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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 15:22
La bonne réforme, sur la question complexe des institutions, est paradoxalement extrêmement simple. La raison pour laquelle celle-ci ne sera pas faite est que les français ne sont fondamentalement pas de vrais démocrates. De culture bonaparto-monarchiste, ils tendent à ranger les processus de délibération parmi les entraves à l'action, et à voir la prise en compte de la complexité comme un facteur d'inefficacité. Ils préfèrent y substituer une approche intuitive et affective qui jauge surtout les personnalités: la désignation par plébiscite de l'heureux élu lui donnerait en principe la faculté magique de surmonter ce magma pénible, envahissant, et difficile à appréhender qu'est, en fait, la réalité...

La bonne réforme donc, c'est simplement de supprimer le (poste de) Président. La République, ce n'est pas la chose d'un seul.

L'élégance de cette solution ne serait pas le moindre de ses attraits: quelques traits de plume dans la constitution suffiraient à faire passer la République à l'âge adulte.
Car une démocratie mature peut-elle vraiment continuer à se perdre en digressions sur des "concepts" qui se pretent aussi peu au débat que celui de la "stature", ou sur des idées aussi infantilisantes que celle d'"incarner la nation"?
Par ailleurs, le fait d'avoir un chef de gouvernement qui conduit une politique et dont la légitimité pour le faire se fonde sur une majorité parlementaire, cela ne suffit-il pas pour assumer complètement le rôle de l'exécutif?


Evidemment, ce n'est pas ce qui sera fait.  Mentionnons  tout de même deux points assez peu commentés au sujet de la réforme proposée (laquelle est assez correctement débattue par ailleurs):

* Si le président s'exprime devant le parlement, quid du droit de réponse? Le (vrai) chef de l'exécutif, qui n'est pas responsable devant le parlement, va de surcroit pouvoir venir donner sa version des faits et expliquer aux députés comment il faut penser, sans que ceux-ci n'aient leur mot à dire. Evidemment, par droit de réponse on entend à égalité de publicité médiatique...

* Voilà un moment qu'on en parle, de ces sujets, mais qu'en pense Bayrou? On n'entend pas un mot de sa part. Même s'il faut bien admettre que ce silence est loin d'être assourdissant, le thème des institutions, de la démocratie et du pluralisme ont quand même été dominants pendant sa campagne.


Profitons-en pour dire un mot sur le modem:

La question d'une alliance avec ce parti risque de s'imposer dans les débats au congrès. Sauf qu'ouvrir officiellement des discussions avec François Bayrou n'aurait pas de sens, si on prend la peine de considérer que le seul point non-négociable chez lui est d'être candidat à la présidentielle, avec l'objectif de battre la gauche au 1er tour. Partant de ce principe, le seul accord possible est celui sur un désistement mutuel après un 1er tour: celui qui n'arrive pas au second appelle à voter pour l'autre. Bayrou ne le fera évidemment pas en vertu de l'objectif énoncé plus haut: annoncer un désistement en faveur de la gauche, même sous condition, c'est s'aliéner les voix de droite, et donc toute chance de figurer au 2nd tour.
Notons au passage que la stratégie exclusivement présidentielle du modem est quelque peu en contradiction avec son discours sur l'équilibre de notre démocratie.

PS1: Même les signataires (16 sur 17) de la tribune dans Le Monde ont fini par comprendre que le B A BA, c’est de ne pas entrer dans une délibération parlementaire ou une négociation en se démunissant par avance du seul moyen de pression à sa disposition (le vote contre). L'initiative malheureuse portait la marque de Manuel Valls: ne pas contribuer au rapport de force quand il le faut, et de jouer à l’”opposant constructif” bien avant que ce ne soit le moment.

PS2: Que le texte soit adopté au final ne dispense pas de veiller à ce que personne ne vienne chiper la cerise sur le gâteau indûment. Du genre une conférence de presse impromptue et solennelle de sarko pour s’attribuer les mérites du résultat. Une certaine habileté pourrait être de s’accorder discrètement avec Fillon pour que ce genre de fanfaronnade déplacée ne puisse avoir lieu.

PS3: La ligne juste était exprimée, comme d'habitude, par Pierre Moscovici.
le 20 mai: "Il est plus que douteux que nous puissions voter le texte –cela supposerait un accord global qui est loin d’être envisageable- mais certes pas exclu de pencher pour l’abstention. Ne soyons toutefois pas complaisants en laissant penser que notre indulgence serait acquise. [Nos] propositions ne sont ni maximalistes, ni irréalistes, elle ne sont pas la surenchère de l’opposition que dénonce le Président de l’Assemblée"
Le 21 à l'assemblée: "La manière très cavalière dont le parlement – dans son intégralité – a été traité dans cette affaire en dit long sur la volonté du gouvernement, affichée mais sans être suivie d'effets, de renforcer le pouvoir délibérant. Arnaud Montebourg vous a proposé un « compromis historique » pour réformer les institutions. Il est encore temps de le faire. Mais pour cela, il faut que vous bougiez, que vous bougiez, et vite."
Le 22: "je suis plus sceptique sur l’état d’esprit du gouvernement, que je trouve sectaire, fermé, volontiers méprisant, comme si au fond, il avait déjà fait le deuil d’une révision constitutionnelle qui ne l’arrange qu’à moitié et cherchait à nous en faire supporter la responsabilité."

PS4: On m'interroge souvent, comme militant socialiste, sur la nouvelle déclaration de principe. Pour faire vite: Vivement critiqué pour n'avoir rien foutu sur le plan des idées pendant 10 ans, Hollande veut étoffer un peu son bilan en matière de rénovation. Il a fait écrire une nouvelle déclaration de principe à Bergougnoux et Weber dans ce but, mais sans aucune forme de délibération ou d'organisation collective de ce travail. C'est un coup de fin de mandat pour soigner son crédit personnel, mais personne ne s'y est opposé car chacun espère toujours avoir son soutien au congrès. En fait il aurait fallu que la déclaration de principe soit à l'agenda de la prochaine direction, plutôt que d'être réduit à voter ce soir sur un texte qui continue d'être amendé jusqu'au 10 juin.

PS5: La palme de la plus belle réponse à la chaine bachique lancée ici revient à Nicolas J. Nicolas est un pote kremlinois, blogueur faussement rustique, légèrement soupe au lait (et surtout à la bière), mais à l'écriture inventive, riche en bons mots de tonalité plutôt truculente et surtout pas snob, avec un regard à la fois saisissant et frappant d'évidence sur nos tribulations et autres routines quotidiennes. Son billet illustre bien ces qualités. Son diagnostic politique est de surcroit rarement pris en défaut. Le seul fléau qui le guette et auquel ces lignes ne remédieraient certes pas: la grosse tête. Son refus de franchir le périph' devrait néanmoins l'en prémunir.

PS6: Des articles étayés, sur le travail, chez Intox2007. je suis feignant, donc je me contente de les signaler. A quand la statistique qui permettra de connaitre le nombre total d'heures travaillées par pays? Rapportées à la population totale, cela donnerait une idée plus juste de l'emploi dans les différents pays, au delà des magouilles de chaque gouvernement.

PS7: mes encouragements moscovites à Chouka, même s'il y a encore du chemin avant de parvenir au statut de noeud (de la blogosphère). Concept appris hier à la république des blogs.

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

Magali 03/06/2008 13:20

Merci de laisser passer cet appel de simples citoyens salariés pour les retraites :
-----------------------------------------------------------Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.
1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :
- La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" ( année 2005). Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.
2/ Sur les dettes de l"Etat :
- Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).
3/ Sur les recettes de privatisations :
- Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.
A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.
4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :
- 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.
5/ Sur les "niches" fiscales :
- 254 "niches" fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.
Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.
A savoir :
1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.
2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.
Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.
Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.
Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434

abadinte 01/06/2008 17:33

En fait, c'est moi qui dis que tu es un noeud. tu es le noeud de notre blogosphère. Le référent autour de qui nous tournons tous.Si je veux me détendre et boire une pinte c'est chez CDLM qu'on va :)

Martin P. 30/05/2008 20:52

@ Eric: tu n'es pas si noueux que ça. quoique

Eric 30/05/2008 20:38

Oui, j'ai été surpris d'être accueilli par un "tiens, voilà justement un noued".J'ai cru qu'on me traitait de tête de noeud. Les sociologues ont des moeurs délicieuses.

chouka 30/05/2008 15:46

Merci pour tes encouragements. Moscoviciste et au-dela, cela ne me résume pas.Mais je ne me sens pas un esprit de noeud pour l'instant...