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A propos de l'auteur:

ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.

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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin

"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss Kahn
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Vendredi 2 novembre 2007 5 02 11 2007 17:48
Le lancement de cette polémique est du genre que j’aime assez, mais il est malheureusement gâché par ses aspects un peu puérils.
Comme ces gamineries autour des modifs de bloglist (voir commentaires précédents: pour ma part c'était annoncé chez l'intéressé, en ces termes: si j’ai un malaise avec un discours, je ne vais pas en plus en faire la propagande, ou alors de manière circonstanciée).
Ou encore
la ficelle utilisée pour accrocher le débatteur impénitent, du genre "tu mélanges les concepts", concepts dont je crois pourtant avoir épargné le lecteur, même si je sais que d’autres ont plus d’appétit pour le jargon et autres attributs snobs de pseudo-intellectuels qui voudraient avoir l'air, mais n'ont pas l'air du tout.

J'ai malgré tout commencé à y répondre dans l'article précédent.

Pour traiter la polémique autour de la lecture de la lettre de Guy Moquet (j'en cause ici), Toréador s'en tient, comme à une doctrine, à sa description quasi tautologique de la "démocratie représentative": on élit des représentants! Dès lors, on ne discute pas, selon lui. Cette explication de texte certes littérale est pourtant insuffisante, et il se trouve que j'ai écrit plusieurs textes de campagne là-dessus, tant la question de la démocratie et de l'exercice du pouvoir formait déjà un des principaux clivages Ségo-Sarko (voir ici, ici, ici, ici, ou ici, eh oui, je suis un récidiviste). Clivage que l'on retrouve avec notre confrère.


La démocratie mature et moderne consiste au contraire à discuter. En bon social-démocrate, je propose une vision dynamique de l'ordre. L'ordre n'est pas figé, mais en mouvement. Le système institutionnel organise l'action, mais les lignes peuvent bouger, et on privilégie la négociation et le compromis au recours strict à l'obéissance et à la loi. De ce point de vue, on peut voir comment l'affaire Môquet marque le désaccord:
Guaino, sur une position dure, a produit à foison une apologie de l'obéissance dont on trouve une autre expression chez Toreador. Mais face à une polémique qui débordait largement l'éducation nationale, et confronté à la bronca des profs, Xavier Darcos a tenu compte de leurs objections et a très largement réaménagé sa circulaire de manière à permettre l'utilisation d'autres textes et laisser de manière générale une grande liberté dans cet exercice qui devait être avant tout pédagogique (ce qui n'était pas évident de prime abord).

Eh bien nous avons, de cette séquence, deux points de vue opposés: Je pense que ce fut un bon fonctionnement de la démocratie, Toréador pense le contraire.

 

 
Au-delà de la question de forme, je vais poursuivre un commentaire fait précédemment pour insister sur la réalité politique. Je crois que les sarkozystes en appellent exagérément -et même grossièrement- à l'obéissance parce qu'il existe un hiérarchie corollaire dans laquelle ils sont assez démunis: celle du respect. Je crois que sarkozy est très bas dans cette hiérarchie du respect, malgré le crédit que les sondages lui font du point de vue de la confiance. Le recours aux figures de la Résistance signe cette faiblesse. Il est de surcroit très peu équipé pour se refaire, et cette tare est ce qui va saper l'autre hiérarchie, officielle, qu'il croit suffisante à elle-même.
Alors certes, la lucidité commande de dire que le prestige de la fonction finit par ressurgir sur l'homme, mais c'est un point sur lequel la vision schématique et théorique percute la réalité politique. On peut voir avec Bush aujourd'hui par exemple, que la capacité pour un président impopulaire d'agir est limitée.
D'autant plus limitée ajouteront certains que si par exemple il voulait attaquer l'Iran il devrait en passer par un vote du congrès. Un luxe de démocratie que nous n'aurons probablement pas en France, et ce, peut-être avec l'assentiment des contempteurs de la "pression de la rue".


C'est puéril mais c'est amusant, finalement.
 
Par Martin P.
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