députés de droite conduirait à y renoncer.


Romain Blachier nous signale que sarkozy annoncera peut-être un referendum sur la réforme territoriale. Ce serait bien dans la continuité du coup qu'a voulu De Gaulle en 1969, ce qui prouve que décidément il ne retient de De Gaulle que le moins bon.
Ayant senti le boulet (ou plutôt le pavé) passer un an auparavant, De Gaulle a cru malin de proposer au referendum une réforme consensuelle (sur les territoires, déjà) tout en en faisant une forme de plébiscite personnel, ceci pour effacer 68 et pouvoir de nouveau revendiquer le soutien du peuple à sa personne, ce que les élections législatives de juin 68 avaient insuffisamment démontrées.

Nous pouvons effectivement être dans une même séquence: après une victoire à la Pyrrhus aux européennes, qui le laissent avec 11% de soutien réel dans l'opinion, sarkozy nous gratifierait d'une de ces "habiletés" tant vantées par ses zélateurs, à savoir prendre la réforme des territoires en otage de son ego.

La question, si cela se produisait, serait très claire: sarkozy engage-t-il sa démission au cas où le referendum échouerait?
Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Publié dans : PS
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