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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 10:27
Gérard Collomb est venu dans la salle de presse ce matin vers 10h. Ces propos étaient assez nets et por tout dire de bon sens: "nous souhaitions un renouvellement, proposer un nouvelle génération à la tête du PS", "Vincent Peillon, qui a fait une très efficace tournée des fédérations, s'est naturellement imposé", "Jean-Marc Ayrault? nous avons des convergences avec lui, ce qu'il fait dans sa ville, une action sociale puissante combinée avec une action économique forte, c'est ce que nous faisons aussi et nous souhaitons porter ces méthodes", "Nous voulons qu'émerge de ce congrès une ligne claire, disons réformiste, c'est ce que nous avons toujours porté", "Moscovici, s'il était venu encore vendredi matin pour nous dire que la motion A était d'accord pour ne pas proposer de présidentiable, il aurait été possible de convenir d'un accord". Bref, si on comprend bien, la motion E va chercher à reporter sur la motion A la responsabilité d'avoir voulu maintenir la candidature des présidentiables. Avec beaucoup de respect pour Gérard, c'est une blague. Dès lundi soir, le principe d'une candidature de Ségolène Royal était acquis dès lors qu'aucun des cosignataires n'a pris la responsabilité de contester ce qui leur était présenté comme un fait accompli.

De plus, si on tient compte du discours de Delanoë en AG de la motion vendredi soir à 19h, on comprend que c'est sur le fond que la motion A attend des clarifications. En particulier le caractère "clairement réformiste" revendiqué par Collomb. La motion A s'est identifiée au nom "social-démocrate", et c'est peu de dire que la déclaration de Ségolène la qualifiant de périmée (pour faire du pied à la C), rend difficile une alliance. On dira que ce point est un prétexte, c'est pourtant en ces termes que Delanoe c'est exprimé dans le huis clos de l'AG. En fait, l'objectif de Delanoe est peut-être en dehors des murs du congrès: ne chercherait-il pas à dérober à Dominique Strauss-Kahn l'étendard social-démocrate, qu'il préfère d'ailleurs rebaptiser "efficacité de gauche"? En tous cas, il semble prêt à exister par lui même avec une minorité pesant 25% du parti, mais cohérente et forte de son identité dont le renforcement et la structuration est un acquis de ce congrès. C'est peut-être en ce sens qu'il faut entendre ce "le parti socialiste a besoin de la motion A". Et il semble que la possibilité d'assumer de se trouver en minorité sur une orientation de type 2eme gauche reste une option.
On en vient à une difficulté importante de ce congrès: le fait que la motion E soit portée par des gens comme Gérard Collomb, qui souhaitent que le congrès tranche sur le fond -sans ambiguité de type "la social-démocratie est périmée"-, mais que la candidate de cette motion ne se sente tenue par rien, et donc pas par une ligne politique.
Il reste donc une ambiguité au sein de la motion E qu'il faut lever avant d'envisager le rassemblement qu'elle prétend défendre.
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Published by Martin P. - dans PS
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 19:12
Manuel Valls explique que l'AG de la motion E risque de décider de la candidature de Ségolène "par acclamation". C'est-à-dire que Ségolène va passer par dessus la tête de ses "cadres" pour obtenir ce qu'elle désire tant (et que ses lieutenants semblent réticents à lui abandonner définitivement). On repense au livre de Lionel Jospin, l'impasse: "Ainsi se révèle une conception de la politique. Prétendre ne devoir de comptes qu'aux foules anonymes, qui sont hors d'état de vous les réclamer, dispense d'avoir à en rendre à ceux qui sont en situation et en droit de les exiger."


"Ni tout sauf Ségo, ni tout pour Ségo". Selon Pierre Moscovici, le TPS (tout pour Ségo) n'est pas plus légitime ni n'a de chances de réussir que le TSS.




"pas de désaccord de fond avec la E, le problème c'est la candidature de Ségolène": Michel Sapin "off"




"On a mis des sujets politiques sur la table. Avec la E, on ne peut rien envisager s'ils ne sont pas traités": Christophe Borgel, proche d'Aubry.




Les hollandais n'étaient pas à la réunion motion A ce matin à l'assemblée nationale. "Hollande, Le Foll, Vallini, qui d'autre?": Pour C. Borgel, cela semble ne pas peser beaucoup.


ci-contre Vincent Peillon en grille une avec François Bazin, du nouvel obs
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Published by Martin P. - dans PS
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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:56
Au cocktail proposé par la maire de Reims (c'est ainsi qu'Adeline Hazan le dit), les photos étaient interdites : l'illustration sera donc en forme de rappel au socialisme militant, aux militants socalistes.
C'est un peu dommage, car il y avait du pachyderme au mètre carré, en tous cas beaucoup en avaient l'élégante et photogénique foulée. De plus, on aura pas pu surprendre un signataire de motion en train de prendre langue avec celui d'une motion concurrente, bien que chacun aie fait le tour des serrages de pince. Il faut croire que les regards des objectifs n'étaient pas les seuls à être craints.
Néanmoins l'ambiance cordiale montrait que la convivialité des mondanités socalistes résiste aux contextes les plus tendus. Même si Mosco et Barto se sont croisés sans se saluer, et même si Hollande a fait son mot sur les "camarades qui ne sont pas toujours bons amis".
A 13h30, les nombreux dignitaires de la motion A se dirigèrent vers une salle attenante: Harlem Desir, Stephane Le Foll, Michel Sapin, Alain Bergougnoux, Pierre-Alain Muet, Faouzi Lamdaoui, Anne Hidalgo...
A 13h50, les non moins nombreux hiérarques de la motion D répondirent promptement au signal de Martine Aubry pour se regrouper dans une salle voisine: François Lamy, Claude Bartolone, JC Cambadélis, Marylise Lebranchu, Laurent Fabius, Henri Weber, Christophe Borgel, Laurent Baumel…
Même le champagne est sacrifié sur l'autel du rassemblement, rassemblement par sous-ensembles donc pour le moment.
Cela a libéré de la place près du buffet (car hormis la remarquable Aurélie Filipetti, on aura pas vu beaucoup de gens de la motion E, pas plus que de la motion D), et nous a permis de profiter pleinement des petits fours avec les élus verts locaux.

Plus tôt dans la matinée on a pu interviewer l’hôte de ce week end, Adeline Hazan, qui nous a certifié qu’elle ne craignait pas du tout que le nom de Reims ne s’associe à un moment douloureux de l’histoire socialiste, qui n’a d’ailleurs pas raison de l’être (douloureux). Comme elle est très sympathique, on a envie de la croire.


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Les left Blogs au congrès de Reims:


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PS: quelques problèmes de connection peuvent contraindre à ralentir le rythme des publications
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Published by Martin P. - dans PS
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:56
Les socialistes auraient pu tirer les conclusions de cet échec, par anticipation, et se retirer de la vie congressiste au profit de Vincent Peillon. Cela aurait été une solution convenable pour se mettre au travail et proposer aux français un opposant à sarkozy assez présentable.
Trop facile!
Il vaut mieux aller au bout de nos pulsions autodestructrices, et d'ailleurs il faut bien dire que c'est bien plus marrant. Et surtout, c'est là que les spectateurs ont du bol, cette fois-ci ils auront des yeux et des oreilles au plus près de l'action (très saignante): les...


On va donc enfin savoir les fulgurances conceptuelles que les socialistes se chuchottent au creux de l'oreille, au milieu de la mêlée de leur congrès, grâce à:

Sarkofrance, Expat Prague, Intox 2007, Marc Vasseur, Vogelsong, Trublyonne, Maxime Pisano, Abadinte, Sauce Politique, Crise dans les médias, Le Pavé.

Mais ne manquez pas non plus le festival off, animé par:

Nicolas J., omelette16oeufs, Dedalus, Gaël, CC, Jean, Cyril V., Annie D., Juan, Adrien S., Etienne B.

Bref, en un mot...


"Que les damnés obscènes
Cyniques et corrompus
Fassent griefs de leur peines
À ceux qu'ils ont élus,
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables
En sont venus à douter d'eux-mêmes"



Il y a même une bande annonce:

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Published by Martin P. - dans PS
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 18:40

C'est dans le fil de Partageons Mon Avis que la mauvaise nouvelle de la journée est tombée. Merci Nicolas...
Ainsi, Ségolène Royal est prête à prendre le risque de faire éclater le PS pour satisfaire son ambition. Peut-être escompte-t-elle d'ailleurs que les rares qui gardent un certain sens des responsabilités préféreront céder à cette oukase pour préserver l'essentiel. C'est la tactique de "l'anti-jugement de Salomon" dont on a déjà eu l'occasion de parler à propos de... sarkozy.
Jean-Michel Normand décrit bien cette nouvelle sorte de respect des militants: "Les grands barons de la Ligne claire, qui ont largement assuré sa majorité relative… en échange de sa non-candidature, ont été mis devant le fait accompli."




On sait donc maintenant de quelle manière Ségolène Royal prend en compte les avis de ceux qui travaillent avec elle: elle leur force la main en les mettant devant le fait accompli. Avis aux amateurs et futurs électeurs du premier secrétaire. On avait d'ailleurs noté que cette attitude valait aussi pour les positions de fond. Il n'y a donc rien de nouveau, c'était d'ailleurs déjà comme ça au moment de la campagne 2007.
Pour faire passer cette couleuvre, les ségolénistes nous expliquent que cette candidature est normale puisque "Ségolène a gagné" le vote sur les motions. Les 29% seraient donc "ses" 29%, uniquement composés de soutiens zélés. Si on observe la réalité de plus près on s'aperçoit que c'est loin d'être le cas. Prenons l'exemple de la section de notre ami Romain Blachier. Pour Romain, c'était "Collomb et uniquement Collomb", c'est-à-dire sans Royal. Romain est populaire dans sa section, et bien qu'un peu esseulé comme soutien de la motion E, ses camarades ont voté comme lui, pour la E, donc. On voit qu'il n'y a pas que dans le bouches du Rhône que le scrutin est marqué par les enjeux locaux. C'est un peu comme si les résultats locaux de l'élection présidentielle permettaient de déterminer aussi la couleur de la majorité municipale. On voit bien la nature du "système", et qui il a favorisé.
Mais là n'est pas l'abus principal: Ségolène Royal avait clairement laissé entendre qu'elle ne serait pas candidate, ce qui fait que le mandat donné par les 29% de la motion E est nettement plus ambigu que n'aurait pu l'être celui donné à Delanoë si sa motion était arrivé en tête. On voit que le raisonnement donné pour évidence, avec l'appui des simplifications du commentaire de presse, est plus proche de la falsification que de la pure logique. S'ajoute à cela que les 71% restants peuvent être perçus comme des militants qui n'auraient même pas pris le risque d'
une candidature de Ségolène (à juste titre donc), et lui sont hostiles.
Dernière supercherie: le même entourage qui annonce la candidature laisse croire que c'est par crainte qu'une candidature de Peillon ou Dray soit contrée par celle de Aubry par exemple. On peut penser, au vu de la manière dont elle s'est imposée, que Ségo craignait surtout la concurrence intérieure d'un Peillon, qui, avec un accès plus fréquent aux grandes audiences médiatiques, aurait fini par lui faire de l'ombre.
Cette situation conduit à devoir remercier Lionel Jospin (cela nous coûte), pour la réforme qu'il a introduite en 97: l'élection du premier secrétaire directement par les militants (justement pour éviter les combines). Encore faut-il qu'un autre candidat permette aux militants de répondre vraiment à la question qui n'a pas été posée pour le vote des motions: veulent-ils vraiment de Ségolène comme premier secrétaire?

Vous trouverez ci-dessous un certain nombre d'éléments éclairant ma réponse négative à la question précédente, si la dénonciation des comportements faite plus haut,
et ici, ne suffit pas. D'autres viendront probablement. Principalement, ne confondons pas rénovation de doctrine avec abandon de toute idée de doctrine.

Inconstance, imprécision, tacticisme, symptômes de l'errance politique

Du vicelard obscène et des bourgeois enfarinés

Ségoscepticisme


L'impasse... morceaux choisis


L'enjeu: l'enjouée en joue

Dominique, Ségolène et Lionel

 

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Published by Martin P. - dans PS
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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 15:33
Il parait que le story telling est à la mode, mais il faudrait plutôt arrêter de se raconter des histoires, ou alors des tragiques. La leçon américaine conduit à cesser les commentaires sur les diverses reconfigurations du PS pour considérer ce qui est malheureusement une évidence: la désespérante médiocrité du personnel politique français, gauche comprise. L'Amérique prouve, avec Obama, que l'élégance, physique mais surtout intellectuelle, la hauteur de vue en même temps que la fibre populaire, la sérénité et la force de persuasion, la séduction et la dignité, le refus de la facilité, des petitesses, des falsifications, des impostures, tout cela, ça peut exister en politique, et ça peut payer. Et en plus, ces qualités, on les trouvait déjà chez John Kerry et Al Gore, bien qu'eux aient été battus, mais on les trouvait aussi chez Clinton, Carter, sans parler de Kennedy...
Bref, par contraste, l'offre française est bien décourageante.




Nous avons donc Ségolène, en égérie de la rénovation démocratique et de la base contre le système, qui crie victoire pour elle-même après s'être cachée derrière les "barons" du même système. Si on ajoute que le scrutin est marqué par l'abstention et les féodalités, donc par l'apparatchisme, on se dit qu'il y a peut-être bien madone, mais aussi maldonne.
Mais le vrai problème, c'est qu'il y a aussi tous les autres: Titine, l'éternelle dame des 35 heures faute d'avoir rien changé dans son discours depuis 97. Hollande alias Flamby, qui ferait mieux d'aller se reposer, mais qui ne sait plus où il habite. Bébère le prosaique, qui ne lève pas le nez du guidon de son velib, à croire qu'il a peur de la perspective. Lolo, qui joue les crocodiles, à attendre son heure qui ne vient jamais. Méluche l'étatiste colbertiste jacobin et j'en passe, néanmoins un des rares qui a la tête un peu à l'endroit, mais qui se barre. Camba et Barto, nostalgiques du congrès de Rennes -leur véritabe baptême socialiste-, qui moulinent leur cuisine dans le vide. Ayrault le très plat chef des députés, qui n'en finit plus dans sa complainte gnangnan. Valls, qui trouve très malin de donner raison de temps en temps à sarkozy, parce qu'il croit que ça fait constructif. Mosco, avec ses fines subtilités, tout en fausses contradictions jospiniennes, mais surtout handicapé du contact humain. Nono la baudruche au verbe haut, franc-tireur mais peu fiable, dont l'horizon principal est de frétiller devant les caméras, en cela continuateur de son ainé Djack.
Juju Dray, tellement politicard qu'il trouve le moyen de dire du bien de Frederic Lefebvre et du mal de tous ses camarades. Hamon, fondateur de l'"école du vice", vieux jeune à la trajectoire hésitante. DSK le jouisseur apatride, qui se dit qu'il a bien raison de s'être barré de ce marigot, mais aura toujours eu la flemme de s'en préoccuper.
Bref, la gauche est sinistrée, sans préjudice d'un possible sinistrisme.
Alors il y a aussi Peillon. Peillon l'intellectuel, qui n'a pas encore trop pris le pli de la tambouille d'appareil, qui a été battu aux dernières législatives mais qui a encore une place au chaud au parlement européen. Peillon serait une solution, s'il n'y avait quelques doutes sur son savoir-faire en mécanique politique, et sur sa capacité à faire preuve d'autorité, non seulement sur ses adversaires mais aussi, et même surtout, sur Ségolène. En effet, cette dernière ne se considère tenue par rien, ni par le parti, ni même par ses propres déclarations antérieures. Vincent Peillon sera donc attendu au moment, inévitable, où les approximations voire les incohérences de Ségolène Royal mettront le parti en porte-à-faux, et où il lui faudra donc la contredire.
Mais bon, va pour Peillon, l'espoir fait vivre

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 12:50
Ségolène Royal peut remercier Jean-Noel Guérini et Georges Frêche, dont les fédérations sont semble-t-il disciplinées. Il faut reconnaître que la manoeuvre est belle, qui de surcroit ne doit rien à Julien Dray: mettre sa candidature "au frigidaire" pour pouvoir faire motion commune avec les "barons", lesquels déclaraient ne pas vouloir un présidentiable à la tête du parti, puis imposer ce principe: un score moyen serait celui d'une équipe, un score élevé serait celui de Ségolène Royal. On peut légitimement questionner l'idée que ce type de démarche soit celle d'un vrai leader, il n'empêche que le résultat est là.

Le hic est que Ségolène Royal ne peut malgré tout s'imposer seule, et qu'elle ne compte, en dehors de la motion E, que des réticences: Aubry, Fabius, Hamon, Emmanuelli, sont autant de ségophobes assumés. En réalité, la motion A est la plus proche politiquement, et compte des personnalités parmi les moins hostiles, comme Moscovici ou même Delanoe (quoiqu'il reste quand même Jospin, Rocard, voire maintenant Hollande).



Cette situation amène naturellement à regarder qui se tient au second rang. La logique voulant que le premier secrétaire se trouve au sein de la motion E, arrivée en tête, c'est entre Vincent Peillon et Julien Dray que la bataille sera finalement la plus âpre.
Vincent Peillon est un bon candidat au travail de fond, apprécié des militants, mais on peut douter de sa capacité à s'émanciper suffisament de Ségolène Royal pour pouvoir trouver des soutiens au delà de la motion E. Vincent Peillon n'a pas de troupes propres hormis celles de Désir d'Avenir (mais un putsch n'y est plus envisageable), et devrait donc logiquement chercher des appuis chez les barons pour gagner un peu d'autonomie.
Julien Dray est un bon candidat au travail d'équipe et à la remise en route de la mécanique, mais c'est sa trop grande émancipation de Ségolène Royal qui pose, à l'inverse, problème: il n'a pas la confiance de cette dernière, qui a parlé à son propos de "ceux qui s'éloignent gaiement" (ou pire "ceux qui trahissent avec grâce"). Julien Dray va donc logiquement chercher à s'appuyer sur ses amis à l'extérieur de la motion E, mais va prendre le risque ce faisant d'être traité de traître par les ségolénistes.
François Rebsamen peut chercher à tirer son épingle d'un combat trop rude entre les deux précédents. François Rebsamen serait le candidat de la manoeuvre, des réseaux, de l'appareil, de la reconduite: Rebsamen est, comme actuel numéro 2, un candidat sortant.
Pierre Moscovici pourrait revoir sa cote à la hausse si les seconds couteaux de la motion E s'abimaient mutuellement, et si une alliance entre A et E venait à être considérée, ce qui serait souhaitable politiquement et donc qui a peu de chances de se faire.
Enfin, Martine Aubry ne pourrait être la candidate que d'un front TSS, qui était dès le départ le principe implicite des reconstructeurs. Nul doute que l'hypothèse doit être prise au sérieux, tant la situation de neutralisation des forces issue du vote se prête aux "qualités" d'hommes tels que Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone.

Bref, le vote est parfaitement ajusté pour que rien n'en sorte avant une nuit des seconds couteaux dont il est peu probable qu'elle débouche sur autre chose qu'un pis-aller. Champagne!

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 09:47
Le 31 octobre on écrivait ici ceci: "Leurs (les responsables socialistes) prises de position sont souvent dictées par des considérations tactiques, pour se construire une originalité, ou par la conjoncture politique. La cacophonie a de surcroit une dimension dans la durée: l'inconstance de maints responsables participe de l'impression quelque peu dissonnante de la partition."
Le 25 ceci: "un des signes de la cohérence, c'est la constance. chaque ambiguité, pensée comme une habileté tactique, prépare l'échec stratégique, par illisibilité et manque de crédibilité."

Pardonnez le radotage, mais entretemps on aura pu lire dans la presse ceci: "La social-démocratie est un modèle périmé", "Pourquoi ? Parce qu’il faut un Etat préventif qui change les rapports de force et non pas, comme dans la social-démocratie, un Etat secouriste qui ne remet pas en cause le système." Un malheur n'arrivant jamais seul, ceux qui étaient visés se sont empressés de se saisir de ce nouveau joujou à polémique qu'est devenu le vocable "social-démocratie" pour l'agiter en tous sens. Vocable qu'on aura d'ailleurs qualifié ici de "facilité de langage", il ne s'agit donc pas ici de gloser sur des exégèses terminologiques, mais de pointer le symptôme que ce type de sortie représente.

S'il fallait un exemple d'imprécision, d'inconstance, et de confusion, on l'a. S'il fallait une prise de position dictée par la tactique et la conjoncture, on l'a aussi. Et une cacophonie artificiellement construite (comme je le disais à Julien Dray), itou.

Inconstance parce que celle qui fait ces déclarations a toujours plaidé pour le réformisme, vanté le modèle suédois, et signé la motion de Gérard Collomb. Ceux qui ont participé à la campagne 2007 savent l'épreuve que représentent ces embardées idéologiques, qui vous obligent à rétropédaler plus souvent qu'à avancer, et qui finissent par vous inciter à ne plus vous engager sur rien sous peine d'être contredit le lendemain. Ces méthodes de campagne ne peuvent qu'annoncer l'éventuelle méthode de travail pour le parti: il n'est que de penser à l'inconfort de ceux des signataires de la motion E qui croyaient pouvoir se dire sociaux-démocrates pour se convaincre qu'elle n'est pas souhaitable.

Imprécision et confusion parce que passés les mots fracassants ("périmé"), l'explication qui suit sur l'Etat préventif est beaucoup moins nette. En effet, s'il faut situer la social-démocratie par rapport au socialisme, c'est dans le rôle dévolu à l'Etat que se trouveront les différences. L'action publique y est conçue comme organisatrice plutôt qu'interventionniste, elle y ordonne l'économie plus qu'elle ne l'administre, cherche à réglementer plutôt qu'à s'ingérer. Le fait qu'historiquement la social-démocratie ait aussi construit l'Etat providence pour répondre aux besoins premiers que sont la santé, l'éducation, ou les retraites, ne permet pas de réduire cette vision à un simple secourisme.
Surtout si c'est pour l'opposer à une volonté "préventive qui change les rapport de force", au fait d'"obliger les entreprises qui font des bénéfices à rembourser tous les fonds publics afin de stopper les délocalisations et les licenciements", (sic, il faudrait enfin arriver à dire cela correctement) ou de "faciliter des compromis sociaux entre salariés et employeurs": difficile d'instituer ces propositions en "nouveau modèle" "avec une lucidité radicale". Elles ressemblent en fait furieusement au "modèle périmé", et figurent d'ailleurs aussi dans la motion A. Comme elles figuraient dans le "pacte présidentiel" de... DSK en 2006. L'intitulé a été repris en 2007, et les propositions avec. On remarquera donc en passant que la contribution de DSK a la campagne 2007 fut consistante sur le fond, lui donnant justement sa facture... social-démocrate.
Bref, le problème avec la social-démocratie n'est ni sa soi-disante péremption ni un problème de copyright, c'est surtout son manque de travail pour trouver un vocable neuf.

Opportunisme tactique parce que la motivation première du propos est évidemment de donner des gages aux signataires de la motion C dont le discours sur l'échec de la social-démocratie est connu, lui, de longue date (même si Benoit Hamon a eu sa période rocardienne). Sauf que l'orientation politique de la motion C se reconnait, pour le coup, à la redondance du recours à l'Etat et à son étatisme, ce qui complique les choses. Il n'est pas question ici de condamner le sens tactique, mais de souligner que celui-ci ne peut avoir d'intérêt que passé une phase de structuration politique. Or si la triangulation et le tacticisme sont érigés en principes, rien ne pourra être construit, et nous en serons réduits de nouveau à voguer au gré des intuitions lors des campagnes futures.

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PS1: Des "journalistes" quelque peu mal informés sinon mal intentionnés prétendent qu'on voit peu Bertrand Delanoë sur le terrain. Un rapide coup d'oeil à son agenda montre qu'il n'en est rien: il y est chaque soir, aux quatre coins de la France. Les photos sont d'ailleurs tirées du meeting de mardi soir. On parle beaucoup de respect des militants, de les écouter. Eh bien en voyant Bertrand Delanoe sillonner les fédérations, faire une campagne "à l'ancienne", se frotter aux militants aux apéros de fin de meeting, défendre  son texte, sa démarche, impossible de ne pas éprouver du respect. Cet engagement et cette absence d'ambiguité n'est pas également partagé, et c'est probablement pour cette raison que sa motion fera un bon résultat, comme ce fut le cas pour Paris en 2001.
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PS2: L'article précédent est intitulé "politique fiction", il ne s'agit donc pas d'une vision réaliste de la future présidence Obama, simplement de dire qu'il y a un potentiel. Par ailleurs, difficile de bouder le résultat d'hier, voire de laisser sarkozy en capter les "good vibes". D'abord parce que Obama a dans son programme des éléments précis comme celui de revenir sur le paquet fiscal de... George Bush, et parce que quand Obama s'exprime il s'inscrit tout de même dans la bataille des idées, et clairement à gauche. Enfin, et c'est Moscovici qui a eu le réflexe de le souligner, le contraste avec sarkozy saute aux yeux: "son calme, sa hauteur de vue, son refus de la petitesse, sa capacité à trouver la bonne distance avec les événements, avec les autres, avec lui-même."


PS3: Les attaques récurrentes (du type "Tous ceux qui ont manqué de respect au vote des militants en critiquant ou en ne soutenant pas la candidate choisie par eux méritent-ils, moralement, leurs voix aujourd’hui ? Seule la droite pourrait s’en réjouir"), qui instrumentalisent fallacieusement le traumatisme de mai 2007 en faisant porter le chapeau à des adversaires, commencent à devenir désagréables. Julien Dray lors de son interview a lui aussi tenté d'imposer son écriture de l'histoire à ce sujet, mettant même au défi ses contradicteurs de donner une écriture différente. Eh bien il va peut-être falloir dire les choses à ce sujet, d'autant que selon Ségolène, "le projet qu'(elle) défends est le seul à assumer une continuité avec la campagne présidentielle de 2007". Effectivement, on peut avoir soutenu le projet mais pas assumer la campagne, avec de bonnes raisons pour ça...
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Published by Martin P. - dans PS
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 09:28
Les commentateurs sont, pour une fois, assez aimables quand ils accréditent l'idée que les socialistes subissent leur propre cacophonie. En réalité ils l'entretiennent. Leurs prises de position sont souvent dictées par des considérations tactiques, pour se construire une originalité, ou par la conjoncture politique. La cacophonie a de surcroit une dimension dans la durée: l'inconstance de maints responsables participe de l'impression quelque peu dissonnante de la partition.

Pour Julien Dray, le PS a toujours connu une certaine diversité d'idée, et cette liberté de débat est quand même plus intéressante que quand il était chez les trotskistes. Le problème, c'est que la présidentialisation induit qu'un parti se dote d'un leader qui "corresponde au profil que représente cette présidentialisation". "Il y a donc une phase de transition, qui est longue, trop longue", parce que "tout le calendrier a été conçu pour éliminer Ségolène Royal". "D'où une difficulté pou le PS à être entendu dans le pays parce que cette compétition est permanente".
"Ce n'est pas obligatoire que cela dure", et pour y remédier Julien a beaucoup d'idées sur ce que doit être le travail d'équipe et la discipline, construite non pas sur l'autoritarisme mais sur une légitimité qui pour chacun doit s'adosser à l'activité militante dont il fait preuve. Il se fait fort, par son expérience en la matière, à créer les conditions de ce travail collectif, à tirer le meilleur de chacun. Ce point est repris un peu plus tard pour creuser le sujet du travail sur la doctrine.

Interrogé sur la question des alliances, notamment au travers de l'idée, développée en fin de ce billet précédent, que l'on pourrait défendre une stratégie d'alliance qui dissocie le plan local et le plan national, en particulier avec le modem, Julien Dray balaie l'argument: un parti se doit d'avoir une stratégie, et on doit faire avec Bayrou, "Bayrou il est là". (JD a quand même fait un détour historique par la SFIO, puis l'union de la gauche, et les difficultés de Mitterrand avec Deferre sur ce point, pour en arriver là). On objecte que Bayrou pourrait être au PS ce que Mitterrand a été au PC: une personnalité qui s'est construite par sa candidature au présidentielles, qui fonde un parti dont il est le candidat naturel, et qui parvient à progressivement marginaliser ce qui a longtemps été le premier parti de gauche.
"La seule chose qui pourrait être envisageable un jour c'est une OPA de François Bayrou sur le partis socialiste. Imagnons, dans la spéculation intellectuelle, que Bayrou, finalement, au terme d'une marche longue, en arrive à dire, il n'y a pas de dirigeant au ps, bon... C'est un peu ce que Mitterrand a fait à Epinay. Imaginons que François Bayrou devienne une sorte de 1er secretaire du PS -allons jusqu'au bout de la spéculation-, il arriverait à Bayrou ce qui est arrivé à Mitterrand, c'est à dire qu'à un moment donné la force de l'appareil politique vous oblige à bouger."
On a là exposé assez explicitement des choses qui bousculent un peu, mais aussi qui détonnent avec le "pas de leçon de gauchisme à recevoir" qui suit.


Le coupable dont on parlait dans la note précédente était Benoit Hamon, et l'objet de l'ire l'interview dans lequel il a notamment commis ceci: "Ségolène Royal vient de reprendre notre proposition d’un pôle financier public (etc)". Quand Vogelsong, qui s'est préalablement présenté comme pro-Hamon, a commencé à parler de pôle financier, Dray a bondi. Un des beaux moments de l'entretien. "Moi j'adore ces jeunes de 40 ans qui viennent nous donner des leçons à moi ou à d'autres, mais le problème c'est que moi j'ai pas été membre de cabinet ministériel de 97 à 2002. Donc je n'ai à aucun moment soutenu l'action de Lionel Jospin". "J'ai voté contre le pacte d'Amsterdam". "J'ai été discipliné comme député, mais j'ai voté contre l'orientation défendue par François Hollande dans tous les congrès". "Je suis remonté parce que j'ai pas aimé l'interview de ce matin (de Hamon)".
Si Ségolène a autant marqué sa distance à la législature Jospin, on trouve peut être ici un élément d'explication...
Dans la série, c'est Mélenchon (dirigeant de la "Gauche Socialiste" avec Dray), qui en a le plus pris dans les dents: "Moi je regarde ça avec amitié et sympathie, bon, voilà, on entre nous. Mélenchon! mais c’est une caricature Mélenchon! Mélenchon en 2000, quand les jeunes de la Gauche Socialiste disent "ça va pas", commencent à dire "il faut qu’on bouge", Mélenchon me dit la chose suivante, en me prenant en tête  à tête: "si il y a le moindre mouvement social, je quitte la Gauche Socialiste et je m‘en vais".
"Mélenchon au congrès de Grenoble du PS, je propose que toute la gauche soit unie, et si on avait tous été unis on aurait fait plus de 30% au congrès. Il vient me voir il me dit "Jospin m’a dit qu’il ne fallait pas qu’on fasse alliance avec Emmanuelli, et donc on ne peut pas être ensemble"."
"Mélenchon quand il est ministre, c’est le plus grand des fayots au conseil des ministres. Il a jamais ouvert la g.. la voix, sur toutes les questions que j’ai évoquées, la fiscalité sur les stock options, la question de la réforme de l’université, la question de la précarité, la question des salaires, la question de l’insécurité, trouvez-les les compte-rendus du conseil des ministres où on voit Mélenchon prendre ses responsabilités, aller à la bataille dire "je suis pas d’accord. Jamais. Et puis quand on a perdu alors Mélenchon c’est devenu le plus grand des gauchistes. Mais quelle est la credibilité? Moi j’ai subi la tutelle de Mélenchon, je les ai pris sur moi ces compromis".
"Non, il faut pas me la faire. J’aime bien Benoit mais quand je vois derrière les vieux crabes…"

Il y aurait beaucoup à commenter sur le fond de ces propos, mais le but de cette note est d'en retranscrire des passages significatifs.
De cet ensemble surgit une évidence que je n'avais pas saisi avec autant de netteté auparavant: Julien Dray, mitterrandiste voire mitterrandolâtre (c'est très net à certains autres passages de l'entretien), a été "barré" pendant la période Jospin. Il rappelle à un moment qu'il a été jugé "par les commentateurs" comme un des meilleurs députés de la législature 93-97 (la vantardise fait partie du personnage), et que malgré ça Jospin l'a écarté "parce qu'il ne l'aimait pas". Une rancoeur s'est accumulée, envers la "jospinie" et aussi envers ceux qui avaient su être jospino-compatibles. Il a cru trouver une issue avec l'irruption de Ségolène, et s'est lancé dans la bataille à ses cotés peut-être aussi pour prendre une revanche. C'est pour ça que j'ai, un peu fallacieusement, utilisé en titre cet extrait: il me semble être très explicatif de la trajectoire de Julien Dray et des clivages actuels au PS.

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Published by Martin P. - dans PS
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 23:58
Première note sur l'interview de Julien Dray. impressions.

Julien Dray est entré dans la salle avec l'air de quelqu'un qui sortait d'une engueulade, ou quelque chose de ce genre. Quelque chose ou quelqu'un nous l'avait un peu énervé aurait-on dit. On aura une idée du coupable par la suite.
Romain Pigenel, son assistant parlementaire, nous avait ramené de l'apéro (non alcoolisé) et en ouvrant les canettes on était en train de dire quelques conneries de socialistes pour se détendre, mais dès les premiers mots Julien Dray entra rapidement dans le sujet, en commençant par c'est quoi, en fait, le sujet?
Cette manière de brusquer un peu n'a pas donné le sentiment d'être systématique chez lui mais plutôt une façon parmi d'autres de tâter le terrain, de humer l'ambiance, de sentir les personnes.

Pour tout dire, j'avais vu le bonhomme dans d'autres contextes, de plus loin, mais dans cette salle de taille modeste sa présence se sent, et à l'occasion s'entend. La chose aurait pu être intimidante, mais on est entré dans la discussion comme si nous l'avions déjà entamée peu avant: on était bien là pour causer politique.
Ce qui marque, voire surprend un peu, au fil de cette rencontre en petit comité, c'est de voir que, au moins sur les sujets abordés, Julien Dray ne fait absolument pas semblant d'être convaincu. Cette remarque ne remet pas en cause la capacité de jeu et de calcul dont il ne fait pas de doute qu'il sait faire preuve par ailleurs. Mais dans ce contexte de congrès, même face à des petits blogueurs, il veut avoir raison et ne mégote pas sur les moyens vocaux et gestuels. En cela, disons-le, il y a beaucoup de ce qui fait sa force: contredire un militant, voire l'engueuler, c'est d'une certaine manière le respecter.
La contrepartie, ou ce qui semble être le défaut de cette qualité, est que si Julien Dray croit aux hommes, au contact humain, il peine à persuader ses interlocuteurs qu'il a autant d'appétit, autant de savoir-faire, dans le maniement des idées. Cette image de mécanicien de la politique, il en a conscience et elle le froisse un peu. On en a un peu causé, entre autres sujets, en partant du constat que le récent texte qu'il a signé sur la crise financière n'avait pas eu l'écho qu'il mérite, ce qui est injuste puisqu'il présente l'intéret assez rare de remettre les questions politiques au premier plan de l'analyse sur la crise financière: la politique américaine du logement et du travail par exemple.
Il y a encore beaucoup à écrire ici sur ces échanges, mais retenons que Julien Dray est un militant qui plaide pour un militantisme à hauteur d'homme.
A la fin de cette "interview", après que les blogueurs aient quitté la salle, Juju a ramassé les canettes qui étaient restées sur la table.

edit 30/10.08: j'ai écrit l'article hier après la rdb, j'ai oublié de préciser que l'interview a eu lieu hier soir de 18h à 20h dans les locaux de l'assemblée nationale. Les blogueurs présents étaient Ronald, Vogelsong, Abadinte, Eric, Hervé, Nicolas et Tonnegrande.
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