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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 23:11

Anaphores? Oui, cette figure de style qui se veut lyrique et qui consiste à répéter les mêmes mots au début de phrases consécutives. C'est la signature stylistique de la "plume" de sarkozy. Il peut en commettre d'assez lourdes. Cela semble anodin, mais c'est là que réside le "changement".

"J'ai changé" avait-il dit, et on était trop rapidement passé là-dessus, pour une raison simple: la question de savoir s'il avait changé, lui, n'était qu'une question de degré de crédulité, ou plutôt, cette question avait peu de sens puisque la seule conviction de sarkozy, c'est sarkozy. En réalité ce qui a changé, et ce n'est pas de petite importance, c'est le "sarko show". Fini le cirque médiatique du camé des caméras, s'agitant en toute occasion et à tout propos. Place aux discours fleuve pseudo-républicains pondus au kilomètre par Guaino, que Chevènement n'aurait pas renié, voire que le Che aurait tout juste osé commettre même aux plus grandes heures de la campagne référendaire. Anaphores nonistes disions-nous:

" Nous devons être capables de proposer aux peuples européens une Europe dotée d’un gouvernement économique qui défende les intérêts des Européens, qui ait son mot à dire sur la politique monétaire et sur la politique de change.
Nous devons être capables de proposer aux peuples européens une Europe où la politique monétaire ait aussi pour objectifs la croissance et l’emploi et pas seulement l’inflation.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe qui se donne les moyens de se protéger contre les abus de ses concurrents et contre les dumpings asiatiques, et, qui exige en toutes circonstances la réciprocité.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe où la commande publique puisse être utilisée pour soutenir les PME et les industries naissantes.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe qui protège ses activités stratégiques contre les prédateurs.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe où le droit de la concurrence n’empêche pas l’émergence de champions européens de dimension mondiale.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe où un rapprochement européen d’entreprises ne puisse pas être interdit parce qu’il est présumé pouvoir engendrer un abus de position dominante.
Nous devons être capables de leur proposer une Europe où les dogmes de la concurrence n’interdisent pas les politiques industrielles. "

Fabius? Emmanuelli? Non, c'est le bonimenteur à la petite semaine, cornaqué par son âme damnée. Guaino, dont le hobby semble être de faire élire des présidents de droite avec des discours de gauche. On conçoit qu'il en tire une sorte de fierté, car l'affaire n'est pas petite, mais reste à savoir s'il rend service à la Politique ce faisant. Car non seulement le chef de l'UMP n'a pas été capable de ce qu'il promet, mais lui ainsi que toute son équipe potentielle ont soutenu le contraire, ne sont pas décidés à changer d'avis, et donc sont encore moins capables d'en faire changer les partenaires européens.

Le petit nicolas s'énivre de cette nouvelle prose. Il faut dire que la gauche républicaine antilibérale, c'est un alcool fort pour cet abstinent, qui explique par ailleurs qu'il ne faut pas se défausser sur l'Europe, qu'il faut jouer la concurrence fiscale en baissant les impôts, que l'état actionnaire n'a pas à s'ingérer dans Airbus, que privatiser l'énergie est une bonne stratégie, et que bien sûr il faut baisser les prélèvements en particulier pour faire revenir les golden boys frenchies de La City à Londres.

L'ex-junkie en manque d'apparition TV, gesticulant en avant-plan du moindre faits divers de JT, s'est donc reconverti dans une frénésie nouvelle. Il se saoule de discours récupérés dans tout l'éventail politique, dans une campagne à la PAC-MAN gobant les dragées dans un labyrinthe, quitte à ce que la trajectoire soit illisible et désordonnée. Cela était annoncé dans son discours de "sacre":

"Je demande à mes amis qui m’ont accompagné jusqu’ici de me laisser libre, libre d’aller vers les autres, vers celui qui n’a jamais été mon ami, qui n’a jamais appartenu à notre camp, à notre famille politique qui parfois nous a combattu.
Je demande à vous tous de comprendre que je ne serai pas que le candidat de l’UMP, qu’au moment même où vous m’avez choisi je dois me tourner vers tous les Français, quels que soient leur parcours, qu’ils soient de droite ou de gauche, de métropole ou d’Outre Mer, qu’ils vivent en France ou à l’étranger, que la France les ait ou non déçu pourvu qu’il l’aiment."

En clair: Je vais dire tout et n'importe quoi pour être élu, rendez-vous après les élections.

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PS1: A propos du discours cité plus haut, voir l'exégèse de Jean Quatremer, "le coming out eurosceptique de sarkozy", ou encore "l'européen passéiste", par Thomas Lefebvre.

PS2: A propos d'Airbus, nico 1er a déclaré "Je ne considère pas que les Etats soient les actionnaires industriels les plus avisés". Quand on connaît la génèse de l'avionneur européen c'est amusant, mais voir à ce propos Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn dans Le Monde.

PS3: Vraiment c'est très amusant de compter les anaphores chez sarko, c'en est plein à craquer. Et si on enlève ces petits gimmicks, ça devient très convenu, à quelques aberrations après.

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Published by Martin P. - dans sarkozy
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commentaires

bayrou.de 15/03/2007 14:05

L identité européenne c est
"Liberté-Egalité-Fraternité"
plutot que le
"Travail-Famille-Patrie"

Martin P. 08/03/2007 15:21

Après plusieurs remarques, j'ai essayé plusieurs polices et tailles de caractère, mais je n'ai le choix qu'entre très gros et très petit. en attendant qu'overblog offre quelquechose de plus ergonomique, je reviens à la police par défaut