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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 22:16

On l'a dit dans l'article précédent, le gros microbe borgne attaquait la république de manière saisonnière, donc prévisible. Mais lors de la dernière rechute, la chose publique a contracté un vilain virus qui, en se faisant passer pour un remède, fait en réalité tomber sournoisement les défenses immunitaires. Une manière de conforter sa position.

"N'écoutez pas les apprentis sorciers de l'extrémisme" avait lancé Chirac lors de ses voeux. Sans trop réfléchir, comme d'habitude, la presse avait aussitôt désigné le pen comme la cible. Or le pen n'est pas l'apprenti sorcier, mais l'extremiste. Il fallait donc plutôt identifier ceux qui jouent avec lui.

Peu de temps avant ces voeux, quelques dizaines de roumains étaient rentrés chez eux en charter pour noël... et surtout une semaine avant leur intégration dans Shengen. Ce beau cadeau avait donc pour seul objet d'atteindre un chiffre: 25000 expulsions en 2006. Nico 1er aime les chiffres, il s'en régale, même de ceux-là. Faire du chiffre, même avec des humains, même jusqu'à l'absurde. Absurde car une grande partie de ce chiffre qui se veut exemplaire a été réalisé en expulsant des gens... de l'autre coté de la rivière, à partir de la Guyane vers le Surinam, et que de toutes façons les étrangers en situation irrégulière se compteraient en millions selon les estimations.

Si l'immigration est un vrai sujet, elle réclame autre chose que ces gesticulations contre-productives. Mais surtout, elle exige de la dignité et la capacité pour les hommes politiques à lutter contre les phantasmes, défaire les clichés, démystifier la gauloisité de la France, dénoncer le francocentrisme voire la xénophobie qui voudrait que le bon français soit indemne a priori de ce qu'il craint chez les étrangers. Or qui, sur ce sujet, ne cesse d'accumuler clichés et amalgames, des moutons dans la baignoire au ministère de l'immigration et de l'identité nationale? Accoler ces mots n'est pas innocent. Comme il n'est pas innocent de préciser, presque méticuleusement, quand les droits et aides qu'il propose ne bénéficieront pas aux étrangers. Comme il n'était pas innocent de faire savoir qu'il n'était pas insensible au thème de l'autodéfense.

Cela fait-il de sarkozy un lepéniste?

Peut-être ne l'est-il pas, mais le pen ne se réduit pas à son idéologie. Il y a aussi l'habileté à jouer des préjugés et des faits divers tout en sachant  jusqu'où ne pas aller trop loin. Si nécessaire en jouant avec les mots. Les contorsions spécieuses de sarkozy font passer les amalgames le plus outranciers pour du simple bon sens. Avec ce traitement, le dérapage de Raymond Barre n'en aurait pas été un. D'ailleurs lui non plus n'est pas lepéniste, et pourtant il y a à redire, cette réponse n'épuise donc pas la question.

Peut-être voit-on moins de mal chez sarkozy que chez Barre du fait que la culture et les références prêtées à ce dernier en font quelqu'un d'averti. Quand on garde la mémoire de certains marqueurs d'une certaine droite, on sait  identifier le manège verbal des mots "immigration", "identité nationale", "insécurité", "étrangers". Un ballet auquel se joignent aujourd'hui "excision", "afrique", "polygamie", sans jamais d'amalgame évidemment. Que certaines balises politico-culturelles soient oubliées ne devraient pas constituer un prétexte mais au contraire inquiéter. La vision de la culture  de sarkozy n'est pas là pour rassurer, même s'il a tenté de corriger  l'impression laissée par la princesse de clèves, en multipliant les déjeuners avec le microcosme, en pseudo-off.

Peut-être se rassure-t-on en se disant qu'il ne pense en rien ce qu'il dit, qu'il va vers ce qui l'arrange car c'est une période électorale? Il est bien possible qu'effectivement le ressort de nicolas ne soit pas idéologique, et que s'il avait sévi dans la russie soviétique, il aurait visé la tête du parti communiste. Le problème, c'est qu'une fois élu, sarkozy se mettrait immédiatement en campagne pour 2012. Les mêmes causes donneront les mêmes effets: mêmes amalgames, mêmes effets sur la banalisation des thèses frontistes, même influence néfaste sur le débat, même stigmatisations. La justice, entre autres, continuerait à jouer les bouc-émissaires, c'est facile puisqu'elle n'est pas censée être dépendante de monsieur sarkozy. On connait son modèle en la matière: "Les critiques du système américain dénoncent la surpopulation carcérale. Je n'ai jamais compris la pertinence de cet argument car, après tout, il vaut mieux voir les délinquants en prison que dans la rue! Nicolas Sarkozy, Libre"

Disons que si sarkozy n'est pas lepéniste, son discours est pour le moins lepénoforme. Chirac devrait être plus net envers sarkozy et ses sources d'inspiration. La politique de la France ne se fait pas plus au paquebot qu'à la corbeille.

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PS1: "il y a deux façons de faire de la politique, soit faire peur, soit faire comprendre." Lionel Jospin

PS2: la meilleure de la semaine, par Fillon sur france info ce matin, à propos d'Azouz Begag: "Il est assez rare qu’un ministre s’oppose de manière ouverte et permanente à l’un des collègues". Bien sûr il dit ça pour condamner fermement, mais il ne s'apperçoit pas que ce faisant il tacle l'emmerdeur n°1 des 1ers ministres et du chef de l'état depuis 5 ans: nicolas sarkozy.

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 19:04

La fulgurance de sarkozy, la seule vraie qu'on lui reconnaitra, est, au lendemain du 21 avril, de s'être installé dans une position qui, vu la situation, était une inestimable rente politique. Pendant 20 ans, le pen avait mithridatisé la république de son poison et imprimait une pression de démagogie raciste sur le débat public. Après l'ultime dose infligée en 2002, il fallait savoir repérer l'état de perméabilité de la chose publique, et saisir l'opportunité. Ce que nico 1er a fait en choisissant l'intérieur au lieu de Bercy, et en martelant que les problèmes étaient simples, quoi qu'en aient dit les socialos, et donc qu'il fallait y apporter des réponses simples.

La question du lepénisme de sarkozy n'a pas de réponse tranchée ni dans un sens ni dans l'autre, contrairement à ce qu'on lit ici où là. Du fait de la perte de repères et d'un certain degré d'intoxication de la république évoqué plus haut, il n'est pas évident de caractériser le mal, et pour taper fort il faut taper juste. Les mots sont galvaudés. Démagogie, populisme, fascisme... Ah si, s'agissant de la dernière sortie de sarko, il y a un mot pas encore trop usé: amalgame Xénophobe.

On y reviendra demain, ça prend du temps un blog...

En attendant, on peut voir l'interview d'Edwy Plenel et quelques autres sur le site antisarko.net .

Aller voir aussi l'excellent Betapolitique, où est accessible le bouquin de Serge Portelli. Voir aussi la question majeure de la laïcité.

Dernier détail, quand même, dans l'indispensable Canard Enchainé, un excellent éditorial: "une belle loi (que le député sarkozy a votée) interdit à un élu d'être en affaires privées avec une société commerciale qui traite par ailleurs avec sa collectivité. Cela s'appele un prise illégale d'intérêt. [...] Si, en plus, il en a tiré un bénéfice qui sort de l'ordinaire, [...] la loi emploie [...] l'expression de corruption passive". voir à ce propos Sébastien Fontenelle.

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