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A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
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Ségolène

Vendredi 10 avril 2009 5 10 04 2009 22:01
J'entends Claude Goasguen dire ce soir, au téléphone sonne sur France Inter, en réaction aux propos de Ségolène Royal à Dakar, ceci: "à ma connaissance nicolas sarkozy n'a jamais critiqué le président Chirac à l'étranger". Je suppose que c'est la ligne de la com' umpiste depuis quelque jours (j'y ai échappé).

Mauvaise mémoire...  comme l'a d'ailleurs rappelé, le 10 janvier 2007,... eric besson, "entendre un candidat majeur à la Présidence de la République critiquer aux Etats-Unis la politique étrangère -en l’espèce justifiée- et « l’arrogance » de son pays est proprement insupportable."

On retrouve la trace de ces déclarations en 2006 aux Etats-Unis sur le site de l'UMP: "Je reconnais que la France n’est pas exempte de reproches : bien qu’il me semble que nos désaccords aient souvent été légitimes, il y a différentes façons de les exprimer. Il n’est pas convenable de chercher à mettre ses alliés dans l’embarras, ou de donner l’impression de se réjouir de leurs difficultés. J’ai toujours préféré l’efficacité dans la modestie plutôt qu’une grandiloquence stérile. Et je ne veux pas d'une France arrogante et pas assez présente."

Et le pire, s'agissant de cette sortie de sarko, est qu'elle était faite alors qu'il était ministre d'Etat, et que Chirac l'avait annoncé comme représentant de la France...

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L'aspect "demande de pardon" n'est qu'un détail de l'affaire, propre à la communication particulière de Ségolène Royal. Sur le fond, il n'était pas inutile de se démarquer de cette France qui va expliquer à la jeunesse africaine qu'elle n'a qu'à se démerder (ce qui pourrait passer pour de l'exigence), mais qui va ensuite baiser les babouches de Khadafi et Bongo, célèbres émancipateurs de cette même jeunesse.


Là où l'insulte est "subtile" dans le discours de sarko, c'est que c'est une condescendance qui se veut en rupture avec le paternalisme infantilisant, mais qui ne se démarque de cet archaïsme que pour faire encore pire dans le cliché d'une Afrique infantile et immature par nature, à qui il s'agirait de botter le cul, sous-entendu après l'avoir trop couvée. Et sarkozy a cru après ça pouvoir aller conforter Omar Bongo en achevant son voyage au Gabon sans que cela se voie, que la françafrique continuait bel et bien comme aux plus beaux jours. On croirait presque que Guaino et sarko pensaient vraiment que leur réécriture de l'histoire serait admise comme vérité révélée par des africains qui grâce à eux allaient retrouver leur conscience d'eux-mêmes en quelque sorte.

Un peu comme si ils escomptaient vraiment que les africains soient des ignorants à qui on peut faire prendre des vessies pour des lanternes, des gogos qu'on peut convaincre qu'à leur réalité vécue doit se substituer la vraie vérité de sarko.

Un peu comme si ils ignoraient les tribulations de Bolloré au Gabon. Par exemple. Un peu comme si le soutien des mêmes sarko, bolloré et cie n'était pas la principale cause du maintien en place des dictateurs africains.
Pourquoi le grand émancipateur sarko, après son discours de Dakar, n'est-il pas allé en Mauritanie, dont l'évolution récente indique de meilleurs signes que les pays qu'il a "honoré" de sa visite?


Et aujourd'hui sarko manoeuvre pour que Wade ne rencontre pas Ségo, ce même Wade qui a récemment obtenu de sarko la tête de l'ambassadeur français au Sénégal. Ambassadeur qui avait eu le tort de rapporter à Paris et aux correspondants de presse les petits délires de Wade, comme cette idée de faire construire à prix d'or une statue géante à son effigie...
Par Martin P.
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Mercredi 4 février 2009 3 04 02 2009 00:55
Le sujet est scabreux, mais comme deux évènements de l'actualité suscitent des réactions autour de ce thème, à savoir l'apparition du blog "femmes engagées" et la sortie du livre de Ségolène Royal "Femme debout", c'est l'occasion de deux remarques, sur des femmes en politique donc:

Le principe d'un "blog de filles" reçoit des critiques au nom de l'antisexisme. Sur ce thème, on repère malheureusement la confusion entre "être égal" et "être identique": l'égalité, qu'elle soit entre les sexes ou d'ailleurs les couleurs de peau, ne signifie pas qu'il faille nier les différences. C'est ainsi que des antisexistes, ou d'ailleurs des antiracistes, en niant des différences (au lieu d'en affirmer l'égale dignité), se retrouvent à défendre leur cause avec de mauvais arguments et donc à la desservir*.
Un aspect plus pervers de cette argumentation qui se veut antisexiste, c'est de dénoncer comme sexiste la revendication d'une certaine féminité et de son droit de cité: ce rejet revient à imposer le status quo d'une vie publique dont les codes masculins largement dominants sont implicitement donnés pour universels.
Bien sûr, s'agissant de politique, on objectera avec raison le nécessaire universalisme des valeurs défendues. Mais le militantisme peut légitimement être jugé excessivement masculin, dans son approche et dans ses relations interpersonnelles. Si celles qui souhaitent une action collective plus féminine ne parviennent pas à exprimer cela autrement que par un collectif de femmes, alors pourquoi pas. Enfin, le bloguage est aussi un exercice d'écriture et on ne voit pas pourquoi un blog collectif revendiqué comme féminin serait moins légitime qu'un jury littéraire composé de femmes comme par exemple celui du "prix femina".
Bref, on peut passer beaucoup de temps à démêler les raisons qui fondent telle ou telle différence, entre les sexes, ou de la nature plus ou moins sociale de ces déterminismes, mais auparavant il est utile d'identifier des fourvoiements à éviter:
* l'existence de différences n'est pas en soi une si mauvaise chose.
* l'universalisme, ce n'est pas affirmer que la féminité n'existe pas.
* l'expression d'une part de féminité ne préjuge en rien d'une capacité à l'universalité.




(La deuxième remarque fera un peu antithèse, en apparence, mais -on se rassurera- il n'y aura pas de synthèse)

Lionel Jospin, qui a le sens du paradoxe, l'a pointé: dans son livre, Ségolène Royal évoque "Mme Strauss-Kahn" et "Mme Jospin", ("Je crois que Mme Jospin ne m’aime pas beaucoup. Pas plus que Mme Strauss-Kahn."). Elle réduit ainsi Anne Sinclair et Sylviane Agacinski à leurs rôles d'épouses, une manière de leur marquer une antipathie réciproque semble-t-il. Jospin rapproche cette réflexion quelque peu misogyne avec la posture de Ségolène Royal qui oscille entre revendication du féminisme et de la féminité, et il ne relève pas cette contradiction tout à fait par hasard.
L'originalité, entre autres, de Ségolène Royal par rapport à d'autres femmes politiques est de rappeler volontiers qu'elle est une femme, parfois d'en jouer (pas toujours à propos), et de revendiquer aussi une part de féminité dans son style et sa démarche. Disons-le, on peut légitimement lui donner raison tant il est fait peu de place aux femmes en politique et tant cet univers est masculin. Cette posture explique peut-être aussi une part de son succès.
La difficulté est que Ségolène Royal semble mettre sur le compte de cette féminité un autre aspect de sa démarche: une forme de dérobade politique permanente, un refus de se placer dans le champ de bataille idéologique, une sorte de vélléité de "présider" au combat politique plutôt que de s'y inscrire pleinement.  Or, si la confusion entre ce déficit de politique et le renouveau féminisé de la politique proposé par ailleurs sert Ségolène Royal, notamment pour désarmer les critiques, il dessert assez puissamment la cause féministe.

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* On voit malheureusement assez souvent des antiracistes se faire piéger par ceux qui veulent utiliser des différences pour suggérer une infériorité. Les discours racistes mélangent toujours des différences réelles (physiques le plus souvent) et des différences qui n'existent pas, ou font des amalgames entre des caractères qui ne se confondent pas. Il est alors toujours rageant de voir le contradicteur antiraciste se laisser emporter dans une logique de négation de toutes les différences quelles qu'elles soient. Ce fut trop souvent le cas par exemple avec zemmour qui du coup a joué là-dessus. Le mot "race" n'a pas de sens appliqué à l'homme, sauf à expliquer qu'il faille trier les individus selon des critères édictés par une certaine idéologie, pour ensuite mener une politique visant à atteindre une certaine "pureté" du groupe d'individus sous ces critères: on aura reconnu le nazisme. Cela posé, vouloir réfuter le nazisme en niant l'existence de blonds aux yeux bleus et de métèques au nez crochu part d'un bon sentiment mais ne réfute rien du tout. Ce qu'il faut y opposer est la variété infinie des différences et la liberté de chaque individu de se mêler à qui bon lui semble: il s'agit là d'une confrontation politique et non d'une polémique de pseudo-naturalistes.
Par Martin P.
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 11 2008 13:51
Il faut reconnaitre la capacité du camp ségolénien à faire infuser sa version simplifiée et mystificatrice de ce congrès dans le commentaire médiatique. Commentaire médiatique qui n'attend que ça: une vision simplifiée où on reconnait facilement des "anciens" et des "modernes", des "outsiders" et un "système", des victimes et des bourreaux, des bons et des méchants.
Le mot "camp" employé plus haut aura probablement sauté aux yeux, mais quand on entend une dirigeante politique employer l'expression "code d'honneur", on se demande si la politique est tout-à-fait débarrassée des logiques claniques qu'elle dénonce par ailleurs. Le sens de l'honneur est une belle chose, mais le code d'honneur fait plutôt référence à l'omerta et aux pratiques de ce qu'on appelle pudiquement le "milieu". A ce sujet, Delanoe a répondu très simplement que la liberté de vote au sein de la motion A valait aussi pour son premier signataire.

(Etant en Chine - ci-contre la grande muraille vue d'avion -, je ne peux accéder aux blogs de la pateforme over-blog, comme je l'ai déjà évoqué sur ce blog, mais je peux accéder à l'administration. Cette note donc entre autres pour répondre aux commentaires (que je vois par notification e-mail), et réagir au léger surcroit d'activité left-blogueuse que le scrutin à venir suscite).

Mystifications donc:

* Si Vincent Peillon n'a pas pu être candidat, ce serait la faute aux autres motions.
Pendant toute la semaine dernière, c'est le message qu'on entendait venant de la motion E, de manière à masquer le "fait accompli" de plus en plus accompli entre l'AG de motion E du lundi 10 novembre, la vrai-fausse annonce du mardi, l'interview du mercredi, la réunion de vendredi et enfin celle de samedi suivie de la déclaration de Valls confirmant la candidature. On l'a déjà dit mais c'est une évidence: Ce que Ségolène veut, la motion E le veut, vaille que vaille. Tenter de reporter la faute sur les autres motions, c'est vouloir faire porter aux autres la responsabilité de l'échec, et c'est aussi admettre, ce qui est peu signalé, que la candidature de Ségolène est un facteur d'échec du congrès.

* Paradoxalement, mais Ségolène n'est pas à ça près, il aura été martelé que les 29% de la motion E rendait naturelle, quasi-automatique, une candidature de Ségolène avec en plus obligation des autres motions de s'y rallier sans faire de chichis. On a déjà dit qu'étant donnée la mise au frigo de la candidature de Ségo, le mandat de la motion E s'agissant de la candidature était nettement différent de celui qu'aurait eu la motion A si elle était arrivée en tête. Reconnaissons tout de même que cette lecture des statuts, que François Hollande aura popularisé avant le congrès, était inédite et montrait assez que Hollande a perdu la main en matière d'élections.

* Ségolène aurait fait des efforts immenses pour obtenir une synthèse. En fait elle a pu donner l'impression de céder sur tout sauf sur sa candidature. Ce n'est néanmoins pas exact, par exemple il n'est pas exact que les fameuses lettres envoyées aux autres motions ont obtenu une fin de non-recevoir: il y a eu au contraire une réponse de fond de la part de Delanoë, jeudi 13, soulevant une demi-douzaine d'objections majeures.

* Au nombre de ces efforts immenses il faudrait compter le recours au vote des militants pour trancher les questions qui fachent, comme celle des alliances. Evidemment que la consultation des militants est une bonne chose, et heureusement que les candidats annoncent que des consultations auront lieu. Delanoë avait promis un agenda chargé en la matière. Mais si ces consultations devaient annuler les nuances ou différences entre les motions, alors oui, le congrès n'aurait été qu'une question de personne. Organiser une consultation ne dispense pas d'affirmer une conviction, même si Ségolène Royal semble théoriser le contraire. Et le congrès sert bien à affirmer une conviction, à définir une orientation pour permettre une direction cohérente sur le fond. Donc oui, invoquer le vote des militants pour prétendre annuler les différences et exiger une soumission, cela relève de la supercherie, voire d'une certaine désinvolture par rapport à la chose politique.

* L'appareil, symbolisé par "les éléphants" (Jospin premier visé), serait contre Ségolène. Lionel Jospin a donné son sentiment, en son temps, sur la métaphore animalière un peu infantile:
"Les éléphants, j'ai passé l'âge". Mais surtout, il faut un certain culot pour adopter cette posture en étant soutenue par Jean-Noel Guérini et sa fédération des Bouches-du-Rhône à 73%, ou par Georges Frêche. Avec de tels rénovateurs et de tels marginaux du système derrière soi, il est quand même permis de changer de disque. A se demander si Ségolène Royal ne craint pas un peu de perdre son public si elle devait abandonner son registre préféré d'éternelle victime. Sauf que dauber sur Jospin ne suffit pas à se prétendre rénovateur. A ce propos, il est encore un paradoxe qu'il faut souligner: Ségolène n'a cessé de stigmatiser la présence de Jospin derrière Delanoë, censée le plomber puisque symbole du passé et du conservatisme. Sauf que la même Ségolène n'a cessé d'expliquer que c'est la trop faible visibilité de Jospin derrière elle pendant la campagne 2007 qui expliquerait sa défaite. On peut donc penser que si Jospin avait été omniprésent en 2007, Ségolène ne lui aurait pas moins mis sa défaite sur le dos, et dès lors on voit ce qu'il faut penser de l'argument.

Arrêtons la liste pour aujourd'hui, il y aura probablement des occasions de la compléter.

Etant en Chine, je ne pourrai pas non plus voter, et tant mieux tant le choix est embarrassant. L'alternative entre le tout (Aubry) et le n'importe quoi (Ségo) est assez désespérante et augure mal de 2012. D'un autre côté il y a Hamon, qui lui est certes sur une démarche cohérente et mobilisatrice, mais dont la ligne politique fait trop de place aux réflexes étatistes et protectionnistes traditionnels. Notons tout de même ses qualités: il est jeune, lui et ses amis ont de l'intérêt pour les idées, et d'ailleurs il a su faire venir dans ses meetings des économistes et intellectuels remarquables, comme Frédéric Lordon ou Jacques Sapir. De plus, il est clair sur un point primordial, celui du combat nécessaire, comme le montre sa très belle conclusion dimanche dernier: "Dans ce combat que nous allons mener ensemble, j'ai l'honneur de vous demander d'être en première ligne". Qu'il est bon d'entendre s'exprimer ainsi, quand d'autres font dans le socialisme compassionnel ou proposent, par une bizarre réforme de la direction socialiste de présider au combat en quelque sorte. Cela fait trop longtemps, inclus 2007, que les socialistes servent de faire-valoir à sarkozy. Il est temps d'arrêter la guéguerre, et de faire une vraie guerre, avec une stratégie, un dispositif musclé, des ouvertures de nouveaux fronts, des blitzkrieg, des prises en tenaille et à revers.

Dernier commentaire pour expliquer la nervosité que l'on peut ressentir chez Royal. Il faut savoir que le vote pour les motions permet non seulement de déterminer leur représentation au niveau national, mais aussi au niveau départemental (fédérations) et municipal (sections). Ce qui fait que les personnalités locales se battent certes pour leur motion, mais aussi pour garantir un certain nombre de postes au conseil fédéral voire en CA de section, et ce qui peut induire quelques déformations: on peut parfois voter pour des considérations locales. Or le vote pour le premier secrétaire est distinct (par nature, étant nominal), de celui du premier fédéral, et du secrétaire de section. Il est donc permis de voter pour des candidats ayant porté des motions différentes au niveau local que celui pour qui on vote au plan national. On voit que les 73% des bouches-du-Rhône seront peut-être difficile à reproduire sur le seul nom de Ségolène, Guérini ayant d'ores et déjà obtenu de "tenir" sa fédération. L'analyse du détail des votes sera donc intéressant à faire.

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PS: Lire l'indication en bas à gauche de la photo ci-dessus (une page de menu).
Par Martin P.
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 09 2008 00:33
L'évènement du week end devait être la Fête de la Fraternité au zénith de Paris, et à n'en point douter le look de Ségolène Royal et la forme de son discours devaient prévisiblement contribuer à attirer l'attention. Pourquoi pas.

Mais à voir la vidéo, l'acharnement de Ségolène à surjouer l'aisance y fut d'autant plus touchant qu'elle en manqua totalement. On peut même penser que ses prompteurs furent plus des handicaps qu'une aide dans cet exercice, et que l'usage de traditionnelles feuilles de notes lui auraient probablement donné plus de naturel, naturel qu'elle sait parfois adopter dans certaines interviews.
Si Ségolène a surmonté son assez perceptible manque de goût pour la scène, c'est pour reprendre une posture qu'on lui a déjà connue: Je porte vos valeurs, ils sont contre moi, c'est donc avec moi ou contre moi, jamais je ne reculerai, bref, c'est moi ou le déluge.
Autant dire que l'hypothèse Royal est toujours d'actualité et le restera, quelle que soit la candidature à l'ordre du jour. Sauf que cette hypothèse, surtout présentée ainsi, est la principale hypothèque sur le succès de sa motion. En procédant de cette manière, chacun comprend qu'elle veut l'emporter sans rien devoir à personne, qu'elle pense incarner la rénovation, et que sur ces bases la délibération collective promet bien du plaisir.
Comme en d'autres occasions, elle impose sa personne comme donnée principale, et cela ne peut que crisper ses adversaires comme ses supporters, et aussi gêner dans son propre camp ceux qui étaient tentés par une conciliation y compris avec Bertrand Delanoe (Dray, Rebsamen, Collomb, Valls...). Si la manoeuvre peut avoir le mérite de resserrer les troupes derrière elle, elle peut aussi avoir pour effet d'éloigner ceux que cela inquiète. C'est dommage, car si Désir d'Avenir avait mieux mis en avant une personnalité comme Vincent Peillon tout en maintenant plus fermement l'hypothèse Royal au frigo, cela aurait permis une certaine détente qui aurait rendu des rapprochements possibles entre ressortissants de la nouvelle génération signataires de motions distinctes mais qui ont une pensée convergente et pourraient conduire le parti dans le cadre d'une majorité fondée sur la cohérence idéologique.
A quand un putsch peilloniste chez DA? Peut-être faudra-t-il attendre d'être à Reims...
Par Martin P.
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Samedi 17 mai 2008 6 17 05 2008 16:53
Au risque d'offenser les kremlinois et le kremlin des blogs, je leur ai faussé compagnie pour aller assister à la réunion d'étape du "pacte rénovateur" de Ségolène Royal pour un "congrès utile et serein". Une réunion participative qui en vérité fut exactement conforme à celles auxquelles on a pu assister en janvier 2007, avec David Assouline dans un rôle qui oscille entre celui de Patrick Menucci et celui de Julien Dray: organisateur, homme à tout faire, chauffeur de salle. Une salle avec des chaises en cercles concentriques (protocole qui se veut caractéristique du participatif), Ségolène qui arrive avec ses caméras une fois la salle pleine et tout le monde bien installé, des interventions dans l'assistance avec leur lot de numéros pittoresques, des réponses de la part de l'expert-ressource, puis le discours de Ségolène pour conclure et enfin son départ sitôt celui-ci fini.
Thomas Piketty (l'économiste de Ségo), pour ouvrir le débat, a insisté sur le rôle des politiques, qui doivent mieux assumer leurs choix tout en en expliquant l'utilité. Pointant la complexité du système français de répartition des retraites, il a évoqué l'idée de reprendre la réforme faite par les sociaux-démocrates suédois de tout aplanir et mettre tout le monde dans le même système (public-privé), un exemple selon lui de réforme lisible.



J'ai joué le jeu du moment participatif pour évoquer un sujet de réflexion du moment. En gros mon intervention: "Je reprends la proposition évoquée dans les échos par Laurent Fabius (légers remous dans la salle), qui consisterait à rapprocher la caisse des dépôts et consignations du fonds de réserve des retraites (déjà géré par la CDC). Il s'agirait semble-t-il de regrouper les fonds concernés. Cette opération doit s'accompagner d'une révision du cahier des charges de la CDC, de manière à éviter les disfonctionnements récents: d'une part le rachat par la CDC des actions "pourries" de Lagardère qui constituaient d'ailleurs un délit d'initié, et d'autre part la perte de 3 milliards du FRR pour cause d'absence d'anticipation des conséquences de la crise des subprimes sur les marchés financiers (deux informations publiées en premier par le canard enchainé). Ce cahier des charges pourrait en outre inclure une priorité de l'investissement dans les secteurs de l'économie française porteurs d'avenir".

La réponse de Piketty était que de son point de vue le problème principal est que la droite n'avait pas abondé le FRR, comme c'était prévu, notamment avec le produit des privatisations, lesquelles ont surtout servi à combler les déficits de fonctionnement, ce qui est de mauvaise gestion.  Ce qui est intéressant mais qui ne répond pas vraiment à la question. Evidemment Piketty n'était pas là pour prendre position sur le cahier des charges de la caisse des dépôts. Précisons qu'actuellement les responsabilités à la CDC, bien rémunérées, sont distribuées à la discrétion du pouvoir sans trop d'autre considération que le copinage.

Le discours de 45 minutes lu par Ségolène Royal pour conclure n'a guère différé non plus de la campagne 2007 sur le plan de l'expression et de la gestuelle, il faudrait que ses vrais amis lui disent que des progrès rapides sont possibles dans ce domaine pour peu de travailler avec de bons professionnels et d'être décidé à faire un effort sur soi-même. Le candidat de la gauche en 2012 sera aussi son porte-parole, et l'enjeu est suffisant pour que rien ne soit négligé. Ségolène reste en position de pouvoir tenir ce rôle, c'est pourquoi j'insiste.



Je découvre tardivement que je suis l'objet de sollicitations ici et , et ce dans un domaine assez incongru (Hé, les gars, je suis jospiniste moi!). Il semble que ça aie été initié par le facétieux embruns. Eh bien très modestement je préfère répondre en lançant une nouvelle chaîne: quel pinard buvez-vous? 10 réponses autorisées.

Pour ma part:

* Domaine du Jas, côtes du Rhône, du sympathique Hubert Pradelle. mention spéciale pour la cuvée prestige à seulement 5.50euros
* Domaine Lalaurie, vin de pays d'oc, ils sont tous bien, et la maison est reprises par les deux charmantes filles des non moins charmants M. et Mme Lalaurie.
* Domaine Olivier, Santenay, en appellation village comme en 1er cru. Le Savigny est lui aussi magnifique et le vigneron caustique.
* Domaine de la Passion, Moulin à vent, du très terrien Gilbert... Picolet. Le Chénas est de même superbe, tout en vieilles vignes.
* Chateau Milon, St Emilion grand cru, chaque année très fin et élégant
* Domaine du Reys, Graves, pour les amateurs de bordeaux moins dépensiers, un excellent vin à 5.50euro
* Domaine de l'Oriel, Riesling grand cru et plein d'autres choses, du très bavard Gérard Weinzorn, fils de vignerons à la 4ème genération.
* Domaine le Pont du Rieu, Vacqueyras, énorme vin tout en bestialité et confit dans le soleil. JP Faraud n'a qu'un vin, une cuvée.
* Alain Berthault, Givry 1er cru, pleinement sincère dans l'expression de ce terroir singulier
* Domaine Savoye, Juliénas et Chiroubles. Un couple de vignerons jeune et jovial, pour un vin frais et fruité

Je tends mon verre INAO à Nicolas, Eric, Ronald, Olivier, o16o, Philippe, Julien, Michael, Marc, Balmeyer, Dedalus, Trublyonne, MaximeDonatien, Gael, MC, Fabien-Pierre, j'espère que je n'oublie personne
Par Martin P.
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