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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 22:12

La gravité de l'évènement semble avoir échappé a beaucoup. La gauche dirigeante ne voit pas la rage sourde de la gauche qui ne peut que voter. Cette gauche qui se bat à son niveau, mais qui écoute avec impuissance une parole inoffensive pour la droite, celle de ses leaders. Attention à ce que cette rage ne se retourne pas contre les responsables de la défaite. Attention à ceux qui, dans les banlieues ou au ban des usines, ne se sentant pas bien défendus, pourraient se détourner à nouveau de cette gauche pour qui ils ont voté avec un noeud dans le ventre. Il ne s'agit pas là, pas encore, de sensibilités idéologiques, il s'agit de la force dans le combat, de la conduite de la campagne, du manque de punch, de densité, de verbe, de la difficulté à imposer nos thèmes et de l'innocuité des coups portés à l'adversaire. Une force nécessaire dans le combat auquel un Mitterrand par exemple ne s'est jamais dérobé. Son fantôme a dit cela très justement: "le meilleur moyen de lui reprendre des voix [à Bayrou], ça n’est pas de dire qu’il est de droite, les français s’en fichent, c’est de parler plus fort que lui contre Sarkozy". Ca vaut pour les cinq dernières années, et pour les cinq prochaines.

Il ne fallait pas un combat simplement pour la gallerie, mais un combat pour faire mal aux idées de l'adversaire. On accordera à sarkozy de n'avoir, lui, pas lésiné sur les coups portés, imposant sa vision fantasmée et mystificatrice, renvoyant la gauche à sa caricature, tout en épurant la droite au point de friser, pour lui aussi, l'autocaricature. Il a posé les termes de l'antagonisme à sa main. De son côté, la candidate de gauche a trop longtemps fait campagne comme si l'adversaire n'existait pas. Quand elle s'est mise à combattre, et notamment face à lui, son manque d'exercice a pesé lourd chez ceux qui sont attentifs à la controverse politique.


Très rapidement, la gauche doit retrouver une combativité et une densité infiniment supérieure à celle qui a été la sienne pendant ces 5 dernières années, inclus la campagne.

Le lieu du combat sera peut-être, entre autres, le palais Bourbon. Il faut donc limiter la casse en juin. Il faut, aussi, que la future opposition ne soit pas dans la continuité de la campagne. Et il ne faut pas sous-estimer François Bayrou quand il semble se préparer à incarner l'opposition à sarkozy. Il ne faudra surtout pas laisser s'imposer le sentiment, qui a pu percer -assez souvent- ces cinq dernières années, qu'il s'oppose mieux que ne le fait le PS. Le choix du porte-parole sera donc décisif.

Pour parler fort il faut parler clair, et il faut parler de la réalité. La rénovation est le vrai élément positif de la campagne de Ségolène Royal. C'est la rénovation qui peut faire que le discours de gauche soit en prise sur la réalité. Ségolène a mis le PS sur le bon chemin, mais il y a un énorme travail de cohérence et d'armature à opérer. Que sarkozy aie construit sa victoire sur la régression intellectuelle ne doit pas donner à la gauche de mauvaises idées. Elle ne battra pas sarkozy sur le terrain des simplismes. C'est une cohérence et une actualité retrouvées qui peuvent redonner à ses arguments et à ses analyses une force démonstrative accrue.

 


Fidèle à lui-même, sarkozy expose sa désinvolture sans aucune gêne. Son impudence n'a dégal que l'indifférence (quasi-militante à ce niveau) du journalisme mondain et des commentateurs télévisuels. On objectera que Paris-Match, entre autres, a depuis longtemps appris au peuple à aimer que les puissants ne lésinent pas sur le faste.

Le yacht de 60 mètres qui sert de théâtre à son ascétique introspection appartient à Vincent Bolloré. Que Vincent Bolloré se soit payé cet esquif n'est pas une information puisque le yacht est le dernier terrain de surrenchères à la mode chez les grandes fortunes: quand on a trop de fric pour en faire quoi que ce soit, il ne reste plus qu'à trouver une nouvelle manière de jouer à celui qui pisse le plus loin.

Ce qui est intéressant est que c'est un signe supplémentaire de rapprochement de sa part. Séguéla (dont Bolloré est le patron) avait déjà posé le jalon minimum de son soutien à sarkozy pour ne pas insulter l'avenir, celui des marchés à prendre. Mais Bolloré a probablement bien d'autres choses en tête. Ce raider est réputé avoir des visées y compris dans des activités sensibles, pour lesquelles la bienveillance de l'Etat serait nécessaire.

 


NB: Ce blog continue. Le temps manque pour arranger la déco et la présentation mais ça viendra. Merci aux 250 visiteurs quotidiens qui me font penser que je ne prêche pas dans le désert.

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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 22:25

"sarko est très fort..." voilà ce qui se murmure d'un air entendu dans le milieu politique, états majors des partis, ministères, palais de la république, suiveurs de la campagne etc. Avec ce mélange de crainte et d'admiration qui peuvent rappeler les cours de récré de notre enfance dominées par quelque caid en herbe. La meute des fauves de la politique, de  couleurs diverses, serre donc les rangs à bonne distance de celui qui s'est imposé à elle, chacun perdant de vue sa responsabilité devant ses électeurs. Le problème est bien que ce qui caractérise une meute, c'est la lâcheté des individus qui la composent. Une faiblesse qui parfois se superpose aux petits calculs, ou encore au fait que les actes désintéressés y sont rares. Un manque de pugnacité dû aussi au fait de se côtoyer quotidiennement, et qui induit une certaine proximité, qui érode les antagonismes. Tout cela se sent et les citoyens ont perçu que le boulevard laissé à sarkozy ces cinq dernières années comporte sa part de désertions. Un boulevard qui a laissé des séquelles, dont la moindre n'est pas une prégnance médiatique inédite qui pourrait se prolonger 5 voire 10 ans.

En ce début de campagne, on voit pourtant qu'il suffirait que quelques-uns sortent du bois pour mordre, pour en entrainer beaucoup plus derrière eux.

Ne serait-ce qu'une petite baisse des sondages renverrait sarkozy à sa peur et ses migraines. sarkozy est faible, sa vanité en atteste, qui l'a conduit à réclamer d'être ministre d'état, une petite gloire qui fut demandée et obtenue, déjà, par balladur en 86, on l'apprend dans le livre de Pierre Péan. Les petits esprits se rencontrent. Un roquet, fut-il juché sur un podium, reste un roquet, vis-à-vis duquel les comportements varient selon le tempérament et la culture. Certains, avec un tropisme urbain, admirent le pedigree. D'autres, avec un peu plus de bon sens paysan, rêvent de l'embrocher avec leur fourche-bêche. La solution la plus acceptable et la plus éducative étant de mettre le nez du petit animal dans ses nombreuses déjections, pour lui apprendre à ne pas semer celles-ci partout, et à ne pas aboyer dans tout le quartier de surcroît.

Il n'y a plus qu'à.  Mais une autre stratégie, de conciliation, semble cependant envisagée. Est-elle possiblement gagnante? peut-on parier qu'on puisse gagner sans porter des coups, de ceux qui font mal? on pourrait comprendre les réticences car c'est un peu dégradant, pour boxer il faut y mettre les mains. Pas de souci! Chirac a donné l'astuce: "sarkozy, il faut l'écraser du pied gauche, ça porte bonheur".

Oui, décidément, cette campagne ne pourra pas se faire sans avoir dit, publiquement et efficacement, son fait au petit nicolas. C'est ce que le peuple de gauche, exaspéré voire enragé, attend de ses leaders. Si ceux-ci ne prennent pas leurs responsabilités, et si celui-ci accède au pouvoir, une fois de plus sans que les choses soient dites, la trahison ne sera pas pardonnée.

PS1: dans cet esprit, les bons points de cette semaine sont donnés à François Hollande (part1, part2, part3), Michel Onfray sur son tout nouveau blog, et à l'appel "vaincre sarkozy".

PS2: 2-3 choses sur le travail et sarkozy, par Lionel Jospin le 8 février, tel qu'en lui-même sur RTL, ou sur son blog

PS3: le mauvais point est attribué à Robien, qui après s'être fait humilier par le leader minimo il y a seulement 10 jours, est allé à la soupe la queue entre les jambes.

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Published by Martin P. - dans PS
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4 octobre 2006 3 04 /10 /octobre /2006 16:14
[commentaire juillet 2007]: J'ai défendu la candidature de DSK au sein de ma section PS. Propos tenus début octobre 2006:

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Chers camarades,

 

Puisqu’il m’en est donné l’occasion je vais essayer de dire pourquoi, moi, je pense que Dominique Strauss Kahn est le meilleur candidat et le meilleur président potentiel. Ce qui suit n’est évidemment pas exhaustif et renvoie notamment aux sites www.blogdsk.net  et  www.dsk2007.net.

   

Le candidat porte un certain nombre de principes qui, additionnés, le singularisent : 

·   Sa démarche est authentiquement politique, reposant sur les fondamentaux du socialisme, l’égalité -réelle-, le travail, la justice, le progrès, l’international, la démocratie. 

·   Il donne pleinement leur place à l’innovation et l’imagination. 

·   Sa volonté est d’être au plus près de l’action pour être vraiment efficace, de refuser la présidence passive.

   

L’homme se singularise lui aussi, par deux aspects parmi d’autres : 

·   L’expérience des coups durs en politique, en particulier les 2 années d’attente avant d’être blanchi par la justice, qui a participé à un tempérament à la fois déterminé et serein. 

·   La cohérence démontrée aux français au fil des années, qui donnent un surcroît de crédibilité, à ses propositions d’une part, et aussi dans la relation avec nos partenaires d’autre part.

  

Le projet du parti socialiste atteste de l’importance de DSK dans le débat de fond au parti socialiste, par sa consistance politique et comme force de proposition. Qu’il s’agisse du service public de la petite enfance, de l’incitation fiscale à l’emploi pérenne, des nationalisations temporaires, de la péréquation de la fiscalité locale pour corriger les inégalités entre les territoires, d’une nouvelle franchise de charges sociales non pas sur certaines zones mais sur les personnes qui y habitent, sans parler de la sécurité sociale professionnelle, idée originale de la CGT. 

Naturellement, il lui revient de porter ces idées, non pas par un quelconque « copyright », mais parce qu’il est le mieux à même de les défendre. Outre un talent reconnu dans l’art de convaincre, ses propositions sont indissociables d’une analyse réellement décomplexée de la société et des questions économiques. 

Là où l’on s’est trop souvent contenté d’analyses périphériques, en particulier du secteur privé, parfois pour éviter d’admettre l’économie de marché, DSK examine sans complaisance et sans œillères les mécanismes internes de la machine capitaliste. Utile déformation professionnelle. 

Là où l’on s’arrête aux instruments « externes » traditionnels, tels le SMIC -et il faut le réévaluer-, DSK construit les instruments du futur. En tenant compte de la frilosité, du dogmatisme et parfois de la voracité de certains décideurs, mais avec un vrai souci de la création de richesse et la vision d’un état entrepreneur. 

Il ne s’agit pas ici de social-libéralisme, mais d’une vision rénovée, partant des trois socialismes proposés par DSK, les socialismes de redistribution, de production et d’émancipation, pour un « réformisme radical ».

   

DSK propose, aussi, une vision et des perspectives larges susceptibles de remobiliser, et de redonner une direction à la France. 

Dans les grandes lignes, il s’agit de reconstruire l’Europe par les projets pour retrouver la confiance des peuples, de mettre en place son gouvernement économique de la zone euro, faire réussir économiquement l’Europe tout en ne renonçant pas à la doter d’un projet politique. 

Le modèle social européen doit redevenir une alternative crédible au modèle américain aux yeux des autres pays, car la mondialisation telle qu’elle se présente est rejetée par les peuples à juste titre, ceux-ci ne bénéficiant pas ou peu de ses avantages. 

La donne démographique doit être analysée jusque dans ses conséquences les moins souvent évoquées, à savoir une immigration positive. En cela la politique de Sarkozy est à la fois inhumaine et stupide : ce sont les écoliers étrangers que la France devrait accueillir le plus volontiers, car ils seront les forces vives de la France vieillissante du futur. 

L’après pétrole et donc la question de l’énergie doit être au cœur non seulement de la politique environnementale mais aussi du modèle à proposer au monde, avec ses conséquences dans la géopolitique moyen-orientale, et le caractère stratégique du leadership technologique dans ce domaine, qui renvoie à l’affaire GDF-Suez. 

En lien avec ce qui précède, l’éducation et la recherche sont évidemment une priorité qui conditionne le reste, avec pour objectif de rattraper le retard de la recherche en termes de financement, de mieux faire travailler celle-ci avec le privé, et réorganiser le système universitaire fondé sur une trop faible autonomie.

 
 

Mettre les vraies questions sur la table, imposer le débat et mettre le doigt sur la complexité des problèmes, ce sera déjà, en soit, une défaite pour Sarkozy, et donc un élément essentiel de la victoire. 

DSK a compris que c’est une campagne profondément politique qui donnera les meilleures garanties de victoire, et qu’il fallait pour cela un projet qui soit réellement mobilisateur. C’est lui qui a les meilleures armes pour ce combat là, qui doit avoir lieu.

 

 
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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 16:26
[commentaire juillet 2007]: Fin septembre 2006, se posait la question du choix entre 3 candidats aux orientations politiques assez proches, Fabius étant à peu près seul sur sa ligne propre. Quand je relis le passage en gras (plus bas), je nourris quelques regrets.

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Dominique, Ségolène et Lionel :

 

« Il faut un bon candidat qui soit aussi un bon président ». Lionel Jospin a raison de le rappeler, et gageons que, peut-être grâce à lui, le débat sur ce que doit être un bon président aura lieu. Mais il a tort de faire mine de sous-estimer l’importance d’une bonne candidature, même si on le comprend…

S’agissant de « bonne candidature », les arguments qu’on entend le plus souvent pour soutenir celle de Ségolène Royal, comme celui des sondages, ne sont guère plus pertinents que certaines des critiques, comme celles sur l’épisode Nolwenn. 

Avancer quasi-exclusivement le critère de la popularité actuelle pour en appeler à la « responsabilité » des militants, ce n’est pas forcément à l’avantage de Ségolène. Cela incite, aussi, à poursuivre le débat plus loin.

   

Un travers qui me semble être pris est celui de vouloir faire l’excès inverse de 2002, une campagne où, on le sait, le candidat n’a pas été bon. Par exemple, Lionel Jospin ne se préoccupait pas de se faire aimer, à l’inverse de Chirac. Ce trop vertueux refus, qui semblait tancer les medias populaires –TV et people compris-, était une erreur. Il semble persister aujourd’hui. 

Ségolène a retenu la leçon, mais un peu trop : il faut savoir se faire aimer, mais aussi éviter de se faire détester. En effet elle semble être celle qui « ressemble à la France », elle parait «  proche des gens », plus « hors système », mais sa posture irrite déjà une petite minorité. Si la lassitude gagne la majorité, un ressort essentiel sera brisé. 

La candidature juste est dans un tempérament à la séduction dosée, qui n’occulte pas l’essentiel, et évite le risque d’une séquence bien connue : on brûle ce qu’on a adoré.

 
 

Autre grand oubli de ce débat sur la « bonne candidature » : son corollaire, c'est-à-dire la bonne campagne. Quel style de campagne doit-on rechercher pour pouvoir l’emporter ? 

Les candidats ont laissé entendre quelle serait leur campagne, et elles correspondent à leurs atouts, et à leurs différences. 

Ségolène a annoncé une campagne « participative ». Jusqu’ici la démocratie participative a été un atout de sa candidature, et il faut reconnaître l’attente qu’il y avait d’un renouvellement de la manière de faire de la politique. La question se pose néanmoins de savoir si c’est avec une campagne participative que l’on battra Sarkozy. On a pu le voir par le passé, dire « je vous ai compris » ne signifie pas forcément « je vous ai convaincu ». 

Outre les coups médiatiques, c’est de capacité à convaincre qu’il faut. 

Or c’est du coté de Dominique Strauss Kahn, qui propose une candidature de conviction, que l’on trouve les atouts qui manquent ailleurs : le talent oratoire, les idées ordonnées, le verbe percussif, la justesse d’analyse, la précision des formules. Et c’est bien une campagne réellement politique, de confrontation des idées, qui sera susceptible de mobiliser la gauche.

 

Bref, une campagne trop axée sur le potentiel personnel et médiatique comporte sa part non négligeable de vulnérabilité, et de surcroît risque de faire patiner la dynamique politique. De plus, même si contrairement à ce qui se dit, Ségolène a des idées -dont certaines inspirations sont d’ailleurs à chercher chez DSK-, ce n’est pas elle qui les défend le mieux.

 
 

Pour ce qui concerne DSK, une occasion est donnée, le 4 octobre à Alfortville, de juger de sa candidature et de le voir s’expliquer sur ce qu’est, pour lui, un bon président.

 
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