Mardi 18 septembre 2007
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Je fus furieusement jospiniste, et
indécrotablement jospinien. C'est ce qu'indique la présentation, colonne de gauche de ce blog, depuis son origine. En fait, le terme "ex-jospiniste" est erronné puisque je suis toujours en phase
avec l'orientation politique qu'il incarne. J'essaie plutôt de ne plus être jospinien, ayant expérimenté les limites
électorales d'une personnalité faite de rigueur, d'élitisme, de rationnalité excessive.
(le slogan de Lionel, ci contre, montre que vouloir une rupture de style après l'ère chirac n'est absolument pas une preuve de génie ou même d'
"habileté", en tous cas aucunement une innovation)
Est apparue récemment ici une catégorie "PS", que j'alimente avec un empressement relatif sachant que ce parti -j'en suis un
militant- a devant lui pas mal de temps pour méditer. J'y ai quand même ajouté, en les anti-datant mais livrés tels quels, deux textes qui datent de la campagne d'investiture:
* "Dominique, Ségolène, et Lionel" pour expliquer mon choix entre les trois personnalités les plus proches de mes orientations en
septembre 2006. Il y est donc surtout question de la "bonne candidature", de problèmes déjà identifiables chez Ségolène, et de cette nuance jospiniste/jospinien: je me
définissais d'ailleurs à l'époque comme un jospiniste qui ne veut pas de la candidature de Lionel Jospin.
* "Présentation DSK". J'ai défendu la candidature de DSK au sein de ma section, avec entre autres ce texte (qui n'était pas trop
mauvais m'a-t-on dit). On y trouvera, passé la question du personnage, quelques éléments purement programmatiques mais très synthétiques.
Voilà pour ceux qui ne savaient pas encore me "situer" (c'était pourtant le rôle des deux citations elles aussi sur la colonne de gauche).
Avec ce lourd passé, je ne peux décemment rester silencieux face à l'intense polémique entre deux éminents blogueurs de ma connaissance: l'un est d'accord avec le propos récent de
Jospin, l'autre est contre Jospin (attention à la nuance).
Il se trouve que j'ai écrit un billet sur la question qui semble toujours d'actualité (et qui lui aussi n-était-pas-trop-mauvais-m-a-t-on-dit):
"L'enjeu, l'enjouée en joue"
En prime, j' "oute" sur ce blog mes commentaires faits chez Eric et Nicolas, en attendant de faire d'autres billets sur mon si attachant parti (et à mes risques et périls):
C'est justement parce que Jospin n'est candidat à rien que sa parole sur ce sujet a de la valeur: tous ceux qui sont
candidats à quelque chose savent qu'ils ne peuvent en aucun cas fâcher les troupes de Ségolène, soi-disant nombreuses. Par contre ils savent que Jospin a raison. Jospin dit juste tout haut ce que tout le monde pense tout bas, mais le dézinguer ne coute pas cher.
Que Jospin n'aie lui même pas été brillant en
2002 ne change rien à l'affaire. On peut même ajouter que c'est en partie grâce au 21 avril 2002 que Ségolène a fait son score au 1er tour en 2007.
Sur la question du projet cohérent: tout le monde au PS s'attendait à ce que la mise en cohérence se produise une
fois le candidat connu. Personne ne doute que Fabius ou dsk auraient "retaillé" le projet à leur sauce. D'ailleurs
Ségo a parfaitement été capable de trancher des débats qui ne l'avaient pas été, quand elle l'a voulu: par exemple en se prononçant pour la VIeme
république.
Le problème est que, pour la VIeme comme pour le reste, ça sonnait creux, et personne ne voyait vraiment où on allait.
Pour agraver mon cas, je vais même rebalancer d'autres vacheries, sur Valls, déjà dites sur le Poliblog:
Valls pense qu'en distillant 2-3 trucs de droite il copie la tactique qui a réussi à Royal pour se faire désigner. Il oublie qu'on
peut être iconoclaste en disant des trucs de gauche. En réalité il ne sait plus où il habite à force de trianguler.
Les "jeunes lions" entament tous le rapport de force en interne avec dans l'idée que même s'ils ne parviennent pas à être désignés candidats, ils peuvent viser un rôle de n°2 de Ségolène, à
l'issue d'un "arrangement au sommet", comme l'a déjà tenté Montebourg à Frangy en Août 2006. Sacrifiant d'ailleurs au passage un gros morceau de ce qui faisait sa singularité, et perdant en
chemin une bonne partie de ses troupes ("rénover maintenant", vous connaissez?).
Ils savent aussi que Ségo n'a aucune chance en 2012, mais que de toute façon 2012 c'est déjà rapé, et qu'il leur faut construire une stratégie à 10 ans.
Par Martin P.
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Publié dans : PS
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