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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 16:43
Le journaliste français a bonne conscience. Certes, il démontre parfois une intimité avec le pouvoir qui pourrait interroger, mais s'il le fait c'est pour être au plus près de l'évènement, et évidemment il garde par ailleurs sa totale indépendance de jugement. Cela lui permet, lui au moins, de produire des informations exactes sur ce que dit ou ne dit pas sarkozy. Le problème est que cette noble tâche est bien sûr immense, et que le journaliste français est conduit à ne plus produire que ce dont sarkozy est la source. Parfois avec des petits bémols, souvent avec emphase. C'est le premier niveau de lâcheté.

De temps en temps, ce microclimat français, ce petit anticyclone est perturbé par des fronts dépressifs venant de l'étranger. Ainsi du fameux rapport publié par un journal canadien. Le journaliste français, un peu dérangé dans son moutonnage habituel, se réveille alors: "Machin a dit que..., qu'en pensez-vous?". Le journaliste français ne se mouille pas: "Machin" a produit les documents, "Machin" a des sources concordantes dont il fait état, mais le journaliste français se réfugie néanmoins derrière "Machin", au cas où, et surtout tend le micro au pouvoir pour revenir au train-train normal. C'est le deuxième niveau de lâcheté.
Certains observateurs avisés, c'est-à-dire lecteurs du Canard Enchaîné, auront aussi remarqué que toute l'information publiée de l'étranger était en réalité connue depuis des semaines pour peu qu'on aie seulement lu les gros titres de ce journal dit "satirique", qui avait rendu public tous les éléments depuis longtemps. Troisième niveau de lâcheté.
Il apparait donc non seulement que le journaliste français s'attache à ce que le citoyen reçoive prioritairement l'information voulue par le pouvoir, que quand ce n'est pas la cas il se planque derrière d'autres plus courageux, mais qu'en plus il préfère ne pas ébruiter les informations inconvenantes quand il le peut.

Un autre exemple? Voyez l'abandon par Christine Lagarde de tout recours dans l'affaire Tapie. Mediapart révèle que la ministre des finances a menti. Preuves à l'appui. Timidement, le journaliste français rapporte le fait que Mediapart ait rapporté ces informations. Il faut dire qu'une fois sur internet, c'est plus facile à faire buzzer et donc plus difficile à ne pas entendre. Sauf que le journaliste français ne réagit que maintenant alors que le Canard Enchainé développe depuis des semaines les tenants et les aboutissants de cette arnaque monumentale qu'est le tribunal arbitral, avec Lagarde qui se chie dessus en pleine période estivale tout en brandissant un vague mot d'excuse truqué (preuves du truquage à l'appui évidemment).
On peut donc penser que ceux qui ont fait fuiter ces documents les ont fait circuler de rédaction en rédaction jusqu'à ce que ça fasse bouger le microcosme, et que le journaliste français a donc chaque fois fait l'autruche. De surcroit, c'est bien plutôt la plaidoirie de Tapie devant la commission parlementaire qui aura été diffusée, plutôt que celle de ces accusateurs.

Mais le journalisme à ray-ban a bonne conscience. Et il a bien raison, dira Jean-Michel Aphatie.

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Published by Martin P. - dans médias
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commentaires

louise 24/09/2008 00:46

http://mobile.lejdd.fr/cam/jdd/scroll?xwcpid=0&xwpage=4&lbs=CamIM1&xwpageid=%2Fpolitique%2Farticle.php&lf=

Martin P. 23/09/2008 10:33

tiens, salut Romain, vous ici?merci pour le lien

romain blachier 23/09/2008 00:29

excellent billet.tu as bien mérité un link dans mon billet du jour (-;