Les grands comptes captent indument l'essentiel de la valeur ajoutée industrielle. Pour ce faire ceux ci s'organisent pour se positionner à l'embouchure d'un entonnoir qui amène les petits
ruisseaux de la sous-traitance à passer sous les fourches caudines des "champions industriels" qui font la fierté des nations. Champions qui, étant cotés en bourse, opèrent comme des percepteurs du
capital. De valeur ajoutée ces mastodontes du cac40 en produisent de moins en moins, préocuppés qu'ils sont de se "recentrer sur leur coeur de métier", lequel se réduit comme peau de chagrin à
mesure que le fait d'avoir un vrai métier s'avère bien trop peu rentable. Etant réduits à des rôles de bureaucrates du capitalisme, la question se pose du moyen par lequel ils se maintiennent dans
cette situation de rente. De moyens il y en a au moins deux: D'une part le développement du marketing, de la notoriété de la marque, le déploiement d'un authentique génie de la communication et du
bourrage de crâne. Là se situe le coeur de métier pour la plupart, et ce vers quoi tendent les autres. C'est ce qui permet de vendre plus cher et de réduire les effets de la concurrence des
outsiders. La puissance de feu publicitaire suffit souvent à maintenir sa part de marché. D'autre part, et si le premier instrument ne suffisait pas, la puissance de feu financière permet aussi de
réduire un éventuel concurrent outsider par acquisition. La puissance de feu financière étant permise, rappelons-le, par la marge extorquée en bout de chaine, ce qui est rendu possible par le fait
d'être leader sur le marché. On voit que c'est une logique circulaire qui permet aux insiders de tenir en respect les outsiders. Dernier recours quand ce cercle "vertueux" s'épuise: obtenir
l'oreille du pouvoir politique, en faisant passer un lobby du cac40 pour un mouvement de défense des entreprises, en imprégnant les milieux médiatiques, et en favorisant l'accession au pouvoir d'un
habitué du microcosme affairiste.
EDIT 31/10: ceci est un petit brouillon sur ce carnet de notes, jeté ici après qu'un auto-proclamé "hérétique" m'ait affirmé au kremlin des blogs que Peyrelevade avait raison de préconiser un partage de la valeur ajoutée qui soit plus en
faveur du capital, vu que les entreprises ne margent pas assez. Or avec l'organisation de la production tel que décrit plus haut, toute marge supplémentaire serait captée par des sociétés cotées
qui s'empresseraient alors d'augmenter les dividendes pour ainsi alimenter une industrie financière déjà démesurément enflée.
Un brouillon qu'il faudrait soit développer soit résumer en une formule. le problème étant que ces dysfonctionnements bien connus par les praticiens du secteur marchand sont ignorés dans le débat
public.
Par Martin P.
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Publié dans : économie
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