A propos de l'auteur:
ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.
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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin
"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss
Kahn
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L' UMP nous interdit de dire du mal de son champion. Peut-être est-ce cela, être "le candidat de la France silencieuse", c'est être candidat à baillonner la France. Parce que, nous explique-t-on, attaquer sarkozy, c'est insulter 11 millions de français, voilà ce qui est martelé par les inféodés sarkozystes. Eh bien, bravons l'interdit: oui, il y a eu 11 millions de gogos pour se faire embobiner par un charlatan d'opérette.
De son coté, le journalisme mondain béatifie son petit nico 1er pour avoir piqué des voix à Le Pen. Ce serait très bien s'il ne s'était pas fait par la même occasion son propagandiste le plus efficace. A aucun moment sarkozy n'a ne serait-ce qu'esquissé une pédagogie antiraciste, il a au contraire conforté le lepéniste dans son lepénisme. Mais consigne est donnée de s'extasier sur la petitesse du score de le pen, qui cache mal la victoire du même le pen sur le plan des idées.
Ségolène Royal parle d'une "république garrottée". Le mot est violent, elle a donc raison. Entre ces deux tours, ce doit être une nouvelle campagne, avec une nouvelle attitude, de nouveaux éléments, susceptibles de démontrer à ceux que les performances oratoires de la candidate déçoivent que cela n'enlève rien à sa volonté de se battre et d'imposer la confrontation. Une confrontation sans aucune concession. Une confrontation suffisament forte pour que, après le 6 mai, si nous échouons, personne ne puisse dire que sarkozy sera parvenu au pouvoir sans avoir été combattu. Cela peut par exemple impliquer de missionner DSK contre lui, comme a pu le suggérer "François Mitterrand".
Entendons-nous: si on se bat, c'est pour la victoire, mais c'est aussi parce qu'une défaite consécutive à une opposition molle, ce serait manquer la seule occasion, ce serait un déshonneur, une trahison, un écoeurant gachi. Une erreur impardonnable si on considère que sarkozy n'a jamais souffert de contradiction à égalité de temps de parole depuis 5 ans, et que cette immunité médiatique se prolongerait 5 ans de plus, au moins. Cinq ans à subir un discours sarkozyste unilatéral relayé sur toutes les ondes. En aucun cas l'objectif peut être de ne faire que bonne figure. 49%, c'est l'échec.
La victoire est possible. Bayrou a construit son succès sur le thème des médias, cela implique le refus de sarkozy. Besancenot, Buffet, Voynet, Laguiller, Bové, ont tous appelé à voter Royal. Ils représentent 10% de l'électorat. L'antisarkozysme est donc bien plus fort que ne le concèdent les "suiveurs", suffisament fort pour congédier le petit phénomène de foire et le renvoyer à ses migraines.


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