A propos de l'auteur:
ressortissant de la société civile immigré irrégulier en politique, ex jospiniste.
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"Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre. (...) Se dissimuler dans les plis de l’intérêt général, c’est finalement dépolitiser la société, postuler une unité factice, vider a priori de tout sens l’intérêt du débat démocratique." Lionel Jospin
"on n’est pas plus ou moins à gauche en fonction de l’intensité de ses revendications mais en fonction de la réalité de ses réalisations." Dominique Strauss
Kahn
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Ségolène Royal est la candidate de la réalité, de l'écoute, et de la rénovation. C'est la candidate de l'avenir, d'un avenir proche qui nous tend les bras.
Il faut reconnaître que le rapport à la réalité, chez plusieurs responsables socialistes, s'était technocratisé. La statistique s'était substituée au ressenti de terrain. Or le politique ne doit pas laisser les outils de mesure s'instituer en grille de lecture. Le biais technocratique, la succession d'intermédiaires et de transcriptions techniques peut conduire à des erreurs dans la perception de la réalité. Il s'introduit une distance entre le quotidien vécu et ce qui en est ressenti par le décideur. Ce sont là des éléments, parmi d'autres, d'explication du 21 avril, et Ségolène Royal en a tiré les conséquences. Ceux qui préfèrent rester derrière la vitre, eux, multiplient les noms d'emprunt romains, Spartacus et autres Gracques, pour dériver vers Bayrou.
sarkozy, lui, continue de s'hypnotiser lui-même avec des statistiques cuisinées minute et sous pression, par des organismes dont la structure s'est conformée sous les injonctions pour ne plus produire que ce qui est doux à l'oreille du chef. Il en va ainsi des statistiques policières: les flics eux-mêmes sont beaucoup plus tyrannisés que les truands. Il en va ainsi de l'INSEE et de ses chiffres du chômage. C'est ainsi, aussi, que Staline est mort seul, faute d'assistance de la part de ses médecins tétanisés par la crainte.
La sphère médiatique participe de cette déconnection. Le journaliste mondain, souvent parisien, se croit aussi excellent qu'il est médiocre (voir déontoloGiesbert). Ce journalisme là ne fait guère son boulot. Tout à sa complaisance envers nico 1er, on peut comprendre qu'il ait été dérangé par l'irruption de la "fausse note" Ségolène, quand celle-ci est devenue plus qu'un objet people.
Ce microcosme ne parvient plus que difficilement à relayer les infos malséantes. Un exemple: Le Monde rapporte une "rumeur" qui court sur le net. Sauf qu'il ne s'agit pas de celle que vous savez, il s'agit d'un texte qui évoque, dans la bio de sarko, un poste de délégué aux risques radiologiques peu après Tchernobyl. Or il ne s'agit pas de rumeur, sarkozy a bien eu cette responsabilité, mais ce qui est grave dans cette affaire n'est pas tant sa responsabilité à l'époque (probablement faible), mais le fait que cette ligne ait disparu de sa biographie officielle. A la lecture de l'article de Monde, sarko est presque une victime du net, quand en l'occurence c'est l'information qui semble victime de sarkozy. Karcheriser les journalistes, ça peut payer, le syndrôme de Stockholm peut-être. Alors bien sûr, le journaliste mondain réagit quand on le met en cause: "Ah ça vous dérange, les journalistes, hein? c'est pour ça que vous les critiquez! et s'il n'y en avait pas?". La tartuferie est totale, et cela ne risque pas de changer sous sarkozy.
Pour ce qui est de la vraie rumeur, concluons que mieux vaut une fausse vertu et une vraie liberté (Ségo), plutôt qu'une dépendance maladive (sarko). Conjuguer liberté et constance, c'est tout de même mieux qu'une stabilité très relative, garantie seulement par certaine relation personnelle.
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