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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 16:50
Minc se met rarement en situation de se voir opposer des propos auxquels il serait vulnérable: c’est un de ses points communs avec sarkozy. ce fut malheureusement le cas encore une fois malgré la présence valeureuse de Vogelsong et Ronald, qui en bons blogueurs ont pris leur revanche par écrit.

En revanche, Minc use et abuse de sa position d’influence pour diffuser sa manière de penser y compris dans le dénigrement de ses adversaires: c’est ainsi qu’on a pu par exemple entendre plusieurs personnes -qu’on sait en contact avec Minc par ailleurs- reprendre ses propres termes contre Mediapart, media qui ne serait qu’un repaire d’ex-trotskistes, donc enclins à la paranoïa et à l’intox. Minc est trop malin pour dire, comme Serge Dassault, ce qu'il pense à savoir que les journaux doivent diffuser des “idées saines” "qui font que ça marche", mais on sent que le coeur y est.
C’est un peu comme dans cette affaire de plagiat où il a été condamné: le juge devait être un crypto-pleneliste et les faits inventés pour les besoins de l’intox poujadiste. Faites passer.



Minc s'est aussi trouvé une posture qui convient à son ego et qui a l'avantage d'en faire un "bon client" médiatique (si les connivences n'y suffisaient pas): celle de l'analyste froid qui décrit les choses avec cynisme mais lucidité.
C'est en fait la posture la plus facile pour lui, car elle consiste en réalité à s’enfermer mentalement dans un mécanisme, le capitalisme financier, pour tirer parti de ce qu'il en maitrise les rouages mieux que d'autres. Minc croit se tenir à distance des facheux déterminismes qu'il prête aux foules, se pense indemne des égarrements de la passion politique, mais il ne fait que colmater les brèches de son refuge intellectuel. Il s'appuie sur la cohérence interne et les aspects autoréalisateurs d'un "marchéisme" qu'il a au préalable naturalisé. C'est le syndrôme du singe savant: brillant mais borné.
Bref, la posture est confortable médiatiquement, mais inopérante intellectuellement dès que le capitalisme financier n'est plus le mode de pensée mais le sujet de la pensée.

Minc, même prisonnier de ce cynisme à la petite semaine, ne s'interdit pas de lancer des accusations de pétainisme ici ou là, en l'occurence à l'attention des écolos et de Bayrou. Nul doute que lui renvoyer l'insulte provoquerait chez lui une grande scène déchirante, le rappel de ses origines, bref les hauts cris.
Mais on ne manie pas certains mots à la légère et donc voyons par exemple si cette sorte d'expert-comptable de la société de marché a grand chose à envier aux compromissions impavides des préfets de Vichy. Si on transpose sa posture de "cynique borné" sous l'occupation, ça donne ce genre de chose:
"Hin Hin, on sait bien où ils vont finir les déportés, Hin Hin, ils sont ridicules ces gens qui posent des bombes sur les voies ferrées, Hin Hin, mais ils n’ont rien compris, sinon ils attendraient que ça se passe, Hin Hin, d’ici 2-3 ans ça sera fini et on passera à autre chose…"
Assez ressemblant finalement, non?

Minc oublie souvent de revendiquer ses plus beaux titres de "gloire", comme par exemple son activisme en faveur du capitalisme hors-sol et sa contribution notable pour la mutation du métier de dirigeant d’entreprise industrielle vers le celui de banquier d’affaires. Le sujet du "manager" conseillé par Minc n’est plus la production de richesse ni le commerce de biens, mais les opérations capitalistiques, l’"asset management", bref une "création de valeur" (pour l’actionnaire) fondée essentiellement sur ces constructions théoriques que sont les groupes issus de fusions, acquisitions, cessions.
Pourquoi s'épuiser à mobiliser les ressources humaines, élaborer des produits innovants et pertinents, démarcher les clients et répondre à leurs besoins, bref pourquoi s'user à faire de la "croissance organique" (sic) comme disent ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit?
Il est beaucoup plus aisé de jouer aux lego avec les actifs, au monopoly, s'amuser à faire des jolis schémas financiers, et surtout les assortir de la rhétorique idoine à l’attention des analystes. Ce sont des schémas avec beaucoup de zéros certes, mais qui ne sont qu’une écriture sur du papier, ce qui donne évidemment beaucoup moins de peine que d'avoir à frayer avec le vulgum pecus laborieux, d’avoir à connaître ne serait-ce que ce que font ces gens qui ne sont d’ailleurs qu’une "masse" salariale.
Voilà la conception que se fait Minc de la "classe dirigeante" dont il se revendique.

C'est ainsi, entre autres, que "Le Monde", sous sa présidence, a multiplié les acquisitions à coup d'endettement tout en se distrayant de son métier original et en omettant de maintenir le crédit (moral) du titre, lequel était en réalité son vrai actif. Vinrent bien sûr par la suite les habituels problèmes de dette ingérable qui pèsent sur les comptes et contraignent à dégraisser, puis dans une séquence tout aussi connue les cessions d'actifs précédemment acquis mais requalifiés en "non-stratégiques", le tout sans qu'on aie compris quelle était réellement la stratégie hormis une "vision" banquière que les artifices comptables ont par ailleurs rendus opaques... Toute ressemblance avec d'autres fiascos financiers tels Vivendi, France Telecom, ou Thomson ne serait que très peu fortuite.

Quand mes amis blogueurs m'ont dit mercredi dernier qu'il rencontraient Minc le lendemain, je leur ai conseillé de faire allusion à son grand-oeuvre, "www.capitalisme.fr", histoire de voir la tête qu'il ferait.
Ne serait-ce que le titre en dit pas mal sur le personnage, se croyant malin en reprenant la forme "url", à un moment où elle est franchement éculée après qu'on l'aie vue sur une quinzaine d'autres ouvrages. Plagieur d'idées caduques, il croit prédire l'avenir avec les hallucinations d'hier. C'est la contrepartie de la posture pseudo-cynique sus-décrite: ce mécanicisme ne peut guère être en avance sur son temps, par construction oserait-on dire.
Ecrit au sommet de l'hystérie boursière, publié au pic de la bulle, à mi-2000, au moment où tout bon observateur a compris qu'elle allait s'écrouler, son livre refourgue les élucubrations en vogue deux années auparavant sur la merveilleuse révolution internet qui allait garantir croissance durable et partage des profits dans un paradis libéral.

Je n'exagère pas.

Voilà ce qu'on peut trouver après une rapide recherche google, sur le site Amazon:

"Fondée sur les nouvelles technologies de l'information qui vont générer un cycle de croissance durable, la révolution économique est en marche."
"cela ne signifie pas que nous soyons condamnés à subir la dictature des marchés ... Mais les médias, l'opinion publique et le droit s'affirment et veillent à réguler ce nouveau capitalisme."
"le contrat social peut être refondé sur une association entre le capital et le travail, notamment à travers le développement des fonds de pension qui permettra un "partage des plus-values""

Il est vrai que ce récidiviste, qui avait déjà commis "la mondialisation heureuse", a habitué pas mal de gens à le considérer comme une sorte de Rantanplan, boussole infaillible... pour qui sait décoder ses fulgurances.

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PS: J'ai oublié de faire référence au titre: il s'agit bien évidemment des eaux glacées du calcul égoïste (cher à Minc en tous cas pour les besoins de ses démonstrations), la référence à Marx sur le mode condescendant étant une spécialité du multiconseiller.
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Published by Martin P. - dans économie
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 18:57
L’un des traits les plus originaux de la période, dans le champ des structures sociales, et qui est aussi l’un des plus troublants, est l’émergence d’un nouveau groupe dominant. Bien qu’il soit d’un type récent, il tend à emprunter certains traits des anciennes aristocraties. La France est bien moins républicaine qu’elle ne le proclame. Les inégalités sont nombreuses chez nous et les traces des mentalités issues des longs siècles de l’Ancien Régime restent patentes.

Or le retournement opéré par cette nouvelle caste touche aux principes comme aux comportements. Sur le plan des principes, elle affirme le caractère fécond de l’inégalité. Elle n’entend pas protéger ses privilèges en se tenant prudemment sur la défensive. Elle est sûre de ses droits et elle en revendique de nouveaux. Pourquoi se prend-elle pour une aristocratie ? Parce qu’elle s’affirme d’une essence différente. D’où émerge-t-elle ? D’une alliance implicite entre des grands dirigeants d’entreprise, des financiers, des cadres élevés de l’industrie et des services, certains hauts fonctionnaires de l’Etat et des privilégiés des médias.

Tout en invoquant le modernisme et sous prétexte d’adaptation à l’époque, ce groupe opère un retour en arrière pour adopter une vision des rapports sociaux qui s’inspire d’un passé lointain, dans le sens où il distingue totalement son sort de celui des autres. Il est en quelque sorte le nouveau « groupe de prestige » (pour parler comme Max Weber) du monde moderne. Ce groupe enjoint aux autres catégories sociales de faire des sacrifices, au nom de la compétition mondiale ou de l’équilibre de l’économie, mais ne consent pour lui-même à aucun effort ou renoncement et ne conçoit même pas que la question se pose. Le discours des représentants de ce groupe oscille constamment entre l’insensibilité sociale et la bonne conscience idéologique.

Naturellement, ce groupe de privilégiés ne peut être simplement assimilé aux anciennes aristocraties : il ne fonde pas son essence distincte et ses droits particuliers sur le sang, le droit divin ou la tradition. Il ne méconnaît pas les privilèges de la naissance et d’aucuns savent cultiver leur généalogie, mais, dans le discours public, il se réclame avant tout de la rationalité économique et de l’« efficacité ». Bref, il a la raison pour lui.

Méthodiquement, il explique pourquoi les salariés doivent renoncer à tout excès d’espérance. Il faut inévitablement réduire les coûts de production face à la compétition mondiale et aux pays à bas salaires. Il faut réduire la taille de l’Etat-providence pour diminuer les frais généraux de la nation. Le tout, nécessairement, pesant sur les salaires, l’intensité du travail et la protection sociale de la masse des salariés petits et moyens. Bien sûr, il peut venir à l’esprit de demander à ces chantres du sacrifice ce qu’ils sont prêts, pour les besoins de la bataille économique, à concéder eux-mêmes : sur leurs profits, sur des salaires très élevés, sur leur propre temps de travail, sur leurs nombreux avantages secondaires, sur leurs retraites spectaculaires ou leurs indemnités fastueuses en cas de départ. Mais la rationalité économique a réponse à tout. On ne saurait toucher aux profits, imposer davantage le capital, limiter les salaires extravagants sans décourager les initiatives et paralyser les énergies créatrices, sans provoquer des désinvestissements et des délocalisations d’entreprises ou encore sans entraîner des fuites de cerveaux ou de talents. Des tentations aussi fâcheuses seraient antiéconomiques et nuiraient finalement à tous. Elles ne sauraient donc être envisagées.

Bien des membres des catégories professionnelles ou des milieux d’où émane ce nouveau groupe privilégié ont une conception de leur place et de leur rôle plus classique, moins avide et moins arrogante. Il n’empêche: ce groupe a une perception aiguë de ses intérêts. Si la conscience de classe s’est émoussée ailleurs, ce n’est pas le cas pour cette sorte de caste, qui mêle les habitudes de l’ancienne bourgeoisie et les réflexes neufs d’une couche conquérante. Elle défend systématiquement et sans la moindre vergogne ses intérêts. Elle le fait directement à travers ses représentants, ainsi que l’a montré le cours offensif que l’ancien président du MEDEF a imprimé à ce qui fut le Conseil national du patronat français.

Cette nouvelle « aristocratie » sait aussi faire prendre en compte ses intérêts par d’autres. A la différence des pays où existent des groupes de presse autonomes qui tirent leur richesse et leur développement de leur métier lui-même, nombre de médias audiovisuels ou de la presse écrite sont possédés en France par de grands groupes industriels (Bouygues, Lagardère, Dassault…) ou bien ont ouvert largement leur capital à des groupes économiques ou financiers. On se doute que ces médias – au-delà des choix des journalistes eux-mêmes – sont globalement sensibles à l’idéologie et la mentalité de ces milieux, et en diffusent largement les arguments dans le public. Ainsi, quand l’influence n’est pas directe, elle s’exerce par imprégnation et identification.

De plus, cette catégorie sociale est peut-être la seule aujourd’hui à se vivre comme internationale, ce qui lui donne une vision spécifique de la mondialisation. Ce n’est pas qu’elle soit mieux structurée que d’autres. Après tout, il existe des organisations internationales de salariés, comme la Confédération européenne des syndicats. Mais ce groupe hégémonique a changé de culture par rapport à la bourgeoisie traditionnelle. La bourgeoisie ancienne était patriote, parfois nationaliste, en tout cas, en France, protectionniste. La nouvelle caste se veut internationale, voire transnationale. L’espace économique national n’est pas sa référence naturelle. Elle épouse au contraire l’univers et l’idéologie de la mondialisation capitaliste, car elle y trouve la justification de son existence et de ses exigences. La ramener à une meilleure conception de son utilité sociale et à ses devoirs nationaux est une urgente nécessité pour l’équilibre de notre société, tant son comportement et ses privilèges scandaleux commencent à provoquer de la colère dans le pays.


Voilà entre autres ce qu'on peut lire dans "Le monde comme je le vois", Lionel Jospin, Broché, 2005. Toute ressemblance avec l'actualité concernant des individus en position de capter les richesses de manière indue et qui en abusent avec une désinvolture sidérante ne serait que pure pertinence.
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Published by Martin P. - dans économie
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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 11:14
L'ami Valerio a proposé à quelques blogueurs (se font remarquer dans la salle notamment Vogelsong, Intox2007, Abadinte, Romain Blachier) de "bloguer" la convention nationale, comme nous avions blogué le congrès. Le camarade Valerio entreprend aujourd'hui d'entreprendre le net, avec la même ardeur que toujours mais cete fois c'est pro: il a sa petite agence de com politique internet, partisans du net. Comme Valerio est assi un "proche", comme on dit, de Benoit Hamon, il a le vent en poupe et tant mieux car il est plutôt sympa.













10h30:
l'ineffable Pierre Larouturou et ses amis distribuent des tracts à l'entrée, comme d'habitude (respect à eux), enjoignant le PS à aller "plus loin plus vite". C'est son truc à Pierre de venir titiller les pontes socialistes en venant tracter à chaque grand messe.










11h00:
Christophe Borgel, à l'entrée de la salle Condorcet de la cité des sciences, met à jour les journalistes de presse écrite sur les dernières évolutions dans la région centre.

11h10: C. Cambadélis annonce le vote assez large par le conseil national des listes proposées par la direction socialiste (et donc remaniées pour le Centre).

L'essentiel est dit.

S'ensuivent à la tribune des exercices de questions réponses entre témoins de la société civile et candidats notamment tête de liste, Kader Arif, Vincent Peillon...
L'exercice est assez convenu vu de la salle, espérons qu'il en ressorte quelque chose à la télé





D'un coté, assez logiquement, on anticipe des résultats assez médiocres aux élections européennes: vu l'état du PS, difficile d'espérer un plébiscite. Il y a aussi un bilan au parlement dont on ne peut pas dire qu'il soit très lisible, voire quand il l'est ce n'est pas toujours favorable. On avait noté sur ce blog que pendant la campagne 2007, marine lepen avait interpellé ses contradicteurs sur le fait qu'Hans Geert Pottering avait été élu grâce à une alliance PSE-PPE.
Arlette Chabot, qui animait l'émission et qui n'est jamais à une médiocrité près, avait fièrement énoncé qu'elle ne connaissait pas "ce monsieur Pottering", en gros qu'il n'y avait pas lieu de le connaitre, bref, revendiquait son ignorance... passons.

Le confusionnisme droite-gauche tue la politique européenne, et c'est peu de dire que les garanties annoncées par le PS sur ce point sont logiquement accueillies avec scepticisme. Ne serait-ce qu'un consensus de la gauche européenne sur le nom de Poul Nyrup Rasmussen comme candidat à la commission n'est pas acquise, on peut donc penser que le PS sera vulnérable sur ce thème.

[ci-contre les jolies filles du PS]

12h00: Karim, un employé de Peugeot (ou magneto?) ranime un peu l'assistance par une intervention percutante et ancrée dans la réalité. Il est très applaudi, et il peut, car sa performance au moins sur la forme surclasse les précédentes par son punch et son ton combatif. On peut etre socialiste, réformiste, et aussi virulent...

D'un autre côté, certaines conditions requises pour réussir ces européennes sont remplies: le contexte pousse les anciens camps du oui et du non vers une certaine convergence.
On a d'une part la crise économique qui contraint les européistes les plus naïfs à être plus exigeants et plus lucides sur les travers des règles européennes et aussi des politiques conduites. On peut espérer une prise de conscience sur le fait que l'Europe doit être un objet politique, c'est à dire un objet dont l'identité politique cesse d'être indéterminée. L'Europe ne sera politique que si un jour on discerne une Europe de droite et une Europe de gauche, et que les élections soient précédées d'un vrai débat entre ces options.
D'autre part les ex-nonistes, comme Benoit Hamon, voient bien aujourd'hui que si la crise renforce leur discours, cela leur donne aussi un surcroit de responsabilité: ils ne peuvent plus conserver une posture protestataire, souvent de portée strictement hexagonale. La nécessité de travailler avec les autres socialistes d'Europe, sur la base du manifesto, doit les amener logiquement à se rapprocher des ex-ouistes et à considérer que la campagne ne sera réussie que si elle réellement d'envergure européenne, pas simplement l'expression d'enjeux nationaux.

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Au fait: pourquoi en musique "j'écume/bashung"? parce que ça fait un titre de plus de Bashung sur ce blog, et aussi parce que dedans il y a "là où se pressent les huiles". C'est qu'il y en a des huiles socialistes dans cette convention. Mais ils étaient surtout là pour le conseil national qui a précédé, et aussi un peu pour le "Zénith des libertés" de demain.

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Published by Martin P. - dans Europe
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 19:14

On ironise, ici ou là, sur le fait que les socialistes, comme d'ailleurs d'autres partis, se postent sur le trottoir, sur le coté, pour "regarder passer les manifestants". Les responsables socialistes, eux, disent "saluer"...




On peut regretter qu'ils ne précisent pas aussitôt que les troupes socialistes se situent surtout au sein des cortèges syndicaux, au coeur de la manifestation. A défaut ils contribuent à faire passer cette idée de "parti d'élus", certes pas tout à fait fausse, mais pas exacte non plus:

les socialistes ne regardent pas passer les trains. Simplement il est d'usage que les partis se tiennent à l'écart des bataillons syndicaux, pour ne pas mélanger les genres, mais aussi parce que plus souvent qu'on ne le pense le travailleur syndiqué et le militant politique sont une et même personne.


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Published by Martin P. - dans PS
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:53
Les bourgades françaises ont été gâtées par sarko... en matière de déploiement policier, mais les autorités mexicaines étaient décidées à se mettre au niveau à l'occasion du passage du président français.





Ce fut l'occasion de constater que l'objet médiatique du jour était une certaine "Florence", un sujet de haute importance sans doute, en tous cas de nature assez consensuelle en France, qui se place sur le terrain international, et donc parfait pour faire diversion.
Sauf que RTL parle d'hébergement chez un milliardaire narcotrafiquant! décidément... errare humanum est, persevare diabolicum



A part ça les mexicains ne sont pas tout à fait muets:


"Los trabadores no causamos la crisis economica del paìs"
"Exigimos 17.2% de aumento salarial!"
"El subsidio electrico que sea para el pueblo y no para los ricos"


"Revocaciòn del mandato por inepto!"
"Al presidente del desempleo"
"espurio Calderon"

"inepto", "presidente del desempleo"... c'est que sarko aurait pu le prendre pour lui, ici aussi il faut éloigner les porteurs de pancarte!
sarko/Calderon: qui se ressemble s'assemble...


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Published by Martin P. - dans monde
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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 20:47
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25/02/09 - Lorsque la seconde abolition, celle de 1848 intervint, elle ne s'accompagna pas d'une réforme agraire qui aurait pu garantir une redistribution des terres. De fait les planteurs passèrent du statut de maître à celui de patron. via Le petit livre rose

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22/02/09 - Le coucou pèse 30 millions. Vue la valeur qu'on accorde de par le monde au sigle YSL, et le prix qu'on est prêt à mettre dans le moindre bout de de cuir, ou même de chiffon, "griffé", il n'est pas très étonnant que les objets ayant appartenu au même trouvent tant de riches acquéreurs.
Pas sûr que tous ces gens qui aiment arborer ces trois lettres aient autant de goût ou d'élégance que celui qu'elles désignent.

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22/02/09 - Un bon documentaire télé sur la martinique et les békés.

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22/02/09 - cette manie (étonnante) qu’il a de ne plus faire un pas sans être ceint de véritables murs de keufs. "Près de 700 gendarmes et policiers ont été mobilisés jeudi 19 février pour assurer la sécurité de la visite de Nicolas Sarkozy à Daumeray" "Aucun rassemblement n'avait été annoncé"

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22/02/09 - Après avoir été l'un des instigateurs de la folle aventure de Natixis, qui va si lourdement peser sur les finances publiques, François Pérol se prévaut du naufrage pour prendre les commandes de la banque unifiée qui va voir le jour. Ce naufrage est en partie le sien, mais il en tire aujourd'hui argument pour asseoir son futur pouvoir. Et l'histoire est donc d'autant plus folle qu'elle prend d'innombrables libertés avec la loi. Mediapart

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22/02/09 - les protections acquises lorsque le risque de défaut était nul se sont en effet considérablement valorisées ces derniers mois. Dans les bilans des banques, elles sont en outre comptabilisées en « mark to market », c'est-à-dire à leur valeur de marché, quand le sous-jacent - les crédits - ne le sont pas. Les Echos

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22/02/09 - "cette répartition des richesses, qui réapparaissait lors des orages populaires, pour s’évanouir, une fois le calme revenu."

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21/02/09 - « Le Parlement a garanti l’impunité politique à M. Barroso », a regretté Claudio Fava (socialiste italien), rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les vols secrets. Pour lui, « aucun chef de gouvernement ayant activement collaboré avec Bush ne devrait être à la tête d’une institution européenne ». Coulisses de Bruxelles

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21/02/09 - Vincent Peillon, président ? A ceux qui l'interrogent sur 2012, l'animateur du courant Royal répond : "Je n'exclus rien."

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21/02/09 - sur la science: Obama vs Sarkozy


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20/02/09 - Le congé parental "est à l'origine d'un immense gâchis, a affirmé le chef de l'Etat. Gâchis pour les femmes concernées, car la majorité d'entre elles aurait souhaité poursuivre leur activité."  Ah ! Parce qu’elles étaient obligées de prendre ce congé ?

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20/02/09 - "Vous ne mesurez peut-être pas la défiance quasi unanime à votre égard"
"la science permet de former un bon citoyen : sa pratique apprend à discerner un raisonnement juste, motivé et construit d'un semblant de raisonnement fallacieux et erroné."
"Votre discours contient des contrevérités flagrantes, des généralisations abusives, des simplifications outrancières, des effets de rhétorique douteux, qui laissent perplexe tout scientifique. Vous parlez de l'importance de l'évaluation, mais la manière dont vous arrivez à vos conclusions est précisément le type de raisonnement hâtif et tendancieux contre lequel tout scientifique et évaluateur rigoureux se doit de lutter."
"De nombreux étudiants ou collègues de premier plan, écoeurés, m'ont informé durant ces quinze derniers jours de leur désir nouveau de partir à l'étranger."
"il ne semble plus possible à votre gouvernement de demander à la communauté scientifique de lui faire confiance. De nombreux collègues modérés et conciliants expriment maintenant leur crainte d'être instrumentalisés s'ils acceptent de participer à une discussion ou à une commission."

 Wendelin Werner, professeur de mathématiques, université Paris-Sud et Ecole normale supérieure
Médaille Fields 2006 et membre de l'Académie des sciences


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19/02/09 - 900 millions de dividendes pour les actionnaires de la BNP, 700 millions pour ceux de la Société Générale, peu après que ces banques aient reçu respectivement 2.5 et 1.7 milliards de titres super-subordonnés à durée indéterminée.

De deux choses l'une: ou ces banques sont si menacées qu'elles ont besoin de l'aide de l'Etat mais à ce moment elle ne peuvent distribuer de dividendes. ou elles ne sont pas menacées au point d'avoir à renoncer au versement de dividendes, mais dans ce cas elles doivent renoncer aussi à l'aide de l'Etat.

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16/02/09 - Nicolas Sarkozy a menacé de boycotter la réunion anniversaire de l’OTAN prévue pour avril 2009 si on ne le laisse pas choisir son voisin de table, a annoncé la radio Kontakt. via Jegpol

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15/02/09 - sarko insulte l'intelligence (com dab), ici la réponse de celle-ci, et une vidéo
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15/02/09 - "Ce qui glaçait dans cette suppression de la taxe sur les manufactures, annoncée Ex Abrupto, ce n’était point tant le choix politique et ses conséquences, mais que cela le fût sans la moindre concertation, sur la pulsion caractérielle de l’instant, du gratouillis sarkosien, de l’effet d’annonce pour l’effet d’annonce." La chronique du fourbe

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14/02/09 - « le dividende est un socle que l'on espère pérenne, ... trop augmenter le dividende ferait courir le risque de ne pas pouvoir le maintenir à l'avenir. »...« ces dernières années, les entreprises ont eu tendance à augmenter leurs dividendes plus vite que les profits, pour conserver des rendements élevés en phase de gains boursiers »

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14/02/09 - total paiera peu d'impot en france

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13/02/09 - La "sarkocote" (tm sarkononmerci)

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13/02/09 - "Notre journal titre « les folles dépenses de Julien Dray », comme si nous étions comptables du train de vie du couple Dray et de l’utilisation qu’il fait de son argent." ... "Il est indiqué en accroche : « Un mois après avoir été inquiété par la justice, (Julien Dray) va devoir s’expliquer sur des flux financiers suspects » alors que le député de l’Essonne n’a pas eu affaire à la justice et qu’aucune convocation ne lui a été signifiée." SNJ-Est Républicain via Hervé Nowak

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13/02/09 - Gauchet sur la réforme des universités
Sa conférence sur son blog:
Gauchet- Réforme des universités: l'obsession de Shanghai (2h01mn)


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13/02/09 - Des manifestations autorisées et des autres : quand les fachos s’ébrouent en paix…

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13/02/09 - la direction de Merrill Lynch a versé 3,6 milliards de dollars de bonus à ses cadres et s'est octroyée une très grosse part. ... Merrill Lynch avait distribué ses bonus en décembre, c'est-à-dire plus tôt que d'habitude ... Peu après la publication de la perte de Merrill Lynch (le 16 janvier), le gouvernement avait annoncé qu'il investirait 20 milliards de dollars dans le deal et offrait une garantie de 188 milliards contre les pertes futures du portefeuille de Merrill. Nicolas Cori

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13/02/09 - Dati - "belle amie": Darmon et Derai sont trop fins et intelligents pour ne pas savoir que tôt ou tard, la question va se poser: dans cette affaire, sont-ils les petits télégraphistes de l'Elysée?

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12/02/09 - Une note établie pour secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo sur la fixation des prix du carburant aux Antilles et en Guyane s'avère accablante pour les compagnies pétrolières, accusées de s'enrichir parfois "sans cause" sur le dos des consommateurs

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10/02/09 - “Dans les valeurs universelles que nous portons au Québec comme en France, il y a le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l’enfermement sur soi-même"...réaction: "Nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d’État étranger n’a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se dont prononcés pour la souveraineté”

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09/02/09 - Le président explique : "Le Conseil des ministres propose un nom qui est envoyé au CSA. ... il doit être accepté à la majorité des trois-cinquièmes. C ’est-à-dire, et j'y ai tenu, que l’opposition doit être d’accord avec la majorité pour accepter le nom.» FAUX: c’est pour s’opposer au nom proposé que les commissions des affaires culturelles doivent avoir la majorité des trois-cinquièmes... non pour l'accepter.  C'est plus qu'une nuance : une bonne partie de l’UMP devrait se joindre au PS pour faire capoter l’opération.  Aucun des journalistes présents n’a relevé la contre-vérité.

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09/02/09 - "Si jamais elle se fait, la taxe carbone a vocation à financer des chèques aux ménages et aux entreprises qui changent leur consommation. Cela doit s'équilibrer", s'étrangle-t-on dans l'entourage de Jean-Louis Borloo ... Dans l'entourage du chef de l'Etat, on reconnaît que Nicolas Sarkozy s'est lancé à la télévision sans avoir préparé cette sortie.

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09/02/09 - Gordon Brown a été mécontenté par l'intervention du chef de l'État français, ... Le lendemain, Downing Street a appelé l'Élysée pour avoir des explications, en rappelant que l'industrie représentait 14 % du PIB en Grande-Bretagne, pas loin des 16 % français.

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09/02/09 - Barack Obama a perdu patience. "Ce n'est pas un jeu, ce n'est pas une compétition pour savoir qui a le pouvoir, qui est en hausse et qui est en baisse. Ce n'est pas un débat abstrait, a-t-il dit. Il s'agit de millions d'Américains qui vont perdre leur emploi." "Nous ne pouvons pas continuer à adopter la formule perdante qui veut que seules les réductions d'impôts vont résoudre tous les problèmes"

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09/02/09 - Nouvelle grève générale le 19 mars !!!

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09/02/09 - Jean-Claude Guillebaud : “Sarkozy est un voyou.” ... il accuse une petite moitié du Peuple québécois d’aspirer au sectarisme, à l’enfermement sur soi et à la détestation de l’autre. David Desgouilles

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09/02/09 -
Et Peillon en grande forme aussi
Vincent Peillon dans Ripostes (08/02/2009)

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08/02/09 - Mélenchon était en grande forme
, et fait plaisir à entendre:

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08/02/09 -
Pour l'instant le parti de Bayrou ne sert qu'à une chose: Faire voter un peu plus à droite des électeurs de gauche.

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08/02/09 - Une pétition contre l'école de la violence pour les jeunes


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07/02/09 -
On a d'un côté des lecteurs à la recherche d'un contenu qu'on ne leur offre plus, et de l'autre une presse à la recherche d'un public qui n'existe pas.

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07/02/09 - 52% des Français pas convaincus par Sarkozy

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06/02/09 - le président oublie de dire que, pour prêter de l'argent aux banques, l'Etat doit lui-même s'endetter, et donc payer des intérêts.

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06/02/09 -
"Car Internet représente une révolution, au même titre que l’imprimerie. Les éditeurs de DVD ayant remplacé les moines copistes."
"ça n’est pas une question neutre de savoir si, le savoir de l’humanité, on va le garder ou on va le perdre comme des cons."
"on a simplement considéré que madame Michu avait envie de consommer, et pas de produire. ... Il y a une chose fausse en économie qui est de dire que c’est le client qui fait le marché, alors que c’est le marché qui fait le client."
"Niel a embauché quelques ingénieurs à qui on a passé tous les caprices. Par exemple de dire non à « l’offre marketing avec trois mois gratuits sauf qu’après Noël, ça sera deux et demi… »."
"on va traiter les gamins sur les mêmes textes de loi que les terroristes."
  - ITW de Benjamin Bayart

Internet libre ou Minitel 2.0 ? - Conférence de Benjamin Bayart - RMLL d'Amiens - juillet 2007



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05/02/09 -
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05/02/09 - ça sent de plus en plus le pourri au figaro: le sondage qui pue "
Seriez-vous prêt à baisser votre salaire pour conserver votre emploi ?" oui vous avez bien lu, on normalise le racket, bientot on aura "la bourse ou la vie?"

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04/02/09
- Ainsi s'opposent la figure d'Obama, notre nouveau leader global, calme, cultivé et attentif, et celle des petites frappes instables et colériques dont regorge, sur le modèle de leur "mentor", l'UMP.

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04/02/09
- parisot: "la crise est comme une tempête et je pense qu'il est de peu d'efficacité de protester contre la tempête". Comme on ne réforme ni ne moralise la météo, on suppose que ce n'est pas utile de l'interroger sur une quelconque régulation.
Obama plafonne à 500 000 dollars la rémunération des dirigeants des entreprises aidées. parisot: "C'est le risque que partent des hommes ou des femmes qui sont peut-être pour partie responsables du drame économique actuel. Mais qui sont aussi les plus compétents pour mettre en place les solutions". Ah, ces patrons, le monde entier nous les envie...

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03/02/09 -
Bernard Kouchner, la chute d'une idole
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02/02/09 -
Caprice d'Etat

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02/02/09 - Les rocardiens lancent "inventer
à gauche"

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02/02/09 -
Révélé, vendredi 30 janvier, par le quotidien Haaretz, ce rapport démontre "qu'il y a eu une violation systématique des lois internationales et du droit de propriété des Palestiniens"

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02/02/09 - «Elle, c'est elle, et nous, c'est nous !»
à l'inverse de l'opinion exprimée par François Rebsamen sur le contre-plan, les proches de Ségolène Royal avaient été associés à son élaboration... et, vendredi, en indiquant que le livre d'entretiens de Ségolène Royal (lire ci-dessous) est un « exercice très personnel ».
Il reste que les pro-Royal sont toujours divisés entre les inconditionnels et les pragmatiques qui voient en elle le meilleur candidat - tous sexes confondus - du PS pour 2012, même si ses déclarations intempestives ont le don d'en horripiler plus d'un. Les Echos

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02/02/09 - «Consciences, réveillez-vous!» Qui lance ce cri poignant?

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01/02/09 -
"puisque j'ai été élu j'ai la pleine et entière légitimité, puisque j'ai été élu j'ai tous les droits" ... "on voit s'affirmer une prétention à la légitimité supérieure de l'élection présidentielle par rapport à l'élection des députés". Rosanvallon


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01/02/09 -
Jospin: "un keynésianisme pour les riches"


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01/02/09 - "J’en ai plein le dos des gens qui se mettent en carte pour se faire chaud ensemble au détriment des choix de société qu’ils sont censés poursuivre." Henri Vacquin

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 20:52
Les rencontres entre politiques et blogueurs ne se différencient pas toujours des codes médiatiques habituels. En tous cas parfois pas assez: c'est le seul regret qu'avait formulé Benoit Hamon en juin dernier. Et pourtant, avec sa prestation de mercredi dernier à la république des blogs, il a récidivé: un langage un peu trop conforme aux standards médiatiques, un "format" (une sorte de tribune avec micro) trop classique.

Il semble au vu de ces deux exemples que la raison de cette sorte de retenue ne tient pas tant à la personnalité d'Hamon (même s'il a récemment touché les limites du "parler vrai" et "tiré les leçons"), qu'à la présence d'une caméra. La caméra est à double tranchant: sa présence crée l'illusion, sur le moment, que la scène a un certain intérêt, mais en même temps elle contribue à la rendre insignifiante sur le plan politique en contraignant la spontanéité de la personnalité qui s'exprime.

En même temps, quand les politiques se lâchent, c'est malheureusement assez rarement pour livrer le fond de leur pensée, dire les choses plus crument, poser un regard lucide sur la société. C'est plutôt, et c'est humain, pour parler des uns et des autres, de leurs petites (et grandes) histoires. C'était un peu le cas avec Julien Dray lors d'une occasion où pour le coup il n'y avait pas de caméra, même s'il y avait un micro. Dans ce contexte, où nous étions de surcroit peu nombreux, il passe autre chose qu'un simple discours. Dray est certes assez prompt à médire de ses camarades, mais quand je lui ai dit (le sujet était la campagne de Ségolène une fois de plus) que je souscrirais à tout ce que dit Jospin dans son livre "l'impasse", son regard et ses propos à ce moment là m'ont fait comprendre qu'il y avait dans son rapport à Jospin un vrai sujet.


A la suite de cet épisode il m'est apparu que le cheminement de Dray donne un éclairage particulier à l'histoire socialiste récente. Une version de l'histoire que j'ai proposée notamment à mes interlocutrices de mercredi soir (spéciale dédicace à Olympe, Polluxe et CC: "cimetière des éléphants". Et aussi MrsClooney tant qu'à faire).

Le leadership de Jospin à partir de 1995 a été vécu par Dray comme une mise en quarantaine. Jospin reprochait à Dray d'avoir encouragé les manifs lycéennes quand il était ministre de l'éducation nationale, c'est-à-dire quand Rocard était à Matignon, donc à un moment où le mentor de Dray, qui n'était autre que Mitterrand, ne dédaignait pas mettre des bâtons dans les roues de son gouvernement. De 1997 à 2002, Dray faisait donc partie du fameux "droit d'inventaire".
La "gauche socialiste", qui était une alliance entre Mélenchon et Dray, ne vit que le premier accéder au gouvernement. Passé 2002, la "GS" explosa et vit les trajectoires de Dray ét Mélenchon s'éloigner mais sur des positions renversées: Mélenchon qui était au gouvernement pris des positions très à gauche tandis que Dray, lassé d'être minoritaire, délaissa le gauchisme pour se rapprocher de François Hollande.
Le problème pour Dray est que même après 2002, l'essentiel du personnel socialiste restait dans une forme d'allégeance intellectuelle vis-à-vis de Jospin, que l'hypothèse de son retour, jamais vraiment écartée, continuait de constituer une sorte d'hypothèque sur son avenir.
C'est alors que Dray s'est tourné vers la seule personnalité qui proposait une rupture par rapport à Jospin semblable à la rupture sarkozyenne par rapport à Chirac: Ségolène Royal. Il serait difficile de démêler chez Ségolène la part d'anti-jospinisme qui lui a été insufflée par Dray, de celle inhérente à sa personnalité et à sa posture politique. Toujours est-il que cet équipage Dray-Royal est assez cohérent avec une certaine manière de faire de la politique, qui se veut plus populaire, qui recherche l'empathie, quand Jospin incarnait plutôt un certain élitisme républicain et un refus de la séduction assez protestant (il a par exemple refusé d'aller chez Drucker pendant sa campagne).

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PS: J'ai pu juger que Versac ne connaissait pas le mythe des cravates à chier, alors que pourtant il en portait une.
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 12:54
Il y a quelque temps, en marge d'un sommet européen, sarkozy était venu auprès des journalistes pour mettre les rieurs de son côté, Jean Quatremer inclus. C'est ce dernier, encore tout esbaudi, qui l'a relaté sur son blog: sarko venait à nouveau de bousculer-les-usages-poussiéreux en s'octroyant une chaise de plus au tour de table européen, et il tenait à faire savoir combien son iconoclasme contrastait avec les manières si empesées de ses collègues chefs d'Etat, ces gens ridicules au dépens de qui il proposait de rire.
Je faisais remarquer à ce cher Jean que "si toutes les délégations avaient 3 chaises mais la France deux seulement, sarkozy serait le premier à en faire une esclandre".

De fait, sarko est peut-être le plus soucieux de tous d'afficher les signes extérieurs de son importance, et c'est bien à cause d'individus comme lui que des usages comme celui des deux chaises par délégation ont été institués. Mais qu'importe, Jean Quatremer préfère se féliciter de la "franchise désarmante de l'actuel chef de l'Etat" et stigmatiser chez ceux que ce parti pris exaspère une "crétinerie sans limites".


Pourquoi rappeler cela aujourd'hui? parce qu'on apprend que sarko a exigé un droit de préséance au sommet de l'OTAN, ce qui lui a été accordé mais seulement pendant la présence des caméras, histoire d'apaiser, selon le journal anglais The Telegraph, la "vanité du président français". La RTBF préfère retenir que l'OTAN a remis sarko à sa place, ce qui correspond assez à la réalité. Une place finalement subalterne et sans vraie capacité d'influence dans laquelle sarko s'est mis lui-même: on comprend mieux aujourd'hui le sens de son recueillement sur la tombe de mongénéral...

Jean Quatremer n'a pas commenté l'épisode, qui pourtant lui montre qu'il ne faut pas confondre iconoclasme et absence de pudeur, anticonformisme et sans-gêne.
Maitriser les pulsions de son ego, anticiper les réactions que pourraient provoquer chez les autres un excès de désinvolture à leur égard, ne pas imposer sa personne si cela compromet les vrais objectifs, ne pas entamer son crédit en abusant de la confiance des ses partenaires, tout cela, ce ne sont pas des "usages poussiéreux" mais simplement la maturité et le sérieux qu'on peut attendre d'un chef d'Etat. Et c'est à se demander si ce niveau est vraiment accessible à un sarkozy dont les tendances régressives et infantiles sont inquiétantes.

On peut même se demander si la question ne commence pas à germer chez Merkel, Brown, Zapatero, voire Obama: comment rester constructif et de bonne volonté face à un pignouf pas fiable et fourbe?

Une question que doivent se poser, aussi, les syndicats après la séquence d'hier où la fameuse réunion des partenaires sociaux a été rabaissée au rang de formalité avant le passage télé.

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PS: nous sommes aussi dans la continuité de cette poignée de main avec le président américain, sorte de graal médiatique "arraché" par sarko dans le boudoir du bureau ovale, et de cette photo qui dans la même logique assez consternante a été visiblement truquée pour grandir celui qui ne se signale que par sa petitesse.


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Published by Martin P. - dans sarkozy
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 15:47
On pourrait croire que Dati doit sa "disgrâce" à son incurie comme garde des sceaux (à champagne). En réalité, ce que Dati a scellé, c'est son sort, en tentant un quitte ou double inacceptable pour son suzerain. En matière de sarkozysme, elle était première de la classe: coups bas, félonie, trahisons, manoeuvres, culot, egotisme échevelé, mais aussi allégeance, courtisanerie, etc. La faille du sarkozysme, c'est que ses pratiquants se voient toujours beaucoup plus beaux qu'ils ne sont.




Dati s'est crue si forte qu'elle a osé sous-entendre qu'elle pourrait faire usage d'informations en lien avec ses fonctions de directrice générale adjointe des services au conseil général des Hauts-de-Seine. C'est-à-dire balancer à la justice (comme ministre de ladite ce serait d'ailleurs bien le moins), ou au Canard, des saloperies sur les tribulations de sarkozy dans les Hauts de Seine, en particulier quand il était à la tête de son conseil général.
Evidemment, Dati n'a pas eu cette idée toute seule. L'exemple de Devedjian qui, après avoir bruyamment évoqué un nettoyage des Hauts de Seine, s'est vu exfiltrer de l'UMP pour être bombardé à un ministère de la relance créé pour lui, a probablement inspiré Rachida. Le problème est que Devedjian a l'essentiel de sa carrière derrière lui, et que sa capacité de nuisance est autrement plus persuasive: on a pas frayé dans toutes les affaires de Pasqua, Chirac, et sarkozy réunis sans avoir quelques billes...
Bref, Rachida a du gentiment en rabattre, et accepter d'aller à strasbourg, ce qui pour elle est une punition. Pour faire bonne mesure, on apprend que deux journalistes, l'un proche de Cecilia, l'autre de nicolas, viennent de sortir un livre à charge, histoire de lui rappeler quel est vraiment son parcours et à qui elle le doit.

Dans cette affaire, on aura donc surtout une pensée pour le(a) militant(e) umpiste sincère et honnête (ça doit bien exister), qui a travaillé sur les questions européennes, a obtenu des responsabilités au sein de l'UMP en emportant la confiance et le vote de ses militants (ça doit bien arriver), avait légitimement l'ambition d'apparaitre en position éligible sur ses listes aux européennes, et se voit barré par quelqu'un qui de surcroit considère cela comme une sanction, et qui probablement figurera au hit-parade des absentéistes du parlement de Strasbourg (comme d'ailleurs de la mairie du VIIeme).
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 00:08
... oui, encore lui, et en très grande forme sur Ripostes (émission encore visible ici). On voit, certes de moins en moins souvent (l'usure aidant), des ignares attribuer à la légère des bons points dans les domaines de l'éloquence et du pouvoir de conviction à des petits voyous au boniment outrancier et vulgaire. Qu'ils édifient leur jugement défaillant en visionnant cet interview, où par moments Badinter s'arme de la justice et de la vérité pour vous tordre les trippes, là où d'autres cherchent à vous procurer quelques secondes la satisfaction mauvaise de vous sentir du coté des dominants.
Là où certains vous distraient en vous exhibant de quoi haïr ou de quoi moquer pour mieux éviter que les faits soient examinés et débattus, d'autres vous font sentir à quel point l'escamotage de la réalité est haïssable, à quel point chaque petit trucage est misérable, à quel point la falsification est infâme.


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