politique
Michel Rocard a dit presque tout ce qu'il fallait sur l'affaire Airbus, dans sa tribune de Libé. Les problèmes de management liés à une rivalité entre français et allemands sont évidemmment très inopportuns. Mais il n'y a pas que cela.
Pourquoi ne pas s'interroger sur la responsabilité de ceux qui étaient aux commandes, y compris du coté des actionnaires? Peut-on se demander par exemple, si les choses se seraient passées de la même façon sous Jean-Luc Lagardère? On peut penser qu'il n'aurait pas laissé ce fleuron industriel se planter de la sorte. 10 000 collaborateurs paieront les dysfonctionnements et les retards, mais qu'en est il des responsables?
Sont évoqués, suite à la casse sociale, de possibles délits d'initiés, mais sans beaucoup d'insistance. Il est pourtant utile pour la compréhension de chacun de rappeler qu'il y a une procédure en cours, et que Lagardère le fils, entre autres, est visé. Arnaud Lagardère, qui s'est vanté de ne pas s'occuper d'EADS, mais qui s'en occupait suffisament pour vendre ses actions en temps utile, à savoir juste avant l'annonce de retards catastrophiques. En gros, "prends l'oseille et tire-toi!". Cet héritier a choisi de s'amuser dans le secteur de la presse, avec d'ailleurs des projets inquiétants, mais a ostensiblement décliné ses responsabilités en matière industrielle, refusant d'assumer le rôle qui était le sien, cette autre part d'héritage. La plus-value que Lagardère a dégagé l'année dernière, c'est donc bien du vol. Non seulement par la réglementation boursière, mais aussi par le fait que cette valeur avait été construite malgré lui.
Bien sûr, la position de Lagardère dans les médias n'est pour rien dans le peu d'intérêt des journalistes pour ses turpitudes boursières.
Il y a aussi la puissance publique, qui avait été à l'origine de la construction du groupe Airbus. Cette puissance publique, après avoir montré qu'elle pouvait bâtir une réussite industrielle, a aussi montré que, dirigée par des idéologues libéraux que le prisme financier aveugle, elle pouvait conduire une entreprise exemplaire dans le mur. On passera sur le discours d'un certain forgeard, qui justifiait ses émoluments mirifiques par la lourdeur de ses responsabilités, et qui le moment venu saute de l'avion en parachute doré, laissant l'équipage assumer le reste.
Qu'en pense Sarkozy? peut-on lui demander de parler aussi de racaille quand il s'agit de délinquance financière, y compris chez ses amis?
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PS: à ce sujet l'incorrect Mélenchon sur le goulag jacobin, faussement rustique.