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A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
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Jeudi 1 février 2007 4 01 02 2007 20:18

Un cas intéressant, l'interview de Ségolène Royal sur RMC la semaine dernière, il faut vraiment l'écouter (mp3 ou site RMC) pour saisir à quel point le troupeau bêlant des "suiveurs" (c'est leur nom) s'est fait promener avec entrain par les aboyeurs ump. Il s'agissait de gloser sur le nombre de sous-marins français, suite à une insignifiante question-piège de fin d'interview. Un traitement de la question que Ségolène a d'ailleurs qualifié lors de l'interview de "gadgetisation" de la politique de défense, laquelle ne consiste pas à compter les canons: c'est à la rigueur le rôle des généraux.

S'ils avaient fait l'effort d'écouter la source plutot que de reprendre sa version ump, les rapporteurs auraient pu noter ces différentes propositions:

"le CNE sera abrogé", "les entreprises qui s'engageront dans les CDI bénéficieront d'un bonus sur les cotisations sociales", "c'est la précarité qui va fragiliser les salariés dans leur travail, et donc dans leur vie. [...] et c'est ainsi toute la société qui est fragilisée", "il faut une législation qui empêche la délocalisation des marques [...] car ce sont les salariés qui ont construit la marque", "il faut un pacte à 3, état, entreprises et syndicats, faire confiance au dialogue social pour faire émerger de la valeur ajoutée dans les entreprises", "il y a une révolte des gens contre les tarifications bancaires", "il faut réglementer de façon extrêmement sévère les comportements bancaires", "je proposerai un calcul des agios sur 1 ou 2 ans [...] quand on a un excédent de 50 euros sur le mois, puis un découvert de 50 euros le mois d'après, qu'il y ait zéro pénalité", "priorité à la baisse de TVA sur les efforts de protection de l'environnement, chauffage, véhicules, construction", "le budget militaire doit être réorienté, à enveloppe constante, vers des synergies avec la recherche civile", "ces sujets de défense ne doivent pas être traités de façon gadgettisée et partielle".

Outre cette impasse persistante des relais mediatiques sur le fond, il y a requalification des positions politiques en "bourdes". Il est éloquent, ce réflexe de la pensée unique: toute position non-conforme est donc absurde, malgré la stérilité de la pensée conditionnée qui sévit depuis 20 ans dans le microcosme.

Parallèlement, on percoit dans la sarkolâtrie une fascination pour ce qui est décrit comme du franc-parler et qui est en réalité un cynisme débridé, d'autant plus stupéfiant qu'il n'est même plus équilibré par le souci de l'élégance (mitterrand) ou compensé par un caractère jovial (chirac). Le talent aujourd'hui, c'est celui de la politique-réalité: le culot, l'absence de scrupules et de sens du ridicule. On aurait pu s'attendre par exemple à ce que sarkozy démissionne dans le même temps qu'il serait sacré, c'était une évidence politique si ce n'est démocratique. Mais comme on ne l'embête pas plus que ça, comme Chirac n'a plus la force politique de le virer, comme tous les prétextes passent ("je reviens pour me protéger", puis "c'est pas moi qui ai commencé"), il reste. Pour éviter que son successeur aie le temps de trouver le pot aux roses statistique et ne fasse une description moins idyllique de la situation.

Une affaire douteuse surgit-elle? TF1 attend la version ump pour en parler: il ne s'agirait que d'une vieille note tout juste actualisée, et encore automatiquement. Pas de question qui fâche, personne ne tique sur les impostures, donc pourquoi se gêner, autant lâcher des trucs comme: "Je sais qu'il y a des gens pour lesquels le patriotisme de parti sera toujours plus grand que l'amour de la patrie." Accusant implicitement la gauche d'avoir "cultivé la haine de la France" par le "dénigrement de la nation".

On savait depuis 2002, inclus la campagne, qu'il faudrait se battre sans les medias, voire contre. Ce n'est pourtant pas qu'ils n'ont aucun savoir-faire en matière de critique: Quel est le sens de l'hallali éditorial sonné en direction de Chirac, quand dans le même temps les turpitudes de son imitateur assumé sarkozy ne suscitent aucun haussement de sourcil chez les mêmes commentateurs?

Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Publié dans : Ségolène
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