Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : sauce politique
  • sauce politique
  • : politique
  • Contact

Bande son

musique insérée dans les articles, de circonstance si possible

-


Add to Technorati Favorites


Recherche

13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 19:44

Défendre un candidat à l'approche de ce second tour n'est pas une sinécure, c'est pourtant ce que j'ai fait à l'attention de mes camarades socialistes...

 

 

Lorsque j'ai choisi François Hollande au début de cette primaire, je n'ai pas caché un certain scepticisme concernant tous les candidats. Celui-ci est toujours présent et je préfère le dire maintenant car si je ne le disais qu'après, il y aurait eu tromperie: ni Aubry ni Hollande, chacun de leur manière, ne sont de ces bêtes politiques capables d'emporter votre conviction par la force du verbe, la fulgurance de leurs démonstrations, par leurs analyses lumineuses, par la portée de leurs perspectives. La tendance est à s'enliser dans les calculs d'apothicaire, à énumérer le souffle court, à justifier son pedigree plutôt qu'à l'illustrer. J'ai évidemment l'impression que l'un s'en sort mieux, mais autant que pour mes amis aubrystes cela me parait plutôt relever de l'autosuggestion.

Par le passé, avec d'autres candidats, je me suis beaucoup "autosuggéré" que tout allait bien, mais je n'ai plus d'appétit pour ça. C'est un vrai problème pour 2012 mais c'est ainsi.

La raison de mon choix est donc d'abord politique, de stratégie électorale et d'assise populaire d'une politique gouvernementale. Mon diagnostic sur le PS, depuis longtemps, est qu'il peine énormément à s'adresser au-delà de son public traditionnel. Voire, il ignore parfois qu'il existe un autre public que son public traditionnel. Ce terrain laissé en friche, ce terrain qui est pourtant un terrain de conquête potentielle est, pour faire vite, cette moitié des français qui travaille dans le secteur privé, marchand, industriel.
Cette ignorance, ou pour nuancer cette vision un peu lointaine, pose un vrai problème. Electoral d'abord: difficile d'être majoritaire sans trouver un écho chez cette moitié là. Gouvernemental ensuite: On ne saurait prétendre redynamiser l'économie sans avoir des relais en son sein, à tout le moins une certaine confiance.

Or, le sentiment est fort qu'au pouvoir, Martine Aubry, bien qu'"ex n°3 d'un groupe" (pendant 2 ans), ferait avec l'économie ce que la droite a fait avec le social: décréter, ne rien négocier. Certains à gauche se diront: "tant mieux". Ils auront tort. Au vu de sa campagne et des débats, ce sentiment parait justifié: La netteté de ses positions, censée asseoir sa candidature, parait devoir être jugée à l'aune de la fermeté ostensible avec laquelle ces positions sont énoncées. Bref, on confond précision et crispation. A fortiori après le sarkozysme, les français ne veulent probablement plus de cette attitude.

A31.gifCette "autre moitié" dont je parle, le monde de l'entreprise, demande mieux que des mesures décidées unilatéralement avant même d'être en situation, elle demande mieux que des "solutions concrètes", elle demande un vrai interlocuteur, loyal, soucieux de comprendre, de mettre les mains dans le cambouis sans tomber dans l'ingérence. Il ne s'agit évidemment pas ici de défendre ces PDGs, du CAC40 notamment, qui usent et abusent de l'oreille trop complaisamment prêtée par le pouvoir, à un point de caricature sous sarkozy. Je parle de tous les autres. La droite a organisé son intimité avec les PDGs du CAC40, la gauche doit organiser son intimité avec tous sauf eux. Avec les ouvriers, les employés, les cadres moyens, les entrepreneurs, l'économie réelle.
Ma conviction, et je crois celle de beaucoup de ceux que je croise parmi cette population, est que François Hollande est plus susceptible d'être cet interlocuteur, pour des raisons qui tiennent à sa méthode mais aussi à ses prises de position. Donc plus susceptible de rassembler une majorité de français et plus susceptible de relancer l'activité économique.

On me rétorquera peut-être que je donne trop de poids à l'économie et là encore je crois que c'est une erreur. C'est celui qui convaincra sur ce point qui l'emportera.

"The economy, stupid!" disait Clinton. 

Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 17:00

309394.jpgEn général en politique, et en particulier avec des dirigeants solfériniens, l'important est certes ce qui est dit, mais aussi, et au moins autant, pourquoi ils l'ont dit. S'agissant de Christophe Borgel, qui n'est pas le moins significatif dans cette volonté de contrôler sa propre parole, l'analyse du pourquoi est indispensable, d'autant qu'on peut suspecter que le non-dit fait souvent partie du message. Cette habitude valable en général l'est d'autant plus sur le sujet particulier de cet article: CB, en tant que notoirement proche de DSK, est probablement tenu à la même réserve que lui dans la mesure où toute indication trop nette de sa part sur les intentions du directeur du FMI serait interprétée comme ayant son aval.


On voit que cet aspect de la communication strausskahnienne fait écho au sujet de l'article précédent: rencontrer des blogueurs peut permettre de -un peu- communiquer quand on est réduit au silence officiellement. Comme ces derniers ne sont pas journalistes, leur compte rendu n'aura que la valeur qu'on lui prête. D'autant que les parties "interprétées", c'est autant l'avantage que l'inconvénient, ne sont que des productions de l'interprète...
 

 

Ce compte-rendu est donc une sorte d'exercice...

Ségolène et la séquence de l'investiture


Un passage chez intox2007 est assez significatif de ces différences de perception: il s'agit des propos de CB désignant l'investiture officielle du candidat comme "un des deux ou trois moments clé d'une campagne". A cette occasion CB explique que Ségolène Royal a été plombée par le parti lors de cette investiture. Et faire du parti le principal responsable de la défaite est une thématique chérie des ségolénistes. Ce qui donne ceci:
Image-1.pngOr je me suis dis, précisément à ce moment de l'entretien avec CB, qu'il avait été informé que Dagrouik était ségoléniste et que ce propos était fait pour l'amadouer (mais j'ai l'esprit mal tourné). L'avantage de concéder ce point précis à SR est qu'en découle ceci: "quand le candidat est désigné, c'est lui qui décide". "Quand on est candidat, on ne se laisse plus imposer une décision par le dir cab du premier secrétaire si elle ne convient pas". Bref quand CB dit "DSK ne ferait pas comme ça", il pense aussi "DSK n'aurait pas fait comme ça, en 2006"...

Le chaud et le froid


Il semble qu'une grille de lecture des augures venant de Washington ait échappé à beaucoup. On sait que le board du FMI est pointilleux, d'ailleurs à juste titre, sur la réserve à laquelle le directeur doit s'astreindre. Il semble même qu'un certain nombre d'administrateurs seraient prêts, le cas échéant, à exiger une démission. Ce qui fait que chaque fois qu'une déclaration en France donne DSK candidat, ce dernier est obligé de la rééquilibrer par un signe contraire. Ce qui expliquerait la relative inconstance de ces signes...

 

S'en donner la possibilité, à bas bruit


Comme dit dans l'article précédent, CB ne sait probablement pas si DSK sera candidat, et mon avis est que DSK ne le sait pas lui même, pour une raison évidente: la volonté ou l'envie ne sont pas les seuls paramètres, et ce sont les données de juin qui détermineront une éventuelle candidature. En revanche il semble qu'il s'agit de s'en donner la possibilité et là réside une clé de compréhension de la sphère strausskahnienne: pourquoi bouger plutôt que d'attendre tranquillement d'en avoir le coeur net? Probablement parce que, et là-dessus on aurait bien raison, il est considéré que les sondages ne sont pas la seule condition d'un retour réussi. Une campagne victorieuse nécessite entre autres de pouvoir s'appuyer sur une équipe fiable, et d'avoir du solide sur le terrain des alliances et des accords politiques (leçon de 2002), deux choses difficiles à préparer dans les conditions actuelles. D'ailleurs sur le 2e point, et quel que soit le candidat, CB estime que l'union de la gauche (cad la bonne conduite pendant la présidentielle) devrait être garantie par un accord aux législatives (leçon de 2002 là encore).
On voit la difficulté où une candidature nécessite une construction politique, mais où cette construction politique est malaisée sans possibilité de confirmer trop clairement une candidature. C'est semble-t-il un des messages non clairement dits, et aussi peut-être un appel à bonnes volontés.

Des signes que ça y travaille


Le fait même que CB ait souhaité rencontrer des "blogueurs" montre s'il était besoin que préparation il y a. Autre exemple, à ma connaissance il n'y a pas eu de sondage public sur les reports de voix éventuels de Mélenchon vers Strauss-Kahn (dans le cas d'un second tour contre sarko), et j'ai cru entendre dans cet entretien que ceux-ci étaient très élevés, supérieurs à 90%, ce qui est une indication importante sur le plan électoral, mais aussi sur le fait que ces sondages existent... et sont bien commandés par quelqu'un.
Un autre baromètre, public celui-là, indiquerait que la question de la candidature de DSK n'apparaitrait même pas dans les sujets de conversation "des français" relevés dans les enquêtes, ce qui semble vouloir prouver qu'il n'y a urgence que pour le microcosme.

Pourquoi pas maintenant?


La question est évidemment posée, par Vogelsong. A laquelle on pourrait répondre "pourquoi maintenant?". Plus précisément, DSK démissionnerait sitôt une candidature déclarée. Il sera alors "habile" de dire, "c'est dommage quand même, un si bon directeur, qui fait défection alors qu'on en a tant besoin, alors que rien ne pressait, est-ce bien responsable?". Par ailleurs, on a vu par le passé qu'il n'était pas si mal de "protéger le candidat". Par exemple, le PS a même fait une "campagne sans candidat", en 88, avant que François Mitterrand ne se lance officiellement pour un second mandat.

FMI, le socialisme et la France


L'essentiel des interrogations de mes amis Dagrouik, Seb Musset et surtout Vogelsong auront été pour mettre en cause la capacité de DSK à être le candidat de la gauche, eu égard à son image et celle du FMI. Bon, je ferai un article plus tard sur ce point puisque sur le plan politique et économique, je partage les arguments de CB. En revanche, il y a un point qui n'est guère évoqué, y compris par les adversaires de DSK, mais je gage que ça ne saurait durer donc j'ai mis les pieds dans le plat: Ayant passé la législature sarkozy à Washington et ailleurs, ne pourra-t-on pas reprocher à DSK de s'être épargné la peine de le combattre dans cette période, et surtout, de ne plus très bien connaitre le terrain en France, d'être relativement déconnecté des difficultés que connait la France de sarkozy? Là-dessus, CB a écarté le problème avec un sourire. Soit, comme c'est apparent, cela révèle une minimisation du problème, soit, et c'est plus probable, c'est une manière de masquer un point faible difficile à contrer. Dans les deux cas c'est inquiétant, et la séquence du retour devrait être scénarisée en tenant compte de ce point, avec si possible un certain temps pour "aller à la rencontre des français" avant la campagne effective.


D'ailleurs, il parait que contrairement à ce qu'on dit volontiers en France, le boulot de directeur du FMI n'est pas tant que ça une sinécure, et qu'il est même assez exténuant. De là à écarter l'idée d'un deuxième mandat et vouloir reprendre racine dans ce pays où la qualité de vie n'est quand même pas si mauvaise?

 


PS: rappelons quand même que DSK fut, il y a très, très longtemps, un des premiers (si ce n'est le premier?) politiques blogueurs en France. Mais il s'est fait voler son blog, comme c'est expliqué ici.

Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 12:35

Pouvoir discuter, de manière informelle et en petit comité, avec un « très proche » de DSK placé au cœur de la direction du PS, à 18 mois des présidentielles, est une opportunité qu'un fin gourmet ne saurait refuser. Ce petit privilège a été finalement plus facile à obtenir en tant que « blogueur » que simple militant (mais on en redemande), cela dit c'est bien le web et les blogs qui étaient entre autres entre à l'ordre du jour. D'ailleurs Jean-Renaud Roy, grâce à qui la rencontre a pu se faire, a bien raison de penser qu’il est temps de rapprocher le parti et les dits « blogueurs » (de gauche), même et surtout s’ils sont francs-tireurs, ne serait-ce que pour mieux se faire comprendre à défaut de se mettre d’accord. Ce sera toujours utile d’avoir quelques habitudes quand la campagne se mettra en route...

christophe-borgel-ps_0.jpgChristophe Borgel, puisque c'est lui, était surtout là pour comprendre comment s'y prendre avec la toile dans la mesure où (et c'est son principal sujet, tant mieux) il faut gagner en 2012.

Dagrouik, Vogelsong, Seb Musset, puisque que c'est eux (DV&S associates par la suite), étaient surtout là pour parler de DSK.

Ce seront donc les deux principaux sujets abordés, avec quelques éléments sur les primaires. Comme on y était pas pour garder ça pour nous, tentons un compte-rendu. La conversation a été plus riche en enseignements utiles sur DSK que sur le rapport du PS au web, donc on va commencer... par le web

En gros, à propos de la toile, CB est demandeur d'avis sur des problématiques assez classiques:

- Trouver des relais favorables parmi les acteurs d'internet, surtout certains qu'il semble avoir identifié comme plus crédibles et écoutés que les autres. D'aucuns auraient dit "influents", mot qu'il n'a pas prononcé, je crois volontairement, ce qui révèle qu'il est probablement plus familier du milieu qu'il n'a voulu le dire.

- Dépasser les petites bulles de militants fonctionnant en circuit fermé et n'influençant personne. Je crains qu'il pointe ici les limites d'un rapport malheureusement assez fréquent des milieux militants au web. A aussi été évoquée dans le même registre la méthode que j'appellerais "à la chinoise" consistant à employer une foule de petites mains pour "gérer" les forums et autres réseaux sociaux, couteux et peu productif...

- Traiter le dénigrement dont peut faire l'objet DSK dans certains blogs ou forums. Le point avait été préalablement soulevé par Dagrouik, mais c'est probablement un des principaux points sur lesquels il voulait nous entretenir, avec néanmoins une petite différence: DV&S croient que les attaques "politiques" (DSK de droite, FMI etc) sont les plus dangereuses, alors que CB (et moi-même à vrai dire) pensent qu'elles seront assez faciles à contrer. Le sujet de CB est manifestement plutôt les attaques "sous la ceinture".

- Tenter d'influencer le microcosme parisien, lequel ne représente rien mais dont les sujets de conversation déterminent en partie l'ordre du jour des médias de masse. Sur ce point DV&S considèrent (à mon avis en partie par coquetterie) que le web et surtout les blogueurs ont une influence quasi nulle. Vogelsong dira 0,1% max, ce à quoi Borgel rétorquera que c'est ce qui peut faire la différence (cf 21 avril). La preuve que cette influence n'est pas nulle était leur présence dans le bureau de Christophe Borgel.

Puisque nous étions sollicités, voilà les deux principaux points (pas forcément très originaux) que j'ai formulés en guise de réponse:

- Le net donne certes l'impression d'un espace assez sauvage où il y a surtout des coups à prendre. Mais l'erreur est de s'arrêter là, de se retrancher en assurant la présence minimum consistant en une sorte de fil d'actu personnalisé. L'outil ne révèle son potentiel que si on prend le risque d'y publier du contenu original, si possible même des infos privilégiées, d'y donner l'exclusivité de certaines prises de position (le blog de Juppé a fait ça assez bien même s'il a ensuite effacé du contenu), ou d'y faire le SAV des prises de position faites à la TV (Mélenchon fait ça très bien).
Sur le point de savoir si la direction du PS était prête à prendre ce risque, CB n'a pas tellement répondu. Peut-être a-t-il un peu plus confiance en EuroRSCG, et peut-être n'a-t-il pas tort. Toujours est-il que quand un des directeur de campagne d'Obama, juste après les réunions du comité de campagne, postait sur le web les décisions prises, ça avait quelques vertus: ça avait de la gueule de prendre ce risque, ça pointait les projecteurs de l'actu sur la campagne Obama, ça mettait immédiatement les militants au diapason de la direction...

- Un des phénomènes les plus remarquables de la campagne 2007 a été le blog "François Mitterrand", ne serait-ce que par son ascension fulgurante (en termes de nombre de liens mais aussi de visiteurs: c'était très net quand on postait un commentaire, au nombre de visites en retour sur le blog du commentateur). Une des raisons du succès du blog, outre le concept et la qualité d'écriture, était le fait qu'étaient rapportées ici et là des infos assez privilégiées sur les dessous de la campagne de Ségolène Royal, ce qui permettait de mieux comprendre une campagne par ailleurs assez incompréhensible. Un autre intérêt du blog était qu'Arnaud Montebourg (qui d'après ce que j'ai entendu alimentait Bruno Roger-Petit en infos) y faisait aussi passer quelques messages...
Sur ce point, CB a enregistré.

 

Enfin, il y a aussi le valeureux Valerio et son équipe qui doivent pouvoir lui fournir pas mal d'éléments, par exemple l'identification des acteurs de la toile les plus visibles et repris. Mais Valerio est proche de Benoit Hamon, d'où peut-être la volonté de construire d'autres canaux de communication...

Bon j'ai déjà fait long, je vais reporter à demain la partie sur DSK, mais je casse le suspens: manifestement CB ne sait pas lui-même si DSK sera candidat. Il donne néanmoins de quoi mieux lire dans le marc de café.

Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:38
On l'a raconté sur ce blog, au Kremlin comme ailleurs la valse des étiquettes politiques n'est pas toujours facile à suivre. Lors des municipales un certain Gilles Chopard avait débarqué estampillé d'une collection de logos dont on se demandait comment il avait bien pu les récupérer (Modem, UMP, Parti Radical, Génération Écologie, Cap21, Gauche Moderne, Nouveau Centre, voire même forum des républicains sociaux) tandis que le militant UMP du cru, Raphaet Dali, se retrouvait sans drapeau à brandir. Le problème de Chopard est que, tout à sa stratégie de confusion, il avait préféré ne pas indiquer la mention UMP sur le bulletin de vote, laissant ainsi dans l'embarras l'électorat de droite lequel a du coup voté pour celui qui avait fait une campagne de droite, Raphaet Dali.

Je rappelle tout ça car j'ai vu passer un tract cette semaine sur lequel on voit la trombine de l'édile local, Jean-Luc Laurent, et de son adjoint Jean-Marc Nicolle. Sur ce tract de soutien à Jean-Paul Huchon, nulle trace d'une quelconque appartenance politique. Passons sur le fait que les accords electoraux au sein de la liste Huchon stipulent que la propagande doit comporter les noms et logos de chaque parti qui s'y inscrit.

L'intéressant est que le MRC local parait préférer que les administrés kremlinois continuent de penser MM. Laurent et Nicolle sont bien les socialistes du cru.


Mais alors qui sont ces socialistes qui ont distribué le tract ci-dessous et sur lequel ils n'apparaissent pas?


La réponse peut-être ici, ou .
Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 11:57
Lors d'une rencontre montée par Jon, quelques blogueurs devraient pouvoir s'entretenir avec Manuel Valls demain matin.




A l'occasion de ces échanges, on devrait pouvoir lui poser entre autres ces questions:

* sur les primaires:

En 2002 et 2007, les candidats socialistes ont du expliquer que leur projet n'était pas celui du parti socialiste. Pourtant, bien des socialistes croient logique d'arrêter un projet avant le choix du candidat. La logique présidentialiste n'implique-t-elle pas au contraire que le projet soit celui du candidat choisi lors des primaires? si oui comment organiser malgré tout le travail collectif?

* sur les relations sociales:

Une erreur fréquemment commise par certains socialistes est d'expliquer que les discours sur les relations sociales et les entreprises sont le domaine réservé des syndicats. Certes, le PS ne doit pas donner l'impression de vouloir récupérer politiquement les mouvements syndicaux, mais n'est-ce pas son rôle que de repenser la gouvernance des entreprises, redéfinir les outils à la disposition des représentants des salariés, et s'exprimer sur ces sujets?

* sur le PS:

Les critiques envers le PS sont assez largement partagées, et pour tout dire les antisocialistes se font bien plus entendre que les antisarkozystes. Ton (MV) expression publique semble conçue pour déstabiliser le PS bien plus que sarkozy. Si l'opposition à sarkozy doit certes être moins primaire, doit-elle pour autant être moins sévère? Un candidat à la présidentielle ne doit-il pas aussi faire la preuve de son efficacité contre le camp adverse?
Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 16:10
A la suite des élections européennes, on a curieusement ordonné au parti socialiste de cesser de critiquer nicolas sarkozy, ce qu'en réalité il ne faisait pas.
Ce qu'on entendait venant de Solférino, c'était de temps en temps des jérémiades convenues portant sur la politique inefficace et injuste (certes...) de sarkozy, mais jamais le réquisitoire sévère et sans concessions, y compris sur la personne, qu'on aurait pu attendre. Seuls s'y essayaient le centre et la droite gaulliste.



Mais les nuques socialistes ont atteint un tel degré de flexibilité que les parlementaires PS ont immédiatement tiré les conséquences de l'injonction qui leur était faite... en obtempérant.
Et en allant bien groupés au sermon versaillais.


Leur erreur est double:

* ils ne sont nullement tenus d'assister à cette mascarade même par respect des institutions, comme l'ont très justement dit bien des commentateurs et blogueurs. En effet, la République, c'est la chose publique, c'est-à-dire, dans son sens originel, le débat. Une heure de monologue suivi d'un échange de 10 minutes en l'absence du vrai executif, ce n'est pas la République.

* mais surtout, ils ont perdu l'occasion qu'ils avaient de tuer dans l'oeuf cette disposition constitutionnelle voulue par sarkozy. Si l'opposition avait boycotté Versailles, nul doute qu'il n'y aurait plus eu d'autres Versailles de ce genre. L'exercice transformé en meeting UMP n'aurait plus d'intérêt pour sarkozy, et d'ailleurs même pour un futur (et hypothétique) président de gauche l'absence prévisible des députés de droite conduirait à y renoncer.


Romain Blachier nous signale que sarkozy annoncera peut-être un referendum sur la réforme territoriale. Ce serait bien dans la continuité du coup qu'a voulu De Gaulle en 1969, ce qui prouve que décidément il ne retient de De Gaulle que le moins bon.
Ayant senti le boulet (ou plutôt le pavé) passer un an auparavant, De Gaulle a cru malin de proposer au referendum une réforme consensuelle (sur les territoires, déjà) tout en en faisant une forme de plébiscite personnel, ceci pour effacer 68 et pouvoir de nouveau revendiquer le soutien du peuple à sa personne, ce que les élections législatives de juin 68 avaient insuffisamment démontrées.

Nous pouvons effectivement être dans une même séquence: après une victoire à la Pyrrhus aux européennes, qui le laissent avec 11% de soutien réel dans l'opinion, sarkozy nous gratifierait d'une de ces "habiletés" tant vantées par ses zélateurs, à savoir prendre la réforme des territoires en otage de son ego.

La question, si cela se produisait, serait très claire: sarkozy engage-t-il sa démission au cas où le referendum échouerait?
Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 19:14

On ironise, ici ou là, sur le fait que les socialistes, comme d'ailleurs d'autres partis, se postent sur le trottoir, sur le coté, pour "regarder passer les manifestants". Les responsables socialistes, eux, disent "saluer"...




On peut regretter qu'ils ne précisent pas aussitôt que les troupes socialistes se situent surtout au sein des cortèges syndicaux, au coeur de la manifestation. A défaut ils contribuent à faire passer cette idée de "parti d'élus", certes pas tout à fait fausse, mais pas exacte non plus:

les socialistes ne regardent pas passer les trains. Simplement il est d'usage que les partis se tiennent à l'écart des bataillons syndicaux, pour ne pas mélanger les genres, mais aussi parce que plus souvent qu'on ne le pense le travailleur syndiqué et le militant politique sont une et même personne.


Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 20:52
Les rencontres entre politiques et blogueurs ne se différencient pas toujours des codes médiatiques habituels. En tous cas parfois pas assez: c'est le seul regret qu'avait formulé Benoit Hamon en juin dernier. Et pourtant, avec sa prestation de mercredi dernier à la république des blogs, il a récidivé: un langage un peu trop conforme aux standards médiatiques, un "format" (une sorte de tribune avec micro) trop classique.

Il semble au vu de ces deux exemples que la raison de cette sorte de retenue ne tient pas tant à la personnalité d'Hamon (même s'il a récemment touché les limites du "parler vrai" et "tiré les leçons"), qu'à la présence d'une caméra. La caméra est à double tranchant: sa présence crée l'illusion, sur le moment, que la scène a un certain intérêt, mais en même temps elle contribue à la rendre insignifiante sur le plan politique en contraignant la spontanéité de la personnalité qui s'exprime.

En même temps, quand les politiques se lâchent, c'est malheureusement assez rarement pour livrer le fond de leur pensée, dire les choses plus crument, poser un regard lucide sur la société. C'est plutôt, et c'est humain, pour parler des uns et des autres, de leurs petites (et grandes) histoires. C'était un peu le cas avec Julien Dray lors d'une occasion où pour le coup il n'y avait pas de caméra, même s'il y avait un micro. Dans ce contexte, où nous étions de surcroit peu nombreux, il passe autre chose qu'un simple discours. Dray est certes assez prompt à médire de ses camarades, mais quand je lui ai dit (le sujet était la campagne de Ségolène une fois de plus) que je souscrirais à tout ce que dit Jospin dans son livre "l'impasse", son regard et ses propos à ce moment là m'ont fait comprendre qu'il y avait dans son rapport à Jospin un vrai sujet.


A la suite de cet épisode il m'est apparu que le cheminement de Dray donne un éclairage particulier à l'histoire socialiste récente. Une version de l'histoire que j'ai proposée notamment à mes interlocutrices de mercredi soir (spéciale dédicace à Olympe, Polluxe et CC: "cimetière des éléphants". Et aussi MrsClooney tant qu'à faire).

Le leadership de Jospin à partir de 1995 a été vécu par Dray comme une mise en quarantaine. Jospin reprochait à Dray d'avoir encouragé les manifs lycéennes quand il était ministre de l'éducation nationale, c'est-à-dire quand Rocard était à Matignon, donc à un moment où le mentor de Dray, qui n'était autre que Mitterrand, ne dédaignait pas mettre des bâtons dans les roues de son gouvernement. De 1997 à 2002, Dray faisait donc partie du fameux "droit d'inventaire".
La "gauche socialiste", qui était une alliance entre Mélenchon et Dray, ne vit que le premier accéder au gouvernement. Passé 2002, la "GS" explosa et vit les trajectoires de Dray ét Mélenchon s'éloigner mais sur des positions renversées: Mélenchon qui était au gouvernement pris des positions très à gauche tandis que Dray, lassé d'être minoritaire, délaissa le gauchisme pour se rapprocher de François Hollande.
Le problème pour Dray est que même après 2002, l'essentiel du personnel socialiste restait dans une forme d'allégeance intellectuelle vis-à-vis de Jospin, que l'hypothèse de son retour, jamais vraiment écartée, continuait de constituer une sorte d'hypothèque sur son avenir.
C'est alors que Dray s'est tourné vers la seule personnalité qui proposait une rupture par rapport à Jospin semblable à la rupture sarkozyenne par rapport à Chirac: Ségolène Royal. Il serait difficile de démêler chez Ségolène la part d'anti-jospinisme qui lui a été insufflée par Dray, de celle inhérente à sa personnalité et à sa posture politique. Toujours est-il que cet équipage Dray-Royal est assez cohérent avec une certaine manière de faire de la politique, qui se veut plus populaire, qui recherche l'empathie, quand Jospin incarnait plutôt un certain élitisme républicain et un refus de la séduction assez protestant (il a par exemple refusé d'aller chez Drucker pendant sa campagne).

-
PS: J'ai pu juger que Versac ne connaissait pas le mythe des cravates à chier, alors que pourtant il en portait une.
Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 00:08
... oui, encore lui, et en très grande forme sur Ripostes (émission encore visible ici). On voit, certes de moins en moins souvent (l'usure aidant), des ignares attribuer à la légère des bons points dans les domaines de l'éloquence et du pouvoir de conviction à des petits voyous au boniment outrancier et vulgaire. Qu'ils édifient leur jugement défaillant en visionnant cet interview, où par moments Badinter s'arme de la justice et de la vérité pour vous tordre les trippes, là où d'autres cherchent à vous procurer quelques secondes la satisfaction mauvaise de vous sentir du coté des dominants.
Là où certains vous distraient en vous exhibant de quoi haïr ou de quoi moquer pour mieux éviter que les faits soient examinés et débattus, d'autres vous font sentir à quel point l'escamotage de la réalité est haïssable, à quel point chaque petit trucage est misérable, à quel point la falsification est infâme.


Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article
4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 18:31
Je le vois arriver gros comme une maison: le (ne)fast thinking risque de revenir au PS. Ségolène Royal s'apprêterait à proposer des primaires ouvertes. TRES BIEN. Mais par pitié, qu'on débatte du sujet, pas de qui "lance" le débat. Qu'on instrumentalise pas une vraie question pour s'en servir d'une arme dans les querelles internes. Qu'on ne fasse pas l'erreur de penser trop vite, de se laisser entrainer dans des échanges de mauvais arguments. Qu'on efface les personnes au bénéfice de la qualité du débat.
D'autant que l'idée de la primaire ouverte a été défendue, bien avant le congrès et au stade des contributions, par le courant Socialisme et Démocratie (Cambadélis inclus donc). Que Delanoë, même s'il s'y est dit opposé, s'était engagé à une consultation des militants sur le sujet. On s'en voudrait de penser que le but est de faire jouer les divisions au sein de la direction socialiste au moment de sa rentrée politique.

On a plusieurs fois défendu ici les primaires ouvertes, notamment dans le texte de soutien à la motion A:
"il faudra discuter de l'organisation d'une primaire ouverte pour la désignation du candidat aux présidentielles. Cette méthode a de nombreuses vertus, mais présente le défaut aux yeux des militants de leur retirer cette prérogative. Mais être un militant ce n'est pas seulement désigner un candidat. En outre, une primaire ouverte contraindrait les "présidentiables" à se placer dès le départ dans une logique de campagne nationale, a priori mieux susceptible de préparer politiquement les candidats. Elle les contraindrait aussi à parler non pas aux seuls adhérents du PS mais à l'ensemble des français, ce qui devrait débarrasser cette parole de ses insupportables précautions oratoires, de son langage codé, de ses évolutions infinitésimales."

Mais pour que ce principe soit adopté, il faut laisser une possibilité d'amendement, il faut que le débat soit ouvert et non pas "pour ou contre la proposition de untel". Si l'intelligence l'emporte, le PS peut se doter d'un dispositif efficace pour traiter la question des candidatures aux présidentielles et par contre-coup débarrasser les autres débats de cette question.
Si l'intelligence l'emporte... et donc ça ne se fera pas: la question de la désignation des candidats sera à coup sûr polluée par... les candidats.
Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article