Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : sauce politique
  • sauce politique
  • : politique
  • Contact

Bande son

musique insérée dans les articles, de circonstance si possible

-


Add to Technorati Favorites


Recherche

2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 11:14
Il est quand même paradoxal que ce soient les mêmes qui soutenaient que l'Algérie était française, et qui pour certains le soutiennent toujours, qui aujourd'hui prennent pour argument qu'une majorité du territoire turc est hors d'Europe pour s'opposer à son adhésion par principe.

Rappelons donc qu'avec ses colonies, notamment l'Algérie, mais aussi la Guyane, les antilles françaises, la Nouvelle Calédonie ou encore la Polynésie, le même argument aurait pu être opposé à la France en 1957.
D'ailleurs, grâce à la France, l'Europe a déjà des frontières communes avec... le Brésil

C'était un modeste contre-argument en plus de ceux bien exposés par Pierre Moscovici dans Le Monde.


Plus sur L'Europe:

Vive les campagnes électorales

ump2009.eu, l'UMP et les européennes: pas de programme, pas de projet, pas de listes

Live bloguage de la convention nationale, avec photos

Quelle Europe pour 2020?
 
Walking the tight europe (*)
Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 23:09
Le bruit médiatique a imperceptiblement changé de tonalité ces derniers jours, et ce n'est pas qu'une impression: nous sommes en campagne, et les temps de parole sont mesurés et régulés, d'autant plus que le CSA a enfin admis qu'il fallait tenir compte du temps de parole de sarkozy.

Habituellement, le flux médiatique oscillait entre le sarkozysme et l'anti-antisarkozysme. On avait droit au monologue de sarko, suivi des petites saloperies de lefebvre qui avait presque plus de temps pour expliquer que les socialistes sont primaires que ces derniers en avaient pour s'exprimer, avec une conclusion qui reprenait les termes posés par sarkozy histoire de bien faire rentrer le message. A un moment, nous étions à... 10% de temps de parole pour l'opposition (pas de lien, mais la statistique est quelque part).



Eh bien là, il semble bien, tout du moins sur les radios, que les soi-disant primaires sont bien plus "audibles" que d'habitude. Et on entend moins lefebvre. Et maintenant qu'on entend les arguments, on pourrait avoir le sentiment que le problème n'est pas le caractère primaire des opposants mais bien la personnalité détestable du président et le discrédit de son action...


Vive les campagnes électorales donc!

D'autant plus que les campagnes sont aussi l'occasion pour les candidats d'aller sur le terrain, et Harlem Desir fait ça très bien. Dans la foulée, il a ouvert un blog qu'il a présenté lundi soir à la Cantine. En fait, son blog ressemble plutôt à un site de campagne, très bien équipé, avec vidéos de personnalités européennes, réseaux sociaux, twitter etc.

On a osé faire quelques suggestions à la tête de liste pour l'Ile de France:

* Alimenter avec du contenu original. Le net est un excellent outil de campagne, d'animation des réseaux, mais un blog est un moyen de communication intéressant surtout si celui qui le tient l'alimente, si possible avec autre chose que la propagande électorale classique. Harlem a décidé de se lâcher si on en juge par ses déclarations aujourd'hui, donc qu'il n'hésite pas profiter de son blog pour taper fort et, surtout, juste.


* Pourquoi pas européaniser franchement le blog, en y mettant du contenu venant de candidats d'autres pays, des traductions pourquoi pas de billets de blogs allemands, grecs, polonais... de candidats du PSE évidemment. Certes, il y a déjà des vidéos comme celle de Martin Schultz, mais on aimerait, encore une fois, du contenu un peu moins conventionnel, reflétant plus précisément les personnalités politiques particulières, avec leurs thématiques. Par exemple, Stavros Lambrinidis qui a beaucoup de choses intéressantes à dire sur internet, ce qui tombre à point dans le contexte HADOPI.


* Ne modérer les commentaires qu'a posteriori, si nécessaire, histoire de faire vivre le blog.


* Mettre des liens dans ses posts, par exemple vers des blogs d'autres candidats ou personnalités de gauche, histoire de montrer que les socialistes jouent collectif malgré les chamailleries de congrès.




Pour l'instant, les commentaires n'ont pas vraiment été mis en route (s'il n'y en a pas c'est qu'ils n'ont pas encore été validés... j'en ai commis un...). Espérons aussi que ce blog va perdurer au delà de la campagne, même s'il faudra bien repeindre les lieux une fois que la charte graphique de la campagne sera caduque.


Cela dit, l'endroit, "La Cantine", est très bien -il est d'ailleurs en passe de devenir aussi courru que la bellevilloise-, Harlem est un gars bien qui fait du bon boulot sur le terrain et à Strasbourg, et enfin on a pu faire la connaissance de Rémi Féraud, nouveau premier fédéral de Paris.

Et puis Harlem Desir, c'est aussi le nom de ce gars qui représentait les "potes", il y a un quart de siècle. Cliquer sur "L'Aziza" pour la séquence nostalgie.

Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 18:53
Le retard pris par l'UMP pour la campagne européenne est du à l'indisponibilité de sarkozy ces derniers jours, nous révélait profession politique. On voit que l'infantilisation des subalternes, phénomène consubstantiel au système sarkozy, joue à plein à l'UMP, où bien que tous les postes soient verrouillés par des sarkozystes pur jus, dont Hortefeux aux investitures, ces derniers n'en attendent pas moins les ordres du chef pour bouger. Le système sarko se veut "efficace", "énergique", il rend en réalité impotents tous ceux qui s'y inscrivent, et cela vaut malheureusement aussi bien pour l'Etat.
On peut donc légitimement se demander si l'absence d'onction sarkozyenne justifie aussi l'absence de matériel de campagne online. Peut-être verra-t-on bientôt le président de la république coller lui-même les affiches de crainte que le travail ne soit mal fait par les "jeunes pop"?

Le pire est que la crainte est justifiée, mais probablement que ce qui retient sarko est simplement qu'il dispose des médias de masse, TF1 en tête, ce qui relègue probablement le militantisme traditionnel à un rang de priorité second...

En tous cas, il est possible que le dernier gag de la net-campagne UMP contraigne sarko à occuper lui même jusqu'au poste de webmaster du site. Maxime Pisano nous signale en effet que leur design a été piqué sur un site de musique pour ados.

Pour aller voir UMP2009, passez par chez Maxime, Florent, Amélie ou chez backtobasics par exemple, puisqu'on évite de lui donner trop de google-visibilité, par charité.


sarko va probablement compenser ce manque de ressource politique sur le fond en relançant la polémique "pour contre l'adhésion de la Turquie" qui lui avait si bien réussi pour faire échouer le referendum 2005 (bien qu'il se soit déclaré pour le oui, il était évident qu'il souhaitait l'échec de Chirac).

Dans cette campagne nous aurons donc l'occasion de tester la résistance de l'agora française aux tentatives de sarko de pourrir le débat par sa démagogie. Il faut bien dire que lors des matchs précédents sarko a largement enfoncé toutes les défenses. Cela n'empêche pas Pierre Moscovici et Michel Rocard de porter le flambeau du raisonnement honnête et des arguments cohérents.

On va recoller ici un extrait d'un article précédent sur le sujet turc. En illustration, la dinde au marronnier (turkey...  jeu de mots... désolé).

Turkey, marronnier politicien

dinde-copie-1.jpg On a vu que Beauf 1er a instrumentalisé la question de l'intégration de la Turquie dans l'UE jusqu'à favoriser le rejet du TCE, qu'il défendait prétendument. Vu la récurrence de l'utilisation de ce marronnier politique par sarko, il faut croire que l'enjeu était majeur. Et pourtant il n'en a pas moins laissé les négociations se poursuivre quand il a été mis au pied du mur.
Pourquoi? parce que si l'intégration de la Turquie peut se discuter, elle l'est souvent avec de mauvais arguments, en particulier par sarkozy.
Quand on invoque l'argument géographique
par exemple, on ferait bien de se rappeler que c'est grâce à la France que l'UE a des frontières communes avec le Brésil. Qu'au moment du traité de Rome, plus de la moitié de son territoire (comprenant alors l'Algérie) était hors de l'Europe géographique.
D'autres objections, comme celles qui concernent la reconnaissance du génocide arménien, ou celles tenant aux droits de l'homme, s'appuient en fait sur des points reconnus comme critères dans les négociations. Ils ne peuvent donc être prétexte à l'arrêt de ces mêmes négociations.

Ce qui amène le vrai débat non pas sur "pour ou contre l'adhésion aujourd'hui", mais plutôt sur "faut-il souhaiter que la Turquie soit en mesure d'adhérer demain?".

Et considérer une Turquie qui satisfasse tous les critères et réponde à toutes les objections, c'est en venir au seul argument véritable, mais plus difficile à défendre: celui de la perte de poids politique que représenterait mécaniquement pour la France l'introduction de la Turquie. Quel que soit le système institutionnel européen, la France n'y serait plus incontournable.

Une abnégation que cette même France demande pourtant
aux "petits pays" d'accepter, dans le cadre du "mini-traité".
Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 11:14
L'ami Valerio a proposé à quelques blogueurs (se font remarquer dans la salle notamment Vogelsong, Intox2007, Abadinte, Romain Blachier) de "bloguer" la convention nationale, comme nous avions blogué le congrès. Le camarade Valerio entreprend aujourd'hui d'entreprendre le net, avec la même ardeur que toujours mais cete fois c'est pro: il a sa petite agence de com politique internet, partisans du net. Comme Valerio est assi un "proche", comme on dit, de Benoit Hamon, il a le vent en poupe et tant mieux car il est plutôt sympa.













10h30:
l'ineffable Pierre Larouturou et ses amis distribuent des tracts à l'entrée, comme d'habitude (respect à eux), enjoignant le PS à aller "plus loin plus vite". C'est son truc à Pierre de venir titiller les pontes socialistes en venant tracter à chaque grand messe.










11h00:
Christophe Borgel, à l'entrée de la salle Condorcet de la cité des sciences, met à jour les journalistes de presse écrite sur les dernières évolutions dans la région centre.

11h10: C. Cambadélis annonce le vote assez large par le conseil national des listes proposées par la direction socialiste (et donc remaniées pour le Centre).

L'essentiel est dit.

S'ensuivent à la tribune des exercices de questions réponses entre témoins de la société civile et candidats notamment tête de liste, Kader Arif, Vincent Peillon...
L'exercice est assez convenu vu de la salle, espérons qu'il en ressorte quelque chose à la télé





D'un coté, assez logiquement, on anticipe des résultats assez médiocres aux élections européennes: vu l'état du PS, difficile d'espérer un plébiscite. Il y a aussi un bilan au parlement dont on ne peut pas dire qu'il soit très lisible, voire quand il l'est ce n'est pas toujours favorable. On avait noté sur ce blog que pendant la campagne 2007, marine lepen avait interpellé ses contradicteurs sur le fait qu'Hans Geert Pottering avait été élu grâce à une alliance PSE-PPE.
Arlette Chabot, qui animait l'émission et qui n'est jamais à une médiocrité près, avait fièrement énoncé qu'elle ne connaissait pas "ce monsieur Pottering", en gros qu'il n'y avait pas lieu de le connaitre, bref, revendiquait son ignorance... passons.

Le confusionnisme droite-gauche tue la politique européenne, et c'est peu de dire que les garanties annoncées par le PS sur ce point sont logiquement accueillies avec scepticisme. Ne serait-ce qu'un consensus de la gauche européenne sur le nom de Poul Nyrup Rasmussen comme candidat à la commission n'est pas acquise, on peut donc penser que le PS sera vulnérable sur ce thème.

[ci-contre les jolies filles du PS]

12h00: Karim, un employé de Peugeot (ou magneto?) ranime un peu l'assistance par une intervention percutante et ancrée dans la réalité. Il est très applaudi, et il peut, car sa performance au moins sur la forme surclasse les précédentes par son punch et son ton combatif. On peut etre socialiste, réformiste, et aussi virulent...

D'un autre côté, certaines conditions requises pour réussir ces européennes sont remplies: le contexte pousse les anciens camps du oui et du non vers une certaine convergence.
On a d'une part la crise économique qui contraint les européistes les plus naïfs à être plus exigeants et plus lucides sur les travers des règles européennes et aussi des politiques conduites. On peut espérer une prise de conscience sur le fait que l'Europe doit être un objet politique, c'est à dire un objet dont l'identité politique cesse d'être indéterminée. L'Europe ne sera politique que si un jour on discerne une Europe de droite et une Europe de gauche, et que les élections soient précédées d'un vrai débat entre ces options.
D'autre part les ex-nonistes, comme Benoit Hamon, voient bien aujourd'hui que si la crise renforce leur discours, cela leur donne aussi un surcroit de responsabilité: ils ne peuvent plus conserver une posture protestataire, souvent de portée strictement hexagonale. La nécessité de travailler avec les autres socialistes d'Europe, sur la base du manifesto, doit les amener logiquement à se rapprocher des ex-ouistes et à considérer que la campagne ne sera réussie que si elle réellement d'envergure européenne, pas simplement l'expression d'enjeux nationaux.

-
Au fait: pourquoi en musique "j'écume/bashung"? parce que ça fait un titre de plus de Bashung sur ce blog, et aussi parce que dedans il y a "là où se pressent les huiles". C'est qu'il y en a des huiles socialistes dans cette convention. Mais ils étaient surtout là pour le conseil national qui a précédé, et aussi un peu pour le "Zénith des libertés" de demain.

Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 15:24
Pour répondre à Olivier P.,




* L'Europe ne sera politique que si elle est le lieu de la bataille culturelle et idéologique. Il faut créer les conditions du débat politique au niveau européen. Reconnaissons que la volonté de Mélenchon de travailler avec Lafontaine et son Die Linke va dans le bon sens, même si j'aurais préféré que ce genre d'initiative intervienne plus tôt, et au niveau des leaders actuels de la gauche réformiste. Cela aurait peut-être évité à Martin Schultz de se faire avoir par la crapulerie intellectuelle de sarkozy en plein parlement européen. La célébration du 11 novembre doit aussi nous rappeler que Jaurès appelait à l'unité des travailleurs par delà les frontières, à la veille de 1914. Il faudrait en conséquence que le PSE et le PPE cessent d'apparaitre comme un seul et même parti, au point de permettre à une Marine Lepen de donner des leçons de politique européenne à Arlette Chabot, qui ne connait même pas le nom du président du parlement européen, M. Pottering, élu par une alliance PSE-PPE.

* Ce qui m'amène au deuxième point: rien ne se fera sans la France a-t-on coutume de dire. Mais on oublie rarement d'en tirer les conséquences: rien ne se fera avec cette France là, affligée d'un président d'opérette, un combinard à deux balles, qui à l'instar de ce que font les banquiers avec l'ensemble de l'économie, est capable de contraindre les autres à lui sauver la face pour éviter que tout le monde sombre. Il faudrait admettre que l'Allemagne n'a aucune raison d'éponger notre politique économique foireuse en finançant une relance européenne. Bref: si on considère que l'avenir de l'Europe est conditionné à la qualité des dirigeants de la France et de l'Allemagne en particulier, il faut considérer qu'il est pour l'instant hypothéqué. Cela vaut aussi, dans une moindre mesure, pour l'establishment français, qu'il soit médiatique ou économique, largement dominé par des médiocres oligarques auto-centrés qui se prennent pour des cadors européophiles, Ockrent en est un bon exemple. Qu'ils dégagent et l'Europe respirera.

* Evidemment cela doit amener à réformer les institutions européennes, en particulier la commission européenne doit être désignée par une majorité au parlement européen, et responsable devant ce parlement. L'agenda de la commission est européen, mais reste issue d'un consensus des chefs d'Etat. Il faut cesser la situation dans laquelle l'agenda européen fonde sa légitimité sur des gens qui ont un agenda national. Il n'y aura pas besoin de président de l'Europe si le président de la commission joue son rôle pleinement. Tout au plus faudra-t-il organiser un conseil européen pour voter des décisions qui engagent les Etats au titre d'Etat (engagement militaire, diplomatie...), mais ce conseil sera un instance "autorisante", charge au président de la commission d'exécuter.

* L'Europe a un poids économique par son activité, mais aussi par sa consommation intérieure. La taille de son marché lui permet d'être incontournable, et donc d'imposer par exemple la norme CE aux pays exportateurs, asiatiques par exemple. des normes environnementales aussi, comme le ROHS (sans plomb entre autres), et maintenant des normes qui touchent à la faible consommation d'énergie. L'Europe doit profiter de sa situation pour aller beaucoup plus loin que le simple registre environnemental. Elle ne doit pas non plus limiter son action régulatrice au marché des biens. Elle doit l'étendre au marché des capitaux, et au marché du travail. Sa taille est suffisante pour appliquer par exemple une mesure proposée sur ce blog: tarifer l'accès à son marché intérieur en fonction de la part du revenu du travail et du revenu du capital dans le PIB du pays exportateur.

Je passe la balle à Désir d'entreprendre, Maxime Pisano, Dedalus, Vogelsong.
Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 12:05
Marianne Mikko, députée PSE au parlement européen, a présenté le 22 septembre en séance plénière un rapport sur la concentration et le pluralisme dans les médias dans l'Union européenne. Ce rapport doit être soumis au vote aujourd'hui, jeudi 25 septembre.

Nous avons relevé dans les attendus du rapport les éléments suivants :

"O. considérant que les blogs constituent un moyen de plus en plus ordinaire de s'exprimer, tant pour les professionnels des médias que pour les particuliers, que le statut de leurs auteurs et éditeurs, notamment leur statut juridique, n'est ni déterminé ni clairement indiqué aux lecteurs des blogs, ce qui entraine des incertitudes quant à l'impartialité, la fiabilité, la protection des sources, l'applicabilité des codes d'éthique et l'attribution des responsabilités en cas de poursuites en justice;"

Et dans les propositions, ceci :

"7. propose l'introduction de redevances adaptées à la valeur commerciale du contenu généré par des utilisateurs ainsi que de codes d'éthique et de règles d'utilisation pour les contenus générés par les utilisateurs dans les publications commerciales;
[...]
9. suggère – que ce soit par le biais d'une législation ou autrement – de clarifier le statut des blogs et encourage leur labellisation en fonction des responsabilités professionnelles et financières et des intérêts de leurs auteurs et éditeurs;"

Ce dernier point nous fait immédiatement penser au permis de bloguer, déjà mainte fois évoqué et toujours repoussé car ne correspondant en rien aux besoins ni aux usages en cours sur la toile.

Une fois de plus nous vient des instances européennes, ici le parlement, une initiative qui frappe, mais toujours pour les mêmes mauvaises raisons :

- Manque d'à propos dans un contexte de crise financière, de ralentissement économique, de flambée des prix.
- Interventionnisme déplacé, aveugle aux difficultés sociales mais focalisé sur le contrôle d'une société dont le mouvement est perçu comme une menace.

Tout se passe comme si le niveau d'action européen, dessaisi des questions majeures touchant à l'économie et au social, tournait son tropisme bureaucratique vers l'activité citoyenne.

Le parlement européen, et le PSE en particulier, doit se ressaisir et comprendre que son déficit d'image auprès des populations devrait plutôt le conduire à prendre des initiatives dans les domaines où il est - vivement - attendu.

En revanche, et pour rester constructifs, l'alinéa suivant nous parait intéressant dans la mesure où il garantirait l'existence du service audio-visuel public, mis à mal par les projets de Nicolas Sarkozy sur le financement de France-Télévision ainsi que sur la nomination de son président.

"13 recommande que les dispositions règlementant les aides d'État soient appliquées de façon à permettre aux médias de service public de remplir leur rôle dans un environnement dynamique, tout en évitant une concurrence déloyale qui entrainerait l'appauvrissement dupaysage médiatique;"

EDIT: projet rejeté, Finalement, l’Europe ne veut pas fliquer les blogs



Ce billet est publié en commun avec un certain nombre d'autres blogueurs: Antoine, Donatien, Gael, Ronald, Marc, Trublyonne, CC, Jon, Maxime, Annie, [un lien ici vers les blogueurs qui publient le billet et me l'indiquent].



Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 12:30

Mélenchon et Giscard en sont d'accord, la mouture lusitanienne du TCE n'est ni "mini", ni simplifiée, et ne change rien sur le fond. Cette controverse entre nonistes et ouistes a donc déjà été traitée et, bien qu'elle ait abouti au résultat qu'on sait, elle n'implique pas de réponse si évidente à la question posée au parlement cette semaine. C'est que le contexte politique, c'est-à-dire la présence de sarkozy à l'Elysée, ne permet aucune bonne option.
Ces propos risquent déjà d'avoir mis en fureur les nonistes de gauche, tels
Edgar, mais soulevons tout de même quelques éléments de pragmatisme politique un peu trop passés sous silence:

* La consultation, ou non, par referendum est de l'unique responsabilité de sarkozy. Il faudrait tout de même veiller à faire porter les responsabilités là où elles sont, en particulier quand l'intéressé a la facheuse habitude de ne se sentir comptable de rien.
traincache1.JPG
* Prenons un coup d'avance: en cas de referendum, quel résultat politique après un oui, et après un non?
Que les français votent non et sarkozy le considérera comme un quitus de sa politique de gribouille sur le plan européen, se lavant les mains d'une Europe au point mort, voire se défaussant de cette situation sur les nonistes français.
Que les français votent oui et sarkozy le prendra comme une victoire personnelle et approbation a priori de tout ce qui pourrait suivre sur le plan européen. Or l'avenir de l'Europe après un oui n'est pas déterminé par ce oui mais par ce qu'en feraient les dirigeants (*).

* En réalité ce qui est proposé est une fausse alternative. Si on admet que le texte en débat serait le même, ça voudrait dire reposer la même question. Après avoir échoué à obtenir un texte institutionnel court, le mauvais ouvrier sarkozy reviendrait voir ses mandataires pour leur repasser le même plat en sachant qu'ils n'ont personne d'autre pour faire le boulot. Autant éviter cette mauvaise comédie, et le laisser assumer seul la situation dont il est à l'origine.

Si nous devons attendre un autre représentant pour faire avancer l'Europe dans le bon sens, la meilleure idée est de ne pas laisser celui-ci esquiver son échec et lui donner ainsi plus de chances d'être reconduit.

sarkozy, tel le Napoléon de la berezina, nous propose
le gel ou la débacle.

Dans un tel cas l'abstention trouve quelque justification.


(*) c'est pour cette raison que j'ai défendu le oui en 2005, avec l'espoir qu'un président français résolu à tendre de nouveau la main à l'Allemagne pourrait en s'appuyant sur le TCE redonner de la force politique, de l'activité économique et de la cohésion sociale à l'Europe. Un pari de toutes façons compromis par le résultat du 6 mai 2007.

Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article
28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 20:58
L'"embedding" de nos journalistes de compagnie se signale entre autres dans leur traitement de la politique européenne. Il est d'ailleurs assez amusant de les voir volontiers blâmer la vision franco-centrée de leurs concitoyens, quand eux-mêmes parviennent difficilement à voir grand chose autrement que par les yeux de leur copain nicolas.
Les "victoires" colportées par la presse française sont en réalité autant de mauvaises manières faites par sarkozy à ses homologues. Lesquels ne pouvaient être trop désagréables avec le nouveau président français eu égard à son investiture récente.




tightrope-copie-1.jpg L'exemple des réunions de l'eurogroup est caractéristique. La relative modération de l'expression de Juncker -par ailleurs "ami" de sarko-, cache mal l'agacement (cf Peer Steinbruck) des argentiers européens. Ils ont en quelque sorte été contraints d'être charitables. Ca peut énerver, et ce n'est pas son titre de recordman français de l'augmentation de la dette -certes peu mentionné en France- qui va adoucir les craintes envers nico 1er.

De même, l'histoire des traités européens nous est relatée en France de manière singulière. On s'étend par exemple assez peu sur le rôle de nicolas pendant la campagne referendaire de 2005. Une campagne pendant laquelle il expliquait sans ambages que le traité était extraordinaire car il allait faciliter la libéralisation et la dérégulation, à ses yeux indispensables en France. On se rappelle aussi qu'il a sans cesse mis en avant la question turque (voir plus bas), au moins aussi systématiquement que De Villiers, ce qui n'est pas peu dire.
Alors, pour qui a pu "apprécier" le talent de démagogue et de propagandiste de sarko, il n'est pas absurde de penser que sa campagne n'était donc pas exactement faite pour faire gagner le "oui". Bien au contraire, sa duplicité fut aussi efficace en faveur du "non" que celle -moins perverse- de Fabius.

Pourtant, deux ans plus tard, après une campagne aux accents quasi-chevènementistes sur la question européenne, et après 3 semaines de présidence, il revendique malgré tout la relance de l'Europe.
Sans parler de l'impolitesse certaine vis à vis des six mois de présidence de l'union par Angela Merkel, l'autocélébration est osée quand chacun sait que ce premier sommet européen en présence du nouveau chef d'Etat français ne POUVAIT PAS déboucher sur la perpétuation du bloquage. Les apparences ont donc été sauves, forcément sauves, autorisant ainsi les trompettes sarkozyennes, et ce même si la plupart des sujets qui fâchent (fiscalité, social etc) ont en fait été exclus de la discussion qui s'est réouverte.

Trois exemples qui ont de commun qu'à chaque fois nicolas a donné la priorité à son petit intérêt politique, fut-ce au détriment de celui de la nation.
Dans le premier cas
il s'agissait d'user de son crédit comme chef d'Etat pour faire passer son "paquet fiscal" (aka boulet fiscal). C'est-à-dire de tirer sur une corde qu'il aurait été peut-être utile à la France de solliciter à un autre moment, et pour obtenir cet inestimable gain politique: pouvoir manger son pain blanc, donc "tenir ses promesses", et étayer ainsi maladroitement son crédit politique sur la scène intérieure.
Dans le deuxième cas,
il s'agissait juste de carboniser à la fois Chirac et le parti socialiste, quitte à ce que ce soit sur le dos de l'Europe.
Le troisième cas est une simple faute diplomatique sur fond de médiocrité ordinaire des conseils européens. Un mauvais réflexe pourtant emblématique, et de ceux qui peuvent plomber les relations pendant un moment.


Inconvénient de cette politique de gribouille: l'usure à grande vitesse. Une séquence que l'on pourrait être amené à revoir est celle de la tournée russe:
beaucoup de journaux étrangers ont rapporté le ridicule de sarkozy quand il a voulu faire risette à Poutine, lequel lui a retourné un masque glacial. Un épisode qui a signé les limites de l'esbrouffe et de l'inconséquence: on ne peut à la fois prétendre à une amitié exigeante et faire le guignol devant les caméras.
Faire ami-ami ça marche peut-être avec nos pseudos-intellos français, mais avec des chefs d'Etat il faudrait un peu plus de quant-à-soi.
 

Caporalisme de cour de récré

Sur la question du mini-traité européen, il est de bon ton de moquer le PS et ses tergiversations. C'est de toutes façons l'usage dans ce pays que de moquer les vaincus et donner raison aux vainqueurs. Le tort du PS? soummettre les décisions au vote de ses instances représentatives. La gloire de sarkozy? mettre son parti au garde-à-vous.

Pour échapper à l'indignité du débat, Beauf 1er prend donc l'habitude de convoquer les députés UMP pour leur expliquer qu'ils lui doivent leur siège. Une assertion à double sens:
Le sens habituel est que les législatives ont été une "ratification" des présidentielles, l'élection des uns découlant de celle de l'autre. En fait la prémisse d'une lecture sarkozyenne des institutions, maintenant quasiment classique (on aurait cependant pu s'attendre à ce qu'elle en émeuve plus parmi nos "autorités morales").
Le deuxième sens est moins évoqué mais pas moins intéressant: il faut juste se souvenir que sarkozy s'est maintenu à la tête de l'UMP jusqu'au bout, gardant ainsi le contrôle sur les investitures de son parti aux législatives. De sorte que quand sarko évoque la redevabilité des députés envers lui, cela recouvre aussi et surtout le fait que ceux dont la circonscription n'était pas acquise ont du lui prêter allégeance préalablement à leur investiture, et avant le 6 mai. Ce qui change quand même un peu la nature de la gratitude que sarkozy requiert de ses troupes.

Cela lui permet néanmoins de tancer les députés de droite à la manière d'un caïd de quartier: en s'inventant un pseudo casus belli pour donner l'apparence qu'il se réfère à autre chose qu'à son simple arbitraire, il accrédite le préalable implicite selon lequel, si jamais il y avait conflit, c'est lui qui serait dans son droit, celui y compris de recourrir aux coups de vice. Une vieille technique de cour de récré. Il a fait un exemple avec Villepin, et depuis se croit permis d'invectiver à tout va. (Josselin de rohan, président de groupe au sénat, lors d'un "recadrage" le 3 octobre, s'est fait engueuler pour avoir "dit des conneries sur l'ADN", ce qu'il n'a guère apprécié).

Au final, les seules têtes UMP qui émergent aujourd'hui sont celles dont l'implantation locale (le "fief") n'était pas disputable par les sarkozystes, tel François Goulard ou Hervé Mariton.

[au fait, quelqu'un a vu Dupont-Aignan récemment?]


Coincidence, tout en écrivant, je me podcaste l'émission "Rendez-vous avec X" sur France inter, sur le Zimbabwe. Une phrase se détache: "un fort contingent de parlementaires zimbabwéens ont en fait été nommés par Robert Mugabé lui-même".

"C'est plus pratique" ironise, avec raison, Patrick Pesnot...

Turkey, marronnier politicien

dinde-copie-1.jpgOn a vu que Beauf 1er a instrumentalisé la question de l'intégration de la Turquie dans l'UE jusqu'à favoriser le rejet du TCE, qu'il défendait prétendument. Vu la récurrence de l'utilisation de ce marronnier politique, il faut croire que l'enjeu était majeur. Et pourtant il n'en a pas moins laissé les négociations se poursuivre quand il a été mis au pied du mur.
Pourquoi? parce que si l'intégration de la Turquie peut se discuter, elle l'est souvent avec de mauvais arguments, en particulier par sarkozy.
Quand on invoque l'argument géographique
par exemple, on ferait bien de se rappeler que c'est grâce à la France que l'UE a des frontières communes avec le Brésil. Qu'au moment du traité de Rome, plus de la moitié de son territoire (comprenant alors l'Algérie) était hors de l'Europe géographique.
D'autres objections, comme celles qui concernent la reconnaissance du génocide arménien, ou celles tenant aux droits de l'homme, s'appuient en fait sur des points reconnus comme critères dans les négociations. Ils ne peuvent donc être prétexte à l'arrêt de ces mêmes négociations.

Ce qui amène le vrai débat non pas sur "pour ou contre l'adhésion aujourd'hui", mais plutôt sur "faut-il souhaiter que la Turquie soit en mesure d'adhérer demain?".

Et considérer une Turquie qui satisfasse tous les critères et réponde à toutes les objections, c'est en venir au seul argument véritable, mais plus difficile à défendre: celui de la perte de poids politique que représenterait mécaniquement pour la France l'introduction de la Turquie. Quel que soit le système institutionnel européen, la France n'y serait plus incontournable.

Une abnégation que cette même France demande pourtant
aux "petits pays" d'accepter, dans le cadre du "mini-traité".



(*): Pour finir ce long billet sur l'Europe, et pour ceux qui n'ont pas saisi le sens des illustrations, je précise que l'usage de l'anglais pour les titres n'est qu'un prétexte à jeux de mots, sur l'Europe étriquée (mais "tight rope" = corde raide) et sur la dinde au marronnier (turkey). Désolé.
Repost 0
Published by Martin P. - dans Europe
commenter cet article