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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 14:52
Quelques remarques au préalable, puis une hypothèse qui n'a pas été beaucoup évoquée:

* 300 000 euros au total. Tiens? à peu près le montant en cause dans l'affaire de l'appartement construit pour sarkozy sur l'île de la Jatte, celle Ie sitée sur la commune de Neuilly, dont l'ancien maire disait qu'on ne pouvait plus rien construire et surtout pas des HLMs. Une affaire instruite, et enterrée façon première classe, par le procureur de Nanterre Philippe Courroye. Celui-ci présente la particularité d'avoir été nommé là par l'exécutif contre l'avis du Conseil Supérieur de la Magistrature, et par ailleurs d'être un "visiteur du soir" de l'Elysée. On rappellera par ailleurs à propos de l'ancien président du conseil général des Hauts de Seine que la garde des sceaux n'a pas réellement démenti disposer d'informations sur des malversations dans ce département, et que cela ne soulève aucun commentaire. Il faut dire que Mme Dati, interdite d'interview par sarkozy, n'a donc pas à répondre précisément à une éventuelle question sur ce sujet

* Les 300k sont un total qui se répartit principalement en deux sous-totaux de 93350 coté "association des parrains de SOS" et 78300 coté "vieux potes", eux-memes divisés en de plus petits montants. Bref, petit malin peut-être, mais aussi, petit joueur. Mais soit, si les fins limiers chargés de traquer les flux financiers douteux, y compris internationaux, en sont réduit à relever 1700 euros chez Berlutti, c'est que nous vivons dans un monde d'une probité impressionante.

* Mais si, et on s'en veut beaucoup d'oser l'hypothèse, le monde n'est pas si propre, c'est alors que le dossier "Dray" a été transmis à la presse non pas pour les "fortes" sommes en cause, mais bien pour le nom de Dray. On peut aussi penser que le transmetteur est plutôt du côté du pouvoir, donc, que ce soit Le Monde qui ait été choisi pour "balancer" étonnera peu ceux qui se rappellent de son rôle dans l'affaire clearstream. La similitude va aussi dans l'impression que les médias ont été abreuvés à de "fuites" pour être maintenus sous tension, provoquant un bruit médiatique important sans qu'aucun soit en mesure d'affirmer quoi que ce soit, à part gloser sur le détail des dépenses. De ce point de vue, la cible, puisque c'est une cible, était bien choisie, elle avait le "profil", par ce que tout journaliste croit savoir ou a entendu sur son compte  ainsi que sur ses supposées tribulations passées.


* Même si ce n'était pas le but premier, la séquence aura beaucoup instruit sur la solidité, ou plutôt la fragilité, du groupe d'individus qu'est le PS. La chose était déjà perceptible chaque fois que le nom d'un possible candidat à l'ouverture était lâché (Le Drian, Vallini, Dray, Boutih), la faible confiance réciproque est une garantie de réussite pour chaque coup porté par la droite. On notera d'ailleurs que cela ne date pas d'hier, si on veut bien se rappeler de l'épisode DSK en 2000, où certains camarades n'étaient pas les derniers à le lâcher publiquement. La droite sait donc, et c'est assez précieux, qu'elle pourra à loisir flinguer tel ou tel sans réaction du groupe et au contraire avec un effet collatéral maximum sur celui-ci.


Ces remarques faites, il semble, à la lecture du Canard Enchainé, que sarkozy ne soit pas à l'origine de ce "coup". Ses relais principaux au sein de la justice, le procureur et la ministre, se sont empressés d'ouvrir le parapluie et de faire savoir au patron qu'ils n'étaient pour rien dans l'affaire. Disons-le, un missile envoyé par sarko contre Dray eut été étonnant. Les deux hommes s'entendent bien, et sarkozy comptait bien pouvoir faire venir dray au gouvernement. Je n'ai pas interrogé JD sur son amitié avec sarko et je le regrette un peu, même s'il a donné un élément de réponse en défendant frédéric lefebvre sous l'argument qu'il était un "bon militant", et s'il a reconnu un temps son admiration pour la "belle machine" que représentait selon lui l'UMP sarkozyste.


De tout cela, il me semble qu'une hypothèse cohérente avec l'ensemble peut émerger: ceux qui sont à l'origine de ce "signalement", mais sans demander l'autorisation au pouvoir comme c'est d'usage malheureusement, avaient peut-être pour but de torpiller l'arrivée possible de Dray, ou un de ses proches, au gouvernement. Donc, pourquoi pas l'un ou l'autre cacique de droite, qui aurait conservé des "amis" au sein des ministères, qui serait délaissé par sarkozy, qui aurait gardé des ambitions ministérielles et qui aurait ainsi éliminé un concurrent. On aura noté que le "signalement" par tracfin a eu lieu le 28 novembre, ce qui laisse ouverte la possibilité que ce cacique s'appelle Devedjian, nommé par sarkozy le 5 décembre...
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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 17:35
Le Kremlin est fréquenté par des stars (et non des tsars), surtout à La Comète, où une grosse nébuleuse veille à ce qu'elles n'y soient pas filantes.

Le Kremlin-Bicêtre est l'endroit où Calvin Russell s'est pour la première fois produit en France en 1990, ça mérite d'être signalé et j'oublie toujours de le faire, c'est même sur deezer:




Et pas plus tard qu'hier nous avions d'aussi illustres convives que
Trublyonne, Annie, Hypos, Farid, Ronald, Jon, et bien sûr le DJ résident Nicolas. Quelques photos pour leurs fans:


PS1: respirez un grand coup avant de cliquer sur le lien "grosse nébuleuse"

PS2: oui il s'est pas passé grand chose sur ce blog depuis deux semaines: avec internet il faut faire des pauses de temps en temps. Mais on reprend les bonnes habitudes, avant même la trêve des confiseurs.
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 16:36
"Il y a une question en particulier qui est assez mal traitée -voire maltraitée- au parti socialiste, qui est celle des alliances. Il y a des gens qui disent il faut s'allier avec le Modem, par réalisme et pragmatisme, et d'autres qui disent "ah il faut surtout pas", et on ne voit pas du tout le raisonnement qui conduit à une proposition ou l'autre. Mon avis est que Bayrou ne renoncera jamais à être candidat aux présidenteilles, Bayrou a l'objectf de battre le ps au premier tour, donc Bayrou ne peut pas etre quelqu'un qu'on peut faire exister politiquement, en tous cas il ne faut pas y contribuer. Néanmoins d'un autre coté on a des élections locales à gagner et on voit très bien que sur le terrain local on a des équipes qui peuvent travailler ensemble avec le modem. Donc je dis: pourquoi est-ce qu'on ne dissocierait pas le plan local du plan national dans les alliances avec le modem, pourquoi est-ce qu'on tient à prendre le modem comme un tout et à faire une stratégie d'ensemble entre les élections locales et nationales?". Désolé pour l'autocitation: c'est la première question que je posais à Julien Dray le 28 octobre dernier (télécharger le son mp3).
Sa réponse, quoiqu'alimentée d'intéressants détours historiques, est un peu passée à coté de la question. Je rappelle ces propos parce que depuis, le PS a continué à s'enfoncer dans le simplisme et les querelles infantiles à ce sujet.
Il ne s'agit pas ici de revenir sur cette distinction local-national pour plaider la demi-mesure systématique, mais de dire que les atteintes répétées à la rigueur et l'honnêteté intellectuelles de la part de socialistes sont de plus en plus difficiles à supporter.


Ce que je trouve frappant n'est pas la dégradation du débat, mais la dégradation du niveau du débat chez les socialistes. Les simplifications et les fausses évidences y deviennent aussi dominantes que dans la glose sarkozyenne. Il n'y a pas de hasard: il semble qu'au sein des différents clans, on aie choisi de prospérer là-dessus. Or, ce qui insulte l'avenir, c'est bien ce mépris pour la qualité des arguments et pour la vérité, pas le fait qu'on se les dise, ces vérités. D'une véritable controverse aurait pu naitre une réflexion approfondie sur notre identité et notre discours politique. Mais ces chamailleries et ces attaques trop vite pensées ne peuvent que perpétuer la régression collective et l'incapacité politique du personnel actuel.

Un des "meilleurs" exemples, donc, c'est le "débat" sur les alliances, qui s'est illustré récemment par une bombinette tactique balancée à Aubry par ses petits camarades ségolénistes. "HOU, HA! Meeting commun avec le Modem!": et que ça buzze dans tous les sens...
Cela résume assez la qualité de la polémique: les uns disent "vous êtes contre l'alliance avec Bayrou, mais vous vous alliez localement avec le modem", et les autres de répondre "Ah mais pas du tout, on est contre toute alliance avec le Modem, d'ailleurs regardez, on va même pas aller soutenir la candidate socialiste qui s'est alliée avec le Modem".

Tristement ridicule.

La candidate en question a réuni la gauche et conclu un accord avec le modem peu avant le congrès. Quand bien même on serait contre toute alliance avec le Modem même localement, on peut très bien prendre acte de cet accord à Croix, et soutenir la camarade candidate malgré tout. Mais ça, c'est semble-t-il déjà trop compliqué pour certains. Si d'aventure Ségolène emportait la primaire en 2011 sur la base d'une alliance avec le centre, on peut donc penser que les ségolénistes refuseront d'être soutenus par Aubry, ou se féliciteront de ce non-soutien...

Plus triste: la première secrétaire du PS a préféré prendre acte de la médiocrité de ses camarades, et éviter d'avoir à expliquer ce raisonnement pourtant pas particulièrement fulgurant.

Encore plus désastreux: à l'instar d'une Ségolène Royal théorisant des prises de positions scabreuses pour éviter d'avoir à reconnaître des improvisations approximatives, Aubry est en train de poser en principe que son refus d'une alliance avec Bayrou au niveau national interdise tout accord au plan local. Personne pour faire remarquer que notre alliance avec le PC n'empêche pas, pour le moins, une assez grande diversité de situations au plan local: on s'allie ici, mais on s'écharpe ailleurs...

Outre que la nature des problématiques politiques sont évidemment différentes au plan local et au plan national, il faudrait surtout développer le choix de stratégie sur le fond. Les ségolénistes expliquent qu'il y a une obligation arithmétique: il y aurait besoin des 18% de Bayrou pour pouvoir l'emporter au second tour. Mais il faudrait se poser la question de pourquoi Bayrou a fait 18%: la candidate socialiste n'y est pas pour rien, et ce n'est pas uniquement une question de talent personnel. L'attirance, répétée au congrès, de
Ségolène pour ceux qui se disent "ni de droite ni de gauche" contribue à introduire de la confusion dans le paysage, confusion qui profite à Bayrou. En ce sens, le seul qui ait un peu avancé dans ce débat au congrès est Bertrand delanoë, pointant le risque pour l'identité du PS à se confondre dans l'opinion avec un parti qui se dit "ni de droite ni de gauche".
Il y a derrière ce débat, et celui-là en est un vrai, quelque chose qui touche au rapport à la politique: la stratégie d'un dirigeant de gauche doit-elle être de constater un éventail de l'opinion majoritairement à droite pour en déduire qu'il faut étendre sa surface politique jusqu'à une partie de cette droite, ou doit-elle être de produire un discours suceptible de tirer l'opinion vers la gauche, quitte à se recentrer avant le scrutin dans une optique de second tour?
De ce point de vue, on peut très bien considérer que la stratégie qui propose explicitement, à terme, une alliance avec Bayrou, se fonde sur un argument autoréalisateur: elle part du principe d'un score de Bayrou qui serait élevé, mais le score de Bayrou sera élevé si le PS contribue à la confusion en se définissant comme son allié potentiel.

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 16:05
Au PS, on suit toujours avec attention qui s'affiche avec qui, qui ne s'affiche pas avec qui, qui affiche qui et qui est à la colle, etc...
Alors, quand un(e) socialiste fait tribune commune avec un paria du socialisme, ça se doit d'être souligné.

[En tous cas, quand il s'agit d'embêter Martine quand elle veut soutenir un candidat socialiste à une municipale partielle qui a choisi tout seul de s'allier avec le modem (voir lien ci-dessus), on trouve maints ségolénistes pour lui chercher noise. Peut-être préfèrent-ils que le candidat de droite l'emporte. On va y revenir: ça fait 2 articles à faire ce week-end avec celui sur le Canard]




Cette tribune commune signifie-t-elle que le MRC est soluble dans le hamonisme? Que le Che envoie un signe discret de soutien à Hamon si d'aventure il restait écouté de quelques un au PS? Qu'en pense Royal, qui fut un temps l'expression du chevènementisme? Est-ce pour embêter les jospinistes concurrents à Hamon auprès d'Aubry?

Pour une fois, l'explication est peut-être à chercher ailleurs. Cette réunion publique à laquelle J2L (maire du Kremlin) nous a invités, Nicolas et moi (mais Nicolas n'est pas venu il était retenu), était portée par Julien Landfried (au milieu sur la photo). On croise facilement Julien dans des réunions de blogueurs, dans l'entourage de l'équipe de Marianne2 (avec qui il a travaillé), ou quand les thèmes de réunion touchent au communautarisme (il a fait un bouquin là-dessus) ou au protectionnisme. Bref, c'est un peu une nouvelle tête (au milieu sur la photo), il utilise l'outil internet, il est derrière pas mal de machins politiques (www.communautarisme.net, www.protectionnisme.eu, www.fondation-res-publica.org), et peut-être qu'une des motivations de cette réunion est de faire connaître le travail effectué par Julien Landfried, et peut-être aussi le lancer en politique. C'est souvent ce qui arrive quand on traîne dans ce milieu. Si la démarche est de commencer par les idées pour ensuite défier les urnes, on peut se dire que ce n'est pas si mal pensé finalement, mais attention à bien préparer le terrain: voir le profil similaire d'Olivier Ferrand et son parachutage raté.

PS: il s'est dit évidemment beaucoup de choses intéressantes. Nous avons appris que Jacques Sapir avait eu DSK pour professeur. Oui, bon, c'est pas le plus intéressant. Sapir prédit que les banques centrales, qui se retrouvent en première ligne, vont être en difficulté. Pour lui, la question du retour au contrôle des changes va devoir se poser, sinon être imposée par la réalité, mais il faudrait plus d'un article de blog pour rendre compte de ces interventions.
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 19:04
Il est toujours important pour les ségolénistes de dire de qui c'est la faute, ces fiascos socialistes dans lesquels Ségolène tient les premiers rôles. Dans ce registre, ils excellent, comme l'explique très bien Christian Salmon: "la médiasphère colporta ad nauseam la fable de la femme debout seule face aux éléphants, la jeune garde contre le vieux parti, la vieille querelle des anciens et des modernes, lieu commun et impasse de la pensée socialiste". Leur astuce principale: désigner les responsables avant même que l'échec soit avéré. En 2007 déjà, on vit des émissaires venir en section à dix jours du premier tour pour expliquer que la défaite future serait la faute aux éléphants. En 2008, ça fera donc la troisième fois, après 2006 et 2007, que ces derniers auront rempilé dans ce rôle pour servir le scénario un peu réchauffé et infantilisant de "Ségo contre les néléphants".
C'est un peu lassant, il faut bien le dire, et c'est ce que le courrier des lecteurs du "Monde" confirme, où l'on peut lire entre autres nombreux exemples ceci: "M. Noblecourt n'est pas un "perdreau" de l'année. Dès lors, comment se fait-il qu'il ne s'interroge pas sur les limites de la démarche de Ségolène Royal, laquelle n'est pas allée jusqu'à rester en retrait pour laisser Vincent Peillon en candidat numéro un ?"
En effet, les actes de candidature de Ségolène visent autant à recréer le scénario évoqué plus haut qu'à resserrer les rangs derrière elle, et Peillon l'a bien compris puisqu'il était le premier concerné. Une semaine avant le congrès, on écrivait d'ailleurs: "Vincent Peillon sera donc attendu au moment, inévitable, où les approximations voire les incohérences de Ségolène Royal mettront le parti en porte-à-faux, et où il lui faudra donc la contredire". Eh bien il faut croire qu'il est venu ce moment quand on lit ceci: "Vincent Peillon contredit Ségolène Royal". Il faut dire que ça commence à se voir que ces perpétuels actes de candidature sont la principale cause des crispations et de la glaciation des clans, et Peillon en a peut-être un peu marre d'en être la victime collatérale, avec le parti socialiste.
D'autant plus que sa championne, qui a axé toute sa stratégie de congrès sur le pari d'un plébiscite militant, est loin d'avoir rempli sa part du contrat: devoir s'écharper pour quelques dizaines de voix est un peu vexant pour quelqu'un qui ambitionnait de l'emporter dès le premier tour. Cet échec remet en cause, et c'est peut-être salutaire, le plan sur lequel se fondait la cohésion du clan: Ségolène n°1 en 2012, avec un accessit pour Peillon, Valls et d'autres en vue de 2017.
On ne voit aujourd'hui pas comment Ségolène aurait les moyens politiques et symboliques de poursuivre pendant trois ans le schéma un peu rudimentaire qui a prévalu depuis sa défaite de mai 2007. D'autant plus qu'avec la victoire de Barack Obama sur Hillary Clinton puis son élection face à McCain, il y en a peut-être qui se disent enfin que les stratégies longues ne sont pas forcément les meilleures.
En tous cas, les "barons", quelque peu balladés pendant le congrès, n'ont pas tardé à reprendre leur liberté: «Pas de bâtons dans les roues d’Aubry» nous dit par exemple Guérini (que va-t-il imaginer?): "l’urgence, ce n’est pas 2012 ! Qu’on se préoccupe du fond ! Qu’on se reconnecte à la réalité ! Un peu de modestie et d’humilité. On a vu où nous ont conduit les querelles de personnes. J’arrête avec ces courants, les sensibilités… Je ne suis pas dans une écurie de présidentiable."
Voilà peut-être des alliés pour le jour ou Aubry sera sur la sellette et où l'hypothèse Peillon refleurira?

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PS: Parmi les arguments invoqués pour stigmatiser l'adversaire et hurler à l'usurpation, il est répété que c'est la première fois qu'un premier secrétaire est issu d'une motion minoritaire arrivée 3ème. Il est alors assez délicieux de rappeler que c'est au contraire déjà arrivé, au fameux congrès d'Epinay, où la motion L de Mitterrand arrivée 3ème avec 15% a fait alliance avec les motions de Mauroy et de Chevènement pour l'emporter face à la motion arrivée en tête, celle de Guy Mollet et Alain Savary. Le rappel est d'autant plus goûteux que ce congrès s'est justement joué sur la stratégie d'alliances, Savary étant hostile au PCF. Le regroupement autour de Mitterrand l'emporta finalement par 51,26% contre 48,73 %...
L'attitude de ceux qui revendiquent son héritage est donc assez paradoxale: imagine-t-on par exemple que Savary aie dit à Mitterrand que cette histoire d'alliance était un prétexte, que la question serait renvoyée à un débat ultérieur, et que donc plus rien ne s'opposait à ce qu'il se rallie?
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 12:50

Si tant est qu'on puisse faire parler un scrutin, celui-ci est évident pour quiconque conserve un peu de lucidité. Comme ce n'est bien sur pas "et l'une, et l'autre", c'est "ni l'une ni l'autre". je me connecte avec mon mobile donc le développement sera court. Dire qu'aucun leader ne s'impose naturellement est une amabilité. ceux et celles qui sont concernés par ce constat ne s'imposent évidemment pas puisqu'ils (elles) sont rejetées. en clair: débarrassez le plancher! La solution raisonnable est connue et poussée depuis longtemps par les gens sensés: donner les rennes à une nouvelle génération. c'est un peu ce qu'indique le score de Hamon, et la présence de Peillon derrière Ségolène a peut etre eu son importance. Par ailleurs, une certaine collégialité pourrait contraindre à un peu de synchronisation. Les noms sont connus: Peillon, Hamon, Lamy, Moscovici, Dray, Filipetti ... les statuts permettent parfaitement cela, mais ne nous enflamons pas: cette solution est la bonne, par conséquent elle ne se fera pas



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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 21:15
Ségolène Royal propose que la question des alliances soit décidée par un vote des militants. C'est typiquement le type de fausse bonne idée, sans sincérité, qui fait roucouler le commentaire journalistique mais ne résiste pas à la critique. On peut développer la logique de cette proposition: "Rejoignez-moi, tout ce qui pose problème sera renvoyé à un vote ultérieur". Quelle est la nature de cette posture sinon justement une volonté de pouvoir personnel, par surcroit volontairement délestée de tout habillage politique?
Il y a bien une cohérence dans cette tactique, mais cette cohérence est celle du mépris du débat, de la négation des antagonismes politiques, de l'évanescence sur le fond en même temps qu'une incandescence dans la volonté d'imposer sa personne, celle d'une forme de post-politique faussement ultra-consultative et en réalité sans engagement ni compte à rendre.
On a déjà écrit ici qu'il n'y avait pas de raison argumentée pour ne pas distinguer la stratégie locale de la stratégie nationale dans les aliances avec le Modem, comme d'ailleurs avec le PC. On peut ajouter que l'hypothèse d'une consultation devrait passer par la résolution de quelques difficultés: la réponse à la question dépend largement des propres prises de position du Modem, il faudrait donc inscrire plusieurs hypothèses de travail dans la réponse à la question. L'objection stratégique principale envers Bayrou est qu'il faudrait bien plus se consacrer à être plus effiace que lui contre sarkozy, et la méthode pour réduire Bayrou peut ne pas être celle-là, donc ne pas réussir, et donc conduire à être confronté à un score élevé de Bayrou que nous n'aurions pas eu autrement. Pour le dire simplement, la question de l'alliance avec Bayrou ne se pose qu'en cas de score élevé de Bayrou, le timing d'une consultation de ce point de vue pose problème (entre les deux tours?). Enfin, le seul accord possible avec Bayrou est un acord de désistement, ce que Bayrou ne peut envisager sous peine de ruiner sa stratégie ni-droite ni-gauche.
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 20:49
Résumé rapide de l'AG de la motion A tenue entre 19h et 20h

Harlem Desir: faisons en sorte que la logique (...) des motions A, C, et D l'emporte et soit portée par un candidat

Jean-paul Planchou: attention, Martine n'envoie pas les bons signes, elle gauchit son discours, ne renonçons pas sur le fond.
(les rocardiens se rebiffent).

Delanoe: soyons au service d'une synthèse, je preferais meme une synthèse à trois. Mais ne nous mentons pas.
Depuis le 6 nov, je me dis que je ne peux pas etre candidat, mais si je peux rassembler... (applaudissements très nourris)..., bon j'ai compris le message...
Certaines motions, cela est confirmé aujourd'hui, veulent une soumission. Moi je veux un candidat fédérateur.

Ayrault: merci à Betrand pour s'etre singularisé par son attitude de responsabilité. Nous avons un candidat et c'est Delanoe.

Moscovici: Ce congrès peut être pire que celui de Rennes. Il faut tout faire pour l'éviter. Le premier sentiment est que le résultat la motion E désignait Ségolène, c'est d'ailleurs ce que nous avions dit en pensant à Bertrand (pique à Holande). Mais son discours d'aujourd'hui montre qu'elle ne veut pas, qu'elle ne peut pas fédérer. De l'autre coté Aubry tient un discours qui est presque de la démagogie de gauche: ce n'est pas comme ça que je veux que le parti soit gouverné.
Il faut plutot une synthèse A+D, avec la C ce sera difficile.

Hollande: La motion E ne parvient pas à trouver une synthèse (majorité absolue), il revient donc à la motion arrivée seconde de tenter cette synthèse, car trouver cette majorité doit être un objectif en soi pour le PS. Pour cela il ne faut mépriser personne, ni la E, ni la C. Mais il faut faire attention à ce que le premier secrétaire désigné le 20 novembre soit conforme à la synthèse de dimanche. Aujourd'hui, la motion centrale est la motion A, car elle serait la seule, si c'était possible, apte à conduire une synthèse générale. Cela conduit à proposer Bertrand comme candidat.
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 18:07
<<Vous êtes des agneaux égarés, mais je vous conduirai à la bergerie. Vous m'avez fait du mal, mais je vous pardonnerai. Car nous devons nous aimer, pour guérir la misère du monde. Nous sommes tous d'accord avec moi, donc pourquoi ne pas nous rassembler? Nous sommes tous d'accord contre les dérives antirépublicaines de la droite, donc pourquoi débattre? Et si il y a encore des sujets de désaccord, plutôt que de voter maintenant, on va voter plus tard, pour répondre à la question que je vous poserai. Vous voyez, je suis d'accord avec vous, et d'ailleurs je porte la voix des sans-voix, vous devez m'écouter...>>
Voilà ce que nous a infligé Ségolène Royal aujourd'hui... et hier: c'est une autocaricature. Au moins nous savons que ça ne changera pas.


Sauf que c'est juste insupportable. Car c'est une négation de la politique, du fait qu'il existe des convictions antagonistes. Bien sûr que c'est à la mode, de se dire "ni de droite ni de gauche" (surtout quand la droite et la gauche c'est Ségolène Royal et nicolas sarkozy soi dit en passant, voir le score de Bayrou), et d'ailleurs Ségolène Royal ne manque pas d'en appeler ces "30% électorat".
Mais la question est de savoir si elle a l'intention de tirer l'opinion nationale vers la gauche, et donc de convaincre ces "apolitiques" de l'existence d'enjeux qui les concernent et qui se superposent aux clivages politiques, ou si elle souhaite donner une forme de neutralité à son discours, à "neutriser" les problématiques politiques pour obtenir ces suffrages.
D'aucuns se demandent "pourquoi tant de haine?". Eh bien parce que cette volonté de "neutrification" est la stratégie traditionnelle de la droite. Renoncer à faire apparaître les antagonismes politiques, c'est renoncer au combat politique, au combat pour les idées. Un combat auquel par ailleurs la droite se livre parfois sans retenue quand on lui laisse l'occasion de prendre l'offensive.

La politique était un combat pour des idées. Elle est maintenant un combat pour le combat pour les idées.

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 14:36
Henri Weber est lui aussi venu en salle de presse, rapporter la teneur de l'AG de motion D, hier soir: "Martine vas-y". Principal argument: "au secours, Ségolène revient", donc "il faut quelqu'un capable de la battre".
Si on écoute en revanche les gens de la motion C ou de la motion A, on estime qu'une candidature d'Aubry ne peut que symboliser un TSS, ce qui donnerait prise à la posture favorite de l'intéressée. Avec Hamon, le schéma serait différent. Et la A n'écarte toujours pas le principe d'une candidature issue de ses rangs. D'ailleurs, ci-dessous, sur l'écran d'ordinateur du photographe, on voit qu'Harlem Désir est venu parler du beau temps avec Fabius.
Reste que la jonction idéologique de A à C va être difficile à opérer, ne serait-ce que pour les rocardiens.

Sur la question du Modem, la motion E fait semblant de ne pas avoir entendu que le refus d'une alliance n'est pas simplement un principe politique, il se fonde aussi sur l'idée que toute ambiguité vis-à-vis du Modem constituerait une erreur stratégique. Delanoë le dit avec justesse dans sa lettre à Ségolène Royal: "C’est à nos yeux l’identité même du PS qui est en jeu, ainsi que notre devoir collectif de combattre l’idée pernicieuse selon laquelle la gauche et la droite, cela reviendrait au même. Une alliance avec le MODEM, dont le succès, soit dit en passant, passe par notre échec et par conséquent par le prolongement d’une telle confusion, nous semble donc non seulement inappropriée mais dangereuse."
Mais c'est probablement trop demander à Ségolène que d'exprimer clairement ce qui serait un mea culpa: Bayrou existe parce que le PS n'est pas capable de parler aussi fort que lui contre sarkozy. Le dire serait reconnaître les insuffisances de la campagne présidentielle. Il y a même dans le discours de la motion E une erreur d'analyse sur ce point: penser que la modération est incompatible avec la virulence. C'est faux, et c'est ne rien comprendre au phénomène Bayrou.

Il se dit que Collomb tente toujours de prendre langue avec Moscovici, mais ce dernier ne peut pas engager la motion A. Précisons à cette occasion que contrairement à l'histoire que certains de ses anciens alliés écrivent, ce sont eux qui l'ont quitté plutôt que l'inverse.


Les AG de motions se font à huis clos, mais les journalistes, comme François Bazin, tendent l'oreille à proximité et prennent des notes


Enfin, le vrai évènement politique du congrès, les leftblogs se sont convertis au jospinisme:
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