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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:34
Comme prévu, celui dont on peine à se dire qu'il est président de la république plastronne depuis l'Irlande après avoir obtenu le plus petit résultat positif possible, non content d'avoir dans la même journée expliqué aux irlandais que le vote non était compté comme nul. Beau doublé pour inaugurer une double casquette. Un vote arraché de surcroit après un "festival" de la méthode sarkozyenne: d'abord tenter de séduire le votant, sinon l'amadouer, sinon dramatiser, sinon marchander, sinon faire du chantage, sinon intimider, sinon menacer. Dans l'ordre. Qui a dit méthode de voyou? peut-être bien. C'est dire en tous cas à quelle aune juger la morgue de celui qui se déclare vainqueur. Aurait-il "perdu" qu'il aurait "raillé-l'archaisme-de-la-gauche" et signifié aux commentateurs mondains qu'il avait malgré tout le beau rôle. Ce point étant le seul non négociable du sarkozysme, pour lequel il est paradoxalement prêt à toutes les mystifications et toutes les vilénies.



Insistons sur un volet trop peu relevé dans cette panoplie bien remplie de la voyoucratie politique. C'est ce que le député UMP Gilles Bourdouleix a appelé le "49-3 présidentiel", utilisé à ses dépens. Le principe est simple: imposer une mesure majoritairement rejetée, en l'occurence le discours du président devant le parlement, et malgré ce rejet déclencher un vote solennel du parlement, de sorte à contraindre les réfractaires à voter oui pour ne pas provoquer de crise du régime. C'est une sorte de jugement de Salomon à l'envers: on donne l'enfant à celle qui était prête à le sacrifier plutôt qu'à celle qui y a renoncé pour le sauver. Une manoeuvre parmi les plus retorses dont use et abuse Vicelard 1er, et qui illustre assez bien que là où certains admettent sans toujours l'avouer une sorte de "supériorité" de sarkozy, il y a en réalité une capacité à s'exonérer des règles communément admises dans les sociétés civilisées. De quoi s'arroger le qualificatif de chef, de son état. Mais certainement pas d'homme d'Etat. Mais qui donc parle de voyou?

Ce triste épisode parlementaire est par ailleurs éclairant sur le "cas" Lang. Un cas d'école, hélas.
Le billet précédent signé des "Left-Blogs" dit ce qu'il faut de son comportement, mais on peut même être plus sévère. Que Jack Lang soit en faveur d'un régime présidentiel, soit. Et même, qu'il vote dans un sens contraire à son groupe au nom de cette position, cela l'expose à sanction, voire exclusion du PS, mais on peut faire de la politique honorablement sans cette étiquette, et cela ne le condamne pas moralement.
Non, le vrai problème est que Jack Lang baigne tellement dans le jus sarkozyste qu'il est en train de s'y noyer. Entendons-nous: s'il avait été un personnage si intègre, tel qu'il se dépeint avec complaisance, Jack Lang se serait contenté de faire savoir son vote et son explication motivée sur le fond. Or il est en réalité tellement rentré dans le jeu sarkozyste que cela ne peut être totalement le fruit des circonstances. Son expression a chaque fois été pour cautionner, souscrire, valider les messages successifs du pouvoir, jusqu'à en reprendre parfois les mots, visant en particulier à falsifier la perception de l'enjeu aux yeux de l'opinion, couvrant par son bruit médiatique le message du PS, plus exigeant et qu'il convenait donc au contraire de ne pas gêner. Saluons sur ce point l'excellent discours d'Arnaud Montebourg.

Dès lors, il faut aborder un sujet il faut bien le dire un peu tabou à gauche. Celui des relations excessivement personnelles que certains dirigeants ont accepté d'entretenir avec nicolas sarkozy. Ceux-là répètent volontiers que "nicolas est adorable en privé". En effet, sarkozy s'y entend à draguer le mondain dans l'intimité, à coups de flatteries, et Lang n'était pas le moins disposé à cet exercice, de surcroit grand amateur de clinquant. Comme il n'y a pas de raison que ce qui marche avec les journalistes ne marche pas avec d'autres, on a donc entendu Djack fredonner de manière plus ou moins volontaire la petite musique qui l'a longuement bercé dans la promiscuité d'avec le pouvoir.
Il n'est malheureusement pas le seul. Si Djack a été essentiellement victime de sa coquetterie, d'autres ne sont pas beaucoup moins mûrs. Par exemple celui que, hasard, Djack a d'abord tenté de soutenir, Julien Dray. "Juju" n'est pas soupçonnable de traitrise, néanmoins il croit pouvoir conjuguer le rôle de premier opposant et maintenir des rellations on ne peut plus cordiales avec celui auquel il doit s'opposer. Dray est victime, lui, de sa passion pour la mécanique politique, ce qui l'a conduit à confier publiquement une forme d'admiration pour la superbe machine bien huilée qu'a pu représenter un temps l'UMP. On sait qu'il a été sollicité à plusieurs reprises, à différents moments, par sarkozy. Est-il conscient que si sarkozy cherche à l'amadouer, c'est aussi pour s'attirer des indulgences inattendues y compris à gauche? Toujours est-il que le style des critiques de Dray font rarement très mal, et que leur nature porte un peu souvent sur la forme. La dénonciation des "habiletés" peut toucher juste, mais ne peut-on soupçonner ce tacticien réputé de gouter celles-ci autant qu'il les condamne? "L'élu de banlieue" n'est-il pas fasciné par les manières de caïd qu'il déplore?
Dans ce registre, même la poignée de main de Daniel Cohn-Bendit après son discours enflammé suscite une gêne.
Et on pourrait difficilement arrêter là la série sans évoquer Manuel Valls, mais cet article est déjà un peu long...

Cette question de la distance nécessaire pour frapper sans retenue là où ça fait mal devra être intégrée, d'une manière ou d'une autre, dans le choix du premier secrétaire. On y reviendra.

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PS1: Les "Left-Blogs" commencent modestement à se structurer. Un billet commun (le précédent sur sauce) a été coécrit, peut-être une prémisse de travaux collectifs futurs?
Nicolas J., Rénovation PS, Marc Vasseur, Intox2007,
Trublyonne, Maxime Pisano, Betapolitique, Jon, Donatien, la pire racaille, et peut-être d'autres, l'ont publié. [un lien ici à chaque blog qui reprend le post, me le signaler].

PS2: le discours de Montebourg en vidéo

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Published by Martin P. - dans PS
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commentaires

dominique 09/09/2008 05:15

j'ai éprouvé moi même une gene particulière en voyant Sarkozy se faire applaudir le même jour par Cohn bendit...et j'ai trouvé deux videos de ce jour là ...avec un reglement de compte a Le pen...et une parade sarkozy qui me dérange...krouchner applaudit pas, mais c'est tout comme... http://domi40.wordpress.com/2008/08/31/fallait-il-applaudir/bref ils sont tous contents d'eux à l'UE...

Juan 10/08/2008 21:58

   cher confrère, ami et estimé blogueuril fallait que je te prévienne : http://sarkofrance.wordpress.com/2008/08/10/samedi-30-juillet-bruno-le-maire-page-123-5eme-ligne/tu es tagué.C'est chose faite.amitiés

Djemaa Pascal 26/07/2008 19:02

Jack Lang est courageux. Il faut savoir s'ouvrir aux autres. Vous n'arrêtez pas de le dire! L'ouverture décrétée par notre grand président est utile et nécessaire. Fini les clivages: le patronat est le même à gauche comme à droite. Réformons le pays pour plus de justice sociale. J'habite à Neuilly et vous verriez comme on est bien. Pas trop d'immeubles, des belles voitures, des policiers et des caméras partout, voilà la politique nouvelle. Bien à vous. Pascal, sympathisant de "Restauration Rapide" présidé par le Vicomte de Puypeu.

chouka 25/07/2008 19:18

Si on fouille dans les statuts, on risque de faire péter le silot à purin... Il faudrait en virer des nonnistes, des Mélanchon, des Ségolène Royal... Et au niveau local, c'est pire. Quand on sait que dans certaines fédé les statuts ont été suspendus car ils empêchaient le premier secrétaire de faire un troisième mandat...Quoi que ça ferrait du ménage, mais bon, y'a peut être d'autres moyens plus politiques. Faire de Lang un bouc émissaire pour masquer la médiocrité des Royal, Hollande, Emmanuelli et consorts, c'est dérisoirement petit.

Hervé Nowak 25/07/2008 13:49

Auteur
Les militants socialistes, apparentés socialistes, sympathisants de la gauche en colère !

Destinataire
Monsieur le Premier Secrétaire du Parti Socialiste

Description
Nous, militants du Parti socialiste, sympathisants socialistes, femmes et hommes de Gauche, demandons l'exclusion du Parti Socialiste de Monsieur Jack Lang pour ne pas avoir respecté la discipline de vote, confortant ainsi de sa voix confiée par le Peuple de Gauche, la majorité Sarkozyste. Nous rappelons au Premier secrétaire du Parti Socialiste que les statuts imposaient à Jack Lang de voter comme les députés socialistes. En ne respecatant pas les régles qui régissent le Parti, Jack Lang s'est lui-même mis en marge. http://www.petitionduweb.com/voirpetition.php?petition=2076