Vendredi 19 février 2010
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Une enquête a été ouverte il y a quelques jours pour financement politique occulte, celui de la campagne de Balladur en 95. Que sarkozy, comme
directeur de campagne et ministre du budget, soit accusé d'être au "coeur de la corruption" mais ne donne pas suite à sa menace de porter plainte pour diffamation est une information suffisament
anodine pour être occultée elle-même par la plupart des médias de masse semble-t-il.
Le Canard Enchainé, qui a l'esprit mal tourné, se demande si le fait que ce soit Jean-Claude Marin qui ait
ouvert cette enquête n'équivaut pas à un désaisissement du juge antiterroriste Trevidic de ce volet du dossier, laissant présager un enterrement première classe, ou à tout le moins une mise au
frigo.
Cet épisode peu commenté ne fait que confirmer l'hypothèse qui avait fuité l'été dernier et qui, se fondant
sur le fait que ce n'est pas al-qaida mais des militaires pakistanais qui avait commandité l'attentat, attribuait le motif à un litige sur des versements commissions entre des français et des
pakistanais dans le cadre d'une vente d'arme.
Venons-en au fait. Les téméraires qui évoquent cette affaire arrêtent tous leur raisonnement là où ça devient
intéressant: c'est Chirac qui, une fois élu en 95, aurait bloqué le versement des commissions au club de Balladur.
Dès lors, Villepin a obligatoirement eu connaissance de ce financement occulte. Or, le concert des procureurs
médiatiques imprégnés de la version sarkozyenne de l'affaire Clearstream ont toujours utilisé cet argument: "Comment Dominique de Villepin a-t-il pu croire à l'authenticité des listings?", pour
mieux laisser entendre qu'il savait qu'ils étaient faux.
Eh bien, l'affaire Karachi apporte cette réponse assez évidente, curieusement lue nulle part: Villepin a
cru à la véracité du listing cleastream sur lequel le patronyme de sarkozy apparaissait... simplement parce qu'il savait que de tels comptes occultes existaient.
Ce qui éclaire l'affaire Clearstream d'une lumière disons... différente. Mais si Villepin sait ce qu'il en
est de la destination des commissions franco-pakistanaises, comment se fait-il qu'il ne les évoque jamais?
Eh bien poussons un peu plus loin encore le raisonnement, là encore où s'arrêtent nos courageux journalistes,
qui se limitent à cette remarque: "s'il s'agit d'une représaille, comment cela se fait-il que l'attentat ait eu lieu 7 ans après, le 8 mai 2002?". Sans développer, à ma
connaissance.
On peut se dire que c'est long pour une représaille... à moins que la représaille vise un litige plus récent.
Est-ce à dire que les transactions franco-pakistanaises se sont poursuivies après 95? qu'elles aient concerné des intermédaires différents? mais toujours pour remplir des caisses
illégalement?
En tous cas, si ça s'est poursuivi après 95, ce n'était plus sarkozy qui était impliqué, mais quelqu'un
d'autre. Aucun rapport avec le fait que le clan Chirac soit muet sur cette affaire, dont par ailleurs on sait qu'il a connaissance. Aucun rapport non plus avec la date de l'attentat...
quelques jours seulement après la réélection de Chirac.
Au fait, quand un militaire passe à l'acte violent, en général, c'est pour se venger, ou bien pour obtenir
quelque chose du camp adverse?
Evidemment tout ça ce n'est qu'un raisonnement, donc quelque chose dont il aurait fallu s'abstenir. Mais comme je l'ai twitté sans
avoir plus de retour que ça, j'essaie autrement puisqu'il est évident qu'il devrait rapidement être mis en pièces.
Par Martin P.
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