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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 23:06
Selon certains journalistes qui ont des sources à l'Elysée, il y aurait un vent favorable à Ségolène Royal en ce moment. Ce genre de "rumeur" d'avant scrutin est un classique du genre, et à lire le couplet sur une motion E qui serait "privée de l'appareil", on comprend où peut se situer son inspiration. C'est que cette motion, celle de perdreaux de l'année tels que François Rebsamen, Gérard Collomb, Jean-Noel Guérini ou Julien Dray, aime à se définir comme "sans appui dans l'appareil"...

Ce qu'il y a d'intéressant est qu'on comprend que cette poussée de la motion E relayée par les ségolénistes est aussi annoncée comme une victoire de leur championne. On se rappelle alors que quand les mêmes pointeurs approximatifs la voyaient plutôt "en baisse", ses partisans parlaient du "collectif", de l'"équipe" qu'était la motion E.

Conclusion:

* Quand Ségolène s'avance les pronostics faiblissent, quand elle s'efface ils remontent.

* Mais que la motion E fasse un score faible et ce sera celui d'un collectif, qu'elle fasse un bon score et ce sera celui de Ségolène.


On lit vers la fin de l'article qu'elle "a confié à une équipe de quadragénaires, animée par Vincent Peillon, le soin d'occuper le terrain lors des assemblées générales". Alors évidemment, quand certain
Collombophile ségosceptique nous rappelle que son Gérard préféré n'occupe pas moins ce terrain (et c'est normal), on se dit que la vie militante, c'est aussi beaucoup d'abnégation...


PS: Le jeu de mots est pas très constructif mais c'est pour rigoler un peu après une note précédente un peu aride. Et puis je voulais faire un lien vers Romain et j'ai pensé "collombophile", et j'ai craqué. Pour filer la métaphore ornithologique je fais un lien vers le coucou, mais je ne développe pas sinon on me traitera de mauvais camarade. Attendons l'issue du congrès pour savoir qui de la farce sera le dindon et qui le pigeon...
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 19:10
Reprenons ici les points développés comme mandataire de la motion A, en section.

Le moins que l'on puisse dire est que ce congrès ne se présente pas de la meilleure des façons. Les tenants de ce qu'on appellera "social-démocratie" par facilité de langage se sont un peu éparpillés, Huchon et Cambadélis chez Aubry, Collomb chez Royal, Larrouturou chez Hamon, ce qui rend en certaines occasions le débat un peu factice, "pour le sport", étant entendu le peu de différences avec les signataires de la motion A, Delanoe et Moscovici en tête.
Dans un mouvement semblable on aura remarqué que la fringante "nouvelle génération", les Dray, Peillon, Montebourg, Valls, et quelques autres moins connus n'ont toujours pas eu le courage de s'imposer ni de tenter de prendre la place de leurs ainés en tête des motions. Seul Pierre Moscovici aura tout tenté pour faire exister une alternative. On notera d'ailleurs que les "éléphants", hommes d'appareil et autres "barons" sont assez bien répartis parmi les motions, bien que certains essaient d'en faire un argument repoussoir.
Comme d'habitude, les textes ont souffert du jeu des alliances, et beaucoup de contributions ont perdu de leur force dans l'exercice, qui se traduit souvent par des coups de gomme et du lissage. Nous nous retrouvons donc avec ces fastidieux préambules sur le monde qui va mal, la confiance des citoyens à retrouver, l'urgence de ceci et de cela, avec toujours le même style empesé dont il faudrait nous débarrasser.

Malgré ces réserves, il est possible de se déterminer, au regard de la clarté, de la cohérence de l'orientation politique d'une part, et des aspects de méthode d'autre part.

La crise financière est l'occasion de vérifier qu'un des signes de la cohérence, c'est la constance. Il ne s'agit pas d'appeler à "changer de système" sous la pression des circonstances quand on a auparavant toujours parlé de le réformer. La subtilité langagière pourra paraître spécieuse, mais il est important de comprendre que chaque ambiguité, pensée comme une habileté tactique, prépare l'échec stratégique, par illisibilité et manque de crédibilité. Il faut donc voir qui reste clair sur le réformisme, lequel peut être radical mais part de la situation réelle pour formuler ses propositions.
Réformisme qui suppose aussi une certaine rigueur: s'il s'agit de dénoncer les dérives du marché par exemple, il faut encore distinguer le marché des biens de celui des capitaux, comme celui du travail. S'agissant du marché des biens, on peut considérer de nouvelles formes de protectionnisme européen, mais en se rappelant qu'un protectionnisme a déjà existé et existe toujours, celui de la PAC, avec les effets pervers que l'on connait dans les pays en développement. Il faut donc ici plutôt parler de protections dans le domaine du marché mondial du travail, pour éviter le dumping social. Concernant le marché des biens, et au regard du défi écologique, il faut songer au développement de l'économie des biens immatériels,  de l'économie de la connaissance chère à Pierre Cohen, et donc au traitement de la question de la rémunération des oeuvres de l'esprit, de la culture.
D'un autre côté, le marché financier, qui est une sorte d'ultra-marché, aurait besoin de réforme radicales, touchant à son fonctionnement, à ses métiers, à sa réindexation sur le réel, pour en assurer la stabilité nécessaire à l'économie réelle. Mais tout cela n'est pas une remise en cause de la propriété des moyens de production par le capital privé, qui définit le capitalisme.
C'est entre autre sur ce point que la motion A diffère par exemple de la motion C, qui est plus ambigue sur le marché et le capitalisme dans l'énoncé de sa doctrine, même si elle est moins "anticapitaliste" dans sa partie propositionnelle. La motion A, elle, propose de s'appuyer pleinement sur la déclaration de principes du parti.


La cohérence, la constance, la rigueur intellectuelle et la clarté de l'orientation politique précédemment évoquées ne suffisent pas pour garantir que la bataille idéologique soit efficacement menée. Il faut donner de la force, de la structure, de la puissance à notre discours. Pour cela il existe une méthode: stimuler l'affutage des arguments, contraindre à ordonner sa pensée, à trouver des formules percutantes, par la confrontation des points de vue. Le PS doit retrouver les vertus dialectiques du débat authentique. Car l'étincelle ne vient pas de la tambouille mais de la friction. Or, si la motion C pourrait se constituer en opposition exigeante dans une relation dialectique féconde avec une majorité construite autour de la motion A, d'autres motions proposent des démarches qui permettent peu cette méthode.
La motion D se présente elle même comme celle de l'alliance des "carpes et des lapins". Si l'idée est d'apparence sympathique, elle prépare néanmoins un "rassemblement" qui ne serait pacifié qu'en apparence, et qui maintiendrait le PS dans un état dans lequel le débat de fond se perdrait dans les contours mouvants de courants internes déterminés par les stratégies personnelles.
La motion E comporte une personnalité incontournable qui se présente comme l'incarnation de la rénovation, comme l'allégorie du changement. Une allégorie ne se discute pas. La posture, si il est admis par beaucoup de français qu'elle convient en période de campagne présidentelle, n'est aujourd'hui pas celle dont on a besoin dans le parti. Elle est anti-dialectique. Elle parasite les questions de fond par les questions de personne, assimile la critique à l'attaque. Il est entendu que les idées se doivent d'être à un moment donné incarnées, mais une préparation, une mise en ordre, une reformulation préalable sont nécessaires.
Le texte des motions, comme évoqué plus haut, illustre bien que ce ne sont pas les propositions qui font défaut, mais le souffle, la vigueur du combat pour les idées. Si on résume le débat à la récitation d'un listing de propositions, on se perd et on se leurre, d'autant qu'on retrouve un peu partout les mêmes. La méthode de travail implicitement portée par chaque motion doit donc être un critère de choix majeur.

Sur la question de l'ouverture du parti,
la motion A prévoit de mettre en débat une proposition concrète. Outre la sollicitation de la "société civile" pour intégrer ses travaux, outre l'intégration des forces sociales, que chaque motion ou presque appelle de ses voeux, il faudra discuter de l'organisation d'une primaire ouverte pour la désignation du candidat aux présidentielles. Cette méthode a de nombreuses vertus, mais présente le défaut aux yeux des militants de leur retirer cette prérogative. Mais être un militant ce n'est pas seulement désigner un candidat. En outre, une primaire ouverte contraindrait les "présidentiables" à se placer dès le départ dans une logique de campagne nationale, a priori mieux susceptible de préparer politiquement les candidats. Elle les contraindrait aussi à parler non pas aux seuls adhérents du PS mais à l'ensemble des français, ce qui devrait débarrasser cette parole de ses insupportables précautions oratoires, de son langage codé, de ses évolutions infinitésimales.

Enfin, la question des alliances montre combien une doctrine peut être mal articulée et irréfléchie. Il est entendu que la stratégie de François Bayrou est quasi-exclusivement présidentielle. Jamais il ne renoncera à sa candidature, pour la bonne raison qu'il compte bien battre le candidat PS au 1er tour. Dès lors, toute stratégie tendant à le faire exister au plan national est contre-productive, même s'il ne s'agit pas de refuser a priori l'apport de ses voix dans un second tour. Cela ne veut pas dire qu'il faut nier les alliances qui peuvent se nouer au plan local. La distinction entre le plan local et le plan national dans notre rapport avec le modem est parfaitement défendable. Les convergences au plan local ne sont pas illogiques, et c'est bien plutôt Bayrou que le PS qui se trouve gêné par cette réalité: laissons-le avec cette contradiction, et ne construisons pas une stratégie nationale là-dessus.
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 20:32
Les blogueurs de gauche ont décidé de prendre leurs responsabilités et de déclencher un maxi-sommet dans le but de produire des propositions communes pour sortir de la crise financière mondiale.
Les blogueurs de droite sont invités à nous éviter, mais peuvent s'ils le souhaitent applaudir à notre initiative dans un esprit d'union nationale qui s'il faisait défaut signerait un sectarisme crasse.
Les journalistes que le salut du Monde intéresse pourront suivre nos échanges avec profit, les autres iront plancher sur ce thème: "est-il possible de faire du journalisme avec une autre source que sarkozy, si oui étude de cas: Clearstream".

A vendredi soir à la Comète, au Kremlin-Bicêtre.





Aussi bien, journalistes et blogueurs de droite pourront utilement se demander si les contribuables au "revenu fiscal de référence inférieur à 3.753 euros annuels", qui émeut tant les belles âmes promptes à les abriter de leur bouclier fiscal, n'est pas, par hasard, à ce niveau suite à évasion fiscale ou autre montage dont nos plus éminents avocats fiscalistes se sont fait une spécialité. En effet, ceux qui en ont les moyens parviennent dit-on à réduire leur revenu fiscal à tel point qu'ils en seraient presque à toucher le RMI.
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 16:29


Résumons-nous. Bertrand veut être chef à la place du chef, mais avec le soutien de l'ancien chef, François, qui voudra rapidement le redevenir. Au vu de cette alliance, Ségolène, qui voulait être chef, n'en fait plus un "préalable" pour éviter d'avoir à se compter sur son seul nom. Elle cherche à rejoindre Gérard lequel devait soutenir Pierre qui veut être chef sans en faire lui non plus un "préalable". Mais si Pierre est soutenu par Ségolène, il ne peut plus l'être par Martine, qui d'ailleurs veut être chef sans l'avoir dit explicitement. D'autant que Ségolène pourrait très bien réviser à la hausse son ambition en fonction des résultats de sa motion avec Gérard, vu qu'elle n'est pas du genre à s'embarrasser de palabres quand elle peut saisir une occasion. Martine, de son côté, veut à tout prix conserver le soutien de Laurent, réputé avoir des troupes certes limitées mais consistantes et disciplinées, soutien dont Pierre ne veut pas car incompatible avec Gérard. Le problème pour Martine est que Laurent, comme François d'ailleurs, ne veut certes pas être chef maintenant, mais c'est pour mieux l'être plus tard, et donc Laurent comme François seront rapidement des alliés encombrants pour Bertrand et Martine, lesquels ne veulent pas être des chefs intérimaires. Le pari de Pierre, qui dit vouloir n'être un chef que temporaire, est donc que Martine et Bertrand s'entendent sur son nom, mais sans François ni Laurent, potentiels perturbateurs. Ceci serait logique, mais c'est sans compter l'arithmétique électorale qui accorderait une valeur non négligeable au soutien de ces derniers. Pendant ce temps, Arnaud soutient à la fois Pierre et Martine, mais a surtout en tête, comme les autres, d'éviter d'avoir à se compter trop précisément. Jean-Christophe, lui, avait le même chef que Pierre, Dominique. Jean-Christophe est heureux de n'être que sous-chef, simplement il ne veut pas que Pierre lui passe devant, et donc soutient Martine. Jean-Christophe pense aussi que le fait de devenir chef maintenant est un bon moyen pour ne plus pouvoir l'être en 2012, et donc y voit un moyen de griller Martine ou Bertrand, de manière à laisser Dominique seul dans un futur duel avec Ségolène.

Bref, plus ça va, plus les logiques d'appareil dominent, et moins le souci de cohérence compte. Les dirigeants, faute de visibilité, s'en remettent aux professionnels de la mécanique politique, et oublient en cours de route la lisibilité de leur propre parcours aux yeux du grand public. La politique est ainsi, in fine, laissée aux techniciens. On trouve là un travers commun avec les campagnes nationales. Le phénomène par lequel les candidats s'en remettent aux communiquants et autres spin doctors, aux sondeurs et autres triangulateurs, est très semblable. Et il aboutit au même résultat: pauvreté d'un discours lissé par les précautions, contorsionné par la cohabitation d'arguments antagonistes. En conséquence, dans le brouillard, celui qui délimite sa base politique parait avoir un potentiel numériquement plus faible. Le problème est qu'à la tête du parti il faut bien une direction cohérente, ferme sur les idées, pour fournir un socle solide et éviter d'avoir ensuite à tomber dans l'évanescence.


Dans ce contexte, le seul qui avance avec des arguments simples et constants est Pierre Moscovici, que chacun par ailleurs sait situer politiquement.

1/ La présence d'un présidentiable à la tête du parti sera inévitablement une incitation pour ses compétiteurs à empêcher sa réussite.

2/ La bonne méthode est une primaire ouverte aux citoyens et aux partis qui souhaitent s'y inscrire, avec l'intérêt immense de contraindre les présidentiables à parler non pas aux seuls adhérents du PS, mais aussi à l'ensemble des français.

Ces deux arguments répondent aux problèmes actuels: neutralisation réciproque qui empêche de réordonner et reconcevoir sérieusement le rôle d'opposition. Prééminence des techniciens et hommes d'appareil dans la détermination du dispositif, effet de "huis clos sous les projecteurs", et in fine, démobilisation de l'électorat.

Il faut donc souhaiter que Pierre Moscovici aille jusqu'au bout, quoi que l'on pense de son style, de sa personnalité, toutes choses dont les aspects rebutants sont très également partagés parmi ses congénères.


Si les choses se maintenaient telles qu'elles l'étaient il y a une semaine, on pourrait se référer au pointage que le Canard Enchainé faisait le 3 septembre:

* Royal: 25%, avec une forte incertitude dans l'estimation.

* Delanoë-Hollande (motion annoncée par le Canard, déjà): 20%

* Aubry-Fabius-Cambadélis: 20%

* Moscovici-Collomb-Valls-Guérini: 15%

* Emmanuelli-Mélenchon-Lienemann: 10%

Larrouturou, Utopia, et pôle écologique, non comptabilisés par le Canard, probablement 10% à eux trois.


L'incertitude associée à cette estimation est liée au degré d'indépendance des électeurs, c'est à dire à la proportion des électeurs qui ne sont tenus par aucune dépendance ou allégeance intéressée, qui ne sont pas strapontinisés, bref, ceux-là même qui sont lassés de voir l'immobilisme prévaloir à tous les niveaux, national et fédéral, et qui voteront donc probablement différemment des consignes des potentats locaux (dont Ségolène Royal n'est pas démunie, ça va mieux en le disant).


PS: comme on le voit sur la photo, Pierre a même été jusqu'à échanger sa barbe avec Arnaud. Il serait triste que cette fraternité soit brisée par un jeu de cache-cache qui aurait mal tourné.

EDIT 17h30: Officiel: les barons du Parti socialiste roulent pour Ségolène Royal. Décidément tout ceci est palpitant. Reste à suivre l'évolution de la doctrine des "Barons" concernant la question des diverses candidatures.



On ne peut pas, sur ce blog, ne pas mentionner l'excellente intervention, brève et riche, de Lionel Jospin sur France Inter ce matin, en particulier sur l'Afghanistan. C'est à des prestations de ce type que l'on réalise le niveau, insupportablement faible, atteint par la politique française aujourd'hui.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:34
Comme prévu, celui dont on peine à se dire qu'il est président de la république plastronne depuis l'Irlande après avoir obtenu le plus petit résultat positif possible, non content d'avoir dans la même journée expliqué aux irlandais que le vote non était compté comme nul. Beau doublé pour inaugurer une double casquette. Un vote arraché de surcroit après un "festival" de la méthode sarkozyenne: d'abord tenter de séduire le votant, sinon l'amadouer, sinon dramatiser, sinon marchander, sinon faire du chantage, sinon intimider, sinon menacer. Dans l'ordre. Qui a dit méthode de voyou? peut-être bien. C'est dire en tous cas à quelle aune juger la morgue de celui qui se déclare vainqueur. Aurait-il "perdu" qu'il aurait "raillé-l'archaisme-de-la-gauche" et signifié aux commentateurs mondains qu'il avait malgré tout le beau rôle. Ce point étant le seul non négociable du sarkozysme, pour lequel il est paradoxalement prêt à toutes les mystifications et toutes les vilénies.



Insistons sur un volet trop peu relevé dans cette panoplie bien remplie de la voyoucratie politique. C'est ce que le député UMP Gilles Bourdouleix a appelé le "49-3 présidentiel", utilisé à ses dépens. Le principe est simple: imposer une mesure majoritairement rejetée, en l'occurence le discours du président devant le parlement, et malgré ce rejet déclencher un vote solennel du parlement, de sorte à contraindre les réfractaires à voter oui pour ne pas provoquer de crise du régime. C'est une sorte de jugement de Salomon à l'envers: on donne l'enfant à celle qui était prête à le sacrifier plutôt qu'à celle qui y a renoncé pour le sauver. Une manoeuvre parmi les plus retorses dont use et abuse Vicelard 1er, et qui illustre assez bien que là où certains admettent sans toujours l'avouer une sorte de "supériorité" de sarkozy, il y a en réalité une capacité à s'exonérer des règles communément admises dans les sociétés civilisées. De quoi s'arroger le qualificatif de chef, de son état. Mais certainement pas d'homme d'Etat. Mais qui donc parle de voyou?

Ce triste épisode parlementaire est par ailleurs éclairant sur le "cas" Lang. Un cas d'école, hélas.
Le billet précédent signé des "Left-Blogs" dit ce qu'il faut de son comportement, mais on peut même être plus sévère. Que Jack Lang soit en faveur d'un régime présidentiel, soit. Et même, qu'il vote dans un sens contraire à son groupe au nom de cette position, cela l'expose à sanction, voire exclusion du PS, mais on peut faire de la politique honorablement sans cette étiquette, et cela ne le condamne pas moralement.
Non, le vrai problème est que Jack Lang baigne tellement dans le jus sarkozyste qu'il est en train de s'y noyer. Entendons-nous: s'il avait été un personnage si intègre, tel qu'il se dépeint avec complaisance, Jack Lang se serait contenté de faire savoir son vote et son explication motivée sur le fond. Or il est en réalité tellement rentré dans le jeu sarkozyste que cela ne peut être totalement le fruit des circonstances. Son expression a chaque fois été pour cautionner, souscrire, valider les messages successifs du pouvoir, jusqu'à en reprendre parfois les mots, visant en particulier à falsifier la perception de l'enjeu aux yeux de l'opinion, couvrant par son bruit médiatique le message du PS, plus exigeant et qu'il convenait donc au contraire de ne pas gêner. Saluons sur ce point l'excellent discours d'Arnaud Montebourg.

Dès lors, il faut aborder un sujet il faut bien le dire un peu tabou à gauche. Celui des relations excessivement personnelles que certains dirigeants ont accepté d'entretenir avec nicolas sarkozy. Ceux-là répètent volontiers que "nicolas est adorable en privé". En effet, sarkozy s'y entend à draguer le mondain dans l'intimité, à coups de flatteries, et Lang n'était pas le moins disposé à cet exercice, de surcroit grand amateur de clinquant. Comme il n'y a pas de raison que ce qui marche avec les journalistes ne marche pas avec d'autres, on a donc entendu Djack fredonner de manière plus ou moins volontaire la petite musique qui l'a longuement bercé dans la promiscuité d'avec le pouvoir.
Il n'est malheureusement pas le seul. Si Djack a été essentiellement victime de sa coquetterie, d'autres ne sont pas beaucoup moins mûrs. Par exemple celui que, hasard, Djack a d'abord tenté de soutenir, Julien Dray. "Juju" n'est pas soupçonnable de traitrise, néanmoins il croit pouvoir conjuguer le rôle de premier opposant et maintenir des rellations on ne peut plus cordiales avec celui auquel il doit s'opposer. Dray est victime, lui, de sa passion pour la mécanique politique, ce qui l'a conduit à confier publiquement une forme d'admiration pour la superbe machine bien huilée qu'a pu représenter un temps l'UMP. On sait qu'il a été sollicité à plusieurs reprises, à différents moments, par sarkozy. Est-il conscient que si sarkozy cherche à l'amadouer, c'est aussi pour s'attirer des indulgences inattendues y compris à gauche? Toujours est-il que le style des critiques de Dray font rarement très mal, et que leur nature porte un peu souvent sur la forme. La dénonciation des "habiletés" peut toucher juste, mais ne peut-on soupçonner ce tacticien réputé de gouter celles-ci autant qu'il les condamne? "L'élu de banlieue" n'est-il pas fasciné par les manières de caïd qu'il déplore?
Dans ce registre, même la poignée de main de Daniel Cohn-Bendit après son discours enflammé suscite une gêne.
Et on pourrait difficilement arrêter là la série sans évoquer Manuel Valls, mais cet article est déjà un peu long...

Cette question de la distance nécessaire pour frapper sans retenue là où ça fait mal devra être intégrée, d'une manière ou d'une autre, dans le choix du premier secrétaire. On y reviendra.

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PS1: Les "Left-Blogs" commencent modestement à se structurer. Un billet commun (le précédent sur sauce) a été coécrit, peut-être une prémisse de travaux collectifs futurs?
Nicolas J., Rénovation PS, Marc Vasseur, Intox2007,
Trublyonne, Maxime Pisano, Betapolitique, Jon, Donatien, la pire racaille, et peut-être d'autres, l'ont publié. [un lien ici à chaque blog qui reprend le post, me le signaler].

PS2: le discours de Montebourg en vidéo

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 10:09

A compter du 21 juillet 2008 et suite à l’adoption d’une révision constitutionnelle menant à une impasse démocratique par la seule voix de Jack Lang, nous, militants socialistes, blogueurs, estimons que ce dernier ne peut plus se prévaloir de l’étiquette socialiste.

De nombreuses voix se sont élevées au Parti Socialiste, dont celle très juste de Robert Badinter, pour dénoncer la supercherie du texte proposé et la dérive monarchique de notre démocratie. A l'inverse, sans même évoquer son rôle dans cette contre-réforme, Jack Lang a fait montre d'une attitude inacceptable, en accompagnant Nicolas Sarkozy jusque dans ses attaques contre un PS soi-disant "intellectuellement malhonnête", en contribuant par son omniprésence médiatique à rendre inaudible l'explication de vote de ce même PS et en faisant prévaloir sa singularité idéologique pro-présidentielle au détriment des positions décidées par son groupe.

Le groupe socialiste avait arrêté une position sans ambiguïté d’aucune sorte après un débat entre les parlementaires. Tous se sont rangés à cette décision sauf un.

Alors que le pays et les citoyens traversent une crise majeure, il était important d’envoyer un signe fort à l’exécutif en place. Ce dernier, et malgré des résultats électoraux récents mauvais, n’a cure de cette souffrance qui frappe les plus modestes d’entre nous. Ce vote était aussi un moyen de donner un signal fort, celui d’une opposition forte et soudée où le débat a toute sa place.

Ce soir, c’est au contraire un Président exubérant d’arrogance qui règne sur notre «monocratie», comme en témoigne sa volonté de contrôler les médias publics.

Aussi, nous demandons instamment à notre direction qu’en application des articles 11.11, 11.15 et 11.6 des statuts du PS, Jack Lang soit exclu du Parti Socialiste.

Les Left Blogs.

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 11:38
Cette rencontre, vendredi dernier, avec Benoit Hamon fut goupillée via la confrérie MJS (les frères de l’ordre du Hemme-Jiesse ont beaucoup de ressource, comme chacun sait). Frère Benoit, figure tutélaire, s’est donc exposé au feu roulant de nos tirs croisés très obligeamment prêté au jeu de nos questions.


La parole a circulé parmi les blogueurs présents, comme nous en étions convenus entre gens polis, et les réponses ont pu être développées avec le temps nécessaire. L’assemblée (de blogueurs) était assez belle, donc soulignons la bonne tenue des interventions de Jérôme Chargé, du PRS (Mélenchonistes), Abadinte le soc-dem qui pourrait choisir Martine, Jonathan D. le malouin, Fabien-Pierre Nicolas le responsable régional DA, Frère Nathaniel (de la confrérie du Hemme-Jiesse donc), Frère Valerio (…), le mouvementiste démocrate Luc, le pirate Vogelsong, tous pris sous le mitraillage de l’indispensable Richard Ying (ses prises sont exposées ici). Peut-être aurions-nous pu tenter plus souvent de lui faire creuser certains points, ou encore chercher à mieux comprendre comment se passe, concrètement et au quotidien, l'écriture d'un texte de congrès par exemple.


Mais l’approche de ce congrès me sembla surtout le bon moment pour faire réagir les éminences socialistes -et BH en est une- sur un thème sur lequel ils font généralement l’impasse: l’entreprise. Le PS n’en parle pas, ou quand il le fait, ça ne parle pas. Cela appelle deux séries questions:

* L’approche des socialistes n’est-elle pas trop exclusivement "externe" à l’entreprise? Les responsables politiques n’ont-ils pas tendance à ne réfléchir que du point de vue un peu "énarquisé" de la puissance publique, par anticipation de leurs prises de fonction éventuelles dans l’appareil d’Etat? N’y a-t-il pas des voies de progrès par la réforme des mécanismes internes et des modes de gouvernance, dans la continuité de ce qui se fait par la Responsabilité Sociale de l’Entreprise et le Développement Durable?


* Si on ne sait pas parler de l’entreprise, n’est-ce pas à cause de la sociologie du PS, dont les responsables sont généralement professionnalisés dans la politique depuis longtemps? Si cette forme d’endogamie est un diagnostic juste, si elle nous rend effectivement inaudibles dans un certain nombre de domaines, comment diversifier nos sources d’influence pour y remédier? N’est-ce pas un moyen d’intéresser de nouveau les électeurs? Quelles conséquences sur notre fonctionnement interne ?

 


La première remarque du camarade Benoit, et elle est bien sûr tout-à-fait juste, est qu’il existe différents types d’entreprises. Il faut distinguer les gros groupes des PME et TPE, identifier les rapports de sous-traitance et les positions respectives dans la chaîne qui en découle. Bref, et c’est une position qu’il veut générale : "il faut se méfier des discours systémiques". J’en suis d’accord, la politique française produit trop souvent de grandes mesures touchant indistinctement l’ensemble, sans tenir compte de la variété des situations. Dans le cas de l’entreprise, on constate, suivant la taille, des inégalités d’accès aux politiques d’aides du gouvernement, des inégalités dans les accords RTT…
Concernant le dialogue social, il évoque au détour d’une phrase le principe de passer de l’obligation de négocier à l’obligation de résultat. On comprend la philosophie mais l’application concrète semble délicate : cela semble pouvoir contraindre le chef d’entreprise à s’aligner sur les revendications, ce ne serait plus de la négo… à affiner donc.
Détail intéressant, il a travaillé 3 ans "au sein de la direction d’une entreprise cotée" (
chez IPSOS), ce qui lui a permis de distinguer le type de pression que peut exercer un actionnariat "patrimonial" (avec un actionnaire-fondateur majoritaire), distinct de celui exercé dans le cas de détention par des fonds de pension par exemple. L’action souvent néfaste des fonds de pension lui permet de faire le lien avec la lutte contre les paradis fiscaux, qui souvent les hébergent. L’occasion de nous inviter à lire le rapport de Poul Nyrup Rasmussen, dont il a assisté à la présentation à Paris le 27 mars.
Revenant, enfin, sur la question du temps de travail, instrument de la réforme socialiste du travail, il prend position pour la 6ème semaine de congés payés.


S’agissant du fonctionnement du PS, j’ai eu l’impression qu’il a retenu son premier mouvement, avant de choisir de développer sur les dysfonctionnements les plus évidents du parti: Les interventions médiatiques qui frisent le ridicule à force de vide. Le fait d’accourir quand le sujet est consensuel (ex : gay pride), mais de se dérober quand il l’est moins (ex : manif du 17 juin). Le fait que le NPS ait fait 40% à Lyon au congrès du Mans, mais qu’il y ait zéro élu au conseil municipal… (ah, on y vient, à la cuisine).
C’est l’occasion d’un couplet classique: BH a eu le courage de "s’être compté", lui, et d’avoir été minoritaire en congrès. Traduction: il vaut mieux être dans la majorité, cela permet d’obtenir des postes, ce qui a un effet indirect sur la taille des troupes derrière soi. Ça a sa petite importance.
Ce passage, en creux, est très intéressant pour comprendre les mécanismes internes: il forme plus une illustration du problème qu’une ébauche de solution. Comme
dit précédemment, exister au PS nécessite beaucoup de temps en "relations publiques"  - d’ailleurs, questionné sur le sujet, Benoit reconnaît qu’actuellement il consacre énormément de temps à parler aux "amis" des uns et des autres (Fabius, Aubry, Cambadélis, Delanoe) - . Mais passer son temps à faire de l’animation politique ne peut être bénévole qu’un temps, et il faut bien que ça finisse par un poste rémunéré (souvent faiblement). C’est en partie là que la machine commence à se gripper: un camarade, s’il n’a pas de poste et s’il commence à être influent, peut vite devenir un concurrent. Cela n’incite pas à encourager les vocations et les impétrants, d’où certaines réticences à l’ouverture. Voilà le type de petits dysfonctionnements qui fait que la saine émulation politique peut tourner à la crispation entre factions plus ou moins verrouillées et hermétiques. Ajoutons qu’il y a souvent une relation de dépendance envers le "grand chef à plumes", entretenue par ce dernier parfois d’ailleurs, qui n’est pas toujours saine. D’où parfois des effets de "mercato" au début des carrières des "jeunes pousses" (Hamon fut rocardien par exemple).
Evidemment cette description est un peu exagérée, et la situation varie beaucoup suivant les hommes et les femmes, mais il s’agit ici d’analyser ce qui fonctionne mal pour éventuellement trouver des voies d’amélioration, en tenant compte des réalités triviales...

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PS: Durant les deux heures de l'entretien, il s'est dit évidemment bien d'autres choses, rapportées dans les comptes rendus de mes confrères. Je complèterai peut-être moi-même dans un aticle ultérieur.

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 12:10

Poursuite du propos précédent: les processus actuels de sélection du personnel dirigeant du PS, à tous les niveaux y compris les plus petits strapontins, ne font pas toujours émerger les plus aptes à conduire la "rénovation". D'où l’erreur de ceux, Rocard en tête, qui ont une conception élitiste du parti, mais oublient la nécessaire réforme de son fonctionnement.

Autre aspect de ces processus: ils poussent à la professionnalisation dans la politique. En effet, il faut y faire preuve d'une assez grande disponibilité à la manœuvre, cultiver des réseaux, suivre les tribulations des uns, être attentif aux (re)positionnements des autres, tout cela dans un environnement assez flottant et informel. Cela exige une présence, une assiduité qui, même téléphonique, conduit à y consacrer le plus souvent un temps plein. Ce phénomène tend à éloigner les responsables socialistes de certaines réalités, et surtout écarte de l’appareil du PS de larges pans du tissu social, comme les secteurs marchand et industriel. En effet, pour atteindre des responsabilités le choix de s’engager doit être précoce. Le "privé" est donc (très) peu représenté, le "public" l’est beaucoup plus, avec les possibilités permises par la "mise en disponibilité" des fonctionnaires. Enfin, effet pervers supplémentaire, il y a une nécessité pour le reste de trouver un emploi rémunéré, et c'est le plus souvent dans les collectivités locales, dans des organismes publics, à défaut au sein des cabinets, ou comme assistants parlementaires, ou encore comme permanents du parti, avec les ambiguités que cela implique.
Disons-le tout de suite, ces travers valent aussi bien pour la gauche que pour la droite.

En général, quand on leur fait cette analyse, les socialistes sortent tout prêt leur "statut de l’élu" (un "must" du prochain congrès), souvent suivi d’un topo d’usage sur le non-cumul des mandats (non moins "must").

Ces deux solutions, certes intéressantes, ne sont pas tout à fait dans le sujet. Voire, ces réponses sont éclairantes d’un PS qui ne reconnaît guère que le poids politique de celui qui parle (élu ou dirigeant) pour daigner l’entendre.
En réalité, le sujet, c’est bien une forme d’endogamie, celle d’une population centrée sur elle-même, qui, seule, influe dans le parti. Le manque de diversité dans le parti est patente, autant du point de vue "minorités visibles" que sur le plan socio-professionnel, et cette lacune bride sérieusement sa fécondité intellectuelle.

Ces insuffisances expliquent, par exemple, que les socialistes ne savent plus parler de l'entreprise. Leur discours sur ce point ne parle pas aux français, alors que ce lieu de travail représente peu ou prou huit heures au quotidien pour des millions d'entre eux, et alors que l'entreprise peut être le lieu d'une part importante de la transformation sociale. A ce chapitre, on trouve dans les motions des analyses et propositions plus ou moins traditionnelles, toujours  exclusivement du point de vue de la puissance publique, c’est-à-dire le point de vue du parfait petit énarque. Jamais ne sont considérés les mécanismes internes de l’entreprise, dont l’expertise est laissée aux syndicats.

Voilà pourquoi, autre exemple, l’ineffable Larrouturou peine à se faire entendre par l’appareil. Pas issu du même sérail, pas élu, pas chef de courant, Pierre Larrouturou, du point de vue de l’apparatchik socialiste, ne représente rien. Larrouturou doit son ministère de la parole, au sein du PS, essentiellement à l’appui de Michel Rocard, et aussi un peu à son travail il faut le reconnaître. De bonnes raisons finalement pour être au sénat samedi 14 juin, quand il a réuni ses sympathisants (une 50aine de personnes au final) pour faire le point : le succès de sa pétition (signée par un peu tout le monde... il s'agit de "remettre le PS au travail") l’a encouragé à persévérer vers une contribution et pourquoi pas une motion.

Le personnage et sa volonté de rompre avec la glose habituelle pouvait susciter des espoirs, mais il faut bien reconnaître que son texte actuel, s’il dénote par son style direct et factuel, n’est pas exempt des défauts décrits plus haut : discours uniquement macro-économique et peu d’éléments sur le fonctionnement interne au parti.
Sa démonstration économique risque d'être mise sur le même plan que d'autres démonstrations d'autres économistes, et les "leaders" pourraient donc le ranger dans la case "économiste-conseiller pondeur de fiches". Pour éviter cette normalisation il serait souhaitable qu'il sollicite ses amis syndicalistes pour lui fournir un peu de matière dans le domaine de la démocratie sociale par exemple. Par ailleurs, il serait dommage qu’il ne mette pas les pieds dans le plat sur la question de la démocratie interne, lui qui n’a personne à ménager.
Voilà ce que je lui ai dit et j’espère que ces points seront plus développés dans son texte final.

[photo prise dans la "salle Mitterrand", au sénat, qui devrait combler le très larrouturiste Donatien]


Quelques pistes de conduite à tenir pour le PS:

* Lancer des consultations pluri-annuelles, referendums à choix multiples, débattus en sections.

* Le travail doit devenir un objectif contraignant pour les premiers fédéraux, avec un rythme d'au moins 4 conventions organisées au niveau fédéral par an.

* Le secrétariat national doit être resserré, avec une quinzaine de responsables bien identifiés, des objectifs de transparence, de disponibilité, d'ouverture sur la société et aux militants.

* Lancer des auditions publiques, aux niveaux national ou fédéral, destinés à recueillir les expériences d'acteurs variés de la société, sur proposition de ces derniers ou quand l'actualité le commande (plans sociaux, expulsions...), et ce en cherchant à renouveler les interlocuteurs.

* Offensive idéologique de soutien à la prise de risque entrepreneuriale, réinvestir le champ du commentaire d'actualité économique pour dénoncer archaismes managérials et fautes industrielles, promouvoir ceux qui marient progrès humain et progrès de la performance économique.

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 14:07
Le clivage le plus perceptible dans ce congrès concerne la culture politique. Cela va s'exprimer dans les textes au travers de ce qui touche au fonctionnement du parti. La différence entre les principaux candidats, Ségolène et Bertrand, est sensible, mais elle n'est pas encore décrite explicitement. Heureusement, nous avons avec Lionel Jospin et Michel Rocard des camarades qui, par leur âge expérience, ont "quelques titres à s'exprimer sans détour". D'ailleurs Michel Rocard est assez connu pour s'exonérer depuis longtemps de la prudence souvent de mise au PS.



Bref, Michel et Lionel assument clairement: ils sont élitistes (le fait qu'ils comptent parmi les meilleurs esprits du PS et qu'ils le savent y fait peut-être quelque chose). Ils croient que l'élaboration des textes doit se faire par ceux qui ont fait la preuve au préalable de leur réflexion, de leur expérience, ceux qui se sont formés sur une période non négligeable de pratique politique ou dans leur secteur d'expertise. C'est cette idée directrice qui explique le repositionnement récent de Rocard puis de plusieurs rocardiens à sa suite. D'abord enclins à soutenir la contribution dont ils sont les plus proches, annoncé comme un texte fort et exigeant, ils se sont ensuite tournés vers Delanoe, puisqu'à choisir entre lui et Ségolène, c'est tout de même le premier qui apporte le plus de garanties sur le plan de la rigueur intellectuelle.

             [illustration: Bertrand qui peut enfin tirer sur la clope après la longue journée du 24 mai, à la sortie de la mutualité, pendant que Harlem débriefe]

Ségolène, elle, construit sa communication sur la frustration des "militants de base" et des nouveaux adhérents vis-à-vis de cette méthode. Mais elle ne parvient jamais à répondre à ceux qui la soupçonnent de fonctionner de la même façon sans le dire avec son propre cercle rapproché.

L'erreur de Michel Rocard n'est pas tant sur le principe que sur le fait que l'ascension au PS se fait de moins en moins au "mérite", et que nombre de ceux qu'il croit à même de travailler efficacement et pertinemment sur le fond en sont en réalité bien incapables, ayant surtout fait la preuve durant leur parcours de leur disponibilité à manoeuvrer, jouer des coudes et verrouiller, avec un tropisme immobiliste sur le fond.

Le jugement est certes un peu sévère, mais le problème est surtout que personne n'écrira ça dans une motion en raison de  l'influence que l'on prête aux premiers fédéraux sur les votes dans leurs fédérations. Or ce qui est en question au PS ce n'est pas seulement le travail au niveau national, mais aussi dans les fédérations.

Bref, ce qui est en cause n'est pas l'élitisme mais le carriérisme: le fait de se constituer des réseaux, des appuis, des "troupes", est prioritairement reconnu par le PS. Mais le peu de transparence dans lequel ces processus opèrent fait que la capacité à convaincre au delà de ses fidèles sur la base d'un discours structuré n'est pas toujours garanti chez ceux qui auront connu l'ascension dans ce système.

Comme on me reproche des articles trop longs, je poursuis dans l'article suivant.

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PS: cet article me permet de dépiler un peu les sujets que j'avais en tête avant de faire un petit compte rendu d'une rencontre entre Benoit Hamon et des blogueurs, dont vous aurez déjà quelques aperçus chez Lancelot.

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 15:22
La bonne réforme, sur la question complexe des institutions, est paradoxalement extrêmement simple. La raison pour laquelle celle-ci ne sera pas faite est que les français ne sont fondamentalement pas de vrais démocrates. De culture bonaparto-monarchiste, ils tendent à ranger les processus de délibération parmi les entraves à l'action, et à voir la prise en compte de la complexité comme un facteur d'inefficacité. Ils préfèrent y substituer une approche intuitive et affective qui jauge surtout les personnalités: la désignation par plébiscite de l'heureux élu lui donnerait en principe la faculté magique de surmonter ce magma pénible, envahissant, et difficile à appréhender qu'est, en fait, la réalité...

La bonne réforme donc, c'est simplement de supprimer le (poste de) Président. La République, ce n'est pas la chose d'un seul.

L'élégance de cette solution ne serait pas le moindre de ses attraits: quelques traits de plume dans la constitution suffiraient à faire passer la République à l'âge adulte.
Car une démocratie mature peut-elle vraiment continuer à se perdre en digressions sur des "concepts" qui se pretent aussi peu au débat que celui de la "stature", ou sur des idées aussi infantilisantes que celle d'"incarner la nation"?
Par ailleurs, le fait d'avoir un chef de gouvernement qui conduit une politique et dont la légitimité pour le faire se fonde sur une majorité parlementaire, cela ne suffit-il pas pour assumer complètement le rôle de l'exécutif?


Evidemment, ce n'est pas ce qui sera fait.  Mentionnons  tout de même deux points assez peu commentés au sujet de la réforme proposée (laquelle est assez correctement débattue par ailleurs):

* Si le président s'exprime devant le parlement, quid du droit de réponse? Le (vrai) chef de l'exécutif, qui n'est pas responsable devant le parlement, va de surcroit pouvoir venir donner sa version des faits et expliquer aux députés comment il faut penser, sans que ceux-ci n'aient leur mot à dire. Evidemment, par droit de réponse on entend à égalité de publicité médiatique...

* Voilà un moment qu'on en parle, de ces sujets, mais qu'en pense Bayrou? On n'entend pas un mot de sa part. Même s'il faut bien admettre que ce silence est loin d'être assourdissant, le thème des institutions, de la démocratie et du pluralisme ont quand même été dominants pendant sa campagne.


Profitons-en pour dire un mot sur le modem:

La question d'une alliance avec ce parti risque de s'imposer dans les débats au congrès. Sauf qu'ouvrir officiellement des discussions avec François Bayrou n'aurait pas de sens, si on prend la peine de considérer que le seul point non-négociable chez lui est d'être candidat à la présidentielle, avec l'objectif de battre la gauche au 1er tour. Partant de ce principe, le seul accord possible est celui sur un désistement mutuel après un 1er tour: celui qui n'arrive pas au second appelle à voter pour l'autre. Bayrou ne le fera évidemment pas en vertu de l'objectif énoncé plus haut: annoncer un désistement en faveur de la gauche, même sous condition, c'est s'aliéner les voix de droite, et donc toute chance de figurer au 2nd tour.
Notons au passage que la stratégie exclusivement présidentielle du modem est quelque peu en contradiction avec son discours sur l'équilibre de notre démocratie.

PS1: Même les signataires (16 sur 17) de la tribune dans Le Monde ont fini par comprendre que le B A BA, c’est de ne pas entrer dans une délibération parlementaire ou une négociation en se démunissant par avance du seul moyen de pression à sa disposition (le vote contre). L'initiative malheureuse portait la marque de Manuel Valls: ne pas contribuer au rapport de force quand il le faut, et de jouer à l’”opposant constructif” bien avant que ce ne soit le moment.

PS2: Que le texte soit adopté au final ne dispense pas de veiller à ce que personne ne vienne chiper la cerise sur le gâteau indûment. Du genre une conférence de presse impromptue et solennelle de sarko pour s’attribuer les mérites du résultat. Une certaine habileté pourrait être de s’accorder discrètement avec Fillon pour que ce genre de fanfaronnade déplacée ne puisse avoir lieu.

PS3: La ligne juste était exprimée, comme d'habitude, par Pierre Moscovici.
le 20 mai: "Il est plus que douteux que nous puissions voter le texte –cela supposerait un accord global qui est loin d’être envisageable- mais certes pas exclu de pencher pour l’abstention. Ne soyons toutefois pas complaisants en laissant penser que notre indulgence serait acquise. [Nos] propositions ne sont ni maximalistes, ni irréalistes, elle ne sont pas la surenchère de l’opposition que dénonce le Président de l’Assemblée"
Le 21 à l'assemblée: "La manière très cavalière dont le parlement – dans son intégralité – a été traité dans cette affaire en dit long sur la volonté du gouvernement, affichée mais sans être suivie d'effets, de renforcer le pouvoir délibérant. Arnaud Montebourg vous a proposé un « compromis historique » pour réformer les institutions. Il est encore temps de le faire. Mais pour cela, il faut que vous bougiez, que vous bougiez, et vite."
Le 22: "je suis plus sceptique sur l’état d’esprit du gouvernement, que je trouve sectaire, fermé, volontiers méprisant, comme si au fond, il avait déjà fait le deuil d’une révision constitutionnelle qui ne l’arrange qu’à moitié et cherchait à nous en faire supporter la responsabilité."

PS4: On m'interroge souvent, comme militant socialiste, sur la nouvelle déclaration de principe. Pour faire vite: Vivement critiqué pour n'avoir rien foutu sur le plan des idées pendant 10 ans, Hollande veut étoffer un peu son bilan en matière de rénovation. Il a fait écrire une nouvelle déclaration de principe à Bergougnoux et Weber dans ce but, mais sans aucune forme de délibération ou d'organisation collective de ce travail. C'est un coup de fin de mandat pour soigner son crédit personnel, mais personne ne s'y est opposé car chacun espère toujours avoir son soutien au congrès. En fait il aurait fallu que la déclaration de principe soit à l'agenda de la prochaine direction, plutôt que d'être réduit à voter ce soir sur un texte qui continue d'être amendé jusqu'au 10 juin.

PS5: La palme de la plus belle réponse à la chaine bachique lancée ici revient à Nicolas J. Nicolas est un pote kremlinois, blogueur faussement rustique, légèrement soupe au lait (et surtout à la bière), mais à l'écriture inventive, riche en bons mots de tonalité plutôt truculente et surtout pas snob, avec un regard à la fois saisissant et frappant d'évidence sur nos tribulations et autres routines quotidiennes. Son billet illustre bien ces qualités. Son diagnostic politique est de surcroit rarement pris en défaut. Le seul fléau qui le guette et auquel ces lignes ne remédieraient certes pas: la grosse tête. Son refus de franchir le périph' devrait néanmoins l'en prémunir.

PS6: Des articles étayés, sur le travail, chez Intox2007. je suis feignant, donc je me contente de les signaler. A quand la statistique qui permettra de connaitre le nombre total d'heures travaillées par pays? Rapportées à la population totale, cela donnerait une idée plus juste de l'emploi dans les différents pays, au delà des magouilles de chaque gouvernement.

PS7: mes encouragements moscovites à Chouka, même s'il y a encore du chemin avant de parvenir au statut de noeud (de la blogosphère). Concept appris hier à la république des blogs.
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