Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : sauce politique
  • sauce politique
  • : politique
  • Contact

Bande son

musique insérée dans les articles, de circonstance si possible

-


Add to Technorati Favorites


Recherche

25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 19:10
Reprenons ici les points développés comme mandataire de la motion A, en section.

Le moins que l'on puisse dire est que ce congrès ne se présente pas de la meilleure des façons. Les tenants de ce qu'on appellera "social-démocratie" par facilité de langage se sont un peu éparpillés, Huchon et Cambadélis chez Aubry, Collomb chez Royal, Larrouturou chez Hamon, ce qui rend en certaines occasions le débat un peu factice, "pour le sport", étant entendu le peu de différences avec les signataires de la motion A, Delanoe et Moscovici en tête.
Dans un mouvement semblable on aura remarqué que la fringante "nouvelle génération", les Dray, Peillon, Montebourg, Valls, et quelques autres moins connus n'ont toujours pas eu le courage de s'imposer ni de tenter de prendre la place de leurs ainés en tête des motions. Seul Pierre Moscovici aura tout tenté pour faire exister une alternative. On notera d'ailleurs que les "éléphants", hommes d'appareil et autres "barons" sont assez bien répartis parmi les motions, bien que certains essaient d'en faire un argument repoussoir.
Comme d'habitude, les textes ont souffert du jeu des alliances, et beaucoup de contributions ont perdu de leur force dans l'exercice, qui se traduit souvent par des coups de gomme et du lissage. Nous nous retrouvons donc avec ces fastidieux préambules sur le monde qui va mal, la confiance des citoyens à retrouver, l'urgence de ceci et de cela, avec toujours le même style empesé dont il faudrait nous débarrasser.

Malgré ces réserves, il est possible de se déterminer, au regard de la clarté, de la cohérence de l'orientation politique d'une part, et des aspects de méthode d'autre part.

La crise financière est l'occasion de vérifier qu'un des signes de la cohérence, c'est la constance. Il ne s'agit pas d'appeler à "changer de système" sous la pression des circonstances quand on a auparavant toujours parlé de le réformer. La subtilité langagière pourra paraître spécieuse, mais il est important de comprendre que chaque ambiguité, pensée comme une habileté tactique, prépare l'échec stratégique, par illisibilité et manque de crédibilité. Il faut donc voir qui reste clair sur le réformisme, lequel peut être radical mais part de la situation réelle pour formuler ses propositions.
Réformisme qui suppose aussi une certaine rigueur: s'il s'agit de dénoncer les dérives du marché par exemple, il faut encore distinguer le marché des biens de celui des capitaux, comme celui du travail. S'agissant du marché des biens, on peut considérer de nouvelles formes de protectionnisme européen, mais en se rappelant qu'un protectionnisme a déjà existé et existe toujours, celui de la PAC, avec les effets pervers que l'on connait dans les pays en développement. Il faut donc ici plutôt parler de protections dans le domaine du marché mondial du travail, pour éviter le dumping social. Concernant le marché des biens, et au regard du défi écologique, il faut songer au développement de l'économie des biens immatériels,  de l'économie de la connaissance chère à Pierre Cohen, et donc au traitement de la question de la rémunération des oeuvres de l'esprit, de la culture.
D'un autre côté, le marché financier, qui est une sorte d'ultra-marché, aurait besoin de réforme radicales, touchant à son fonctionnement, à ses métiers, à sa réindexation sur le réel, pour en assurer la stabilité nécessaire à l'économie réelle. Mais tout cela n'est pas une remise en cause de la propriété des moyens de production par le capital privé, qui définit le capitalisme.
C'est entre autre sur ce point que la motion A diffère par exemple de la motion C, qui est plus ambigue sur le marché et le capitalisme dans l'énoncé de sa doctrine, même si elle est moins "anticapitaliste" dans sa partie propositionnelle. La motion A, elle, propose de s'appuyer pleinement sur la déclaration de principes du parti.


La cohérence, la constance, la rigueur intellectuelle et la clarté de l'orientation politique précédemment évoquées ne suffisent pas pour garantir que la bataille idéologique soit efficacement menée. Il faut donner de la force, de la structure, de la puissance à notre discours. Pour cela il existe une méthode: stimuler l'affutage des arguments, contraindre à ordonner sa pensée, à trouver des formules percutantes, par la confrontation des points de vue. Le PS doit retrouver les vertus dialectiques du débat authentique. Car l'étincelle ne vient pas de la tambouille mais de la friction. Or, si la motion C pourrait se constituer en opposition exigeante dans une relation dialectique féconde avec une majorité construite autour de la motion A, d'autres motions proposent des démarches qui permettent peu cette méthode.
La motion D se présente elle même comme celle de l'alliance des "carpes et des lapins". Si l'idée est d'apparence sympathique, elle prépare néanmoins un "rassemblement" qui ne serait pacifié qu'en apparence, et qui maintiendrait le PS dans un état dans lequel le débat de fond se perdrait dans les contours mouvants de courants internes déterminés par les stratégies personnelles.
La motion E comporte une personnalité incontournable qui se présente comme l'incarnation de la rénovation, comme l'allégorie du changement. Une allégorie ne se discute pas. La posture, si il est admis par beaucoup de français qu'elle convient en période de campagne présidentelle, n'est aujourd'hui pas celle dont on a besoin dans le parti. Elle est anti-dialectique. Elle parasite les questions de fond par les questions de personne, assimile la critique à l'attaque. Il est entendu que les idées se doivent d'être à un moment donné incarnées, mais une préparation, une mise en ordre, une reformulation préalable sont nécessaires.
Le texte des motions, comme évoqué plus haut, illustre bien que ce ne sont pas les propositions qui font défaut, mais le souffle, la vigueur du combat pour les idées. Si on résume le débat à la récitation d'un listing de propositions, on se perd et on se leurre, d'autant qu'on retrouve un peu partout les mêmes. La méthode de travail implicitement portée par chaque motion doit donc être un critère de choix majeur.

Sur la question de l'ouverture du parti,
la motion A prévoit de mettre en débat une proposition concrète. Outre la sollicitation de la "société civile" pour intégrer ses travaux, outre l'intégration des forces sociales, que chaque motion ou presque appelle de ses voeux, il faudra discuter de l'organisation d'une primaire ouverte pour la désignation du candidat aux présidentielles. Cette méthode a de nombreuses vertus, mais présente le défaut aux yeux des militants de leur retirer cette prérogative. Mais être un militant ce n'est pas seulement désigner un candidat. En outre, une primaire ouverte contraindrait les "présidentiables" à se placer dès le départ dans une logique de campagne nationale, a priori mieux susceptible de préparer politiquement les candidats. Elle les contraindrait aussi à parler non pas aux seuls adhérents du PS mais à l'ensemble des français, ce qui devrait débarrasser cette parole de ses insupportables précautions oratoires, de son langage codé, de ses évolutions infinitésimales.

Enfin, la question des alliances montre combien une doctrine peut être mal articulée et irréfléchie. Il est entendu que la stratégie de François Bayrou est quasi-exclusivement présidentielle. Jamais il ne renoncera à sa candidature, pour la bonne raison qu'il compte bien battre le candidat PS au 1er tour. Dès lors, toute stratégie tendant à le faire exister au plan national est contre-productive, même s'il ne s'agit pas de refuser a priori l'apport de ses voix dans un second tour. Cela ne veut pas dire qu'il faut nier les alliances qui peuvent se nouer au plan local. La distinction entre le plan local et le plan national dans notre rapport avec le modem est parfaitement défendable. Les convergences au plan local ne sont pas illogiques, et c'est bien plutôt Bayrou que le PS qui se trouve gêné par cette réalité: laissons-le avec cette contradiction, et ne construisons pas une stratégie nationale là-dessus.

Partager cet article

Repost 0
Published by Martin P. - dans PS
commenter cet article

commentaires

voyance mail gratuite 12/05/2016 11:22

Agréablement surprise par la découverte de votre site si joli et tellement original , tout y est bien conçu et très beau avec beaucoup de choix, c’est une merveille !!

A.B. 30/10/2008 18:30

Bien sur la motion A, quoi d'autre?Il n'empêche, plus je vois l’état de délitement des organes du PS plus je suis convaincu que le “salut politique ” du parti viendra de l’extérieur: des Gracques, des think tank comme terra nova ou telos, des fondations, de la République des idées qui s’affranchissent des veilles luttes intestines.“Gramsci, Pascal et le Parti Socialiste”A lire sur: http://abenarous.wordpress.com/2008/09/23/gramsci-pascal-et-le-parti-socialiste/cordialement,A.B.

Martin P. 28/10/2008 11:52

@ vogelsongplaisir partagé! bon, pour la production je sais c que c'est

vogelsong 28/10/2008 08:44

Nous finirons même par être d'accord.Remarque, ne pas être d'accord avec toi est un plaisir, et un honneur. :)Concernant la production (publier plus), impossible. Vraiment.A bientôt

Louise 27/10/2008 16:54

Qu'il sont mignons sur la photo !