politique
Il faut reconnaitre la capacité du camp ségolénien à faire infuser sa version simplifiée et mystificatrice de ce congrès dans le commentaire médiatique. Commentaire médiatique qui n'attend que ça: une vision simplifiée où on reconnait facilement des "anciens" et des "modernes", des "outsiders" et un "système", des victimes et des bourreaux, des bons et des méchants.
* Si Vincent Peillon n'a pas pu être candidat, ce serait la faute aux autres motions.
* Au nombre de ces efforts immenses il faudrait compter le recours au vote des militants pour trancher les questions qui fachent, comme celle des alliances. Evidemment que la consultation des militants est une bonne chose, et heureusement que les candidats annoncent que des consultations auront lieu. Delanoë avait promis un agenda chargé en la matière. Mais si ces consultations devaient annuler les nuances ou différences entre les motions, alors oui, le congrès n'aurait été qu'une question de personne. Organiser une consultation ne dispense pas d'affirmer une conviction, même si Ségolène Royal semble théoriser le contraire. Et le congrès sert bien à affirmer une conviction, à définir une orientation pour permettre une direction cohérente sur le fond. Donc oui, invoquer le vote des militants pour prétendre annuler les différences et exiger une soumission, cela relève de la supercherie, voire d'une certaine désinvolture par rapport à la chose politique.
Etant en Chine, je ne pourrai pas non plus voter, et tant mieux tant le choix est embarrassant. L'alternative entre le tout (Aubry) et le n'importe quoi (Ségo) est assez désespérante et augure mal de 2012. D'un autre côté il y a Hamon, qui lui est certes sur une démarche cohérente et mobilisatrice, mais dont la ligne politique fait trop de place aux réflexes étatistes et protectionnistes traditionnels. Notons tout de même ses qualités: il est jeune, lui et ses amis ont de l'intérêt pour les idées, et d'ailleurs il a su faire venir dans ses meetings des économistes et intellectuels remarquables, comme Frédéric Lordon ou Jacques Sapir. De plus, il est clair sur un point primordial, celui du combat nécessaire, comme le montre sa très belle conclusion dimanche dernier: "Dans ce combat que nous allons mener ensemble, j'ai l'honneur de vous demander d'être en première ligne". Qu'il est bon d'entendre s'exprimer ainsi, quand d'autres font dans le socialisme compassionnel ou proposent, par une bizarre réforme de la direction socialiste de présider au combat en quelque sorte. Cela fait trop longtemps, inclus 2007, que les socialistes servent de faire-valoir à sarkozy. Il est temps d'arrêter la guéguerre, et de faire une vraie guerre, avec une stratégie, un dispositif musclé, des ouvertures de nouveaux fronts, des blitzkrieg, des prises en tenaille et à revers.