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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 23:12

Le moment médiatique qui s'est ouvert après le 2e tour est rude pour les nerfs. Ca tape sur le système. Bien sûr, on connaissait déjà puisqu'il suffisait de mettre la télé ces 5 dernières années pour assister à l'affligeant spectacle de commentateurs invertébrés faire leurs gammes sarkozystes, mais il y a eu la parenthèse relative de la campagne. Eh bien c'est reparti et ça ne risque pas de s'arrêter. Ca agaçe pas mal. La tentation est forte de tout envoyer ballader, plutôt que de tenir un blog en apnée en prenant une bouffée périodique d'info non-frelatée le mercredi. Se casser comme disait Yannick.

Je vais l'avouer, c'est plus souvent la télé que j'ai eu envie de casser, du coup j'en ai plus. Le problème, c'est que ça atteint la radio, même france culture. C'est l'extension du domaine de la pensée TF1 qu'on constate avec un mélange de rage et de dépit. Par exemple en écoutant "l'esprit public" ce dimanche (on y reviendra). Et puis en lisant Joffrin dans libé, censé porter un vague esprit critique, mais qui chante "jolie alouette" devant le miroir tendu par nicolas. La télé, la radio, les journaux, 53% des français qui avalisent, les sondages bidon qui complètent la célébration. On se dit "mieux vaut entendre ça que d'être sourd", mais à force on se demande.

Au quotidien, dans les conversations, on a l'impression de vivre dans une réalité projetée, on est en décalage parce qu'on est pas "rentré dedans", dans une interprétation. En fait voilà: c'est le festival de cinéma qui a commencé. Les acteurs, sur le tapis rouge, n'ont besoin que de paraître, quoi qu'il fassent, il sera crié au génie, chaque facétie sera applaudie, tout cabotinage fera se pâmer les spectateurs. Monter les marches, c'est gravir l'Everest. Un sourire et le public communie. Quelques autographes et même les plus rétifs sont conquis, qui viennent poser sur la photo.

Lors de la projection du film, j'avais pourtant cru à un gag tellement le scénario était téléphoné, les acteurs qui en font trop, la déco factice, le doublage guignolesque, le sous-titrage appuyé. Mais non, à la sortie on m'a expliqué que c'était une superbe et très réaliste fresque héroïque. Un peu à la Robert Hossein quand même. Les gens sont sortis de là comme illuminés, portés par la foi qu'ils ont dans leur surhomme, dans une sorte de béate sidération. Pour eux, ça baigne... dans le jus sarkozyste. Confits dans la fiction. C'est la confiction, tiens.

Alors pour éviter ça: le canard évidemment, comme on disait précédemment. Pas le confit. Celui qui a été perquisitionné. Pour résumer l'affaire on ne fera que le citer: "Ne pas protéger les sources, c'est, à coup sûr, les tarir". L'histoire du fax de l'avocat de sarko est sans intérêt. Pour s'en convaincre il faut lire le canard, en fait il faudrait que tout le monde lise le canard, c'est une question d'hygiène. Sans le canard, s'informer devient un acte de foie gras. C'est se faire gaver par le dircab de sarkozy qui est parti entretenir l'élevage de cerveaux disponibles, à la tête de TF1.

Par exemple, la glose à propos du non-vote de Cecilia. Dans le brouhaha sur le caractère privé ou pas (en fait les registres sont publics et donc le non-vote aussi), on a fait une curieuse impasse sur un rappel pourtant utile. Les lecteurs du canard savent que Espérandieu, qui a passé l'article a la trappe, doit son maintien à la tête du JDD à sarkozy, lequel ne souhaitait pas que son emprise mediatique soit trop voyante. "Espé" a même bénéficié d'une entrevue place beauvau. Lagardère a reçu un coup de fil de sarko qui voulait s'assurer de ce maintien. Alors peut-être que Espérandieu est de bonne foi, mais pourquoi ne pas donner toutes les informations, même celles qui ne vont pas dans le "bon" sens? Est-ce que vraiment le directeur du JDD est en situation de déplaire à celui à qui il doit son poste? Tout cela se sait dans les diverses rédactions mais entre collègues il semble qu'on soit... comment dire... charitable.

Autre exemple avant d'en finir: Tout le monde a appris que sarko a rejoint le yacht de bolloré en prenant l'avion de bolloré, ou plutôt du groupe bolloré. Mais tous ceux qui en ont parlé n'ont pas utilisé les mêmes mots pour le commenter. Il y en a qui se sont félicité de cette "absence de complexes". Mais il n'y a que dans le canard qu'on a utilisé les mots que tout le monde avait sous le nez: "abus de bien social". Ben oui, l'avion, il appartient au groupe bolloré, pas à monsieur bolloré, il est pas fait pour les amis, mais pour les affaires. A moins que nicolas soit considéré comme une relation d'affaires?

Dernier détail: quelqu'un a-t-il vu qu'on s'intéressât au mystérieux soubressauts du patrimoine de nico? Pas plus. Pourtant c'est mieux quand c'est clair non?

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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 17:45

La droite aurait pu présenter des gens plus honorables que sarkozy. Fillon fait partie de ceux-là, on l'a déjà dit, même si depuis son ralliement il s'est assez tristement laissé aller dans le registre du flingage vulgaire et des grossiers tours de passe-passe. Le bonneteau, exercice roi chez les athlètes de la supercherie que sont les sarkozystes, a été abondamment utilisé ces derniers jours. On a repéré 2 ou trois trucs qui semble-t-il vont beaucoup servir au long de cette législature.

* C'est le chef, lui-même, qui nous alerte sur un nouveau danger, après l'égalitarisme et l'intégrisme laïc: le sectarisme, qui depuis qu'il est élu est devenu le vrai mal français. "jamais l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, et le sectarisme n'ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n'a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées". "au service de la France il n'y a pas de camp. Il n'y a que les bonnes volontés de ceux qui aiment leur pays." (allocution d'investiture). Au niveau où s'est abaissée la conscience critique dans ce pays, il faut le dire: c'est de l'habileté de très grand standing. Il s'agit de dire: si on est pas d'accord, c'est qu'on est de mauvaise volonté (bon oui l'argument est simple mais ça ne semble gêner personne). On a oublié les
tirades "sectaires" et falsificatrices sur la gauche. Le programme de sarkozy, tout honnête homme y souscrit, forcément. Pour les autres (les malhonnêtes), attendez-vous à vous faire traiter de bornés, d'anti-français, d'aigris etc. Voilà une acrobatie remarquablement exécutée, non?

* Dans la continuité, l'entreprise de dénigrement masqué va concerner les syndicats. Car voyez-vous, y'en a marre des syndicats archaïques, vous savez, ces conducteurs de train qui nous em...
Le choeur médiatique nous dira qu'il n'y a rien à en tirer de ces syndicalistes sectaires. Ce qui permettra, en s'appuyant sur le cas particulier de quelques conducteurs, de faire payer l'ensemble des salariés. Vous savez tous ces salariés qui ont été visités pendant la campagne, dans des entreprises où le syndicalisme est autrement plus difficile à faire exister? Eh bien tous ceux là vont voir passer les atteintes au droit de grève, au droit du travail, la réforme des contrats, les facilités de licenciement, la diminution de leurs retraites, de leurs indemnités etc.
Evidemment, si l'Etat décidait de réformer les règles de représentation, la CGT et la CFDT prendraient une ampleur et une légitimité accrue, à l'instar des
autres pays, mais ça enlèverait ce bon vieil argument thatchérien de décrédibilisation des syndicats, ce qui serait dommage.

* Autre genre, l'UMP, et leurs journalistes de compagnie, ont sommé la gauche de condamner les antisarko d'après 2eme tour. Par exemple au
"grand jury" de dimanche dernier avec Chevènement. Le trio d'inquisiteurs Aphatie, Séguillon et Beytout étaient en pleine forme comme on va le voir encore un peu plus loin.
- Aphatie: "comment jugez-vous la contestation que l'on a vu après l'élection de nicolas sarkozy?".
- Chevènement: "dès le soir de l'élection j'ai lancé un appel au calme" 
- Aphatie:
"c'est illégitime alors? n'est-ce pas illégitime de manifester, de descendre dans la rue..."
- Chevènement: "on a le droit de manifester, on a pas le droit de brûler des voitures".
Aphatie et Séguillon, audiblement, sont saisis par cette réponse. En effet, depuis le début de l'interview, ils font l'amalgame manifestant=casseur. Or il s'avère que contrairement aux affirmations du ministère, les manifestants n'étaient ni des extremistes ni des délinquants, mais des jeunes au casier vierge et aux emplois stables. voir
ici et ici. L'idée va resservir, et l'attitude de la police aussi, qui consiste trop souvent à charger les manifestants pacifiques sans s'intéresser vraiment aux casseurs. Notons que quand les manifestants sont réellement armés, ils sont d'extrême droite, et la police ne bouge pas.

* Beytout poursuit l'inquisition un peu plus loin: "vous aviez denoncé chez nicolas sarkozy des relents xenophobes, ce sont vos termes, est-ce que ça c'est pas de la diabolisation?". Le Che: "j'ai parlé de relents, j'ai employé des mots qui disent ce qu'ils veulent dire". On est prévenus: en plus d'être bornés, sectaires et intolérants, on va être traités de diabolisateurs, voire, à l'instar de
Gallo et FOG, d'antisémites, de lepénistes de gauche. Encore un beau renversement. Rappelez-vous plus haut la tirade qui associe antisémitisme et sectarisme, et vous comprendrez que le petit chef cherche à se faire passer pour Roger Salengro. Voilà pourquoi on a du mal à ne pas mépriser cet individu, fut-il président, contrairement à Juppé ou Fillon. Il y a des bornes à ne pas franchir (mais sarko s'en fout).

* Séguillon cette fois: "est-ce que l'idée d'un gouvernement resséré vous semble opportun, une bonne réforme en fait?". Beytout en rajoute une couche:
"seulement 15 ministres il n'y a pas d'exemple récent dans la Veme république en tous cas".
FAUX, comme trop fréquemment. A chaque nouveau gouvernement, on y a droit, mais visiblement ça ne suit pas. Comme le dit
libé: "Le plus ramassé est celui de Lionel Jospin (juin 1997), qui rassemblait 14 ministres, 2 ministres délégués et 10 secrétaires d'Etat.". vérifiable sur wikipedia.

Pour faire passer tout ça, on nous fait le coup du jogging. L'idée est de jouer à fond l'âge des nouveaux princes et utiliser le changement d'image. Les médias adorent. Nous allons subir une avalanche de dythirambes enamourées simplement parce que sarkozy est plus jeune que chirac et que les commentateurs n'y étaient plus habitués.
En réalité, avoir pour président le prince albert, en plus petit et moins chauve, ça fait surtout plaisir à Johnny: c'est comme s'il était citoyen de la principauté de monaco.

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Published by Martin P. - dans droite
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 23:55

Si Ségolène Royal était aussi efficace en campagne nationale qu'elle l'est en campagne interne, si elle avait été aussi habile et déterminée à contrer sarkozy qu'elle l'est à contrer ses camarades, alors elle aurait été victorieuse au soir du 6 mai. Or, malgré son sourire ce soir là, elle ne l'a pas été. Depuis sa souriante déclaration dès 20h, elle est néanmoins à l'initiative pour tenter de faire prévaloir son analyse, et donc son leadership, dans une blitzkrieg au moins aussi pachydermique que d'autres.

Toute son habileté est de s'avancer tout en faisant taire les lectures divergentes, d'occuper le terrain tout en appelant à la discipline contre les ambitions personnelles. Pour preuve, elle parvient à employer les mêmes mots "choquants" de DSK ("disponible" "pour mener la rénovation" a-t-elle dit samedi), sans choquer outre mesure. Le leitmotiv de ses partisans: la présence de la gauche au second tour serait une victoire, ses 47% le résultat d'un grand mouvement et de la ferveur qu'elle a généré, et si elle n'a "pas gagné", c'est parce que la campagne était trop courte (Jospin a eu 3 mois en 95) et la France trop à droite.

Evidemment, ça fait remuer au PS, et cette situation serait divertissante si elle ne recelait pas les germes de futures déconvenues. L'enjeu des législatives, dont Ségolène joue pour ne pas être mise en joue, ne fait qu'ajourner l'identification de problèmes sérieux qui augurent mal de l'avenir. On va donc se décider à en parler:

* Il sera difficile de construire sur une falsification. Les 17 millions de voix ne sont malheureusement pas un "formidable socle". Sans même éplucher les enquêtes ipsos, quiconque a arpenté le terrain au long de cette campagne sait la part de sceptiques parmi ceux qui ont voté Royal. Un vote par devoir, fortement conditionné par le 21 avril et le rejet de sarkozy, mais qui pourrait se détourner à l'avenir, faute de cohérence, de vision, d'armature politique. Sans parler des aspects purement techniques d'élocution de la candidate dans les situations les plus exposées, qu'il n'y a pas de raison de ne pouvoir corriger au regard des prestations plus confidentielles. Si on admet que chaque voix compte, on ne peut pas se permettre des handicaps superflus. Enfin, on ne peut décemment pas conduire le parti socialiste vers 2012 en étant équipé de ce credo: "être au 2eme tour, c'est une victoire".

* Ce malentendu de départ, semi-volontaire, risque fort de condamner la rénovation que tout le monde déclare pourtant souhaiter, tant et si bien d'ailleurs que le vocable en perd son sens. Si on considère les 47% comme un résultat inespéré, l'avenir du PS pourrait se résumer à ce principe: "Royal EST la rénovation". Alors certes, Ségolène a le talent pour bousculer les dogmes, et elle a le sens de l'innovation. Des qualités qui peuvent être un acquis pour une seconde candidature. Mais le moteur de sa démarche tourne beaucoup trop aux enquêtes d'opinion, ses intentions sont trop guidées par la volonté de faire des coups de com', et sa ligne trop improvisée au gré de ses intuitions. Si ce diagnostic n'est pas fait, ces ressorts profonds produiront les mêmes dispersions, le même manque de lisibilité, le même flou anxiogène, et finalement les mêmes interrogations sur les perspectives qu'elle propose. Toutes choses qui ont été perceptibles pendant la campagne et qu'on ne peut attribuer à la seule stagnation du parti ces cinq dernîères années.

* L'absence de rénovation ces cinq dernières années n'est donc pas la seule explication de l'échec, et elle n'est pas non plus de la responsabilité exclusive de François Hollande. Tant qu'à lister les sources de possibles lendemains qui déchantent, il faut signaler le caractère hétéroclite de l'équipe qui s'est formée autour de Ségolène, et le fait que les (ex-) hollandais y figurent en bonne place. Leur reconduite n'est pas la meilleure garantie que l'opposition rompra avec les mauvaises habitudes qu'elle a prises ces derniers temps. Laisser Bayrou faire figure d'opposant n°1 n'est pas une bonne idée, et de ce point de vue la future absence de Ségolène du parlement est une mauvaise chose. Ce qui a manqué c'est aussi de parler fort contre sarkozy. Rebsamen, Dray, Leroux, ou même Lang sont aussi parmi les moins faciles à situer politiquement, ce qui peut être confortable mais qui n'aidera pas leur héroïne à gagner en tranchant dans le discours.

* Le traitement de certaines difficultés non-négligeables rencontrées par le PS est, pour un bon moment, empêché par le caractère affectif de la relation de Ségolène avec ses supporters. Ces derniers la poussent inconditionnellement. Même dans la mauvaise direction. Il faut dire que si la fraîcheur est la qualité la plus fréquente des militants ségolénistes, celle-ci frise souvent l'innocence. L'intérêt de leur championne n'est pas de simplement se substituer à son compagnon à la tête du PS sans rien changer au reste. Il faudrait que quelqu'un se charge d'affranchir les nouveaux militants sur le pedigree des suscités Dray et Rebsamen en matière de luttes d'appareil, manoeuvres dans lesquelles ils excellent plus que dans la refondation idéologique. Ils sont d'ailleurs, dit-on, déjà à l'oeuvre dans les contacts avec Bayrou. L'objectif ne doit pas être de prendre le pouvoir au PS pour simuler la rénovation, éventuellement en y substituant un simple changement de stratégie d'alliance. L'objectif doit être de refonder avec la volonté d'attirer suffisament d'électeurs pour prendre le pouvoir lors des échéances nationales.

* La volonté de gagner n'est peut-être pas assez largement partagée. La relative légèreté de l'humeur de certains responsables au soir du 6 mai indique peut-être que le fait d'être majoritaire dans les villes, et donc d'espérer voir des mandats locaux reconduits, suffit à certains. Il pourrait même s'instaurer un relatif décalage entre la domination du parti -et donc de ses notables- localement, et une incapacité à prolonger cette domination nationalement. Un(e) dirigeant(e) qui nourrit des ambitions nationales devrait logiquement se méfier de ceux qui se contenteraient d'une telle situation. Ou de ceux qui s'exonéreraient de leur responsabilité au prétexte de la soi-disante "force" de l'adversaire. Le principe d'une désignation précoce du candidat pour 2012, qui aie autorité pour veiller à la cohérence du projet, est bon. Mais si ça consiste à écarter les talents, à installer une citadelle, à stériliser les initiatives, à caporaliser pour mieux passer les objections sous silence, alors il est urgent d'opérer les changements nécessaires avant.

* En réalité, la tactique de Ségolène pourrait bien avoir pour résultat de museler, paradoxalement, ceux pour qui la victoire est la priorité. C'est ce que résume Benoît Hamon: "Le PS, ce n'est pas le doigt sur la couture du pantalon, la désignation et ensuite 'faites chauffer la colle'! Il faut faire de la politique dans l'intervalle". Ceux-là étaient plutôt animés, en ce soir funeste, d'une "saine colère". Ceux-là ne se satisfont pas d'une France supposément à droite, puisque ce n'est à personne si ce n'est à la gauche que de faire pencher le balancier de l'autre côté, de contribuer à l'édification politique des électeurs, avec l'ambition de les tirer vers le haut. De ce point de vue, comme le dit Vincent Peillon, la campagne présidentielle a "manqué de pêche". Si la gauche ne cherche plus à convaincre, elle se condamne à jouer les faire-valoir de sarkozy.

* Dans cette idée de réarmer la gauche pour être non pas "plus à gauche" ou "plus à droite", mais "mieux à gauche" de façon à agréger les forces sur un projet cohérent et actualisé, DSK propose un discours assez lucide (part1, part2). Le grand drame des amis de Dominique Strauss Khan est qu'il nourrit trop souvent sa réputation de dilettante en laissant planer le doute sur sa réelle volonté de prendre les choses en main. Son "courant" commence tout juste à se qualifier ainsi lui-même, et reste le moins structuré du parti. En réalité, le "gros Dodo" goûte assez peu les fastidieuses entreprises de conquête, en plus d'y être peu performant, rechignant toujours à endosser sa propre motion dans les congrès. Son ambition, au fond, est peut-être essentiellement d'être reconnu comme le meilleur architecte du nouvel édifice idéologique à construire. Un rôle qui n'est pas forcément incompatible avec l'ambition de l'ex-candidate, s'il n'y avait une fâcherie prolongée de manière un peu irrationnelle.

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PS1: Cecilia n'a pas voté, Guy Birenbaum dit les choses comme il faut. Noter la couv de match, contrepoint parfait de la fameuse d'il y a 2 ans.

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PS2: Olivier Bonnet dit ce qu'il faut sur bolloré, le csa et son sondage téléphoné. Il y a aussi Bolloré au liberia.

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PS3: Pendant ce temps, sarkozy organise sa protection politique interne à la droite...

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PS4: ... et, au cas où vous l'auriez raté, peut se féliciter du fichage génétique des voleurs en culotte courte.

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 10:27

Selon Guy Birenbaum, une perquisition est en cours au Canard Enchainé. Il s'agirait de l'affaire clearstream.

CANARD ENCHAINE: PAS TOUCHE

On l'a déja dit, c'est à l'existence du canard enchainé qu'on doit de pouvoir appeler la france une démocratie. A l'heure qu'il est, la France est en donc en train de perdre le droit à cette appellation. Je pèse mes mots. Le canard enchainé visé 3 jours après son élection: une coincidence? en tous cas un signal.

Une perquisition pour Clearstream, et on tombe comme par hasard sur l'affaire de l'appart' de la Jatte, et éventuellement sur les sources du Canard.

De surcroit, ça fait déjà 2 ans que sarko instrumentalise cette affaire, les bonnes farces politiques sont les plus courtes. Il craint peut-être que Villepin soit son sarkozy et pourrisse son mandat?

A suivre

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 22:12

La gravité de l'évènement semble avoir échappé a beaucoup. La gauche dirigeante ne voit pas la rage sourde de la gauche qui ne peut que voter. Cette gauche qui se bat à son niveau, mais qui écoute avec impuissance une parole inoffensive pour la droite, celle de ses leaders. Attention à ce que cette rage ne se retourne pas contre les responsables de la défaite. Attention à ceux qui, dans les banlieues ou au ban des usines, ne se sentant pas bien défendus, pourraient se détourner à nouveau de cette gauche pour qui ils ont voté avec un noeud dans le ventre. Il ne s'agit pas là, pas encore, de sensibilités idéologiques, il s'agit de la force dans le combat, de la conduite de la campagne, du manque de punch, de densité, de verbe, de la difficulté à imposer nos thèmes et de l'innocuité des coups portés à l'adversaire. Une force nécessaire dans le combat auquel un Mitterrand par exemple ne s'est jamais dérobé. Son fantôme a dit cela très justement: "le meilleur moyen de lui reprendre des voix [à Bayrou], ça n’est pas de dire qu’il est de droite, les français s’en fichent, c’est de parler plus fort que lui contre Sarkozy". Ca vaut pour les cinq dernières années, et pour les cinq prochaines.

Il ne fallait pas un combat simplement pour la gallerie, mais un combat pour faire mal aux idées de l'adversaire. On accordera à sarkozy de n'avoir, lui, pas lésiné sur les coups portés, imposant sa vision fantasmée et mystificatrice, renvoyant la gauche à sa caricature, tout en épurant la droite au point de friser, pour lui aussi, l'autocaricature. Il a posé les termes de l'antagonisme à sa main. De son côté, la candidate de gauche a trop longtemps fait campagne comme si l'adversaire n'existait pas. Quand elle s'est mise à combattre, et notamment face à lui, son manque d'exercice a pesé lourd chez ceux qui sont attentifs à la controverse politique.


Très rapidement, la gauche doit retrouver une combativité et une densité infiniment supérieure à celle qui a été la sienne pendant ces 5 dernières années, inclus la campagne.

Le lieu du combat sera peut-être, entre autres, le palais Bourbon. Il faut donc limiter la casse en juin. Il faut, aussi, que la future opposition ne soit pas dans la continuité de la campagne. Et il ne faut pas sous-estimer François Bayrou quand il semble se préparer à incarner l'opposition à sarkozy. Il ne faudra surtout pas laisser s'imposer le sentiment, qui a pu percer -assez souvent- ces cinq dernières années, qu'il s'oppose mieux que ne le fait le PS. Le choix du porte-parole sera donc décisif.

Pour parler fort il faut parler clair, et il faut parler de la réalité. La rénovation est le vrai élément positif de la campagne de Ségolène Royal. C'est la rénovation qui peut faire que le discours de gauche soit en prise sur la réalité. Ségolène a mis le PS sur le bon chemin, mais il y a un énorme travail de cohérence et d'armature à opérer. Que sarkozy aie construit sa victoire sur la régression intellectuelle ne doit pas donner à la gauche de mauvaises idées. Elle ne battra pas sarkozy sur le terrain des simplismes. C'est une cohérence et une actualité retrouvées qui peuvent redonner à ses arguments et à ses analyses une force démonstrative accrue.

 


Fidèle à lui-même, sarkozy expose sa désinvolture sans aucune gêne. Son impudence n'a dégal que l'indifférence (quasi-militante à ce niveau) du journalisme mondain et des commentateurs télévisuels. On objectera que Paris-Match, entre autres, a depuis longtemps appris au peuple à aimer que les puissants ne lésinent pas sur le faste.

Le yacht de 60 mètres qui sert de théâtre à son ascétique introspection appartient à Vincent Bolloré. Que Vincent Bolloré se soit payé cet esquif n'est pas une information puisque le yacht est le dernier terrain de surrenchères à la mode chez les grandes fortunes: quand on a trop de fric pour en faire quoi que ce soit, il ne reste plus qu'à trouver une nouvelle manière de jouer à celui qui pisse le plus loin.

Ce qui est intéressant est que c'est un signe supplémentaire de rapprochement de sa part. Séguéla (dont Bolloré est le patron) avait déjà posé le jalon minimum de son soutien à sarkozy pour ne pas insulter l'avenir, celui des marchés à prendre. Mais Bolloré a probablement bien d'autres choses en tête. Ce raider est réputé avoir des visées y compris dans des activités sensibles, pour lesquelles la bienveillance de l'Etat serait nécessaire.

 


NB: Ce blog continue. Le temps manque pour arranger la déco et la présentation mais ça viendra. Merci aux 250 visiteurs quotidiens qui me font penser que je ne prêche pas dans le désert.

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Published by Martin P. - dans PS
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 15:51
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Published by Martin P. - dans brèves
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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 11:46

Le titre a peu à voir avec ce qui suit, mais je n'ai pas pu résister à pointer cette attirance pathologique du candidat de droite pour le pouvoir et l'argent. La jouissance dans le copinage avec les puissants, l'exhibition avec les millionaires télévisuels estampillés TF1, tout cela conduit immanquablement à l'analogie psychanalytique et excrémentielle.

Il faudrait d'ailleurs que des psys retrouvent ceux qui sont à l'origine du sigle "cac40" pour tenter de savoir s'il n'y a pas du lapsus là-dedans.


Revenons à cet après-débat. Dans les analyses arithmétiques en vue du second tour, deux logiques mènent à deux pronostics différents.

La logique politique et électorale se fondant sur les résultats du premier tour indiquent, au-delà des apparences, que l'affaire est tout à fait jouable pour Ségolène Royal. Le positionnement politique fondé sur la contre-réforme fiscale, sociale, et sociétale est minoritaire dans le pays. Dans le cas de législatives, après les indications du premier tour, le second se présenterait plutôt positivement pour la gauche.

La logique plébiscitaire de ce suffrage présidentiel, dont la France est encore malheureusement affligée, indique au contraire que dans la confrontation des personnes le candidat de droite domine. C'est ce que confirment les sondages à double titre: dans l'absolu puisque depuis 4 mois il y a plus d'une moitié de français qui semblent prêts à l'intrôniser face à Ségolène, mais aussi en relatif puisque les mêmes indiquent qu'il a creusé l'écart avec le débat de mercredi soir.

Dans ce débat, si Ségolène a montré plus de caractère que son adversaire -ce qui correspond probablement à la réalité-, elle n'a pas su lui faire mal dans la rhétorique. Les arguments-cliché de sarkozy sont pourtant connus depuis longtemps, et les contre-arguments aussi. Ces derniers, s'ils sont formulés efficacement, peuvent être dévastateurs (Portelli à Ripostes par exemple). Les occasions pour opérer cette contradiction en présence de l'intéressé sont rarissimes, surtout avec une audience large, et il n'y en a pas eu depuis 5 ans à égalité de temps de parole. Or la contradiction apportée par Ségolène n'a trop souvent été qu'apparente.

Son adversaire, -et ça étonnera peut-être, même sur ce blog-, est un rhéteur médiocre. Un orateur qui a réintroduit le style pompier dans ses discours comme dans le decorum de ses meetings. Il a réhabilité le poujadisme par sa posture: c'est la rusticité de ses thèses qui donne l'apparence de leur robustesse. Il s'est néanmoins sorti conforté de cet exercice imposé.

La difficulté pour la gauche est que sa candidate a les défauts de ses qualités. Elle a opéré un aggiornamento à marche forcée par exemple sur les 35h, la délinquance des jeunes, la crise démocratique. Elle a ré-ancré la gauche dans la réalité, la réalité vécue, le quotidien. Régénéré les modalités d'interaction des responsables politiques avec le peuple. La formule politique qu'elle présente est donc la bonne, mais elle ne maîtrise guère les beaux discours et la rhétorique. D'où le mauvais ajustement de sa répartie face à sarkozy, qui a permis à ce dernier de faire passer plusieurs de ses analyses les plus mystificatrices et de ses mesures les plus irrecevables.

Bref, la France risque de nouveau d'être victime d'un système politique qu'elle chérit mais qui est à bout de souffle, et qui la maintient dans l'immaturité politique, celle de l'archaïque recours à un pouvoir personnifié qui s'occuperait de tout.

A ceux que le prisme déformant de la joute entre candidats laisse encore sceptique, il faut peut-être poser la question en ces termes:

* Est-on prêts à renoncer aux beaux discours et à la rhétorique, ou bien est-on prêts à renoncer à la spécificité politique française en matière de solidarité, de laïcité, de non-alignement?

* Est-on prêts à renoncer au confort du simplisme institutionnel et programmatique, ou bien est-on prêts à renoncer à l'harmonie fiscale, à la modernité sociétale, à une diplomatie multilatérale?

Il y a une cohérence entre le suffrage plébiscitaire et la manière de sarkozy de faire une affaire personnelle des problèmes politiques qui se présentent. Il y a une cohérence entre le style de gouvernance qu'il prône et son ironie sur les "discussions": "Quand on ne sait pas promettre, on promet une discussion. Je veux m'engager sur des résultats, sur du concret" (débat du 2 mai). Monsieur sarkozy compte donc "réformer" sans discuter, manière CPE. Sa technique est annoncée: affaiblissement des syndicats, verrouillage médiatique, flicage des mouvements sociaux, entrave aux manifestants. Il a une forte capacité à mettre les choses en mouvement, dit-on. Le seul mouvement qu'il est susceptible d'imprimer est celui de ses subordonnés, de ses inféodés, de ses obligés, plus largement de ceux qu'il peut y contraindre. Tous les autres, ne nous y trompons pas, n'iront pas dans la même direction, voire seront dans un mouvement frontal. 

Dans l'exercice du pouvoir, il faut voir qui bloquera la France et même la démocratie, et qui, au contraire, peut décrisper la politique.


  Bayrou aurait dit ça:

"Sarkozy a une vision de la France qu'il considère comme une entreprise. En bon manageur américain, il a promis à ses actionnaires un vaste plan de restructuration pour réduire les coûts plutôt que d'investir dans la R&D et l'innovation pour affronter la mondialisation. En supprimant les postes non productifs (immigrés, assistés, soixante-huitards, jeunes de banlieue, ...), il a su convaincre la base des petits salaires que cette purge conduirait à sauver l'entreprise et garantir leur emploi.

N'ayant plus d'autre choix que ce plan social ou la nationalisation, le comité d'entreprise s'apprête à valider sa vision stratégique. Seulement, les Français vont découvrir que la France n'est pas une entreprise et que le licenciement de ses électeurs est anticonstitutionnel.

On se prépare donc à un blocage pour de longues années. Mon idée était de parier sur la recherche et l'innovation pour relancer la société ; il reste l'espoir que les actionnaires auront la patience d'attendre le prochain rendez-vous pour renouer ce dialogue avec l'ensemble des Français."

 


PS1: Sarkozy n'est majoritaire que chez les plus de 65 ans. C'est l'occasion d'appeler vos parents et grands-parents.

-

PS2: Delors: "La nature est à droite, l'homme est à gauche"

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PS3: Voir les videos et les sons éloquents dans la colonne de droite de ce blog.

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PS4: simonpieri (UMP, ex-FN): "Beaucoup d'électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile"

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PS5: "je veux être jugé sur les résultats" dont acte, dès demain. - "il n'y a jamais eu de bavure" compris, Zyed et Bouna? - "je n'ai attaqué aucun de mes concurrents" à part le parti des voyous.- etc etc. Dans cinq ans peut-être, après une insurrection électorale ou autre, il dira comme Chirac: "je ne vous comprends pas"...

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PS6: "je n'étais pas président ni premier ministre". Un défausse qui ne trompe personne. Si les chiraquiens avaient le pouvoir institutionnel, le pouvoir politique incarné par sarkozy était incontournable. Il suffit de demander à Raffarin et Villepin combien de temps ils ont passé à gérer le cas sarkozy. demander aux autres ministres combien de fois ils ont vu sarkozy interférer dans leurs dossiers.

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PS7: En septembre dernier, Bush a compris, au sujet de l'Iran, qu'il était urgent pour lui d'attendre. Il a pris date. Attendez-vous à ce que sur ce sujet les journalistes mondains qui font office de médias commencent rapidement à baisser la garde. Le conditionnement de l'acceptation est rôdé. Quand il s'agit d'une guerre, les journalistes de compagnie, qui agrémentent le paysage en temps de paix, sont dits "embedded".

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PS8: "Il est fondamental que les religions - et notamment la religion catholique - participent aux grands débats de société". "le christianisme a vu naître notre nation".

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PS9: Ne jamais oublier que sarkozy a identifié deux maux dans notre société: l'"intégrisme laïc", pas l'intégrisme tout court, et l'"égalitarisme", pas les inégalités.

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PS10: Ne pas oublier non plus ce précepte journalistique: une altercation avec un fraudeur, ce n'est pas une information. Si elle provoque 6 heures démeutes, c'est une information.

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Ce ne serait, en tous cas et à l'instar de nos amis américains:

PAS EN NOTRE NOM

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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 18:17

La séquence qui a suivi le 22 avril a été en tous points positive. Ségolène Royal a su prendre ses responsabilités, se souvenir de son "devoir de victoire". Le geste en direction du centre était nécessaire même s'il était délicat, et elle l'a réussi. Sur les trois thèmes qui ont dominé la campagne de Bayrou, la rénovation démocratique, les médias, et la dette, il y a des compatibilités évidentes, même pour le dernier.


Les attitudes respectives, envers le centre, de Royal et sarkozy sont significatives quant à leur esprit démocratique assez distincts. Ségolène Royal a voulu parler à l'électorat de Bayrou, mais pas sans parler à Bayrou, illustrant une certaine correction dans le comportement, assez nouvelle en politique. Son dialogue avec Bayrou a contrasté avec l'immaturité politique habituelle (celle qui consiste à ne pas "bavasser"). L'attention s'est donc portée sur cet échange, exemplaire d'une démarche rénovée, adulte et moderne, qui a tranché avec l'hyper-personnalisation de la fin de campagne de sarkozy (voir chez Dan, de voteragauche, le clivage représentation/incarnation). Cette discussion a, du coup, marginalisé sarkozy, le mettant en sourdine médiatique -une bonne chose pour notre hygiène mentale-, et a ringardisé le forcing sarkozyste sur les élus UDF. Un forcing qui explique que Hervé Morin, qui présentait Bayrou comme le "meilleur rempart" à sarkozy, finisse piteusement par voter pour le même sarkozy. C'est d'ailleurs parce que sarkozy n'a pas pu s'empêcher de mettre la pression sur Bayrou que celui-ci s'est braqué: il n'a certes pas donné de consigne de vote (il savait que ses élus ne pourraient pas la suivre), mais il l'a attaqué avec une violence assez sidérante. Texto, chez Aphatie (écouter ou voir): "Nicolas Sarkozy verrouille l'information". Le mot est lâché, et il se justifie.


Une indication sur ce que seraient les médias sous sarkozy, c'est la récente prise de position de Séguéla en sa faveur. Rappelons d'abord que Séguéla est aussi virtuose qu'eric besson dans le retournement de veste: bolloré, son nouveau suzerain, est passé du statut de "vautour" "charognard" à celui d'"oiseau rare", dans une affaire où l'ex ami de 30 ans Alain Cayzac a laissé des plumes, mais où son copain "fils de pub" a trouvé son compte. De quoi douter de l'amour soudain déclaré par Séguéla: "le moment est venu de voter non pas pour un parti mais pour un homme". En prouvant donc une nouvelle fois la souplesse de son échine, Séguéla montre surtout qu'il a compris qu'avec sarkozy, il y aurait beaucoup de boulot pour les propagandistes de son accabit. Un gros gâteau dont bolloré ne souhaite pas se priver, ce qui explique cette nouvelle allégeance. Après les mitterrandiens Tapie et Hanin, ça décante donc, mais on ne déchante pas vraiment.

C'est en se promenant sur wikipedia après être passé sur la bio de Séguéla, étrangement mince, qu'en cherchant les pedigrees des patrons de l'info on peut tomber sur celui de l'AFP, Pierre Louette. Cet ex-membre du cabinet Balladur de 93 à 95 a beaucoup travaillé les médias en compagnie de sarkozy, qui était chargé de la communication à l'époque. Ce qui n'a aucun lien évidemment avec certains biais de dépêches AFP constatés par exemple ici. En tous cas, on y apprend que l'heureux homme a été gratifié, le 8 avril, d'une belle légion d'honneur.

Séguéla toujours: "J'ai eu Nicolas Sarkozy au téléphone. Ca m'a beaucoup troublé". Nico aime les coups de fil. Surtout chez les directeurs de rédaction. Christophe Barbier, par exemple, tient à signaler la fréquence des coups de fil de sarkozy (ici et ici). Les couvertures de l'Express, dans lesquelles sarkozy se pavane et qui couvrent régulièrement tous les kiosques de France, sont là pour nous laisser deviner avec quelle extrême urbanité il doit lui répondre. M. Barbier pense certainement garder sa totale distance d'analyse et se pique probablement d'être indemne professionnellement de cet "embedding" dont lui fait bénéficier le candidat. Il n'est pas, lui, "troublé", tant mieux. Mais ces petits messages, dénués de toute arrière pensée, Nicolas en a aussi pour les caricaturistes, qu'il déclare vouloir protéger (sauf exception). Le trait de Plantu ne s'en est pas "troublé" pour autant, juste chargé en mouches.

Alors, nicolas fustige les "procès staliniens" intentés par Bayrou, mais dans sa grande mansuétude, il ne "lui en veux pas". C'est en quelque sorte le verrouillage à visage humain, un retour à la douce époque d'avant 68. Nous verrons peut-être Arlette Chabot  paraphraser Jacqueline Baudrier, la directrice de l’information de l’ORTF: "mais cher monsieur, si vous n’êtes pas sarkozyste, comment ferez-vous pour être objectif ?" (fm2007).

nicolas estime qu'il n'y a "pas de problème de concentration dans la presse", et le journalisme mondain approuve. De tous les grands hebdos nationaux, les seuls qui donnent des éléments d'information et des couvertures désagréables pour sarkozy sont aussi les seuls qui soient réellement indépendants, mais c'est une coincidence.

Les résultats de sarkozy n'ont guère été questionnés autrement qu'à audience très réduite. Si d'aventure sarkozy était élu, et si par le plus grand des hasards son action magique ne donnait pas les résultats espérés, les français en seront-ils informés?

sarkozy, qui se prétend candidat de la majorité silencieuse, sera-t-il le président de la minorité baillonnée?


Bayrou a beaucoup parlé de la dette. Même si sa principale proposition ne consiste qu'à faire une loi anti-déficit, ses électeurs sont sensibles à ce thème. Or il existe une analyse de gauche, qui peut leur confirmer que celle-ci est pleinement consciente de ce problème. Voilà peut-être quelques points:

* Etre pour l'intervention de l'Etat, c'est être contre la dette, la dette entrave l'action de l'Etat.

* La dette est utile à la droite -qui l'a accrue- car elle fournit l'argument pour désengager l'Etat, pour privatiser l'énergie par exemple, ce qui n'équilibre aucunement le budget de fonctionnement. (voir friedman/reagan)

* La dette permet une redistribution à l'envers: c'est tout le monde, consommateurs, travailleurs, entreprises, qui paie pour financer l'épargne de ceux qui détiennent des obligations d'Etat.

* Lutter contre la dette doit se faire avec une vision dynamique, donc l'activité doit devenir le critère d'arbitrage numéro 1.

* Dans ce contexte, le maintien de l'enveloppe des prélèvements conditionne la crédibilité des projets.

* Les baisses d'impots et de charges, idéologiques ou démagogiques, doivent être supprimées au profit d'une prime à l'activité ajoutée.

Si cela est entendu par les centristes, cela pourrait contribuer à la victoire.


FM-2007, encore lui, attire notre attention sur les risques d'entourloupes lors du débat de ce soir. Il faudra être attentif. Il sera intéressant de mesurer le temps passé sur un sujet comme l'immigration par exemple. Intéressant de comparer au temps passé sur le thème des médias, qui a été intelligemment imposé dans l'entre-deux tours avec la complicité de Bayrou. Il faudra être vigilant à regarder combien de fois, respectivement, Royal et sarkozy auront eu la possibilité de parler en dernier sur les différents sujets.

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 22:02

Pourquoi tant de haine? Ben oui, pourquoi?

DSC00067-.jpgIl n'est pas totalement exclu que le petit nicolas croie sincèrement que les portraits de 3 mètres de hauts tels que celui qui s'impose dès l'entrée de son QG sont de nature à le faire aimer. Il semble tellement blessé que Guaino lui a concocté une anaphore de 46 occurences pour son "pourquoi tant de haine?"

S'il est sincère, plaignons-le, un peu comme il faut plaindre George W Bush quand il réalise qu'il est haï malgré son entreprise de sauvetage du Monde. Cette question, "pourquoi tant de haine?", beaucoup d'américains ont cherché à y répondre un peu plus complètement que ce que leur suggérait leur président, et heureusement. Bush leur disait: ce sont des terroristes, il n'y a donc rien à remettre en cause de notre côté. Mais aujourd'hui, beaucoup se disent:

Peut-être notre politique n'est-elle pas des plus pertinentes.

Peut-être la manie de notre président de lancer ses affirmations péremptoires irrite-t-elle.

Peut-être l'impossibilité pour le monde de signifier à cet inculte son erreur est-elle agaçante.

Peut-être avons-nous oublié de regarder sous nos pieds pour vérifier que nous n'écrasions pas trop de gens.

Peut-être notre bonne volonté ne suffit-elle pas à assurer que nous faisons le bien.

Peut-être nos voisins ont-ils quelque chose à nous dire de ce point de vue.

L'amérique que nous aimons est en train de se ressaisir. Probablement, et espérons-le, verrons-nous un démocrate élu à la maison blanche en 2008, probablement sera-ce une femme, ou un noir. La subtilité de la diplomatie américaine devrait assurément y gagner, et donc son efficacité à long terme. Tant mieux pour eux.

Et nous, allons nous attendre 6 ans pour nous poser ces questions?

Allons-nous céder à cette mythologie droitière qui s'en remmettrait à la seule détermination d'un homme? Un homme qui en l'occurence s'accomode très bien des haines qu'il suscite, puisqu'il n'est pas disposé à s'interroger sincèrement. Peut-être devons nous l'aider:

La démagogie, voire le lyrisme dans la démagogie, est-elle haïssable?

Les stigmatisations sont elles haïssables?

Galvauder la "valeur travail", est-ce haïssable?

Falsifier les faits, est-ce haïssable?

La violence, y compris envers un collègue ministre, et même envers le premier ministre (le "croc de boucher") est-elle haïssable?

Faire de la scène politique et de l'action politique une guerre civile froide, est-ce haïssable?

Les amalgames sont-ils haïssables?

La manipulation médiatique est-elle haïssable?

Le chantage et l'intimidation, comme ceux faits à Bayrou, sont-ils haïssables?

Poursuivre sa querelle jusqu'à gêner le représentant de l'Etat en toutes occasions y compris à l'étranger, est-ce haïssable?

Les compromissions politiciennes, comme celle proposée à Bayrou, sont-elles haïssables?

L'incurie budgétaire est-elle haïssable?

Le féodalisme est-il haïssable?

La com' obscène et indécente est-elle haïssable?

L'eugénisme, la négation de l'analyse sociale, l'appropriation impavide de concepts répugnants, est-ce haïssable?

On pourrait poursuivre, et on le fera d'ailleurs, mais on s'en voudrait de redonner des migraines à notre nouveau caliméro national.

-

PS1: Caliméro est accompagné d'un personnage qui dépareille avec les postures de vierges effarouchées. Eric Besson explique que s'il a dit du mal, c'était qu'il était obligé. Est-ce qu'en novembre 2005 il était obligé? voilà ce qu'il disait, comme le note Daniel Schneiderman:

"Il y a un danger, c'est le danger Sarkozy, danger pour notre conception de l'action publique, convaincre les citoyens en faisant appel à leur raison et à leur cœur et non en attisant les peurs, réunir les Français et non les dresser les uns contre les autres, mettre en œuvre une laïcité généreuse et non pratiquer un indécent marketing confessionnel à vocation électorale.

Nous devons être tous ensemble pour lutter contre ce qu'incarne Sarkozy, qui réussit le tour de force d'emprunter à Bush son néo-conservatisme, à Berlusconi ses méthodes, à Le Pen son fonds de commerce, à Aznar son atlantisme, et à Chirac son culot."

-

PS2: Pour l'équilibre des temps de parole, je reproduis fidèlement les passages du discours qui précèdent et succèdent la tirade sur la haine. Appréciez, après l'appel à la tolérance, à l'amour, à l'ouverture, contre le sectarisme, la tirade contre la gauche, ou du moins sa vision très personnelle. Dégustez cette très anaphorique diatribe, qui en réalité pourrait surtout s'appliquer à... la droite. 1er temps, a bas le sectarisme. 2eme temps: a bas la gauche. Nos journalistes mondains sont-ils capables de remarquer la violence falsificatrice du passage sur la gauche, se demander ce que ça donnerait dans la bouche de Royal, et peut-être ne serait-ce que donner les éléments pour la démystification:

"L’ouverture pour moi c’est la compréhension, c’est le respect, c’est l’amour des autres.[...] Pour rassembler il faut comprendre, il faut respecter, il faut aimer. Et le rôle d’un Président de la République c’est de rassembler. Pour moi, dans cette campagne du second tour de l’élection présidentielle, il n’y a pas deux camps, il n’y a pas deux partis dressés l’un en face de l’autre. Il n’y a pas l’UMP et le Parti Socialiste, il n’y a pas le peuple de droite et le peuple de gauche." [...] "Nous n’allons pas élire le Président de la France de droite ou celui de la France de gauche, nous allons élire le Président de la République, et la République est à tout le monde, la République c’est nous tous." [...] "La République c’est le contraire du sectarisme, c’est le contraire de l’intolérance, c’est le choix des valeurs universelles autour desquelles les Français peuvent s’unir. »

« Et puis il y a la gauche qui ne croit plus à la politique, ne croit plus à la nation, ne croit plus à la République, ne croit plus à l’Etat. [ça y'en a libéralisme en fait]
La gauche qui ne croit plus que la politique puisse changer le monde ni même qu’elle puisse permettre d’atteindre le plein emploi. [changer le monde tout seul, comme Bush?]
La gauche qui n’a plus d’autre programme que la défense des droits acquis, des rentes de situation et du statu quo. [rentes comme les dividendes du caca rente?]
La gauche qui est dans la politique, dans les médias, dans l’administration, dans l’économie [comme lagardère et dassault?]
cette gauche qui a pris goût au pouvoir, aux privilèges, cette gauche qui n’aime pas la nation parce qu’elle ne veut plus rien partager, [Les habitants de Gstaadt? ou leurs héritiers qui vont tout garder grâce à nico?]
cette gauche qui n’aime pas la République parce qu’elle n’aime pas l’égalité, [ah, l'égalitarisme n'est plus le premier de nos maux?]
cette gauche qui prétend défendre les services publics mais qui ne prend jamais les transports en commun, [quelqu'un a vu sarko dans un metro?]
cette gauche qui aime tellement l’école publique qu’elle n’y met pas ses enfants, [avec un départ de prof sur deux non remplacé ça va être encore plus dur]
cette gauche qui adore la banlieue mais qui se garde bien d’aller y habiter, [comme à Neuilly par exemple]
cette gauche qui trouve toujours des excuses aux voyous à condition qu’ils restent dans des quartiers où elle ne va jamais, [et qui enlève les flics du 93 pour en rajouter à paris?]
cette gauche qui fait des grands discours sur l’intérêt général mais qui s’enferme dans le clientélisme et dans le corporatisme, [question grands discours, c'est sûr qu'il est imbattable, question intérêt général...]
cette gauche qui signe des pétitions quand on expulse des squatters mais qui n’accepterait pas que l’on s’installe chez elle, [ah bon? et qui a incarcéré des gauchistes simplement pour avoir hébergé des clandestins?]
cette gauche qui passe son temps à faire la morale aux autres sans être capable de se l’appliquer à elle-même"
 [là encore, pour faire la morale, rien à redire, qu'en pense Balkany?]

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Published by Martin P. - dans sarkozy
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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 22:29

L' UMP nous interdit de dire du mal de son champion. Peut-être est-ce cela, être "le candidat de la France silencieuse", c'est être candidat à baillonner la France. Parce que, nous explique-t-on, attaquer sarkozy, c'est insulter 11 millions de français, voilà ce qui est martelé par les inféodés sarkozystes. Eh bien, bravons l'interdit: oui, il y a eu 11 millions de gogos pour se faire embobiner par un charlatan d'opérette.

De son coté, le journalisme mondain béatifie son petit nico 1er pour avoir piqué des voix à Le Pen. Ce serait très bien s'il ne s'était pas fait par la même occasion son propagandiste le plus efficace. A aucun moment sarkozy n'a ne serait-ce qu'esquissé une pédagogie antiraciste, il a au contraire conforté le lepéniste dans son lepénisme. Mais consigne est donnée de s'extasier sur la petitesse du score de le pen, qui cache mal la victoire du même le pen sur le plan des idées.

Ségolène Royal parle d'une "république garrottée". Le mot est violent, elle a donc raison. Entre ces deux tours, ce doit être une nouvelle campagne, avec une nouvelle attitude, de nouveaux éléments, susceptibles de démontrer à ceux que les performances oratoires de la candidate déçoivent que cela n'enlève rien à sa volonté de se battre et d'imposer la confrontation. Une confrontation sans aucune concession. Une confrontation suffisament forte pour que, après le 6 mai, si nous échouons, personne ne puisse dire que sarkozy sera parvenu au pouvoir sans avoir été combattu. Cela peut par exemple impliquer de missionner DSK contre lui, comme a pu le suggérer "François Mitterrand".

Entendons-nous: si on se bat, c'est pour la victoire, mais c'est aussi parce qu'une défaite consécutive à une opposition molle, ce serait manquer la seule occasion, ce serait un déshonneur, une trahison, un écoeurant gachi. Une erreur impardonnable si on considère que sarkozy n'a jamais souffert de contradiction à égalité de temps de parole depuis 5 ans, et que cette immunité médiatique se prolongerait 5 ans de plus, au moins. Cinq ans à subir un discours sarkozyste unilatéral relayé sur toutes les ondes. En aucun cas l'objectif peut être de ne faire que bonne figure. 49%, c'est l'échec.

La victoire est possible. Bayrou a construit son succès sur le thème des médias, cela implique le refus de sarkozy. Besancenot, Buffet, Voynet, Laguiller, Bové, ont tous appelé à voter Royal. Ils représentent 10% de l'électorat. L'antisarkozysme est donc bien plus fort que ne le concèdent les "suiveurs", suffisament fort pour congédier le petit phénomène de foire et le renvoyer à ses migraines.

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Published by Martin P. - dans sarkozy
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