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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 23:22

Le vote Royal est un vote pour la maturité politique. Un vote pour réimplanter la politique dans la réalité, pour se défaire de la structure purement verticale des processus de décision, pour sortir des rapports de violence au sein de la classe politique.

Rarement une campagne n'aura autant montré à quel point la Vème république conforte les français dans leur vice. Dans cette élection, on a tendance à se choisir un chef quand il faut choisir une politique. Or dans les démocraties modernes, plus un chef joue au chef, plus on court vers l'échec. C'est encore plus vrai et même dangereux avec nos institutions. De plus, les présidentielles, par nature, défavorisent la gauche, moins caporaliste par culture. Ségolène Royal a donc raison de renouveler le genre, d'où le slogan, certes maladroit, "La France présidente". Elle a raison d'annoncer la VIème république, pour marquer la nécessité d'une réforme importante dans le domaine institutionnel. Bastien François l'explique bien ici. Royal complète cette réforme par une nouvelle méthode de gouvernance, itérative autant qu'interactive -dont on trouve de bonnes descriptions ici et pour ceux qui sont attachés à la théorisation-, et par un attachement fort au principe selon lequel on est plus efficace de près que de loin. Décentraliser ne veut pas dire libéraliser, il s'agit d'un interventionnisme de proximité, avec un rôle accru des régions.

Les autres candidats, eux, proposent inversement d'accentuer, si c'est encore possible, le caractère présidentiel du régime. En matière de parlementarisme, le passif sarkozien, y compris dans son propre parti, est éloquent. On sait qu'il a tenté de tuer l'UDF et qu'il s'apprête à récidiver en ressuscitant un parti fantoche, le cdrs. C'est peut-être d'ailleurs pour cela que Bayrou ne rêve que de lui rendre la pareille. Avec Sarkozy, on pourrait même s'attendre à des manipulations des formes de scrutin pour mieux asseoir la recombinaison qu'il appele de ses voeux à droite (ce qui n'est pas possible avec Jean-Marie le sera probablement avec Marine selon le Canard). Cela pourrait s'accompagner d'un "toilettage" des règles qui encadrent la campagne, comme celle sur les temps de parole (le livre tricolore était un coup de semonce). Les journalistes mondains, dans un bel ensemble, applaudiraient: Ah, que ces règles sont "difficiles" à appliquer. Comprenez: on veut des "bons clients" en prime time, pas des petits candidats.

La maniabilité du journalisme français ne cesse d'ailleurs de surprendre chez les confrères des pays voisins, pour lesquels les principes français sont étranges. Les mondanités télévisuelles amusent. Il faut voir ce qui s'écrit en Belgique, en Suisse, au Québec, en Angleterre ou en Italie pour comprendre les carences françaises. Pour sarkozy, le journalisme français va très bien, il l'a répété aujourd'hui: "Dire qu'il y a une concentration entre quelques groupes de presse, c'est tout simplement le contraire de la vérité", prenant exemple sur Libération "Quand il s'agit de journaux qui disent du mal de moi, ça ne gène pas que ce soit un capitaliste, entre guillemets, qui en soit propriétaire", ce qui est osé quand on connait l'épisode du coup de fil à Rotschild, et quand on sait l'urbanité du directeur Joffrin envers sarkozy. On peut noter, parmi les éclairages les plus récents sur les moeurs journalistique, le peu d'écho fait à l'audition de Giesbert, le directeur du Point qui couvre régulièrement les kiosques de son icône sarkozy en posture avantageuse, et théoricien de la complaisance.

L'ancien ministre de l'Intérieur a aussi pris l'exemple du Monde, "qui appartient pour partie à Lagardère". "Bon, est-ce qu'on peut-dire que Le Monde soit un journal qui me soit extrêmement favorable?". Extrêmement, non. Subtilement, pour le moins, oui, si on juge par l'essentiel, à savoir les titres de une. Ceci dit, reconnaissons à Piotr Smolar et Philippe Ridet, du Monde et pour ne pas les nommer, d'avoir parfois informé avec effet collatéral sur sarkozy. Smolar, qui avait déjà sorti la note du préfet Cordet, vient de rapporter encore une fois une info déplaisante. On y reviendra.

Au final, cette campagne, démarrée pour nico 1er en 2002,  n'aura été qu'un long monologue, certes véhément parfois, mais qui n'a jamais souffert de contradiction. De débat il n'y aura point, puisqu'avant le 29 mars, le programme du candidat sarkozy était introuvable, et qu'après, celui-ci s'y refusait au prétexte qu'on était entrés dans la campagne officielle. Ceci bien que Royal et Bayrou y aient été favorables. Soyons sûrs que sarkozy élu, il se mettrait aussitôt, comme en 2002, en campagne et que d'occasion interpellation il n'y aura guère, que ce soit par les journalistes ou par les opposants politiques. Un long tunnel, probablement au moins dix ans de communication unilatérale. Au bout, peut-être, un travail d'historiens pour mettre au jour le processus d'asphyxie démocratique en cours.

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PS: La France qui se lève tôt se lèvera de nouveau demain matin. Rendez-vous vendredi 20 avril à 6h30, Métro La Muette à Paris.

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Published by Martin P. - dans Ségolène
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commentaires

voyance par mail rapide 07/02/2017 13:48

Grâce à votre site je viens d’appendre plusieurs choses. Continuez !