------ Brèves ------

13/05/08 -contre-proposition sur les retraites: petition
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19/04/08 - VACANCES: rien foutre al país.

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17/04/08
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il ose tout: "Le président de la République, à l'issue du Conseil des ministres, alors qu'il avait réuni ce matin l'ensemble de son gouvernement, a appelé tous les membres de son gouvernement à la loyauté, à la solidarité et à la nécessité d'avoir une équipe soudée autour de lui et autour du gouvernement"... comme sarkozy de 2002 à 2007? Toujours plus loin dans le foutage de gueule!

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16/04/08 -
Enfin on rend justice aux jeunes qui ont besoin de sommeil!

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15/04/08 - Merkel contaminée par sarkozy:

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14/04/08 - Discours 2007, le détecteur de promesses

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14/04/08 -
www.antisarkozysme.com

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12/04/08 -
Encore un oubli de l'AFP? ou bien encore un excès de zèle de son PDG Pierre Louette, pote de sarko depuis qu'ils ont fait ensemble la com' de balladur entre 93 et 95?

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11/04/08 -
le FMI, cette fois, a raison (Stiglitz)

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09/04/08 -
Les heures sup détaxées coûteraient plus qu'elles ne rapportent

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09/04/08
- écoutez
... des copains en concert ce soir (9/4) au chat noir, rue JP Timbaut. musique ici
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07/04/08 - Royal très pertinemment analysée par Dupin

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05/04/08 - Angela se paye la tête de sarko

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03/04/08 - Moscovici et Montebourg scellent leur alliance

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29/03/08 - Comment les médias corrigent votre subconscient

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28/03/08 - Sondage: le titre du «Figaro» inverse la tendance

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27/03/08 - Papotage entre copines: Dati et une journaliste de LCI

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24/03/08 - Juppé, libéré, se lâche contre sarko: " Je suis ébranlé quand je vois l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette "realpolitik" qu'ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d'état. Des disgrâces aussi. En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de "tuer avec retenue"!

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10/03/08 - le gouvernement gabonais s'est dit "étonné" par la diffusion "par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un non-lieu de la justice française". Non lieu qui trouve peut-etre son explication ici: Bolloré, monopoles services compris

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03/03/08 - «pervers amateurs d’ordre»,  «tartufes de l’ordre», «tartarins de l’ordre»...  Vive le désordre !

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A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
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Samedi 3 mai 2008
Le PS serait bien démuni s'il ne comptait dans ses rangs bon nombre d'ex-trotskistes. C'est que ceux-ci lui apportent un certain savoir-faire dans le domaine du maniement des idées, et de l'animation politique. Les trotskistes sont réputés pour la qualité de leur "formation", même si celle-ci reste assez mystérieuse. Ils sont la plupart du temps mieux outillés pour démonter la pensée toute faite, la pensée réflexe, moutonnière. Quelques exemples.
* Il y a de la rigueur intellectuelle chez Mélenchon quand il dit "je refuse de payer la cotisation préalable de critique du gouvernement chinois qu'on me demande pour avoir le droit de dire...". Même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec sa position, j'adore le voir démolir les serre-file médiatiques et leurs réflexes conditionnés. Plutôt que de lui enjoindre la demi-mesure et l'équilibre factice, ils auraient pu plus pertinemment faire remarquer qu'outre la laïcité demandée pour le Tibet, les droits syndicaux et la liberté de la presse ne sont pas moins utiles contre la "théocratie". Et il se trouve que le Tibet est en Chine...
* C'est aussi en partie pour son exigence intellectuelle que le
blog de Moscovici n'a rien à envier en termes de qualité à celui de Mélenchon. En voilà un qui a compris que taper fort sans taper juste était contre-productif. Donner quelques garanties en la matière devrait être un critère pour le choix du 1er secrétaire, par exemple "Un homme d'Etat a une certaine élévation de vue. Dans ce sens, Nicolas Sarkozy ne l'est pas." Puis quand on critique son antisarkozysme, il balance "Le social-démocrate doit-il forcément être mou, admiratif en secret du Président?" (ça c'est pour Manuel Valls et Claude Askolovitch). En effet, "il est presque impossible, même à un magicien du verbe – il ne l’est pas tout à fait – ou à un bon vendeur de mots – il l’est – de faire adhérer à une politique qui échoue." Ou encore "Cet homme-là n’est pas vraiment un Président de la République, il est avant tout un sujet de commentaires"
* Jean-Christophe Cambadélis, lui aussi ex-trotskiste, amateur de belles formules, a surtout une prédilection pour les aspects stratégiques (et aussi tactiques). Pour comprendre sa valeur ajoutée dans ce domaine, il faut aller lire son avertissement à propos des prochaines élections européennes: "Elections Européennes : Attention danger".
L'exception, car il y en a une, est Julien Dray. Juju est ex-trotskiste mais la structuration intellectuelle n'est pas son truc, c'est plutôt un instinctif, un amateur de coups, et ce qu'il construit, ce sont surtout ses réseaux. Pour relancer sa candidature à la tête du PS il a donc choisi de faire un grand apéro pour la sortie de son bouquin "Et maintenant?". Il y avait pas mal de monde, c'était donc réussi. J'ai pu reconnaître, dans l'ordre d'apparition, Bruno Gaccio (qui fricote de plus en plus avec la politique), Michel Boujenah, Faouzi Lamdaoui, Bruno Rebelle (ex greenpeace, ex conseiller de Ségo), Christophe Borgel (très proche de DSK), Razzye Hamadi, Malek Boutih, Daniel Lindenberg (auteur du "rappel à l'ordre, les nouveaux réacs"), et évidemment plein de drayistes dont les têtes me sont connues mais pas les noms.

EDIT 13/05: Selon Marianne, Hollande a assisté à cette soirée (je l'ai quittée vers 21h30), ce qui accréditerait un appui officieux de sa part.

Il y avait aussi Fabien-Pierre Nicolas, éminente petite main du ségolénisme, toujours prêt à re-re-expliquer pourquoi Ségo est la meilleure, pourquoi elle a la meilleure stratégie, et pourquoi tous les autres sont moins bien (pour ne pas dire pire).
Ah, j'oubliais le principal, Djack! Jack Lang et sa femme ont honoré Julien de leur présence, mais Juju n'a mentionné le nom de personne dans son assez bref discours. Du coup, quand je suis passé près de Monique, je l'ai entendu dire ceci à son voisin: "Jack est assez déçu, il pensait que Julien soulignerait sa présence". Il est vrai que Jack est un peu encombrant depuis qu'il a fricoté avec sarko. Ceci dit, Dray n'offre pas non plus de grande garanties en termes de prise de distance avec sarkozy, il lui garde plutôt une relative estime personnelle, voire un certaine admiration, c'est ce qu'il a avoué à demi-mot dans son discours en évoquant la "superbe machine bien huilée" qui aurait duré facile 10 ans, qu'il ne s'attendait pas à voir "se gripper aussi vite".
Dans son petit discours, il a aussi glissé une anecdote. Evoquant avec Mitterrand son passé de trotskiste, ce dernier l'aurait rassuré sur son destin au sein du PS: "Prenez Lionel Jospin, voilà un bon exemple". Eh oui Julien, mais avoir été trotskiste ne te suffira probablement pas pour atteindre la carrure d'un Jospin, évidemment le meilleur d'entre les ex-trotskistes...

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PS: La palme de la semaine (qui revient naturellement au Canard), à propos de Xavier Bertrand: "Chargé de la santé, il a longtemps renâclé avant de vouloir prendre le décret signifiant l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Villepin le lui a imposé. Ce qui n'empêche pas Bertrand d'en revendiquer la paternité dans les médias. Sentence villepinienne: "un traître sans couilles". Quasiment des lettres de noblesse en Sarkozye."
par Martin P.
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Mercredi 16 avril 2008
Ségolène Royal est désarmante. C’est d'ailleurs son arme principale.

Son ingénuité (feinte?) a le don d’exaspérer. Ainsi du fameux site "congrès utile et serein" lancé dans la suite des non moins fameuses 10 questions. Pourquoi cela soulève-t-il tant d'objections, alors qu'évidemment on ne voit pas où est le problème?
C’est qu’ici l'ambigüité (l’habileté?) est de prétendre interpeller sur le contenu, quand la démarche interpelle en réalité sur le processus censé le déterminer, c’est ce que signale très justement Eric Dupin. Disons tout de suite qu'interpeller le PS sur son fonctionnement est au moins aussi légitime que sur ses idées, comme on va le voir, mais les ségosceptiques ont surtout dégoupillé (1) en constatant les manières inchangées de la dame: se dérober sur le fond, imposer sa personne et, parce que son dispositif rassemble tout le monde à première vue, nier implicitement la contradiction.


Malgré cet agacement (recherché?), retenons l’essentiel: Ségo souligne que la question du fonctionnement du parti est clairement à l’ordre du jour (voir l’agenda acté en conseil national), et elle mérite d’être débattue. Même si je ne retirerais rien de ce que j’en disais en 2006, voyons quelles sont les problématiques:


Sérier les sujets pour permettre un choix à la carte et non uniquement de grands menus.

C’est l’idée la plus intéressante, formulée à l’origine par Cambadélis au conseil national le 25 mars (2). Au congrès du Mans par exemple, plusieurs idées intéressantes émanant de motions minoritaires n’ont pas été retenues, et c’est gâcher la richesse du parti (voir la motion Utopia par exemple). Mais la méthode de Ségolène diffère nettement de celle de Cambadélis, et pour tout dire la fourvoie : Là où il voulait que le congrès comporte un vote de type référendaire avec plusieurs réponses pour chaque question, Ségolène liste ses questions pour établir son programme de travail et ne dit pas par quel processus les choix seront opérés. L'idée de voter au congrès pour les différentes réponses, question par question, est-elle maintenue? ou sera-ce un ensemble indissociable?


Lever l'opacité relative de la remontée des contributions venant de la base.

Le PS organise en principe cette remontée "bottom-up", chaque section envoyant une "contribution" au niveau fédéral et ainsi de suite (pour ce congrès, dépôt fin juin). Dans la pratique c’est une tartuferie, et les militants de base ne savent jamais vraiment ce que deviennent ces bouteilles à la mer. Pour autant, la démocratie participative façon Ségo offre-t-elle plus de garanties en la matière?
En réalité, lors d’un congrès, tout se passe au moment des "motions" (pour ce congrès, dépôt fin septembre). Elles sont construites par les équipes de leurs principaux signataires et sous leur autorité, à charge pour elles de piocher ce qui leur convient dans les contributions précédemment remontées, d’y mettre de l’ordre en y intégrant les éléments émanant des conseillers et autres experts de leur réseau.
Il est douteux que Ségolène procède différemment.
Ce qui la distingue est que l’appel à contribution est public, plus large, et cet "appel au public" est intéressant. Le PS, qui doit œuvrer à son ouverture, pourrait endosser la démarche au stade des contributions. Dommage que Ségo ne l’ait pas proposé avant le conseil national censé statuer sur ces sujets.

 

Structure contre surface politique: cohérence d’une motion et construction sur un périmètre non-délimité.

L’appel au public a pour contrepartie le caractère non-délimité du périmètre des contributions. Si c’est adapté au stade des contributions, où doit s’exprimer la créativité, cela l’est moins au stade des motions, qui doivent être débattues dans les sections par les militants. Or, quoi qu’en disent certains commentateurs, tout le monde n’est pas d’accord au PS, ni sur le contenu, ni sur la stratégie :

* Si les idées défendues par la social-démocratie sont aujourd’hui dominantes, il serait injuste d’écarter les conceptions défendues par Mélenchon, Fabius ou Hamon sans débat.

* Ségolène semble vouloir reconduire ses méthodes possiblement jusqu’à 2012. C’est l’objet de ce billet que de montrer que cela fait débat.

Comme dit précédemment : "L'émergence de propositions saillantes ne se fait pas dans la tambouille mais dans la friction". Ou comme dit Moscovici : "il n’est pas obligatoire d’être rébarbatifs ou illisibles pour gagner un congrès".

Du fait de la méthode et de cette relative évanescence, la question de l’existence d’une "motion Ségo" reste donc posée: le produit de son opération de démocratie participative aura-t-il vocation à être débattu dans les sections, dès lors qu’il sera probablement présenté comme la "motion des français"?


Désignation pour 2012 : quand et comment ?

Contrairement à beaucoup de militants, les ségolénistes ont un candidat (une candidate) pour 2012. Leur volonté de la voir investie au plus tôt est compréhensible, mais la ferveur de ses supporters, très attachés à sa personne et assez organisés, inquiète les contradicteurs. Un de ses principaux soutiens propose même une désignation plébiscitaire avant le congrès. Bref, il semble que la stratégie de 2007 ne soit pas remise en cause, si ce n’est les faiblesses désignées par les ségolénistes, qui conduisent selon eux à ceci: désignation précoce puis discipline sans faille. Ceci assorti d’une théorie type "There Is No Alternative": pas d’autre candidat possible…

En gros l’idée c’est: les éléphants aboient et la Ségolène passe, impavide. Pourtant, Ségolène devrait plutôt songer que la confrontation lui est nécessaire pour acquérir de la stature. Dans cette optique, Dray et Montebourg se seraient bien vus jouer les Pygmalion. Ces derniers, les seuls dans l’entourage de Ségolène qui aient constitué des réseaux dignes de ce nom, se sont éloignés d'elle et ne se sont pas vraiment cachés du pourquoi : ils s’estimaient peu écoutés et ne sentaient pas de volonté chez leur championne pour une conquête en bonne et due forme.

Ceci alors que la confrontation est aussi la seule manière, paradoxalement, d’obtenir ensuite non seulement la discipline mais une vraie implication, dès lors que chacun aura pu valablement défendre ses vues:

Les convictions défendues par le PS au niveau national doivent l’être principalement par celui ou celle qui les aura principalement défendues -victorieusement- au sein du PS.

 

Pour finir sur une note plus poétique, terminons ce long billet par la voix de Boileau:

    Aimez donc la raison: que toujours vos écrits
    Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix:
    Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,
    Mon esprit aussitôt commence à se détendre.

    Il est certains esprits dont les sombres pensées
    Sont d'un nuage épais toujours embarrassées;
    Le jour de la raison ne le sauroit percer.
    Avant donc que d'écrire apprenez à penser.
    Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
    L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
    Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément.


Et si ces mots vous ont heurté, sachez que:

    Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,
    Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :
    Il ne pardonne point les endroits négligés,
    Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,
    Il réprime des mots l'ambitieuse emphase;
    Ici le sens le choque, et plus loin c'est la phrase.
    Votre construction semble un peu s'obscurcir;
    Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir.
    L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,
    De tout temps rencontré de zélés partisans;
    Et, pour finir enfin par un trait de satire,
    Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.


(1): Au rugby, certains joueurs aiment à "titiller" leurs adversaires. Quand ceux-ci réagissent violemment, on dit qu'ils "dégoupillent". Cela les pousse souvent à la faute, ce qui était recherché. 

(2): intervention au Conseil National du 25 mars - «Si notre prochain congrès, c’est à nouveau des motions totalisantes, qui sont, en fin de compte, l’expression de petits partis qui, du début jusqu’à la fin, traitent tous les problèmes de la société, eh bien mes chers camarades, les Français ne s’y retrouveront pas. Le problème qui nous est posé, c’est de faire un congrès utile et pour cela, il serait bon, au lendemain de notre convention qui nous réunira, j’espère, sur la question de la déclaration de principe, de fixer nous-mêmes les questions, la dizaine de questions ou les cinq questions, ou les douze questions, peu importe, mais les questions en rapport avec ce que à quoi sont confrontés les Français, auxquelles nous aurons à répondre. Ce sont des questions pratiques, ce sont des questions stratégiques, des questions politiques, mais c’est à partir d’un certain nombre de questions que nous devons débattre et trancher l’orientation politique, sinon, nous resterons chacun dans nos boutiques.»


par Martin P.
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Vendredi 11 avril 2008
... après Lybie, Tchad, Russie, Iran...

Quand on fait le tour de nos affaires étrangères, d'abord on se demande où est passé Kouchner. Ah si, une déclaration fracassante sur l'Iran ("et le pire, c'est la guerre") à son actif: parler de guerre en prétendant vouloir ainsi l'éviter aura été une des brillantes innovations de notre diplomatie. Mais à part cette sortie, pour tous les pays sus-cités, c'est sarkozy qui s'occupe pleinement des dossiers.

Et quand on fait une revue de ces dossiers, le moins qu'on puisse dire est que sa manière de s'en occuper suscite l'inquiétude. Une inquiétude qui se décline en plusieurs sortes: inquiétude quant à l'absence de maîtrise des sujets et des relations entre chefs d'Etat, inquiétude quant à l'interférence entre la com' de sarkozy sur le plan intérieur et l'intérêt de la France sur le plan extérieur, inquiétude quant à l'interférence entre les intérêts des amis de sarkozy et l'image de la France dans le monde, inquiétude quant à l'inflexion atlantiste qui tient lieu de politique étrangère.



Colombie
Didier Porte, mercredi au fou du roi sur France Inter, fut excellent comme d'habitude. Ecoutez ici sa chronique. En substance "Les autorités françaises n'ayant eu aucun nouveau contact avec les FARC, il est parfaitement clair qu'il [le falcon médicalisé] n'avait aucune chance de servir à quoi que ce soit et qu'il s'agissait d'une pure opération de communication destinée à se couvrir en cas de mauvaise nouvelle sur le thème "le gouvernement français a fait tout ce qu'il a pu pour sauver Ingrid". C'était ma rubrique: quand l'élysée organise une opération humanitaire bidon aux frais du contribuable, il n'est pas obligé de pousser la plaisanterie jusqu'à se déclarer déçu de son échec, car il y a des limites au foutage de gueule".
Didier aurait pu ajouter que la méthode sarkozy, faite de culot, d'opportunisme, de mauvaises manières, d'inélégances, de coups de vice, de réflexes de charognard pour s'arroger tous les mérites dès que l'épilogue d'une situation le permet, cette méthode, si elle est efficace pour faire plier les petites merdes UMP, trouve des limites quand il s'agit de peser sur le cours des choses à l'étranger.
Il aurait aussi pu ajouter que si sarkozy est "prêt à tout essayer", c'est à la condition qu'on ne voie que lui. Or, la seule manière de réussir quoi que ce soit est d'impliquer Hugo Chavez, et sarko a parfaitement compris qu'au petit jeu de la com' sans vergogne, il a trouvé là son maître. La question est donc: si sarkozy pouvait quelque chose à la libération d'Ingrid, mais que pour cela il devait totalement s'effacer au bénéfice de Chavez, le ferait-il?
Question pertinente si on considère les communiqués des FARC, qui laissent penser que sarkozy, avec ses gros sabots et sa tentative d'exploitation de la situation, fait maintenant plus partie du problème que de la solution: "nous ne savons pas quelles sont les limites de la sincérité de Sarkozy". Car on aurait pu se dire "S'il faut en passer par une pseudo-victoire de sarkozy pour voir Ingrid libre, pourquoi pas?", mais à l'évidence, si nous, nous pouvons supporter l'idée, il semble que ce ne soit pas le cas des FARC.

Chine
Dans la suite de sa chronique, Didier cite quasi intégralement Jean-Luc Mélenchon, auteur il est vrai d'une prestation assez réjouissante:

Jean-Luc explicite en des termes non moins lestes sa position sur son blog, sur lequel j'ai d'ailleurs fait mon commentaire (le 42eme sur... 925 à l'heure où j'écris!). Et il a raison d'être agacé par la grégarité niaise des médias, par les gesticulations des uns sur le dos des autres, qui masque mal l'état des échanges entre les dirigeants des pays concernés: le rien intégral.
Néanmoins le problème est que Mélenchon se laisse emporter un peu loin par son esprit de contradiction. Qu'il soit irrité par la tibétomanie ambiante ne devrait pas l'empêcher de voir que les seuls sujets sino-chinois fournissent suffisament de matière pour justifier les actions des militants des droits de l'homme occidentaux, et ce de manière aussi légitime avant qu'après la désignation de Pékin pour accueillir les jeux. Le "peuple de un milliard quatre cent millions de personnes que l’on croit assez veules pour être maîtrisé par une simple police politique" n'est peut-être pas veule mais il serait peut-être mieux instruit de sa propre situation si les journalistes chinois qui font leur travail n'étaient pas emprisonnés. J'ai d'ailleurs signalé avec un peu d'avance sur d'autres le verrouillage du net à l'oeuvre en Chine, juste avant que la question tibétaine ne s'impose dans les journaux.
Par ailleurs, on peut parfaitement s'affliger de l'omniprésence de la religion et des religieux au Tibet, on peut même reconnaitre les violences anti-chinoises de la part des tibétains (violences attestées d'ailleurs par le seul journaliste sur place, et une fois parti il n'y eut donc plus personne pour rapporter ce qui s'est passé ensuite). Mais est-ce pour autant qu'on doit s'aveugler sur la nature du problème politique dans cette zone? Les palestiniens et les tchétchènes ont aussi des torts qui n'empêchent pourtant pas qu'on identifie le rapport de domination d'un peuple sur un autre à l'origine des violences. Il est difficilement contestable que les tibétains ont affaire à des vélléités d'hégémonie culturelle de la part des chinois, qu'un certain colonialisme détermine la politique chinoise au Tibet, avec ses discriminations et ses déploiements de force, et que quand l'impérialisme n'est pas botté il a pour vecteur l'âpreté au gain des marchands.

Gabon
Le secrétaire d'Etat à la coopération effectue son premier déplacement à Libreville, en compagnie de Claude Guéant. Si avec ça Bongo n'est pas touché par tant de sollicitude, lui qui s'était dit "étonné" par la diffusion "par l'audiovisuel d'Etat d'un dossier qui a fait l'objet d'un non-lieu de la justice française".

Un non lieu était bien le moins pour quelqu'un qui a de si bonnes relations avec l'affréteur des voyages d'agrément de nicolas sarkozy, j'ai nommé Vincent Bolloré. Bolloré n'est pas seulement l'homme qui pourrait racheter une chaine de télévision publique si d'aventure la réforme conduite par sarkozy menait tout droit à sa privatisation (laquelle chaîne cesserait alors certainement d'importuner les gens respectables). Bolloré a aussi de nombreux intérêts en Afrique et notamment au Gabon, il n'est donc pas le moindre des affairistes qui justifient la fameuse expression "françafrique". Il est difficile de trouver sur le net le pedigree complet mais heureusement un article (un peu ancien, 2000) le décrit par le menu:

Bolloré, monopoles services compris


extrait:

La stratégie africaine de Vincent Bolloré et de son groupe est simple : elle consiste à contrôler toute la chaîne de transport, plus quelques filières de production hautement rentables. La vague de privatisations, imposées par les institutions financières internationales, lui permet de racheter le maximum d’infrastructures de transport et d’élargir sa gamme de produits tropicaux (cacao, coton, café, caoutchouc, huile de palme...). La gestion des réseaux ferrés s’est ajoutée à celle des ports et lignes maritimes pour maîtriser le coût du transport de marchandises. Compte tenu du fonctionnement économique et politique de nombreux pays d’Afrique francophone, si l’on se donne la peine d’aller y commercer et investir, c’est qu’on y escompte plus de passe-droits et de profits qu’en France.


Voir aussi une série d'articles du JDD:

francafrique-la-rupture-attendra

tchad-deby-sauve-par-paris

tchad-les-rebelles-accusent-paris

francafrique-la-rupture-en-debat

quand-bongo-se-fache


par Martin P.
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Mercredi 9 avril 2008
Pour me faire pardonner ma feignantise bloguistique, je vais faire une série d'articles qui sera une sorte de ballade en socialie. Un peu une suite à l'analyse que je faisais après le 6 mai (que je contresigne).
En plus, ça bouge un peu en ce moment (rien de tel que l'approche d'un congrès pour ça). Entre le rapprochement moscovico-montebourgiste, la controverse cambadélo-gorcienne, et l'opposition de style delano-segolienne, il y a de quoi faire. Sans parler du hollando-drayisme, objet politique de nature mal définie, souvent décrit comme porteur de la praxis socialiste (wikipedia: "manière générique de penser la transformation du milieu naturel").


Mais avant de poursuivre cette petite anthropologie politique, priorité au fond et donc faisons passer au-dessus de la pile cette petite vidéo (prise avec un téléphone mais le son est correct):


Il s'agit de l'intervention de Roger Godino, le 10 novembre dernier, à l'occasion d'une journée de la rénovation qui s'est tenue dans les sous-sols de l'assemblée nationale (reportage photo plus bas).

Roger Godino est un Monsieur du socialisme, membre du cabinet Rocard à Matignon, il a participé entre autres à la création de la CSG et du RMI. La première fois que je l'ai vu, au milieu des années 90, il était venu défendre ce qu'il appelait l'"allocation compensatrice de revenu", dans un amphitéâtre de la Sorbonne assez dépeuplé. C'était une conférence sur le droit au revenu, et son contradicteur le plus éminent était Philippe Van Parijs, défenseur lui de l'"allocation universelle". Un débat économique qui aboutit rapidement à des questions philosophiques (la difficulté étant la jonction philosophique entre la gauche utopiste et la droite catho intégriste Christine Boutin).

Vous ne voyez pas où je veux en venir avec mes flash-backs? Eh bien l'allocation compensatrice de revenu de Monsieur Godino a pris entretemps un autre nom, le RSA, et son destin est précisément, aujourd'hui même, en train de se décider (il ne coute pas si cher et pourrait même éviter des dépenses mais vous savez comment on priorise sous sarkozy).


Pour ceux qui ont eu la flemme de voir (et écouter) la vidéo, après un dégrossissage sur la définition de l'entreprise, Roger y développe son dada actuel: comment faire que l'entreprise entreprenne de nouveau, et y associe l'ensemble des partenaires qui forment une entreprise. Il formule trois propositions:

* Favoriser (ou légiférer?) l'organisation des entreprises dans le système à directoire et conseil de surveillance. Système qui s'est montré efficace sur le plan de la vitalité de l'entreprise, mais surtout qui permettrait de faire du conseil de surveillance, une fois réformé, une instance démocratisée.

*  Généraliser le système des agences de notation, qui obligerait l'entreprise à apporter des rapports sérieux non seulement sur le plan de la comptabilité mais aussi en matière de travail, de social, de long terme, d'environnement. Ces rapports déboucheraient sur des notes, lesquelles, si leur publicité ne suffit pas à corriger les mauvaises pratiques, serviraient de support à un système de bonus-malus fiscal.

*  Réexamen du paysage fiscal, avec une fiscalité du capital redéfinie, à l'échelle de l'eurogroup. Une fiscalité qui viendrait en remplacement des précédentes, et homogénéisée.


L'intitulé de la conférence était:
Faire de la gauche le "parti de l'entreprise".
Cette journée de la rénovation avait pour objet de "Refonder le clivage droite-gauche", et tous les courants s'y étaient fait représenter:

Organisateurs:
Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Patricia Adam, Laurent Baumel, Patrick Bloche, Christophe Caresche, Jean-Patrick Gille, Christophe Masse, Jean-Pierre Mignard, Pierre-Alain Muet, Gilles Savary, Marisol Touraine.


Intervenants :
Philippe Aghion, Pascal Beau, Elie Cohen, Hervé Le Bras, Louis Gautier, Roger Godino, Géraud Guibert, Philippe Guibert, François Heisbourg, Ernst Hillebrand, Bettina Laville, Gilles Le Blanc, Jean-Louis Levet, Jean-Hervé Lorenzi, Bruno Palier, Henri Rey, Patrick Savidan, Frédéric Sawicki, Magali Vergnet, Michel Winock.








Ci-dessous, à côté de Godino, Elie Cohen, qui nous a emmerdé avec son éternelle logorrhée sur la mondialisation qui-est-là, se complaisant dans l'économisme mimétique maintes fois entendu. Plus loin, Pierre-Alain Muet, lui aussi un économiste visiblement assez peu frotté à la réalité (pléonasme?), et par ailleurs adjoint de Gérard Collomb à la mairie de Lyon. Puis Dominique Méda, Gilles Le Blanc, Hervé Lorenzi, des habitués des colloques socialistes.

Enfin, pour conclure la journée, ci-dessous le vrai truc qui se voulait important: une nouvelle génération à la même tribune, traversant toutes les nuances du parti. Manque tout de même sur la photo le strauss-kahnien Laurent Baumel. A noter que Cambadélis et le fabiusien Henri Weber auront fait une apparition (ensemble), évidemment destinée à être remarquée.
Depuis, cette tentative de rénovation générationnelle n'est pas sortie du virtuel.



Tiens, tant qu'à faire et pour montrer que ça bosse quand même au PS, quelques photos supplémentaires: Le 11 décembre, petite causerie organisée par socialisme et démocratie. Ci-dessous Marc Deluzet (un disciple de Roger Godino), Pierre Moscovici, Daniel Cohen (économiste pas trop déconnecté des réalités et qui ne s'est pas arrêté de réfléchir) et une éminence dont je ne me souviens plus du nom.

Michel Sapin (ségoléniste) était invité à cette causerie, et il est effectivement venu (à gauche ci-dessous). En arrivant il a fait une blague de socialiste: "Je ne vais pas pouvoir rester longtemps, mais si j'étais pas venu, ça aurait fait plus causer au PS qu'en venant même 10mn". Il fallait bien démontrer que Moscovici est ségolenisto-compatible.

Le lendemain, les troupes Mélenchoniennes et Drayistes, assez jeunes, étaient invitées à un dialogue "franc" entre leurs champions respectifs, débat animé par Nicolas Domenach.

Evidemment le point le plus chaudement débattu ici fut la question des alliances, mais ne croyez pas que dans chacune de ces séances il n'ait été question que de politique politicienne. Les responsables socialistes sont généralement des gens qui travaillent. On y cite Galbraith pour souligner la fin du capitalisme managérial, mais on y parle aussi d'Alain Supiot pour évoquer la subordination liée au contrat de travail. Mélenchon cite Largo Caballero pour signifier que son attention à l'amérique latine ne date pas d'hier. D'autres convoquent Amartya Sen pour montrer qu'ils sont à jour, et mentionnent des travaux de Philippe Askénazy pour le coté jeune pas encore consacré.

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PS: pourquoi ce titre? ben y'a plus la place, mais je vais y revenir au prochain article. M'enfin, pour le socialisme, Mosco, vite! quoi...
par Martin P.
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Dimanche 30 mars 2008
nicolas sarkozy aura fait beaucoup de mal à l'identité nationale.
D'abord, si on considère la politique comme un élément essentiel de l'identité française, alors on ne peut qu'être affligé de la manière dont sarkozy aura corrompu le débat national de 2007, le souillant par son unique présence, comme la listeria dans un fromage pasteurisé. En effet, cet assaut de démagogie crasse et de mystification, qui a avili la chose publique, n'a été possible que parce que celle-ci était particulièrement affaiblie par son asseptisation. La république ne recelait plus ses propres germes défensifs pour se prémunir de l'infection sarkozyste, tel le camembert au lait thermisé ou microfiltré.


Beauf 1er aura fait beaucoup de mal aussi et surtout parce qu'il aura imposé une vision erronnée de ce qu'est l'identité nationale, d'abord en la présentant comme antagonique à l'idée d'immigration, puis en l'assimilant à une sorte de culte des morts ritualisé au rythme des élans d'émotion patriotarde infligés à la jeunesse.

Or, dans le même temps qu'il prétendait défendre notre identité en nous enrôlant dans ses simagrées contre notre volonté, il n'eut pas un mot pour le camembert.

Nous avons fait l'impasse sur la question, sur ce blog, mais depuis mars 2007, il faut savoir que cet emblème est en danger. Les tenants du productivisme agricole se sont cachés derrière de fallacieux arguments sanitaires pour attaquer le lait cru:

L'avenir du camembert au lait cru
LE MONDE | 14.03.07© Le Monde.fr

Heureusement, quelques hérauts ont démystifié ces diffamations. Citons notamment Jean-Pierre Coffe dans une de ses excellentes émissions sur France Inter: ça se bouffe pas, ça se mange. Puis son compère Périco Légasse lança son "j'accuse" au lendemain des législatives 2007:

(cliquer pour lire ce magnifique article)

On y apprend notamment que c'est pour pouvoir faire venir du lait d'on ne sait où que Lactalis a besoin de le "thermiser", et donc de supprimer tous les germes qui font ce qu'est un véritable camembert. Alors bien sûr, comme à chaque fois dans pareil cas, d'aucuns ont eu l'idée de rajouter après coup des germes industriels de manière à permettre au fromage de s'affiner comme il se doit. Mais c'est une hérésie: c'est faire une croix sur la diversité et la richesse du terroir!


Bref, un camembert AOC ne peut prétendre à cette appellation que s'il présente la belle robe orangée telle que ci-dessous après affinage, que si les narines sont alors saisies par la virulente fragrance qu'exhale le noble produit, et qu'enfin l'incomparable saveur à la fois fraiche et fermentée vient nous rappeler notre ancestral attachement aux sensations fermières.


Bref:

Non au lait thermisé, Non à la république pasteurisée!


PS: je fus un consommateur fidèle du Lepetit. Eh bien croyez le ou non, il m'est apparu au printemps dernier que je ne parvenais plus à obtenir l'impressionnante exhalaison à même de ravir mes convives, et j'en fus fort marri jusqu'à ce que j'en comprenne la raison en écoutant Monsieur Coffe à la radio.
Je me mis donc en quête de trouver une marque digne de confiance. De ce travail je tire une conviction: Le Gillot est jusqu'à preuve du contraire le meilleur des camemberts.
(cliquer sur l'image pour accéder à leur site).


par Martin P.
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Dimanche 23 mars 2008
Ce blog a acquis une assez solide réputation de jospinisme depuis ces deux articles, et la subséquente vindicte (sympathique) d'un certain blogueur ségoléniste assez heureux de trouver sur le net une incarnation du fantôme qui le hante. Or, j'ai eu brandi des étendards plus lourds à porter. Alors, à l'occasion de cette tribune...


... disons-le haut et fort:
(cliquer ci-dessous)


Ce qu'il y a de remarquable dans cette tribune n'est pas que Lionel y donne des leçons, contrairement à ce que dit Dagrouik, c'est que de nouveau il y montre l'exemple. En effet, il souligne en creux, assez cruellement, les insuffisances de ses petits camarades: Comment se fait-il qu'il faille que ce soit Lionel Jospin qui signe un texte de cette nature? Pour sauver l'honneur d'une gauche qui devrait compter autant de telles tribunes qu'elle a de "ténors" auto-proclamés, lesquels pourtant se bousculent devant les caméras les soirs de victoire.

C'est que la situation est pire qu'on ne le pense généralement, car y compris au plus "haut niveau", certains patagent l'analyse qui est faite
ici:
"Désormais nous devons discuter en premier de l'orientation, puis élire des équipes et choisir un ou une tête pour nous représenter."

Sous des dehors de bon sens, cette proposition, appliquée, serait en réalité le symptôme de la médiocrité générale. Elle acte une situation dans laquelle les "candidats-leaders" n'ont pas d'idées, où il faudrait produire une nouvelle bouillie à l'unanimité, puis laisser les sondages désigner le chef.
Or, le PS ne souffre pas de manque d'idées, plutot de diversité d'idées, et cette richesse ne devrait pas être vue comme un problème.
Les "candidats-leaders" ne parlent pas d'une même voix? Et alors? Et même, tant mieux!
Contrairement à la pratique que voudraient faire prévaloir les ségolénistes, il n'y a pas à distinguer la question des idées et des personnes: les personnes, c'est les idées. Comment se fait-il que nous en soyons venus à penser qu'être responsable politique c'est de ne pas défendre des idées qu'on n'a pas?
Trancher les débats de fond se fait donc en tranchant la question des personnes. A l'appui de cet enfonçage de portes ouvertes, nous pourrions rappeller les exemples historiques "Mitterrand contre Rocard" en 1979 et "Jospin contre Emmanuelli" en 1995. Mais même en 2006, qui peut croire que si l'alternative avait été "Strauss-Kahn contre Fabius", l'orientation n'aurait pas été tranchée? En réalité, en choisissant une candidate qui ne montrait pas clairement où elle allait, les militants ont non seulement été victimes de la tactique de triangulation à la mode à l'époque, ont aussi donné une prime aux sondages, mais surtout ont décidé de ne pas choisir.
A chacun de structurer son identité politique donc, et principalement aux plus éminents.

Corollaire: il ne faut pas avoir peur de débattre. L'émergence de propositions saillantes ne se fait pas dans la tambouille mais dans la friction. Depuis le referendum de 2005, les militants socialistes ne parviennent pas à surmonter cet épisode qui semble leur avoir laissé un mauvais souvenir. Pour ma part j'ai un très bon souvenir des débats qui ont animé ma section en 2004: ceux-ci ont permis d'affiner ma connaissance des problématiques européennes et de clarifier ma pensée sur ce sujet. Puis de mener une campagne qui bien qu'elle ait été perdue (je défendais le oui) m'a semblé un beau moment démocratique, que seul le comportement des médias (il valait mieux les avoir comme adversaire que comme ami) a quelque peu obscurci.

NB: ne croyons pas que la conquête du pouvoir par sarkozy forme un contre-exemple à mon argument. Le débat de fond à droite était escamoté parce que superposé au débat de personnes pendant 4 ans, et sarkozy ne s'est imposé qu'en "tuant" son adversaire Villepin avec la trahison du CPE puis le
faux-complot Clearstream. Ce qui a rendu du même coup l'UMP homogène idéologiquement, mais par éradication du gaullisme.

Lionel Jospin met aussi les pieds dans le plat sur un point que beaucoup au PS voudraient escamoter:
"la contradiction entre ses succès locaux et ses échecs nationaux [...] On prétend que certains de ses notables s'accommoderaient de cette disparité, le statut d'opposants au pouvoir central leur paraissant propice à leurs victoires locales."
Cela devient un secret de polichinelle (auquel Lionel préfère feindre de ne pas croire). En effet, les responsables politiques de gauche ne sont pas forcément plus à plaindre que ceux de droite. Ils n'ont certes pas de responsabilités dans les ministères, mais s'en sont bien sortis aux législatives, et surtout ils ont pour la plupart trouvé un siège confortable dans les conseils municipaux, conseils généraux et conseils régionaux. On comprend que leurs petits camarades de droite tirent la tronche.

Cette situation confortable est dangereuse, on l'a vu entre 2002 et 2007. La contestation peut ne pas monter de l'opposition, mais au sein de la majorité. Et l'alternance ne pas se produire comme il était prévu, c'est-à-dire avoir lieu non pas vers la gauche mais au sein de la droite. Et la droite ne manque pas de candidats pour cette "alternance" droite-droite: Bayrou, Villepin, voire Juppé ou même Fillon.

Voilà pourquoi il ne faut pas confondre "opposition constructive" et "un coup c'est oui, un coup c'est non". Plutôt que de se laisser déboussoler tous seuls sur la question de "tenir les promesses", voilà de quoi certain(e)s pourraient s'inspirer: "Certes, la nouvelle équipe a, dans quelques cas, tenu parole. Elle l'a fait logiquement pour le traité européen, injustement pour les régimes spéciaux de retraite, et sottement pour le paquet fiscal."

Ceci étant dit, ne perdons pas l'occasion de rigoler que nous a donné l'UMP avec son leitmotiv "ces élections sont locales, sans enjeu national":



PS1: Eric raille à juste titre mon blogging quelque peu erratique ("S'il vous reste encore des visiteurs, vous pouvez les perdre en cessant de publier pendant plusieurs semaines. Attention! Ne faites pas l'erreur de les prévenir"). Mea culpa. J'avais quelques raisons d'être si irrégulier dans la publication d'articles sur sauce mais je devrais ouvrir un autre blog encore plus anonyme pour parler d'une de ces raisons en particulier (beaucoup à dire -et médire- mais je veux pas me faire repérer). Je vais y réfléchir. En attendant, promis je me remets à une publication plus régulière (au moins un billet par semaine) et je préviendrai quand le hamster n'arrive plus à courrir aussi vite que sa roue ne tourne.

PS2: Ceci dit la baisse de fréquentation n'est pas aussi forte que j'aurais pensé comme l'indique le graph de stats. Bon, j'étais à 250-300, je suis quand même passé à 150-200.
stats.jpg
Par ailleurs, vous aurez noté une étrange progression des pages vues depuis 3-4 jours. Qu'est-ce à dire? serait-ce le déjà fameux Nicolas Princen, le dernier gadget que sarkozy a inventé pour se ridiculiser?
par Martin P.
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Mercredi 12 mars 2008
Depuis le Dragon Spring hotel de Shenzen, on ne peut pas aller sur sauce, mais on peut acceder a son administration. On peut bloguer, mais pas lire

sauf pour canalblog et 20 minutes: on peut aller chez Olivier Bonnet, on peut aller ici. on peut aller la (premiere occurence canalblog sur google). on peut aller la

mais on peut pas aller la

ni la

ni la

ni la d ailleurs. (premiere occurence hautetfort)

ni la

ni la (...)

bref, la censure quoi



EDIT 16 mars:

musique de circonstance:


On l'aura compris, les blogs "over-blog", "blogspot", hautetfort", "typepad" ne sont pas accessibles depuis la Chine. Cela est une confirmation puisque déjà observé en juillet dernier, à ceci près qu'à l'époque, les blogs "over-blog" étaient encore accessibles. J'ai de plus pu vérifier la liste ci-dessus depuis une autre région de la Chine, du coté de Suzhou.

Voilà l'écran qui apparait quand on cherche à aller sur ces blogs:

IMG_0038.jpg
IMG_0039.jpg
NB: les captures d'écran à l'appareil photo, c'est les contraintes des missions en service secret.
par Martin P.
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Samedi 8 mars 2008
400px-Kremlin-bicetre-france-mairie-03.jpgEncore une fois, le Kremlin-Bicêtre n'a rien à envier à Neuilly. On s'en serait voulu de ne pas le souligner. En effet, à Neuilly, Fromantin se plaint d'un tract anonyme (il s'en sort bien, son adversaire Teullé est soutenu par Balkany), mais au Kremlin Bicêtre on a mieux: Raphaet Dali lave le linge sale en public!
Grief ultime après une longue série: Gilles Chopard, qui conviait ses futurs-ex-amis pour un dîner de conciliation en décembre dernier, n'aurait pas dressé de couvert à une amie de trente ans! L'ignoble forfaiture a fait l'objet d'une lettre indignée, et fut le prétexte de la scission. Pour faire bonne mesure, Raphaet Dali a fait distribuer [erratum (1)] jeudi soir des copies de la lettre indignée ainsi que sa version des faits dans toutes les boites aux lettres kremlinoises! Peu auparavant, il avait déjà alerté la presse sur le fait que la droite kremlinoise l'avait refusé comme candidat au prétexte de son origine (article de La Tribune sur la diversité à l'UMP).

Bref, ça chauffe à droite. Mais figurez-vous que mêmes ces petits candidats bien folkloriques ont un minimum de métier: ils savent, eux, que s'ils répondent "casse-toi pauv' con" au moindre provocateur, ils se tirent une balle dans le pied.

De son côté, Jean-Luc Laurent, qui lui aussi évidemment se garde des invectives grossières que s'autorise le président de la république (comme d'ailleurs 99% des maires de France), poursuit une très belle campagne, dont on peut suivre les détails ici.



A part le Kremlin, rien de bien intéressant dans cette campagne. Ah si: la grande attraction de la soirée électorale du premier tour devrait être la communication du modem de Bayrou. Comment ce dernier va-t-il faire pour gérer les opportunismes locaux complètement désordonnés qui caractérisent les candidats centristes?

Surtout quand Bertrand murmure ceci à Marielle:




Il y en a au moins un, à gauche, qui a compris qu'on pouvait être à la fois "modéré" et virulent. Il a dit ceci:

"Faut-il vraiment se priver de critiquer ce Président indigne, dont la France a honte, à une semaine d’une élection quoi qu’on en dise nationale ? Je ne le crois pas. Il faut aujourd’hui être fermes et rigoureux dans l’opposition, puis élaborer collectivement et sereinement nos propositions, sans les bricoler. Je ne tomberai pas, pour ma part, dans le piège du « politiquement correct », qui veut faire de la gauche le contradicteur propret de sa majesté Sarkozy. La politique est noble, mais elle est aussi un combat sans merci"



bernard-chappellier.JPG[erratum (1)]: Brèves de campagne et folklore kremlinois

Après enquête, il semblerait que les soupçons se dirigent vers Bernard Chappellier, candidat aux cantonales des verts. Il faut dire que Bernard Chappellier attire assez naturellement les soupçons. Bernard Chappellier est très réputé, mais pas forcément pour son sens de la mesure, plutôt pour ses initiatives mal ajustées. Un jour que j'avais collé des affiches pour le PS, je m'aperçois quelques jours plus tard que celles-ci ont été victimes d'un arrachage simultané et quasi-systématique. Je recolle. Quelques jours plus tard, ces affiches PS sont ostensiblement recouvertes par des affiches "Verts", quand bien même les trois quarts du panneau étaient vides. C'est là que je me suis rappelé d'échos de faits d'armes de Bernard Chappellier, coutumier selon ceux-ci de séances d'arrachage d'affiches. Il va sans dire que j'ai recollé. Mais cette fois avec mesure de rétorsion et donc recouvrement sur les affiches des verts, histoire de faire passer le message. Eh bien figurez-vous que le lendemain ces dernière affiches avaient été non pas enlevées de nouveau, mais déplacées soigneusement pour permettre une cohabitation pacifique. Il y a des gens intelligents chez les verts, mais les pauvres ont aussi Bernard Chappellier. En fait, ce qu'il y a de vert chez lui est que Bernard Chappellier est un troll! Il copie-colle des pavés indigestes partout dans commentaires. Nicolas J est sa victime favorite, ainsi qu'Alain Desmarest... son concurrent aux cantonales!
1201028206.jpgBernard Chappellier est soutenu par Noel Mamère. Sur la photo c'est manifeste.
nti_bug_fck
par Martin P.
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Mercredi 5 mars 2008
Pour un peu, ces derniers temps, sarko était à la limite de nous interpréter ceci:


        "Le jour se lève, la nuit pâlit

        Les chasseurs et les chiens ont faim
        C'est l'heure de sonner l'hallali
        La bête doit mourir ce matin"

C'est ce qui s'appelle couiner. On connaît la ritournelle de notre caliméro national: ces salauds de journalistes seraient tous de gauche. Mais s'il lui restait quelque lucidité, il la chérirait, cette presse soi-disant hargneuse qui quand elle se réveille ne parvient qu'à critiquer le "style", ou l'exposition de sa vie privée.
En fait, il faut toujours aller à l'étranger pour trouver une analyse juste: ce qui se passe aujourd'hui est que sarkozy est un malade qu'il faut protéger. Tous les efforts de son entourage, de ses conseillers, de son gouvernemen