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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 14:07
Le clivage le plus perceptible dans ce congrès concerne la culture politique. Cela va s'exprimer dans les textes au travers de ce qui touche au fonctionnement du parti. La différence entre les principaux candidats, Ségolène et Bertrand, est sensible, mais elle n'est pas encore décrite explicitement. Heureusement, nous avons avec Lionel Jospin et Michel Rocard des camarades qui, par leur âge expérience, ont "quelques titres à s'exprimer sans détour". D'ailleurs Michel Rocard est assez connu pour s'exonérer depuis longtemps de la prudence souvent de mise au PS.



Bref, Michel et Lionel assument clairement: ils sont élitistes (le fait qu'ils comptent parmi les meilleurs esprits du PS et qu'ils le savent y fait peut-être quelque chose). Ils croient que l'élaboration des textes doit se faire par ceux qui ont fait la preuve au préalable de leur réflexion, de leur expérience, ceux qui se sont formés sur une période non négligeable de pratique politique ou dans leur secteur d'expertise. C'est cette idée directrice qui explique le repositionnement récent de Rocard puis de plusieurs rocardiens à sa suite. D'abord enclins à soutenir la contribution dont ils sont les plus proches, annoncé comme un texte fort et exigeant, ils se sont ensuite tournés vers Delanoe, puisqu'à choisir entre lui et Ségolène, c'est tout de même le premier qui apporte le plus de garanties sur le plan de la rigueur intellectuelle.

             [illustration: Bertrand qui peut enfin tirer sur la clope après la longue journée du 24 mai, à la sortie de la mutualité, pendant que Harlem débriefe]

Ségolène, elle, construit sa communication sur la frustration des "militants de base" et des nouveaux adhérents vis-à-vis de cette méthode. Mais elle ne parvient jamais à répondre à ceux qui la soupçonnent de fonctionner de la même façon sans le dire avec son propre cercle rapproché.

L'erreur de Michel Rocard n'est pas tant sur le principe que sur le fait que l'ascension au PS se fait de moins en moins au "mérite", et que nombre de ceux qu'il croit à même de travailler efficacement et pertinemment sur le fond en sont en réalité bien incapables, ayant surtout fait la preuve durant leur parcours de leur disponibilité à manoeuvrer, jouer des coudes et verrouiller, avec un tropisme immobiliste sur le fond.

Le jugement est certes un peu sévère, mais le problème est surtout que personne n'écrira ça dans une motion en raison de  l'influence que l'on prête aux premiers fédéraux sur les votes dans leurs fédérations. Or ce qui est en question au PS ce n'est pas seulement le travail au niveau national, mais aussi dans les fédérations.

Bref, ce qui est en cause n'est pas l'élitisme mais le carriérisme: le fait de se constituer des réseaux, des appuis, des "troupes", est prioritairement reconnu par le PS. Mais le peu de transparence dans lequel ces processus opèrent fait que la capacité à convaincre au delà de ses fidèles sur la base d'un discours structuré n'est pas toujours garanti chez ceux qui auront connu l'ascension dans ce système.

Comme on me reproche des articles trop longs, je poursuis dans l'article suivant.

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PS: cet article me permet de dépiler un peu les sujets que j'avais en tête avant de faire un petit compte rendu d'une rencontre entre Benoit Hamon et des blogueurs, dont vous aurez déjà quelques aperçus chez Lancelot.

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Published by Martin P. - dans PS
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Martin P. 23/06/2008 16:12

De fait, la crainte de SR constitue le principal ciment des alliances qui se constituent autour de Delanoe, Aubry, et accessoirement d'autres qui restent "en attente" Mélenchon, Hamon, et Fabius qui n'a pas encore clairement pris positionl'anecdote la plus insignifiante de la semaine: Lang soutient Aubry. on ne sait pas si Martine est enchantée...

Olivier Rey 23/06/2008 14:12

Ce qui me frappe surtout dans la démarche de la contribution Delanoë, dont j'ai cotoyé et apprécié beaucoup d'animateurs, c'est l'aspect défensif du mouvement. Un peu comme si se jouait la revanche du congrés inabouti de Rennes (à l'époque, l'Elysée avait bloqué la majorité Jospin-Rocard-Chevènement en formation), alors que je m'attendais plutôt à ce que Delanoë soit plus "brigade légère" que "ligne Maginot" face à Royal.