Brèves

Présentation

présentation bis

A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

-

 

"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
-
-
-
-
-
-
web stats

PS

Mercredi 22 juillet 2009
Lors d'une rencontre montée par Jon, quelques blogueurs devraient pouvoir s'entretenir avec Manuel Valls demain matin.




A l'occasion de ces échanges, on devrait pouvoir lui poser entre autres ces questions:

* sur les primaires:

En 2002 et 2007, les candidats socialistes ont du expliquer que leur projet n'était pas celui du parti socialiste. Pourtant, bien des socialistes croient logique d'arrêter un projet avant le choix du candidat. La logique présidentialiste n'implique-t-elle pas au contraire que le projet soit celui du candidat choisi lors des primaires? si oui comment organiser malgré tout le travail collectif?

* sur les relations sociales:

Une erreur fréquemment commise par certains socialistes est d'expliquer que les discours sur les relations sociales et les entreprises sont le domaine réservé des syndicats. Certes, le PS ne doit pas donner l'impression de vouloir récupérer politiquement les mouvements syndicaux, mais n'est-ce pas son rôle que de repenser la gouvernance des entreprises, redéfinir les outils à la disposition des représentants des salariés, et s'exprimer sur ces sujets?

* sur le PS:

Les critiques envers le PS sont assez largement partagées, et pour tout dire les antisocialistes se font bien plus entendre que les antisarkozystes. Ton (MV) expression publique semble conçue pour déstabiliser le PS bien plus que sarkozy. Si l'opposition à sarkozy doit certes être moins primaire, doit-elle pour autant être moins sévère? Un candidat à la présidentielle ne doit-il pas aussi faire la preuve de son efficacité contre le camp adverse?
Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Lundi 22 juin 2009
A la suite des élections européennes, on a curieusement ordonné au parti socialiste de cesser de critiquer nicolas sarkozy, ce qu'en réalité il ne faisait pas.
Ce qu'on entendait venant de Solférino, c'était de temps en temps des jérémiades convenues portant sur la politique inefficace et injuste (certes...) de sarkozy, mais jamais le réquisitoire sévère et sans concessions, y compris sur la personne, qu'on aurait pu attendre. Seuls s'y essayaient le centre et la droite gaulliste.



Mais les nuques socialistes ont atteint un tel degré de flexibilité que les parlementaires PS ont immédiatement tiré les conséquences de l'injonction qui leur était faite... en obtempérant.
Et en allant bien groupés au sermon versaillais.


Leur erreur est double:

* ils ne sont nullement tenus d'assister à cette mascarade même par respect des institutions, comme l'ont très justement dit bien des commentateurs et blogueurs. En effet, la République, c'est la chose publique, c'est-à-dire, dans son sens originel, le débat. Une heure de monologue suivi d'un échange de 10 minutes en l'absence du vrai executif, ce n'est pas la République.

* mais surtout, ils ont perdu l'occasion qu'ils avaient de tuer dans l'oeuf cette disposition constitutionnelle voulue par sarkozy. Si l'opposition avait boycotté Versailles, nul doute qu'il n'y aurait plus eu d'autres Versailles de ce genre. L'exercice transformé en meeting UMP n'aurait plus d'intérêt pour sarkozy, et d'ailleurs même pour un futur (et hypothétique) président de gauche l'absence prévisible des députés de droite conduirait à y renoncer.


Romain Blachier nous signale que sarkozy annoncera peut-être un referendum sur la réforme territoriale. Ce serait bien dans la continuité du coup qu'a voulu De Gaulle en 1969, ce qui prouve que décidément il ne retient de De Gaulle que le moins bon.
Ayant senti le boulet (ou plutôt le pavé) passer un an auparavant, De Gaulle a cru malin de proposer au referendum une réforme consensuelle (sur les territoires, déjà) tout en en faisant une forme de plébiscite personnel, ceci pour effacer 68 et pouvoir de nouveau revendiquer le soutien du peuple à sa personne, ce que les élections législatives de juin 68 avaient insuffisamment démontrées.

Nous pouvons effectivement être dans une même séquence: après une victoire à la Pyrrhus aux européennes, qui le laissent avec 11% de soutien réel dans l'opinion, sarkozy nous gratifierait d'une de ces "habiletés" tant vantées par ses zélateurs, à savoir prendre la réforme des territoires en otage de son ego.

La question, si cela se produisait, serait très claire: sarkozy engage-t-il sa démission au cas où le referendum échouerait?
Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 19 mars 2009

On ironise, ici ou là, sur le fait que les socialistes, comme d'ailleurs d'autres partis, se postent sur le trottoir, sur le coté, pour "regarder passer les manifestants". Les responsables socialistes, eux, disent "saluer"...




On peut regretter qu'ils ne précisent pas aussitôt que les troupes socialistes se situent surtout au sein des cortèges syndicaux, au coeur de la manifestation. A défaut ils contribuent à faire passer cette idée de "parti d'élus", certes pas tout à fait fausse, mais pas exacte non plus:

les socialistes ne regardent pas passer les trains. Simplement il est d'usage que les partis se tiennent à l'écart des bataillons syndicaux, pour ne pas mélanger les genres, mais aussi parce que plus souvent qu'on ne le pense le travailleur syndiqué et le militant politique sont une et même personne.


Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 28 février 2009
Les rencontres entre politiques et blogueurs ne se différencient pas toujours des codes médiatiques habituels. En tous cas parfois pas assez: c'est le seul regret qu'avait formulé Benoit Hamon en juin dernier. Et pourtant, avec sa prestation de mercredi dernier à la république des blogs, il a récidivé: un langage un peu trop conforme aux standards médiatiques, un "format" (une sorte de tribune avec micro) trop classique.

Il semble au vu de ces deux exemples que la raison de cette sorte de retenue ne tient pas tant à la personnalité d'Hamon (même s'il a récemment touché les limites du "parler vrai" et "tiré les leçons"), qu'à la présence d'une caméra. La caméra est à double tranchant: sa présence crée l'illusion, sur le moment, que la scène a un certain intérêt, mais en même temps elle contribue à la rendre insignifiante sur le plan politique en contraignant la spontanéité de la personnalité qui s'exprime.

En même temps, quand les politiques se lâchent, c'est malheureusement assez rarement pour livrer le fond de leur pensée, dire les choses plus crument, poser un regard lucide sur la société. C'est plutôt, et c'est humain, pour parler des uns et des autres, de leurs petites (et grandes) histoires. C'était un peu le cas avec Julien Dray lors d'une occasion où pour le coup il n'y avait pas de caméra, même s'il y avait un micro. Dans ce contexte, où nous étions de surcroit peu nombreux, il passe autre chose qu'un simple discours. Dray est certes assez prompt à médire de ses camarades, mais quand je lui ai dit (le sujet était la campagne de Ségolène une fois de plus) que je souscrirais à tout ce que dit Jospin dans son livre "l'impasse", son regard et ses propos à ce moment là m'ont fait comprendre qu'il y avait dans son rapport à Jospin un vrai sujet.


A la suite de cet épisode il m'est apparu que le cheminement de Dray donne un éclairage particulier à l'histoire socialiste récente. Une version de l'histoire que j'ai proposée notamment à mes interlocutrices de mercredi soir (spéciale dédicace à Olympe, Polluxe et CC: "cimetière des éléphants". Et aussi MrsClooney tant qu'à faire).

Le leadership de Jospin à partir de 1995 a été vécu par Dray comme une mise en quarantaine. Jospin reprochait à Dray d'avoir encouragé les manifs lycéennes quand il était ministre de l'éducation nationale, c'est-à-dire quand Rocard était à Matignon, donc à un moment où le mentor de Dray, qui n'était autre que Mitterrand, ne dédaignait pas mettre des bâtons dans les roues de son gouvernement. De 1997 à 2002, Dray faisait donc partie du fameux "droit d'inventaire".
La "gauche socialiste", qui était une alliance entre Mélenchon et Dray, ne vit que le premier accéder au gouvernement. Passé 2002, la "GS" explosa et vit les trajectoires de Dray ét Mélenchon s'éloigner mais sur des positions renversées: Mélenchon qui était au gouvernement pris des positions très à gauche tandis que Dray, lassé d'être minoritaire, délaissa le gauchisme pour se rapprocher de François Hollande.
Le problème pour Dray est que même après 2002, l'essentiel du personnel socialiste restait dans une forme d'allégeance intellectuelle vis-à-vis de Jospin, que l'hypothèse de son retour, jamais vraiment écartée, continuait de constituer une sorte d'hypothèque sur son avenir.
C'est alors que Dray s'est tourné vers la seule personnalité qui proposait une rupture par rapport à Jospin semblable à la rupture sarkozyenne par rapport à Chirac: Ségolène Royal. Il serait difficile de démêler chez Ségolène la part d'anti-jospinisme qui lui a été insufflée par Dray, de celle inhérente à sa personnalité et à sa posture politique. Toujours est-il que cet équipage Dray-Royal est assez cohérent avec une certaine manière de faire de la politique, qui se veut plus populaire, qui recherche l'empathie, quand Jospin incarnait plutôt un certain élitisme républicain et un refus de la séduction assez protestant (il a par exemple refusé d'aller chez Drucker pendant sa campagne).

-
PS: J'ai pu juger que Versac ne connaissait pas le mythe des cravates à chier, alors que pourtant il en portait une.
Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 10 février 2009
... oui, encore lui, et en très grande forme sur Ripostes (émission encore visible ici). On voit, certes de moins en moins souvent (l'usure aidant), des ignares attribuer à la légère des bons points dans les domaines de l'éloquence et du pouvoir de conviction à des petits voyous au boniment outrancier et vulgaire. Qu'ils édifient leur jugement défaillant en visionnant cet interview, où par moments Badinter s'arme de la justice et de la vérité pour vous tordre les trippes, là où d'autres cherchent à vous procurer quelques secondes la satisfaction mauvaise de vous sentir du coté des dominants.
Là où certains vous distraient en vous exhibant de quoi haïr ou de quoi moquer pour mieux éviter que les faits soient examinés et débattus, d'autres vous font sentir à quel point l'escamotage de la réalité est haïssable, à quel point chaque petit trucage est misérable, à quel point la falsification est infâme.


Par Martin P.
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

Catégories

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés